MANIÈRE DE BIEN BOUTONNER UN FLEURET D’ASSAUT
Le bouton étant réduit à 2 lignes de diamètre par la lime dont on s’est servi, on prend de la peau douce, on en tire une petite bande un peu plus large que le bouton, parcequ’en la tirant elle se rétrécit. On en fait quelques tours sur le bouton , et on couvre avec la peau qu’on met double. On tient le fleuret de la main gauche , passée à cet effet au haut du bouton pour l’as-
sujettir, et, avec de la ficelle extrêmement mince, on fait un nœud, appelé nœud de marinier : il se fait en tenant le bouton et l’un des bouts de la ficelle de la main gauche, tandis que la droite saisit l’autre bout qu’elle croise en dessous et recroise une seconde pour former un second anneau par-dessus le premier. Dans cet état, les deux bouts de ficelle qui doivent serrer le bouton se trouvent en dedans. Il faut que les deux brins en soient disposés de manière à ce que le bouton y passe bien juste, pour qu’en serrant, cela fasse tendre la peau. Il ne reste plus après qu’un nœud à faire. On tient à cet effet le fleuret dans ses jambes , le courbe devant soi, en sorte que le nœud étant fait en dessous ne paroisse pas. On finit par couper près de la ficelle la peau qui excède.
Ces détails paroissent minutieux, mais ils sont indispensables pour parvenir à bien boutonner un fleuret. Lorsqu’un bouton est bien fait, la pointe passe beaucoup mieux, et c’est un avantage auquel les bons tireurs ne sauroient être indifférents.
TRAITÉ
QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON