SUITE DES BATTEMENTS EN TIERCE
Le maître, l’épée engagée en tierce, dit à l'élève: « Votre fort sur mon foible, et, si j’ai la garde tendue, battez l’épée en tierce sans écarter votre pointe. Si vous la tenez toujours bien fixée au corps, l’angle ou le fort de votre fleuret en agira davantage sur mon foible; le tourné de la main achevé comme il doit hêtre, et le fer dérangé, rendez tierce pour tierce, » Quand le fer est livré, le battement est inévitable, et celui qui l’éprouve n’a pas le temps de revenir à la parade du coup qui doit le suivre.
Le maître, reprenant le fer en quarte, dit à l'élève : «Engagez l’épée en tierce, et, si j’ai la garde tendue, hattez le fer en tierce. Si vous ne trouvez pas une grande résistance sur le battement, vous ne devez tirer que quarte sur les armes; il y auroit du danger à rendre tierce pour tierce , parceque le fer auroit été livré avec intention de changer l’engagement ouïe demi-contre sur le battement; en effet, je pare quarte, et je riposte de même , ce qui seroit imparable pour vous si vous aviez tiré la main tierce; parez donc quarte dans votre retraite, et ripostez quarte: en garde. Engagez Fépée en tierce; si j’ai la garde tendue, battez l’épée en tierce; si j’obéis, retenez le corps, passez seconde, tirez, relevez-vous. Enveloppez ou liez le fer en quarte en dedans en vous relevant; en garde, replacez-vous bien sur vos jambes : engagez l’épée en tierce; si j’ai la garde tendue, battez l’épée en tierce ; si j’obéis, marquez la feinte de seconde,
DE L’ART DES ARMES, et tirez quarte sur les armes; en garde : dans votre retraite, si je ne suis pas couvert, développez-moi un coup de quarte sur les armes. »
Le maître change l’engagement, et dit : « Engagez l’épée en tierce; j’ai la garde tendue, battez le fer en tierce; j’obéis, doublez la feinte en seconde, tournez les ongles , enlevez et tirez seconde. En garde : liez lé pée au contre de quarte dans votre retraite. Si j’ai la main basse en livrant ma pointe, coupez et tirez; je pare tierce, et ripostez seconde; parez le demi-cercle, ripostez quarte. En garde : engagez l’épée en tierce; si ma garde vous paroît tendue, retenez le corps , effacez les hanches et assurez-vous bien sur la partie gauche , relâchez le bras, la main et les doigts, et battez alors le fer en tierce; si j’obéis en revenant au demi-cercle , contre-dégagez seconde, trompez le demi-cercle et le contre de quarte sur les armes. En garde : engagez encore l’épée en tierce; j’ai la garde tendue , battez l’épée en tierce; j’obéis en changeant l’épée, parez quarte et ripostez.» Un maître intelligent fait parer quarte, le contre et arrêter quarte sur les armes; l’exercice n’est jamais borné. Après avoir étendu sa leçon comme aux démonstrations précédentes , on revient aux coups simples, qui sont les coups droits et les dégagements de vitesse; tous ces coups doivent être méthodiquement tirés, parcequ’ils sont la base de la bonne exécution.
Le maître reprend, et dit : « Engagez lepée en quarte, parez le contre de quarte; sur votre parade, je charge votre fer, comme font beaucoup de tireurs qui se relèvent dans l'intention de remettre l’épée au corps. Si
TRAITÉ
je ne me trouve pas trop près après votre parade, faitesmoi de suite un battement , et tirez » ; ee qui empêche de faire coup pour coup ; si vous vous trouviez au contraire trop serré, et dans l’impossibilité par conséquent de faire usage du battement, vous opposeriez la main gauche, comme cela sera expliqué au chapitre qui traite de la manière de combattre les mauvais jeux.
« Engagez de nouveau l’épée en quarte, liez l’épée au contre de quarte; si vous sentez delà résistance, battez l’épée en quarte, tournez les ongles, enlevez, partez; en garde.
« Engagez l’épée en tierce, frappez du pied, engagez l’épée en quarte , et frappez du pied ; marchez à moi , liez l’épée au contre; j’ai la garde liante et imposante , faites alors un menacé en retenant le corps; je réponds au menacé en tendant le fer, au lieu de lier l’épée au contre ; sur ma faute, battez l’épée en quarte ; tournez les ongles , enlevez et tirez droit. Engagez l’épée en tierce, frappez du pied; engagez l’épée en quarte, frappez du pied. J’ai l’épée tendue, battez le fer en quarte; j’obéis, et je passe sur les armes : arrêtez-moi en quarte sur les armes en prenant l’opposition; c’est le coup de temps que vous pouvez faire de même en tournant la main tierce, et tirant, au lieu de quarte sur les armes, tierce pour tierce. En garde : engagez l’épée en quarte, frappez du pied ; j’ai la garde tendue, battez le fer; je marque la feinte, changez l’engagement, en quarte sur les armes , et tournez les ongles tout-à-fait quarte sur les armes; c’est encore un coup de temps, ou, autrement dit, liez le fer en quarte sur les armes; cela s’ap-
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pelle aussi un demi-contre. À cet effet, dès qu’on sent le fer, on tourne la main , et on prend l’opposition ; il n’y a là ni parade ni riposte , c’est seulement l’opposition en un temps. En garde : engagez l’e'pée en quarte * j’ai l’épée tendue, battez le fer en quarte; je passe sur les armes , prenez le contre de quarte, parez et ripostez quarte. »
Le maître, l’épée en quarte, dira : « Engagcz-la en tierce, frappez du pied; si j’ai l’épée tendue , battez-la en tierce; je passe dedans en tirant quarte et chargeant le fer ; parez quarte , et tirez flanconade , en opposant la main gauche, pour que la pointe ne revienne pas au corps; développez le coup, et liez le fer au contre de quarte dans votre retraite. En garde : si vous me voyez la main basse , tirez droit. » À ce dernier coup , le maître fait succéder plusieurs coups droits bien enlevés et des dégagements de vitesse; car c’est toujours là qu’il en faut revenir. Après quoi, le maître continue , et dit : « Si j’ai la garde tendue en quarte , battez l’épée en quarte; si j’évite le battement en dégageant sur les armes, prenez lé contre de quarte; si vous ne trouvez pas le fer au premier temps, doublez le contre. » Rien ne forme la main comme ces trois temps; cela lui donne de la légèreté , du liant, apprend aux élèves à ne compter sur leur parade quand ils ont rencontré le fer, et leur fait sentir la nécessité de doubler le contre sans interruption jusqu’à ce qu’ils aient trouvé l’épée. Beaucoup de tireurs qui ne rencontre le fer au premier temps , au lieu de revenir à un contre bien serré , se décomposent et chassent , comme on dit, les mouches.
Il faut au contraire suivre le fer de très près en formant des parades doubles et serrées. Le maître doit insister auprès de ses élèves pour qu’ils ne s’écartent pas de ces principes en faisant assaut : plus ils serreront leur parade, et plus ils éprouveront combien ils opposent de difficultés au tireur qui voudroit les toucher.
« En garde, continue le maître: engagez l’épée en tierce; si j’ai la garde tendue, battez le fer en tierce; si j’évite le battement en dégageant dedans, prenez le contre de tierce; si vous ne trouvez pas le fer, doublez le contre.» On le répète, il faut souvent répéter ces temps et doubler ces contre le plus près possible du fer et de la main seule; quand ce n’est pas elle qui agit, la parade n’a pas de mérite, et la pointe n’est plus dans la direction dont elle ne doit jamais s’écarter.
QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON
DES CROISÉS EN SECONDE ET DE TOUT CE QUI PEUT SE FAIRE D’APRÈS CES CROISÉS.
Le maître dit : « Engagez l’épée en quarte. Si j ai la garde tendue , croisez l’épée en seconde, en tournant la main tierce très vite, et en la soutenant à la hauteur de la bouche pour empêcher ma pointe de passer dessus. On a déjà dit qu’il falloit bien se garder de faire le croisé du bras et encore moins de l’épaule , par la raison qtiil
n’auroit pas d’effet, le mouvement étant trop large. Une main souple et liante , par un très petit mouvement , chasse la pointe d’un tireur qui met trop de force, et le croisé ainsi fait , engourdit et dérange la main du plus robuste, qui ne peut résister à la force du levier. La main étant donc soutenue au plus haut , partez seconde et remettez-vous en garde à l’épée tierce; engagez l’épée en quarte, frappez du pied; jJai la garde tendue; croisez l’épée en seconde ; si j’obéis pour parer quarte du talon de mon fer, tirez quarte sur les armes; marquez ensuite en répétant le croisé s’il y a lieu, la feinte et la double feinte pour déployer seconde. Engagez l’épée en quarte,, frappez du pied, marchez à moi; j’ai la garde tendue, croisez; si j'obéis avec le liant nécessaire et que je revienne au demi-cercle, contre-dégagez seconde et tirez. Restez souvent sur les coups, et après le développement, afin de pouvoir rectifier ce que vous aurez fait d’irrégulier et vous replacer sévèrement. C’est aveccette attention que les coups ont toute leur valeur.
« En garde; engagez l’épée en quarte; j’ai la garde tendue, croisez en seconde; si j’obéis et que je revienne au demi cercle , contre-dégagez seconde ; je prends le demi-cercle et octave, repassez quarte sur les armes, tirez, relâchez-vous, en garde: engagez l’épée en quarte, frappez du pied, marchez à moi plusieurs fois et rompez pour vous donner de la liberté et bien vous assurer sur vos jambes. J’ai l’épée tendue , croisez en seconde ; si j’obéis et reviens au demi-cercle, trompez le demi-cercle et octave; je vais à la parade de tierce ou à l’opposition de quarte sur les armes, retombez seconde. On doit
TRAITÉ
remarquer qu'il est difficile de revenir au demi-cercle après un croisé, il faut que le maître pour y parvenir donne peu de fer et mette encore beaucoup de liant ; l’exécution de ces sortes de coups a lieu au plastron pour exercer tous les moyens de l’écolier: le but du maître devant être de faire acquérir aux élèves de la main , de la légèreté et de la retenue du corps. »
Le maître continue l’épée engagée en quarte et dit : « Si j’ai la garde tendue , croisez le fer en seconde ; si j’obéis pour retendre l’épée en dessus, battez l’épée en tierce. Ceux qui emploient de la force résistent difficilement au croisé et au battement en tierce faits de suite et avec souplesse près du fer.
« Engagez maintenant l’épée en quarte ; j’ai la garde tendue, croisez en seconde et tirez; mais si j’obéis , relevez-vous en liant l’épée en quarte. Si à peine relevé vous me voyez de nouveau la garde tendue, rebattez l’épée en quarte par un mouvement bien achevé et les ongles en dessous comme cela a été recommandé. La main doit être extrêmement vite à porter le coup , puisqu’elle a beaucoup de tour et de jet. On peut compliquer le simple battement, ainsi qu’on l’a déjà vu, et c’est pour cette raison qu’on se dispense se le répéter. »
CINQUANTIÈME LEÇON
DES CROISÉS AU DEMI-CERCLE ET DE TOUT CE QUI PEUT SE FAIRE APRÈS CES CROISÉS.
Le maître , après quelques coups simples , des dégagements, des coups de vitesse, et tout ce qui peut assouplir et mettre en train l’élève, lui dit : « Engagez l’épée en tierce; si j’ai la garde tendue, croisez le fer au demi-cercle, en tournant la main comme si vous preniez cette parade, et en la portant au moins à la hauteur de la bouche; soutenez-la et partez quarte, en garde; engagez de nouveau l’épée en tierce ; si j’ai la garde tendue, croisez le fer au demi-cercle, et si vous n’avez pas senti une grande résistance, rebattez-le en quarte et rendez quarte , en garde ; engagez l’épée en tierce; j’ai la garde tendue , croisez le fer au demi- cercle ; vous ne sentez pas assez de résistance après le croisé, liez le fer au contre de tierce, dans la crainte d’être paré, et battez le fer en tierce; enlevez, tirez, en garde : voilà un trio de battements foudroyant pour une main dure. Engagez l’épée en quarte, frappez du pied; engagez l’épée en tierce, et frappez encore du pied; asseyez-vous bien sur la partie gauche, qui doit toujours être extrêmement chargée, et effacez les hanches pour chasser vite; ayez sur-tout le bras, la main et les doigts très relâchés; marchez; si j’ai
TRAITÉ
3a garde tendue, croisez le fer au demi-cercle, j’obéis ; le demi-cercle bien achevé, retournez la main tierce très promptement sans la baisser; soutenez-la au contraire à la même hauteur , et cela forme le battement ou croisé en seconde, le fer ainsi chassé ou écarté, tirez seconde, en garde ; et en liant le fer en quarte vous pourrez , le pied à peine posé à terre, rebattre quarte et de suite tirer quarte. Il faut beaucoup de jambes pour que tout cet ensemble ait de la valeur. En garde; engagez l’épée en tierce; j’ai la garde tendue, croisez le fer au demi-cercle, j’obéis; rebattez-le en seconde; s’il n’y a pas assez de résistance, battez encore le fer en tierce. Un tireur qui met de la force et qui a la main dure ne sauroit résister à ces trois battements , sa main est dérangée de manière à lui ôter tous moyens de défense; l’ébranlement est tel qu’il en ressent de la douleur dans la main et dans le bras. On fait faire la même chose en seconde et au demi-cercle, etc. »
Le maître dit : « Croisez le fer en seconde ; soutenez la main très haut , tournez-la en quarte pour rebattre le fer au demi-cercle et le rebattre en quarte.
« Voici d’autres battements qui ne sont pas moins désagréables à éprouver. Engagez l’épée en quarte , prenez ensuite le contre de quarte ou le bernent d’épée , croisez l’épée en seconde , faites après le battement en tierce, l’épée étant écartée on peut rendre tierce, en garde ; parez le contre de tierce ou liez le fer au contre de tierce ; croisez le fer au demi-cercle; tournez tout àfait les ongles de quarte pour que l’angle soit achevé; le fer ainsi chassé laissera un grand jour pour tirer.
« Partez, en garde ; engagez l’épée en tierce, parez le contre ou liez le fer au contre de tierce , croisez le fer au demi-cercle , j’obéis ; après le croisé liez le fer au contre de tierce et rebattez-le en tierce. Après avoir démontré ces battements , ces croisés ou brisements de fer à son élève, le maître doit s’attacher à lui enseigner les moyens de les éviter. »
CINQUANTE-UN IÈ ME LEÇON