‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 15 sur 79 · Quel en est le manuel opératoire · texte numérisé non relu

Quel en est le manuel opératoire

* Ponction de la vessie par aspiration, thèse rie doctorat. Paris 1871.

2 Illustrations of the surgical uses of the aspirator. By Jessop. British médical Journal, 1 décembre 1872.

3 Rapport de M. le professeur de Kieter sur les usages de l'aspirateur Dieulafoy en Russie. Décembre 1872.

* Ponction of the blader by Dieulafoy's aspirator, by J. Little. New-York, 187-2.

Telles sont les propositions que nous avons à développer.

Etablir Y innocuité de F aspiration dans la rétention d'urine me paraît être le point capital de la question qui nous occupe, puisque tous les autresprocédés jusqu ici mis en usage entraînent avec eux de réels dangers ; et on peut affirmer que si la ponction de la vessie n'est pas plus souvent pratiquée en temps utile, ce n'est pas que l'opération présente quelque difficulté (rien n'est plus simple que la ponction suspubienne), mais c'est que l'opérateur redoute, et avec raison, les accidents qui en sont trop souvent la conséquence. C'est pour essayer de parer à ces accidents que les ponctions périnéale, recto- vésicale, sous-pubienne et hypogastrique, avaient tour à tour été préconisées ; mais il suffit de lire les travaux publiés sur cette matière pour se convaincre qu'aucun de ces procédés n'a sur les autres une supériorité bien marquée, car ils sont tous susceptibles de provoquer les plus graves complications.

Aussi, en présence d'un malade atteint de rétention d'urine, il n'était pas aisé de prendre une décision. Que faire, pratiquer la ponction périnéale? mais voici l'opinion de M. Voillemier sur ce procédé : « Le chirurgien le plus sûr de ses connaissances n'est jamais certain de la route qu'il fait suivre à son instrument quand il traverse une région aussi compliquée que celle du périnée, s'il incline un peu trop le manche du trocart, dans un sens ou dans l'autre, il pourra blesser la prostate, les vésicules ou le rectum, et quelquefois il n'entrera pas dans la vessie ^ »

* Traité des maladies des voies urina ires.

118 DE l'aspiration dans les organes.

Que dire de la ponction recto-vésicale ? Elle présente les mêmes inconvénients, les mêmes dangers, sans offrir plus de garanties. Reste la ponction hypogastrique, elle est plus généralement employée, mais le malade n'en est pas moins soumis aux mauvaises chances de Tinfiltration urineuse, soit que la canule abandonne la vessie, soit que Furine coule le long des parois de Tinstrument laissé à demeure ; Tinflammation de la paroi de l'abdomen et du tissu cellulaire du petit bassin atteint quelquefois des proportions inquiétantes ; la vessie elle-même peut s'enflammer jusqu'à la gangrène, résultat dû à l'usage d'instruments mal appropriés (Pouliot ^) ; et, quand le malade a échappé à ces accidents primitifs, il est encore exposé aux fistules urinaires et aux adhérences qui s'établissent entre la vessie et les parois de l'abdomen.

La rétention est donc, à cause des difficultés qu'on éprouve à la combattre, une complication vraiment sérieuse ; elle entre pour une large part dans le développement des infiltrations urineuses et des collections purulentes du petit bassin ; elle expose le malade aux accidents du cathétérisme , aux fausses routes et aux déchirures du canal^ et quand il s'agit de la traiter, la plus grande indécision règne encore sur les moyens à employer. Pour ces différentes raisons, on comprend combien il serait désirable de transformer la rétention d'urine en un incident insignifiant, n'offrant plus aucun danger, et c'est dans ce but que je propose un procédé facile comme exécution, et entièrement in-

^ Ponction vésicale hypogastrique ; thèse do doctorat. Paris, 1868.

nocent comme résultat. Ce procédé, c est ï aspiration.

Pour défendre la thèse que j'avance et pour la faire accepter, j'aurai recours aux faits sans m'arréter aux théories. Je n'invoquerai que secondairement la contractilité vésicale et les résultats obtenus par Texpérimentation physiologique, et je puiserai mes preuves dans l'examen des faits pathologiques et dans l'observation clinique, seuls arguments incontestables.

Si je parviens à démonirev F innocuité complète delà piqûre vésicale, il est évident que la rétention d'urine, complication si fréquente et si funeste dans les maladies des organes génito-urinaires, n'est plus qu'un phénomène sans aucune gravité ; si je peux prouver que nous avons sous la main un moyen aussi simple qu'inoffensif de parer aux accidents de la rétention, il n'y a plus à se préoccuper des moyens quelquefois si redoutables de conjurer cette complication, et nous avons tout le temps d'attaquer la cause qui lui adonné naissance.

J'ai réuni vingt observations de rétention d'urine traitée par aspiration ; chez plusieurs des malades qui en font l'objet, on a pratiqué jusqu'à huit, douze et vingt-trois ponctions de la vessie en quelques jours, ce qui donne, en réunissant ces divers cas, un total de quatre- vingt seize aspirations.

Ces différentes opérations sont réunies dans le tableau suivant, elles pourraient se passer de tout commentaire, elles sont la preuve incontestable de la complète innocuité des ponctions aspiratrices dans la rétention d'urine.

Tableau des opérations pratiquées à Taide de T aspiration

dans la rétention d'urine.

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AUTEIRS.

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RÉSULTAT

la maladie.

ponctions.

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