DU VIDE SUCCESSIF
core de conserver le vide préalable. Les anciens instruments, seringues et pyulqiies de toute espèce, qui se contentaient de produire plus ou moins bien un vide successif, n'exigeaient pas la mémo perfection de construction; aussi n'arrivaient-ils qu'à aspirer fort mal les liquides, si mal, qu on les avait vingt fois modifiés sans en obtenir ce qu'on désirait. Le vide successif ne devait donc son imperfection qu'à un vice de construction, mais il devait retrouver toute sa puissance avec les aspirateurs, et fournir une force égale à celle du vide préalable.
On voit par là que les contradicteurs de l'aspiration n'ont aucune raison de préférer le vide successif au préalable, puisqu'ils ont l'un et Tautre la môme force aspiratrice. Mais, dans leur idée, vide successif était synonyme de vide imparfait, et leur objection n'en persiste pa§ moins sous une autre forme. Pour eux, un vide mal fait est préférable à un vide bien fait, et la raison, c'est qu'ils redoutent la trop grande énergie de celui-ci. Or, comme je viens de démontrer que, dans un aspirateur, le vide successif a la même puissance que le préalable, il s'ensuit que nos honorables contradicteurs, pour être conséquents avec eux-mêmes, font les plus graves reproches à l'aspiration telle qu'on la comprend aujourd'hui, et déplorent Tavénement des aspirateurs.
Leurs objections ne nous paraissent pas difficiles à combattre ; ils craignent, disent-ils, les accidents qui peuvent être la conséquence d'un vide trop bien fait? Il ne s'agit que de s'entendre. Ce paradoxe cache une confusion qu'il est urgent de faire disparaître. Ce qui est redoutable, ce n'est pas la qualité ou la perfection du vide, mais c'est la dose à laquelle on l'emploie. Si
je dois aspirer le pus d'un kyste ou d'un abcès du foie, il est nécessaire que le vide soit assez parfait pour me permettre d'attirer au dehors ces liquides en leur faisant traverser une aiguille qui n'a qu'un demi-millimètre de diamètre; jusque-là, il n'y a aucun mal, mais ce qui est important, c'est que l'aspiration ne soit pas poussée à l'excès, et ne soit pas continuée d'une façon intempestive, au point de faire ventouse à l'intérieur du kyste . Dans ce cas, en effet, le vide pourrait être préjudiciable ; il le serait surtout, si on opérait dans la cavité thoracique sans tenir compte de la délicatesse du poumon et de l'état de la plèvre.
Il ne faut donc pas reprocher à l'aspiration de faire trop bien le vide, mais il faudrait blâmer l'opérateur qui se servirait de l'aspiration sans la connaître. Il ne suffît pas d'avoir en main une aiguille aspiratrice et une force puissante, il est encore et surtout nécessaire d'apprendre à s'en servir : choisir le diamètre d'une aiguille et l'approprier à la circonstance, donner ou arrêter la force en temps utile, sont des conditions essentielles ; il faut, en un mot, saxoir manier le vide, et la conclusion, c'est qu'on devrait se donner la peine d'étudier une question avant de la juger.
Ah ! si le vide préalable, mis en communication avec une collection liquide, devait nécessairement épuiser toute sa force jusqu'au bout, et sans qu'il fût possible d'en arrêter les effets, dans ce cas, je le comprends, on aurait un reproche à lui adresser. Alors, il est vrai, une aspiration énergique portée trop loin et continuée trop longtemps dans l'intérieur d'un kyste ou d'un organe pourrait déterminer des accidents tels que hémorrhagie, déchirures, etc., mais il n'en est pas