CHAPITRE I
45. On a reconnu, par des expériences multipliées , que tous ces rayons colorés, qui appanûssent à la sortie du prisme, existaiooit dans la lunuère blancbe, où ils étaient parallèles et intimement mêlés ; que c'est leur inégale déviation , en traversant le veire , ou toiit autre corps transparent , qui les sépare et les rend vir sibles. Aussi , en rendant parallèles les rayons colorés du spectre, on reforme de la lumière blanche. La lamière blanche est donc alors le résultat de Timpres* sion simultanée de toutes les couleurs du spectre; c'est ce que , d'ailleurs , on peut vérifier directemoH , en couvrant les secteurs d'un carton circulaire des diie^ rentes couleurs du spectre et en le &isant tourner ra<* pidement autour de son centre, car alors on n'é{Hroave que la sensation de la lumière blanche.
46. Si, dans le faisceau de lumière qui se trouve deiw rière le prisme, on place un corps depetite dimension^ on remarcpie qu'il prend exactement la tmnte dn fiûs» ceau de lumière dans lequ^ il est plâoffii , quelle que soit d'aillsiirs sa couleur lorsqu'il est éclairé par la !&«> mière solaire non décomposée. Ainn, on corps rouge placé dans les rayons verts , parait d'un vert pur sans aucun mélange de rouge ; un corps jaune pMrait rouge danslefidsceandelumièrerouge, et bleu dans le fais* ceau de lumière bleae, etc.
47. Il résulte évidemm^it de ce qui précède que la couleur des corps ne réside pas en eux , mais qu'cH^r existe dans la lumière qui les éclaire. On peut déddM fiieilement de là, tous les phénomènes de la coloràtioii «es cerus*
a TRAiTB DE l'Éclairage.
48. Eu effet, supposons un corps éclairé par la lumière i;)Ianche solaire. Si toute la lumière reçue par le corps fist réfléchie , il paraîtra blanc. Si sa surface est polie , la réflexion aura lieu régulièrement , suivant les lois ^é nous avons indiquées. Mais si sa surface est terne / on pourra la considérer comme composée d'un grand nombre de petites faces polies , inclinées entre elles de toutes les manières possibles : alors la ré^ flesLion,- sur toutes ces faces , se fera encore d!une manière régulière; mais tous ces faisceaux réfléchis parcourant l'espace dans toutes les directions , il en liésùlterà de' la lumière difiuse. Dans le premier cas, le corps ne serait visible qu'autant que Tœil serait placé dans le faisceau de rayons réfléchis ; dans le second , il sera visible dé tous les points de l'espace. Mais aucun corps n'est d'un |>oli par&it , ou ne disperse complètement la lumière. Par conséquent , tous peur vent être aperçus de tous les points de l'espace , et sont plus briUans lorsque l'œil est placé dans la direction des rayons qui se réfléchissent régulièrement.
49. Si y au contraire, le corps absorbe toute la lumière qui vient le frapper , il paraîtra complètement noir , et ne pourra être aperçu qu'autjanjL qu'il ser^ environné de corps qui n'agissent pas de la même manière sur la lumière.
• ' 60. Mais si la lumière n'est pas en totalité réfléchie «H absorbée , elle se divisera en deux portions sépayéféSy La première sera en partie absorbée et en partie réfléchie , sans éprouver de décomposition; l'autre, au contraire, sera décomposée : une partie des rayons sera
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absorbée, et rautre réfléchie. Ainsi , les rayons réfléchis,, ou régulièrement / si le oorps est poli, ou d'une manière confuse, dans le cas contraire, seront composés de lumière blanche et de rayons colorés. La couleur du corps y par réflexion , dépendra de la nature des rayons colorés réfléchis ; son intensité , de la quantité de ces rayons; sa nuance , du rapport entre la quantité de lumière blanche et celle des rayons coloréd ; et son éclat , de la quantité totale des rayons réfléchis. Si la quantité de lumière blanche est très - grande , la liuance du corps différera peu du blanG^;-'si9 -au con^ traire y la quantité de lumière cçloi^èe est très-grande î relatiyement à celle de lujnière blanche , la teinte sera très-foncée.
51.; Tout ce que nous venons de dii^e^sur la couleur des corps ¥us par réflexion est exactement applicable à ceux qui sont tus ps^ râBraction. Quand le corps âe laissé passeraucun rayon lumineux , c'est»S<lire quand il est opaque y il parait Hoir par réfraction; quand il laisse passer la lumière sans la décompo^r , il est in^ coloré; dans tous les autres cas, sa teinte résulte dq mélange de lumière blanche et des rayons colorés qui le traversent.
62. On concevra facilement maintenant quelle modification éprouve la, teinté des corps vuspar la lumière solaire, lorsqu'ils sontiéclairés par no&lumière» artificielles. Aucune d'elles* n'est parfaitement blanche; toujours certains rayons y dominent ; les flammes qui résultent de la cpmbusûoii des matières, grasses aninwilea ou végétales ^ ont une teinte rougeâtre^ et le
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jaune et le Tert y sont en petites quantités ; dans celles de l'esprit de Tin , le bleu y domine , et le ronge y est en petite quantité. U résulte de là qu'à la lumière des bougies et des lampes , le jaune devient blano , le yert, bleu, les teints bruns deviennent plu^bUnos, et ceux qui ont un faible incarnat deviennent beaucoup plus éclatans ; au contraire, la combustion^ de ralcool donne une teinte bleuâtre à tout ce qu'elle éclaire , et les teints y deviennent livides.
53. Mais toutes ces diflerentea modifications de teiuf tf^y provenfuit de la nature de la flamme, peuvent facFr lement être produites par une seule flamme, au moyen de verres colorés r par exemple^ avec unelampe àcou« rant d'air, environnée de cheminées de verres de difie* rentes nuanoes.On peut même, jusqu'à im certain point, détruire par ce moyen l'effet dû à la couleur naturelle de la flamme. Ainsi, en employant une cheminée iëgè* rement coldlrée en bleu , on obtient une lumière, beau* çoiàp plus blanche t et qui fatigue moins la vue. Les bijoutiers emploient une disposition semblable : ik placent , devant leur lampe , un vase sphérique plein d'eau légpèrement colorée en bleu par une petite qnan* tité de sulfate de cuivre. Le vase, par sa forme, con* centre la lumière dans une petite étendue oà est placé l'objet qu*ib travaillent , et la teinte- de Teau éteint le rouge quidomine dans la flamme.
54. Nous terminerons cet exposé succinct, par une observation importante sur les prismes de matière transparente. Nous avons dit que, quand un Êdsceau de lumière traversait un prisme , le ftdsceau de lumière
était décomposé à sa sortie ; mais pour que le faisceau sorte du prisme par la face BC (fig. 37 ), il faut que les rayons qui entrent par la face ÀB ne soient pas trop inclinés sur sa surface dans la direction AB , et , dans tous les cas, il faut que l'angle du prisme A.BC ne dépçMMtop9'iB2\ Dsans le cas contraire, le rayon ne sort pas ; il se réfléchit en dedans , et jusqu'à ce qu'il rencontre enfin une face sous une incidence suffisante pour sortir ; mais toutes ces réflexions intérieures diminuent 3a vlTaeité, et, si on recevait le spectre qu'il former 9pr^ pj^iw^urs réflexions, on le trouverait ex^ trémement affaibli.
55. On jconcevra facilemeni-i' d'après cela , que les çristj3iux qui ornent les lustres n'ont presque jamais la forn^ela pjius avantageuse pour décomposer la huniëre çl produire' ces couleurs. bi41lante8 que l'on chershe- à faire nahre, parce qu-ordiii^iftmenfc bs facta^rméiii des angles trop grands, et la lumière n'en 6<Mrt qu'après plusieurs réfle^jb^s ii»térieures.;La forme lapins avan* tageuse serait oeUe d'un prisme ou d'une pyramide triangulaire, dont les faces sevateai également inoUséea lînlre eUes. : . <
28 TRAITA Dft l'éclairage.