‹ Traité de l'eclairageChapitre 24 sur 127 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

corps solide et d'un gaz : en effet , lorsqu'un corps solide brûle y la combustion n'a lieu qu'à sa surface, et une partie de la chaleur développée est absorbée par la masse du combustible , une autre par le cou* rant d'air, et la dernière par le rayonnement des molécules en combustion. Les deux premières causes de perte de chaleur sont les mêmes pour les corps solides et pour les corps gazeux , du moins quand la température des premiers est devenue constante ; mais la troi* sième est beaucoup plus grande pour les corps solides que pour les gaz, parce que le rayonnement n'a pas lieu seulement par les molécules qui sont à la surface, mais encore par celles qui sont à une certaine profondeur. Par conséquent , par cette seule raison, la température de la flamme doit être plus élevée que celle des corps solides. Mais il y a encore deux autres causes qui ont aussi une grande influence ; 1* les corps solides sont toujours posés sur des supports , et ces derniers doivent.absorber beaucoup de chaleur; 2* lorsque leproduit de la combustion est gazeux, une certaine quantité de chaleur doit être employée pour produire cet effet. 8 4. Cependant , pour qu'une flamme soit brillante il faut quelle renferme des matières solides d'une manière quelconque . Il faut qu'il y ait des corps solides en permanence , ou que le gaz avant de brûler en dépose , ou enfin que le prodoit de la combustion soit solide ; toutes les combustions de gaz qui ne satisfont pas a l'une ou à l'autre de ces conditions , ont lieu avec une faible lumière. Ainsi la combustion de l'hydrogène pur , du soufre , donne une flamme peu brillante ,

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parce que le produit de la combustion de l*hydrogèiie est de la yapeur d'eau y et que celle du soufre est de Tacide sulfureux gazeux. Mais les flammes du phosphore, de Tarsenic, de Thyçlrogène carboné, sont trèsbrillantes ; parce que la combustion des deux premiers produit des matières solides , et que celle de Thydrogène carboné est précédée par un dépôt de charbon.

Ce dernier fait est une conséquence nécessaire des expériences de M. Berlhollet sur le gaz hydrogène carboné ; car ce célèbre chimiste a démontré que ce gaz , soumis à l'action de la chaleur , dépose du charbon : or , quelle que soit la disposition employée pour brûler le gaz hydrogène carboné d'une manière continue, il s'échauffe nécessairement à mesure qu'il s'approche de la surface où il est brûlé , et il doit , par conséquent , déposer du charbon solide; d'ailleurs dans les lampes à gaz hydrogène percarboné , si l'appareil n'est pas disposé convenablement, il se volatilise du charbon non brûlé. On peut même vérifier directement sur la flamme d'une bougie ou d'une chandelle qu'il se forme un dépôt de charbon en dedans de la surface brillante de la flamme. Car, si on découpe un morceau de toile métallique de manière à lui donner la forme d'une section verticale de la flamme , en plaçant cette toile dans l'axe de la flamme, au moyen d'un petit prolongement qu'on enfonce dans la mèche ; la flamme étant à l'abri d'un courant d'air on trouve au bout de quelques instans que le tissu métallique renferme à son contour , dans la partie qui était dans la flamme blanche , un dépôt épais de char-

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