CHAPITRE II. 4l
bon, et que rintérieur est seulement noirci. On peut observer un phénomène semblable en plaçant une toile métallique en travers , d'une flamme : si là lumière est vacillante, il se forme sur Te tissu métallique une tache noire; mais si la flamme est préservé^ des courans d'air, il se forme seulement un anneau noir correspondant à la partie blanche de la flamme.
85. La nécessité de la présence des corps solides dans les flammes, pour qu'elles soient parfaitement lumineuses , provient de ce que les gaz ne sont lumineux qu'à une température infiniment plus élevée que les corps solides ; c'est ce qu'on peut reconnaître par un grand nombre d'expériences ; nous en citerons quelques-unes. Si Von fait passer un courant d'air à travers un tube incandescent , assez lentement pour qu'il en prenne exactement la température , l'air en sortant n'est point lumineux ; mais des corps solides de petites dimensions y devient incandescens en peu d'instans. L'air qui environne des corps solides incandescens ne l'est point, cependant celui qui en est très-voisin doit avoir une température qui en difiere peu. Si on approche un fil de platine à une petite distance de la flamme d'une bougie , de manière qu'il ne pénètre pas daijs laj partie brillante de la flamme , il devient incandescent, ce qui prouve que la couche d'air qui lui a communiqué cette incandescence était à une température très-élevéé , mais pourtant insuffisante pour rendre cet air lumineux. Lorsque l'on place dans la flamme de l'hydrogène un corps solide, tel qu'un fil d'amiante, de platine, il devient beaucoup plus lumi-
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D'eux que la flamme elle-même. De tous ces faits il ne faut pas conclure cependant que les gaz non mélës de corps solides ne puissent pas être rendus lumineux par ane température très-élevée ; lallamme du gaz hydrogène pur prouverait le contraire. Mais ceux qui peuvent devenir lumineux sont eux-mêmes combustibles, et ne le deviennent pas par une chaleur simplement com* muniquécy mais par une chaleur qui se développe en eux par la combustion.
86. Les gaz, pour brûler, et, par conséquent, pour donner naissance à la flamme , exigent une température plus ou moins élevée, suivant leur nature; il en est qui s'enflamment dans Taîr , à la température ordinaire , comme Thydrogène perphosphoré ; d'autres exigent une température plus élevée que le rouge-cerise , tels sont la plupart des gaz employés pour l'éclairage , car tout le monde sait qu'un corps échauffé au rouge-cerise ne peut pas allumer la fumée d'une lampe ou d'une chandelle.^ II suit de là, que si l'on enlève une grande partie de la chaleur d'une flamme la combustion pourra s'arrêter dans quelques parties , ou même cesser complètement.
87. Lorsqu'on dirige un courant d'air sur une flamme , ce courant produit deux effets opposés ; Uair nécessaire à la combustion se renouvelant plus rapidement, elle augmente d'activité; mais d'un autre côté, le courant d'air entraînant de la chaleur par son passage , tend à abaisser la température : ces deux effets ont toujours lieu ; mais le résultat , c'està-dire la différence de ces deux effets , dépend du