CHAPITRE n
rapport entre la masse d'air et celle du combustible. Quand le courant d'air est très-petit par rapport à la masse incandescente, ce qui a toujours lieu quand cette dernière est solide, l'efFet est toujours d'augmenter rénergie de la coral>ustion. Mais quand la matière incandescente est gazeuse, il arrive souvent le contraire : la flamme diminue d'intensité et finit par s'éteindre ; mais si le courant était très-petit, si, par. exemple, il était introduit par un tube d'un très-petit diamètre , la combustion recevrait une grande activité ; c'est ce qui a lieu en effet lorsqu'on dirige sur une flamme un courant d'air à l'aide d'un chalumeau.
88. On peut encore diminuer la température d'une flamme , en y plaçant un corps solide d'une dimension suffisante, et qui soit très-bon conducteur de la cha^ leur, tel qu'une masse de métal; à l'instant la flamme prend une teinte rougeâtre, et une partie des gaz combustibles se dégage sans avoir été brûlée ; c'est ce qu'il est facile de vérifier sur la flamme d'une chan* >delle, en y plaçant un morceau de fer ou de tout autre métal.
89. Ce fait a conduit M. Davy à un moyen très-* simple d'intercepter la flamme, dont il a fait ensuite une très«heureuse application. Si l'on place en travers d'une flamme un morceau de toile métallique , la chaleur étant absorbée par le métal , la combustion ne pourra pas se propager au-dessus de la toile ; la flamme s'arrêtera contre le tissu , et au-delà il se dégagera de la fumée. Onpeutméme, en éteignant d'abord la flamme, plaçant la toile métallique , et allumant le gaz au-des-
SUS de la toile i ayoir une flamme au-dessus et de la fumée au-dessous. Mais pour que cet effet se manifeste d'abord 9 et pour qu'il se prolonge quand la toile est échauffée , il faut que ce tissu soit d'autant plus serré , que le gaz , dont on veut arrêter la flamme , est plus combustible.
90. Cette influence des tissus métalliques a conduit M. Davy à la découverte d'une lampe de sûreté pour les mineurs , <Ju'une longue série d'événemens funestes doit faire considérer comme un des plus beaux présens que la chimie ait faits à Tindustrie.
9 1 . Les mines de houille , situées à des profondeurs plus ou moins grandes , s'exploitent toutes par des galeries souterraines dont les directions varient. Ces mines laissent souvent dégager du gaz hydrogène carboné qui, comme on sait, est très -combustible ; ce gaz disséminé dans l'air des galeries forme un mélange susceptible de produire les plus violentes explosions^ lorsqu'on en approche une lampe ou tout corps à une température suflSsàmment élevée , parce que la combustion se propage presque instantanément dans toute la masse. Pour éviter ces dangereuses explosions dont souvent un grand nombre d'ouvriers étaient victimes, les mineurs s'éclairaient au moyen d'une roue à briquets , les étincelles continues qui se dégageaient du choc de l'acier et du silex produisaient une faible lueur dont ils étaient obligés de se contenter, mais cette lumière était souvent insuffisante. M. Davy imagina d'environner la flamme d'une lampe d'une toile métallique suffisamment serrée , de manière que la flamme