‹ Traité de l'eclairageChapitre 47 sur 127 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

la lampe : la quantité d'haile qui s'écoule est à pea près le double de celle qui est brûlée.

206. La cheminée est pourvue d'une rallonge en tôle , qui se meut à Taide d'une crémaillère pour régler le tirage d'air ( fig. 46 ). La robe du bec qui reçoit la cheminée peut aussi s'élever ou s'abaisser, pour qu'on puisse placer le coude à la hauteur convenable.

207. Chacune des mèches concentriques s'élève ou s'abaisse séparément à l'aide d'une crémaillère. La tige du porte-mèche est placée dans le bec lui-même ; par ce moyen on a supprimé les petits tuyaux qu'on adapte ordinairement aux becs pour contenir la lljge du portemèche. Cette suppression était importante , parce que dans les becs à mèches concentriques la température étant toujours très-élevée , l'huile renfermée dans cet petits tuyaux se réduisait en vapeur qui échappait en grande partie à la combustion , et parce qu'ils obstruaient le passage de l'air : ces deux causes réunies produisaient dans la direction des tuyaux un jet de flamme plus élevé que celle qui correspondait aux autres parties du bec.

208. Enfin il fallait déterminer par Texpérience la distance des mèches concentriques , de manière à produire le maximum d'effet ; car si elles sont trop éloignées les unes des autres , les flammes ne s'échauffent pas assez mutuellement y et sont rouges ; et si , au contraire , elles sont trop rapprochées , le passage de l'air devenant très-étroit, il n'arrive plus en quantité suffisante pour la combustion, les flammes s'allongent, rougissent à la partie supérieure , et laissent dégager

de la fumée. On pourrait , à la vérité , obvier à cet inconvéuient en exhaussant la cheminée pour augmenter la vitesse du courant d'air; mais il entraînerait une quantité considérable de vapeur d'huile qui échapperait à la combustion.

209. MM. Fresnel et Arrago ont été assez heureux dès leurs premiers essais pour rencontrer respacement ^convenable des mèches : les figures 52 ^ 53 , 54 et 55 ^représentent les plans de quatre becs à 2, 3 et 4 mèches; celles sont tracées sur une échelle de moitié. La figure S6, représente l'élévation d'un bec à 4 mèches sur une -échelle beaucoup plus petite.-

21@. Un bec à 2 mèches concentriques produit Vdien de 6 lampes de Carcel , et ne fait guère que la dépense de 4 et demie. Les becs à 3 et 4 mèches qai adonnent autant de lumière que 10 et 20 lampes de -€are^ , n'ont pas présemé la même économie dans le ^4ïoinbustible. En prisant la moyeniie d'un grand »oa]4>Fe "d'expériences I on a trouvé que la cpiancité -d'huile consommée était à peu près proportiomieUeâ la quantité de lumière produite.

311. €es becs multiples soi^, comme nous ravons tléjr^dity très-avantageux quand on veut accumuler -beaucoup de lumière dans un très-petit espace. M* Ajtirago a essayé d'appliquer 2 mèches concentriques à i^'édairage des phares , où l'on emploie de grands réflecteurs paraboliques , afin d'en augmenter l'elSet. L'expérience a été faite sur un miroir parabcAique de Lenoir, de 31 pouces de diamètre ; la masse des rayons réfléchis parallèlemoit à l'axe , comparée à eelle qui

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provenait d'uike lampe à un seul bec , était dans le rapport de 1,7 à 1 : la proportion est par consëqaent {^us petite que celle des lumières émises par ces deux systèmes de becs. Cette différence provient de ce que, dans les miroir^ paraboliques , le foyer n'a qu'une trèspetite étendue , et que tous les rayons qui partent des points voisins ne sont pas rendus parallèles par la réflexion. Cependant l'avantage de tripler la lumière -épaise parallèlement à l'axe peut , dans certaines cir« constances f compenser la plus grande consommation de combusiibie. L'expérience n'a point été faite avec des becs à un plus grand non^re de mèches ; mân il est probable que l'accroissement de lumière parallèlement à l'axe «erait encore plus petit , relativement à la quantité absolue de lumière , que pour les becs à 2 mèches.

212. L'éclairage par les becs à plusieurs mèches concentriques serait très-avantageux pour Téclairage des salles de spectacle ; ils remplaceraient avantageusement les lustres qui masquent le théâtre pour les spectateurs placés dans les loges élevées ; en plaçant au-désàûs de ces becà des miroirs convenablement inclinés on distribuerait une grande lumière dans toutes les parties de la salle. Cet essai a été feit en 1825 par 'LoèataUiy au théâtre Tenice de Venise : l'appareil était composé de plusieurs becs placés au-dessus du plafbnd dé la saille , et qui , à l'aide de miroirs paraboliques , rayonnaient sur une ouverture circulaire pratiquée au l^afond y qui était occupée par un appareil lenlîcu- 'lahre divergent, qui dispersait la lumière dans toub

les points de la salle. Cette disposition a produit un très-bel effet.

2 1 3 . Mais l'emploi le plus utile de ces becs multiples est celui qui en a été fait par M. Fresnel dans ses nouyeaux phares dioptriques, que nous décrirons plus tard.

DBS RÉSSRYOIRS.

214. Les réservoirs sont destinés à verseir continuellement sur la mèche la quantité d'huile nécessaire à la combustion. Nous les diviserons en trois classés : ceax qui sont au niveau , au-dessus et au-dessous du bec.

Réservoirs placés à la hauteur du bec.

215. Ces réservoirs doivent évidemment avoir leur ^ niveau au-dessous de Fe^xtrémité du bec; et la oi^he, par sa capillarité , doit y puiser la quantité d'huile néciessaire*àla combustion : mais à quelle distance de la partie de la mèche incandescente doit être placé le niveau du réservoir? C'est ce que nous allons examiner.

216. Si l'on plonge dans de l'huile^. limpide une . mèche préalablement mouillée d'huile , mais qu'on .aura bien essuyée, on verra que l'huile monte à une

hauteur considérable* D'après une expérience que j'ti faife avec soin, j'ai trouvé que l'huile s'élevait , dans l'intervalle de quelques heures ; à une hauteur de 8 centimètres dans, une inèche sèche, et de 12 cei^timètres dans une mèche qui avait été mouillée avec de l'huilei et qui avait étfs ensuite pressée et essuyée. Mais lu

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quantité d'huile élevée diminue à mesure que la hauteur augmente ; la raison en est très-simple. Dans la mèche, les espaces capillaires ont des dimensions très-variées , et comme Thuile est élevée par chacun d'eux à des hauteurs qui sont en raison inverse de leurs diamètres, à une petite distance du niveau tous élèvent le liquide copabustible ; mais leur influence disparaissant graduellement à partir des plus grands , à mesure qu'on s'éloigne davantage de la surface du liquide, l'ascension de l'huile à dés hauteurs croissantes n'a lieu que par les tuyaux qui sont de plus en plus capillaires. On conçoit facilement d'après cela que la quantité d'huile qui s'élève dans un temps donné à l'extrémité de la mèche , diminue à mesure que le sommet de la mèche est à. une plus grande distance de l'huile.

217. Mais la hauteur à laquelle l'huile petit arriver n'est point une mesure de la distance à laquelle l'huile peut être brûlée dans la mèche ; car il faut non-seulement que l'huile puisse arriver dans la mèche, mais qu'elle y arrive en quantité suffisante pour alimenter la combustion : or nous venons de voir que la quantité d'huile élevée diminue à mesure que la hauteur augmente; de plus, les huiles se meuvent avec une fixtréme difficulté dans les espaces capillaires : par conséquent il est toujours avantageux de motiter le niveau du réservoir aussi haut que possible, et mékne le cas le plus favorable serait celui où l'huile dégorgerait continuellement par \q bec. C'est ce qui a lieu dans la lampe à mouvement d'horloger, et c'est la aeule cause de sa supériorité sur les autres; mais

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pour remplir ccue cpndition dans les l i Biyw ordinairef , il faudrait des réserroirs trop grands, et poar serrir à ralimmtation y et pour receroir lliaile extra.

lad^endamment des cames que je mus d'exposer et qui s'opposent à ce que sa combasticHi puisse être ali* roentée à une très grande haoteor au-desses dm mreaa de rhuile, il en est une antre qui a one inflncaœ beanconp pins grande encore , et qoi n'était prâat connae* Yoici les expériences qoi m'ont conduit à en raoonnaltre Texislence.

J'avais foula essayer d'employer pour mèche nn tobe de yerre capillaire; pour cela, j'avais Cût passer un tube de 2 centimètres de longueur à travers une lame de liège , et après l'avmr fait flotter à la surfiice d'un bain d'buile , j'essayais , avec une allumette , d'enflammer l'buile qui était arrivée au sommet du tube. Je ne pus jamais y parvenir; j*en cherchais la causey lorsqu'on examinant attentivement le tube pendant que je chauffiûs son extrémité, je m'aperçus que le niveau de l'huile dans le tube s'abaissait continuellement, je répétai cette expérience un grand nombre de fois, et j'observai toujours le même jdiénomène. Je reconnus qu'il avait également lieu lorsque l'huile s'élevait entre deux lames parallèles. Trois causes diflGérentes me parurent concourir à la production de ce phénomène : 1* réchauSement de l'huile , qui en diminue k capillarité; 2* la volatilisation 4fi l'huile, qui, dans mon appareil , avait principalement lieu sur le liquide qui était • en contact immédiat avec la paroi intérieure du tube ,

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