CHAPITRE I. I
faisceaux de lumière qui émanent dq cette surface sont d'autant plus rapprochés qu'ils sont plus inclinés; par conséquent , si les rayons , en s'inclinant , conservaient la même intensité , une surface plane devrait être d'autant plus lumineuse , qu'on la verrait sous une plus petite inclinaison ; et , par la même raison , dans un corps sphérique , l'intensité de la lumière devrait aller en croissant, du centre à la circonférence (fig. 6). Or, c'est ce qui n'a pas lieu; une surface plane lumineuse conserve la même intensité de lumière , quelle que soit l'obliquité sous laquelle on la regarde, et une sphère lumineuse n'est pas plus brillante vers le bord qu'au centre ; il faut donc nécessairement que le plus grand rapprochement des rayons soit compensé par une moindre intensité de chacun d'eux.
11. Mesure de f intensité de la lumière. Les lois que nous venons de faire connaître sur la dégradation de la lumière fournissent un très-bon moyen pour mesurer l'intensité relative de deux lumières. Supposons que deux parties d'un carton blanc soient éclairées séparément par chacune des lumières , on pourra faire varier la distance d'une des lumières au carton , jusqu'à ce que les deux parties du carton soient également éclairées ; alors' il est évident que les intensités des deux lumières seront en raisoi^ directe du carré de leur distance à la partie du carton qu'elles éclairent (7). Si l'une d'elles est à une distance double de l'autre , son intensité sera 4 fois plus grande; si la distance est triple^ l'intensité sera 9 fois plus grande ; et ainsi de suite.
On peut disposer l'appareil très-simplement , de ma-
nière à satisfaire à la condition que nous avons énoncée. Sur une table MN (fig. 7 ) on placera verticalement un carton PQ, en avant un corps opaque CD , puis les deux lumières A et B ; la lumière A projettera sur le carton une ombre A^ du corps opaque , et la lumière B une ombre B' : or , l'ombre A' sera éclairée par la lumière B , et l'ombre B' par la lumière A ; ces deux ombres sont alors des parties du carton éclairées séparément par chaque lumière , et tout le reste du carton l'est à la fois par toutes les deux. Lorsque^ par la variation des distances des deux lumières, on sera parvenu à rendre les ombres parfaitement égales, les intensités des deux lumières A et B seront proportionnelles aux carrés des distances AB^ et BA', que l'on mesurera avec le plus de précision possible. Ce moyen de comparer la lumière émise par différens systèmes d'éclairage est très souvent employé; mais pour devenir susceptible d'une grande exactitude , il exige des précautions particulières, dont nous donnerons plus tard leâ détails.