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Dans ce trajet , les gaz se refroidissent , et une partie des vapeurs qu'ils renfermaient se condensent, et tombent à rétat liquide dans la capsule.
^ » Cet appareil, présenté à la société d'encouragement, a été examiné par M. Payen. Le rapport de cet habile manufacturier renferme plusieurs résultats importans que nous rapporterons sommairement.
339. M. Payen a d'abord reconnu , comme il était d'ailleurs facile de le prévoir d'avance, que le liquidé condensé dans l'appareil fumivore de M. Bourguignon, n'était composé que d'eau parfaitement neutre quand il était appliqué à une lampe à huile , et d'eau chargé d'une petite quantité d'acide sulfureux lorsqu'il surmontait un bec de gaz , et que si on l'adaptait à un bec de gaz ou d'huile, dans lequel la fumée ne serait pas complètement brûlé, le tube serait bientôt obstrué.
340. Mais M. Payen a reconnu à ces appareils une autre propriété beaucoup plus importante que celle de condenser la vapeur d'eau, et que n'avait pas soupçonné son inventeur, c'est celle d'augmenter la quantité de lumière fournie par la combustion de la même quantité de gaz. Cet effet est dû à ce que dans les becs de gaz Idi quantité d'air qui alimente la flamme est beaucoup trop considérable, et qu'une grande partie de l'aîr inutile à la combustionrefroidit la flamme et diminue la quantité de lumière. L'appareil de M. Bourguignon diminuant la vitesse du tirage, la quantité d'air en excès qui arrive sur la flamme est très-petite , et par conséquent on obtient à très-peu près le maxirnum de lumière qui. peut être fourni par le volume dé gaz consommé. Il résulte de la moyenne de plusieurs expé-
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riencesi que Taugmentation de lumière produite par* lé fuinivore est dans le rapport de 176 à 100. •
341. 11 résulte de là que Temploi à\x fumivore c3e M. Bourguignon est avantageux. 1^ En ce qu'il coai^ dense une grande partie des vapeurs d'eau produL'%::es par la combustion , vapeurs qui , dans un grand nc^snbre de circonstances , pourraient être nuisibles ou incommodes; 2** en ce qu'il absorbe une partie de Taei de sulfureux qui provient de la combustion de l'acide hydro-sulfurique que le gaz-light contient toujottx*s; 3^ enfin en ce que la quantité de lumière est augmentée.
Nous ferons remarquer que le dernier avantage . pourrait être obtenu sans l'usage du fumivore , en rétrécissant les orifices inférieurs qui donnent accès aux deux courans d'air.
342. M. Payen a reconnu, en appliquant le fumivore de M. Bourguignon à une lampe d'Argant , que la flamme s'allongeait beaucoup , et que la combustion cessait d'être complète. Il fallait alors pour briiler la fumée baisser beaucoup la mèche. M. Payen reconnut qu'alors la présence du fumivore augmentait seulement la lumière d'un dixième. L'effet du fumivore sur la lampe à huile provient de ce que l'air en excès qui passe sur le bec est en général beaucoup plus petit que dans4es becs de gaz , et que le ralentissement du tirage produit par le fumivore est trop grand. 11 faudrait alors pour que le fumivore y fût applicable d'une manière utile, que le tuyau de descente fût beaucoup plus court
d'un plus grand diamètre ; mais la méthode la plus iple pour obtenir le maximum de lumière dans ces
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appareils comme dans les becs de gaz j ce serait de diminuer les ouvertures qui donnent accès aux deux courans d'air.
343. Les obsenrations précédentes sont parfaitement d'accord avec les considérations générales que nMi avons exposées sur la flamme. Le mémoire de M. Payen contient plusieurs autres expérij^^s importantes sur la flamme à\x gat-light j qui se ra^^rtent parfaitement avec celles que j'ai faites depuis long-temps sur les flammes des lampes d'Argant , et sur lesquelles je me réserve de revenir plus tard.
344. On emploie depuis long-temps un petit appareil qu'on désigne également sous le nom de fumivore , et qui absorbe, en effet, une portion de la fumée qui peut se dégager; il est représenté fig. 112 D. Il consiste en une petite capsule renversée, placée au sommet de la cheminée , et soutenue par trois tiges qui s'emboitent dans répaisseur de la cheminée.
345. Après avoir ainsi décrit les différentes parties de l'appareil de l'éclairage par la houille , nous allons décrire la marche de l'opération. Mais avant nous examinerons les difTérentes qualités des houilles , et nous indiquerons celles qui doivent être préférées dans la fabrication du gaz. '
346. Les houilles, comme nous l'avons déjà dit, sont principalement formées de charbon et d'une matière bitumineuse qui renferme à elle seule l'hydrogène qui forme la base du gaz. 11 est donc très-important de n'employer que des houilles qui soient très-chargées de ce bitume ou d'hydrogène.
347. Mais ce n'est pas seulement la quantité absolue d'hydrogène qu'il faut considérer , c'est son excès sur la quantité d'oxigène; car ce dernier forme toujours de l'acide carbonique qui reste mêlé avec le gaz combus-
«lie j et dont une portion plus ou moins considérable happe toujours à l'action de la chaux. Il faut aussi avoir égard à la qu«|iité de soufre que les houilles renferment; car cellc^ui eu sont très-chargées donnent un gaz qui contient beaucoup d'hydrogène sulfuré, dont l'épuration est pénible , difficile , toujours incomplète, et dans lequel une partie de l'hydrogène est consommé en pure perte par le soufre ; enfin la nature du coke qu'on obtient est encore une considération importante : il faut qu'il soit de bonne qualité , en masse et non en poussière , et donnant peu de cendres par sa combustion , afin qu'on puisse en tirer un parti avantageux j soit pour l'usine elle-même, soit pour le livrer au commerce. En général , tous les charbons qui sont propres à la fabrication du gaz fournissent des cokes non pulvérulens.
348. Le meilleur de tous les charbons pour la préparation du gaz j est celui qui est désigné en Angleterre sous le nom de caneUcoal. Il contient, sur 100 parties, 74,47 de charbon, 5,42 d'hydrogène, 19,61 d'oxigène, et 0,50 de cendres ; 1 kilogr. fournit 320 litres de gaz ; la qualité moyenne du charbon employé en Angleterre donne 230 litres de gaz; celui du nord de la France ne fournit que 210 litres; le plus mauvais de tous serait celui de Fresne, dont la combustion a lieu presque sans flamme ni fumée , comme celle du
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coke j et que les brasseurs, emploient dans le tpuraillemem des grains.
349. La nature du charbon que Tusine doit consommer étant déterminée par les considérations qui précèdent, et tous les appareils étant disposés comme nous l'avons dit , on commence par chauffer les cornues au moyen du charbon ou du coke : lorsque leur température est arrivée au rouge cerise^ on charge promptement les cylindres de la quantité de charbon qu'ils peuvent distiller ; ils ne doivent pas être remplisi parce que le coke occupe ina.plus grand volume que le , charbon ^ des cornues de ô pieds de longueur sur 15 à 18 pouces de diamètre et .8 à 10 de hauteur, peuvent recevoir 100 kilogrammes de charbon. Alors l'ouvrier remet la plaque du cylindre j^, après avoir préalablement recouvert ses bords dWgile, et il le comprime fortement sur 1^ tête de la cornue au moyen de la vis donti est garnie la barre transversale à charnière. L'opération dure 6 heures. Pour que l'opération donne la plus grande quantité possible de gaz , il faut que la température soit constamment^maintenue à la chaleut rouge cerise : car si la température baisse , une partie de la matière bitumineuse se volatilise sans se décomposer ; et si la température est trop élevée , le gaz hydrogène abandonne une partie du charbon avec lequel il était combiné. Mais quoique le feu soit dirigé avec le plus de soin possible , une partie de la matière bitumineuse est toujours emportée par les gaz. Pendant la décomposition de la houille , toutes les matières volatiles se dégagent par les tuyaux BB (fig. 107), et se rendent
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d'abord dans le barillet GC qui, comme nous TaTons TU, est en partie plein de liquide; les tubes conducteurs plongeant en partie dans ce liquide, une partie des yapeurs qui accompagnent le gaz s'y condensent; mais le niveau du liquide dans le barillet ne peut pas s'élever ; car les tuyaux courbes a a laissent dégager celui qui se trouverait au-dessus du niveau. La condensation des vapeurs se complète par le refroidissement qu'elles éprouvent en parcourant les longs canaux CC; ensuite elles passent dans l'épura teur, et de là sous le gazomètre , dbtit la cloche doit d'abord être exactement pleine d'eau : la pression du gaz l'élève à mesure qu'il s'y introduit. Lorsque l'appareil perd, on peut facilement s'éiï apercevoir à l'odeur. Quand les fissures sont f rès - petite^ , on peut facilement les reconnaître en approchant une lumière ; le gaz s'allume, et produit une flsimme continue. Quand la distillation est terminée', il faut enlever le coke et remettre de nouveau charbon : pour cela , on commence par desserrer la vis qui maintient l'obturateur de la cornue et on le frappe légèrement pour détacher le lut ; le gaz qui était dans la coimue se dégage par les fissures qui en résultent; on l'enflamme, et on enlève l'obturateur : cette précaution est eibployée pour éviter la petite détonation qui aurait lieu par le mélange instantané du gaz avec l'air, si on débouchait brusquement la cornue. La cornue étant ouverte, toute communication avec les tuyaux de condensation et le gazomètre est interceptée par le barillet , puisque les tuyaux qui confisent le gaz à la sor^e des oorttués plongent dans le
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liquide du barillet. Le coke est enlevé avec des rin* gards , reçu dans un petit tombereau en tôle , et porté ensuite sur le sol de Tatelier, où il s'éteint bientôt; quelquefois on hâte son extinction en Tarrosant d'une petite quantité d'eau.
350. On emploie à l'usiae française une petite brouette irès-commode pour le transport du coke. La caisse est un demi-cylindre mobile autour d'un axe qui est au-dessous de son centre de gravité et unjpeu en avant; par conséquent lorsqu'elle est libr^P^H® se renverse en arrière : on la tient dans la^osition qu'elle doit avoir , au moyen d'une chaîne garnie d'une fiche à clavette qui entr« dans la flèche du tombereau , et qu'on lâche quand on veut la faire basculer. L'extré* mité de la chaîne est fixe, et sert à ramener la caisse à sa position primitive.
351 • Le coke étant enlevé , on remplit la cornue de charbon, on remet l'obturateur luté , et on tourne la vis qui doit le comprimer. Ces différentes opérations doivent se faire avec une grande activité; car pen* dant leur durée la cornue se refroidit , et pendant la dernière on perd une partie des substances volatiles du charbon. Lorsqu'elles sont exécutées par des ouvriers expérimentés ^ elles ne durent que 2 à 3 minutes.
352. Produits de la distillation de la houille. Ces produits sont , P le gaz combustible destiné à l'éclairage ; 2° le charbon privé de bitume, qui reste dans la cornue, et qu'on désigne sous le nom de coke ; 3* du goudron; 4* des eaux ammoniacales ; 6** du sous-hydrp»
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sulfate de chaux qui provient derépuration. Nous avons parlé de l'usage du premier produit, qui est le but principal dé l'opération , nous allons examiner les autres.
353. Le coke est une matière très -combustible^ presque uniquement formée de charbon, et d'une petite quantité de cendres; il brûle sans flamme ni fumée; Ll peut remplacer le charbon de bois , pour la fonte des métaux, dans l'économie domestique, etc. Il a sur le charbon de bois un très-grand avantage; car, pour dével4Her la même quantité de chaleur avec l'un et l'autre de ces combustibles , la dépense du charbon de bois serait trois fois plus grande que celle du coke, du moins aux prix de ces matières à Paris. Mais les usages du coke seraient encore beaucoup plus étendus, s'il pouvait être employé dans le traitement de la fonte et du fer comme celui que l'on fabrique pour ces usages par sufPocution; mais jusqu'ici , il n'a pas pu le remplacer;
1 est probable que cette différence provient de ce que le coke fait en vase clos est plus poreux , ou que les sulfures que contenait le charbon de terre ne sont pas brûlés comme dans les cokes faits à l'air. En Angleterre, où les usines de gaz sont très-multipliées , on obtient une très-grande quantité de coke qui ne peut être entièrement écoulée dans le commerce ; alors on en emploie une partie pour chauffer les cornues, en y ajoutant une certaine quantité de goudron.
354. Le goudron de houille se dépose dans le barillet et dans les tuyaux que le gaz parcourt encore avant d'arriver à Tépurateur, il a une odeur forte et désagréable; il est employé pour enduire la surface des ga-