‹ Traité de l'eclairageChapitre 82 sur 127 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Le bénéfice qui résulte de ce compte est peu coiu&dérable , mais il ne peut qu'augmenter, car 1** le gax n'est point payé ce qu'il vaut ; en effet j un bec ordinaire à l'huile consume 30 grammes d'huile épurée , et comme un bec alimenté par le gaz donne deux fois et demie autant de lumière , il en%*ésulte qu'un bec au gaz vaut 75 grammes d'huile qui, au prix le plus bas du cours, coûtent 8^,75 : si on ajoute pour les frais de mèche et d^entretien 1<^,25, la valeur du bec de gas sera de 10 c. par heure, et il n'est réellement payé que 6 c. (1); 2® jusqu'ici on n'a veildu qu'une petite quantité du goudron obtenu, et il est probable que l'usage du mastic fait avec cette piatière, en se propageant, augmentera beaucoup )a consommation du goudron ; 3^ on ne tire encore aucun parti des liqueurs ammoniacales, et il est très-probable que l'on finira parles utiliser.

361. Lorsqu'on avait prétendu que les usines françaises ne rapporteraient jamais autant de bénéfice que celles d'Angleterre, cette assertion était principalement fondée sur ce que la fonte et le charbon de terre sont bien moins chers en Angleterre qu'en France ; mais M* Bérard a fait voir d'une manière évidente .que ces désavantages kont compensés : eu effet les 'objetà en fonte ou en fer, tels que les tuyaux de con-

(i) Les autres usines ne font payer le gaz que 5 centimes, mais les becs sont un peu pins petits. Ceux àé l'usine royale consomment nn peu plus de 4 pieds cubes de gaz à rbeure,. et les autres seulement 3 pieds cubes et demi.

194 TRAIfE DE L ECLAIRAGE,

-duke , les barillets , les gazomètres , ne s'usent pas sensiblement , et la différence de prix de la matière ne &it qu'élever davantage le capital d'établissement; mais la maçonnerie , la charpente, la main-d'œuvre, fcont à meilleur marché en France qu'en Angleterre, et il en résulte que lA dépenses totales d'établissement pour des usines de mêmes dimensions sont plus grandes en Angleterre qu'en France. Par exen^ple, l'usine de Glascow et l'usine royale, qui sont toutes deux destinées è fournir du gaz à 2,400 becs, ont coûté , la première 1 ,81 3,400 francs , et la seconde 1 ,200,000. Quant à la différence du prix du charbon , elle est plus que compensée par la différence de prix du coke ; car de l'examen comparé des comptes de l'usine de Glascow et de l'usine royale il résulte que la dépense en charbon, diminuée du prix du coke, a étéàGlascowjde 73,350 fir., et à l'usine royale de 68,992 francs. Ces deux élëmens étant en faveur des usines de Paris, et la main-d'œuvre étant aussi moins chère , les usines de Paris sont dans des circonstances plus avantageuses que celles d'Angleterre.

Au surplus, on m'a assuré que l'usine de MM. Mamlrr et Wilson avait fait l'année dernière des bénéfices sof* fisans pour donner à ses actionnaires 6 p> 100 d'iinéréts de leur capital et un petit dividende. Ainsi le problème de l'avantage commercial des usines de gax de la houille , à Paris, est complètement résolu.

362. Nous rapporterons encore le compte de Téclairage de Thôpital Saint-Louis, publié par M. Peligot, directeur de cet établissement, dont la cotastmetion ,

GHAPITR& l\4 . id$

dirigée par M. Darceti fut exécutée en 1818 pour servir de modèle à des usines plus considérables. Ce compte fera voir combien pour un grand établissement l éclairage au gaz est préférable Ik celui de rhuilc.

COMPTE de r éclairage de r Hôpital SaùU'Louis.

IHBPXHBfi.

distillé de St.'Etiennc i»999'^S7^ ^

^, , , 4fr.%c^... q538,85

Charbon/. \ J r. ^^. r .

de chaunage, Creu5d< y i^iao****',75 à

4fr. aoc 47^7» iS

11 ouvriers à ft firaucs par jour. . . •» . . • i,4^

Une cornue neuve ^ déduction faite de la

TieîUe «... 55o

\ «l'aie Réparation des fourneaux i5o

Entretien et réparation des conduits* . . . aoo

Chaux., 5o

Total i6a55yg8

raoDtn.

716^670 pieds cubes de gaz.

3^920 hect. de coke^ à 5 fr. ^Zc. . . 10^019, a5\

7,ao4kiL 29 îd 1,801, i5| iSi^i^fio

Goudron et huile essentielle. • • . i,35i, ao]

L'éclairage coûte donc « • . 5084^38

L'éclairage à l'huile coûtait. ......*..«.. 8000

Différence ......,,. 49i5,6a

L^appareil nécessaire pour fournir la même quantité de gaz coûterait au plus 40^000 francs ; ainsi, en préle^

iit TRAITE DK L ECLAIRAGC.

Vant rintérét à 10 pour cent de cette somme, il reste «iccNrè un bénéfice de 915 fr. 62 c. : mais comme la quaiïtité de lumière fournie par le gaz est beaucoup plus grande que celle qui était fournie par Thuile j la différence réelle, en ayant égard à la quantité de lamière fournie , est beaucoup plus grande que celle que présente le compte ci-dessus* L'hôpital Saint-Loub était éclairé par 125 becs à l'huile, et il Test maintenant par 320 becs au gaz d'une force supérieure. D'ailleurs la quantité de gaz qui a été fournie par le charbon est, d'après le compte, de 4,48 pieds cubes par. kilogramme , tandis que du charbon de meilleure qualité en donnerait de 5 à 6 : de plus , la quantité de cowr bustible employé a été de 56^,04 pour 100 de houille distillée , tandis que dans les usines où l'on chauffe plusieurs cornues à la fois , la quantité de combustible n'est que de |p pour cent de celle Je la houille distillée.

ÉCLAIRAGE AU GAZ DES MATIl&RES GRASSES»

364. Nous ayons dit dans le chapitre 2 que les matières grasses qui constituent les chandelles, les bougies , et celles qui alimentent les becs des lampes , se transforment dans la mèche ou du moins dans l'intérieur de la flamme, en gaz hydrogène carboné, dont la combustion produit la surface brillante de la flamme. Par conséquent on peut, par une opération prélitninaire, former avec ces substances le gaz combustible qui se produirait dans la mèche , et brûler ensuite

CHAPITBK IT. 197

ce gaz dans les appareils de* combusïioti p&rtictiKers.' 365. Il semble au premier abord que cette opération ne peut pas être avantageuse /-car la production du gaz ne ooÙte rien quand on brCîle lés mattières solidéf ou liquides dans: des mèches^ e% que la prépartitibl^ préliminaire dé ce gaz exi^e des appareils très-^i^pèn^ dieixxi du combustible et de la'inîàiifi-^d'œliVrew ïayloi^^ qui le premier & eu l'idée de Féclaifàge au ^aii d«j rhuiley a prétendu que deux quantités égales d^biiile étant br&lées, lune directement, et l'autre aprë^ atbiif été préalablement réduite en ffkt, la lumière donnée par le gaz excédait celle que Ton obtenait par la combustion directe de -Vhuile ; il avait même annoncé que ce rapport était comme 134 est à 100. Cependantla quantité de gaz que Ton obtient par une opération -préalable ne peut pas être égale à • )a quanci€é'':d<i matière combustible qui est brâlée^au^essos «de-ta mèche ; car quelque bien disposé que soit l'appareil; il .y a toujdtus des pertCGi inévitables , et il est impos» :sible qu'il ne se dépose pas une certaine quantité :de charbon qui est perdue pour la flamme; nsaîacii admettant que Ton obtienne tout le gaz qui se formejrait dans la mèche , et au même degré de carbonisartion,. comment peut on concevoir que le gaz tout formé •produise plus de lumière que celui qui seiforme pen- (iant la combustion ? d'autant plus que'la quantité de chaieur.dég^gée est exactement la même; car la chaleur •dégagée- par là combustion est proportipnnelle à la quantité d'oxigène absorbé : or, comme nous supposons que les quantités, de gaz sont égales , et queilar combtfs-

igg TRAITA DE L ECLAIRAGE.

tion «st également parfaite pour chacun d'eux , il fant nécessairement que la quantité de chaleur le soit aussi. Oh 9Tait rendu compte de cette anomalie en disant qu'une partie de la chaleur de la flamme était absorbée per 1* formation du gaz , que par conséquent sa température devait baisser et qu'elle devait être moins lumi* neuse* .Cette explication était assez, satisfaisante ; maiï il parait ,. d'après des expériences récentes faites par 11, Payen et Bérard y que le fait avancé par Taylor n'est MÎBt exact 9 et que l'huile brûlée directenient donne rëeUement plus de lumière que quand elle a été d'abord réduite en gaz«

. iGùp II résulte de .1^, qu'il n'est point avantageni dfe réduire en gaz Fhuile qui peut être brûlée di* xectement dans des mèches. Mais il y a beaucoup de lèatières grasses d'une qualité inférieure qui ne peoftenll point servir à l'éclairage dans nos lampes ordinflâires.^ ou qui ne pourraient y être employées qu'après avoir subi des purifications coûteuses : telles sont les liuUea de poisson , les huiles volatiles , les huiles de frûnes non épurées : ces substances peuvent alors éttt avantageusement converties en gaz.

367. Les huiles et les matières grasses végétales et animales sont formées d'oxigène , d'hydrogène , et de earbone ; mais la quantité d'oxigène est bien éloignée d'èlre suffisante pour saturer complètement le carbone et ^hydrogène; elle est même insuffisante pour saturer le carbone > et en prenant la quantité de carbone nécessaire pour former de l'acide carbonique avec la totalité de Voxigène, le reste du carbone combiné avec l'by-

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