FEBUENTATION
La fermentation est très-usitée en Allemagne dans l'alimentation des chevaux et du bétail à cornes. On emploie généralement la méthode de la fermentation spontanée, due, selon M. Moll, à M. E. André, agriculteur de la Bohême; c'est-à-dire
que, après avoir coupé les fourrages secs, foin et paille, on les stratifié de racines également coupées en tranches ; on tasse bien le tout dans des caisses à peu près hermétiques et on arrose d'eau pure, d'eau salée, ou d'eau contenant en suspension du tourteau; le plus souvent même, on élève cette eau à la température de 70 à 80" C. La fermentation s'établit dans la caisse et elle est suffisamment développée après 36 à 60 heures, suivant la température. On détasse avant que la fermentation alcoolique soit survenue, et on sert au bétail. Celte pratique augmente la valeur nutritive des aliments en ce qu'elle ramollit les fibres végétales, prépare la dissolution de certains principes, et parla chaleur, convertit le sucre, la fécule et l'amidon en dextrine ; elle permet de faire consommer la paille avec profit, tout en économisant le foin, mais elle exige une certaine maind'œuvre. Les Allemands prétendent que 150 kilog. de fourrages fermentés égalent en valeur nutritive 200 kilog. de fourrage naturel, et en ceci nous ne pensons pas qu'ils exagèrent comme pour la cuisson et la macération. Cependant la question économique est encore quelquefois controversée , et quelques expériences mal dirigées ou incomplètes ont conclu contre ce procédé.
A Sahlis, chez le docteur Crusius, dit M. de Gourcy, l'emploi des aliments fermentés jusqu'à l'état vineux a été essayé sur 20 vaches choisies aussi semblables que possible 5 20 autres vaches recevaient en même temps une nourriture semblable mais non fermentée. Le premier lot produisit 3.400 litresde lait, et le second 4.200. [Journal d'agriculture pratique , numéro du 20 février 1854, p. 137.) Nous trouverons, du reste, un résultat semblable sur les vaches laitières à Martinvast, à Foassé, colonie de Mettray, et à Bechelbronn. Ceci prouve simplement, ce qui au reste était reconnu depuis longtemps, que les aliments
fermentés ne sont point favorables à la production du lait.
Pour les chevaux, M. Decrombecque, à Lens, se trouve trèsbien des aliments fermentés et il compose leur ration de paille, foin, avoine concassée, tourteau d'œillette et farine de graine de lin. Il pense même que ce régime peut remédier (moins Tavoine qu'il supprime alors) à la pousse, pour un temps plus ou moins long 5 du reste il a par-devers lui un grand nombre de faits qui semblent le prouver.
Pour les bœufs à l'engrais, les expériences faites chaque année à la Saulsaie par M. Nivière sont on ne peut plus concluantes, et quoique j'en aie été témoin, je suis encore profondément surpris de la qualité qu'acquièrent les fourrages par cette préparation. La dépense de main-d'œuvre ne s'élevait qu'à 0^06 par tête et par jour, y compris les soins donnés aux animaux. La même ration a produit : donnée à l'état normal, 0^.900 de poids vif, et donnée après fermentation, S^MIO. J'ai vu au commencement de l'engraissement, ces bœufs de races salers, du Bugey, et bressane, avec une ration de 18 kilog. de paille hachée et fermentée avec 0^.250 de tourteau de colza, fournir un accroissement moyen par jour, sur 100 bœufs, de O^'.OSO de poids vif par tête. Voici quelques-unes de ces expériences, après correction des nombreuses erreurs de chiffres qui défiguraient le compte rendu dans le Journal d'agriculture pratique y numéro du 20 août 1852 :
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