‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 58 sur 64 · CO · texte numérisé non relu

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Chacun de ces engraissements ayant porté sur plus de 80» bœufs, les chiffres donnés par M. Nivière peuvent être considérés comme dignes de toute confiance, et nous avons pu d'ailleurs en vérifier l'exactitude. Quant au résultat économique, nous y reviendrons en parlant de l'engraissement.

M. Moil ayant fait fermenter dans des tonneaux, des siliques de colza, des betteraves, des navets, du tourteau de colza, arrosés d'un peu d'eau salée, la chaleur s'élevait dans les tonneaux, après 72 heures, à 30 ou 35° C. Dans l'alimentation de ses bœufs de travail, il substitua sans préjudice une ration fermentée valant 1 fr. 15 c. à la ration normale valant 1 fr. 76 c. Enfin pour l'élevage du jeune bétail à cornes, M. Vannier, chef de la colonie de Foassé, succursale de Mettray, constate l'excellence du régime fermenté sur 15 génisses de divers âges et de différentes races; elles ont été maintenues dans un état de santé florissant et étaient surtout remarquables par le luisant de leur poil. On économisait en outre 0 fr. 02 c. net par jour et par tête.

Seul, M. Lebel, régisseur de M. Boussingault, à Bechelbronn, n'a pas obtenu de la fermentation un résultat sensiblement avantageux. Pour les moutons à l'engrais, les aliments ainsi préparés sont éminemment favorables; à Dampierre, en 1857 et 1858, nous avons suivi l'engraissement de southdowns-mérinos, southdowns-berrychons, berrychons et solognots, à la pulpe Champonnois , paille et foin hachés et fermentés avec addition de tourteaux de colza, avoine et farine d'orge. En 1856-57, 81 moutons southdowns-mérinos et 54 solognots et berrychons consommèrent du 1" décembre au 28 février :

Pulpe de betteraves en cossettes 71 .602 kilogr.

Foin fermenté avec la pulpe 9.995

Tourteau de colza 5.620

Avoine 410

soit ensemble l'équivalent de 46.002 kilog. de foin consommés en 90 jours par un poids vif moyen de 4.563 kilog. C'est 3''.935 de foin ou l'équivalent par jour et par tête, à raison de 11.242 kilog. de foin par 100 kilog. de poids vif. L'accroissement total en poids fut de 99''.750 , plus 216 kilog. de laine dont un cinquième environ était le produit de la période d'engraissement, ce qui porte le gain total en poids vif à 142^.950, ou O^'.SIO par 100 kilog. de foin consommés ou l'équivalent . Certes, ce résultat n'a rien de remarquable, mais il faut se rappeler qu'il provient de moutons métis-mérinos , berrychons et solognots , les premiers et les derniers durs et lents à la graisse, et les derniers en outre, mauvais mangeurs à la bergerie.

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