‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 18 sur 112 · TBAITBMBNT DE LA CHUTE DU RECTUM · texte numérisé non relu

TBAITBMBNT DE LA CHUTE DU RECTUM

la foire reDt^^ ; à partir de ceUe époque, l'enfanta été soumis pendant six joors à trois introductions de suppositoires de glace chaque jour, et la maladie ne s'est pas reproduite.

Débridement. — Delpecli eut recours avec succès au débridement du sphincter dans un cas où le prolapsus s'accompagnait d'étranglement. Nous n'avons jamais rencontré l'occasion de constater une indication semblable, et nous avons la conviction qu'il est toujours possible, quel que soit l'accroissement de volume de la partie prolapsée et le degré de constriction exercée parle sphincter, de venir à bout, par la seule compression, des difficultés les plus grandes qui puissent exister sous ce rapport. De même que pour le paraphimosis, nous n'avons jamais eu lieu de faire d'opération spéciale de débridement, étant toujours parvenu, dans les cas les plus difficiles, à faire la réduction du gland, quelque tuméfié qu'il fut; de même nous avons toujours obtenu, sans opération sanglante, la réduction des parties prolapsées dans les cas de chute du rectum. Ce qui empêche de se faire une idée complètement exacte de ce que peut la compression bien faite, cest, en grande partie, le défaut de persévérance et un mode défiectuenx dans l'application de ce moyen. Nous rejetons donc le débridement, et si nous avons cherché à résoudre opératoirement le problème de la guérison des chutes du rectum, c'est pour prévenir la récidive et en vue de la cure radicale. Nous croyons donc, en résume, que l'opération du débridement peut être rejetée dans tous les cas, quels qu'ils soient.

Excision des plis rayonnes. — Cette méthode qu'on a beaucoup vantée, et qui, en effet, a donné entre les mains de Dupuytren et de plusieurs autres chirurgiens des résultats assez avantageux, repose sur l'idée qu'en déterminant par le tissu cicatriciel le resserrement de l'orifice anal, on doit parvenir à empêcher d'une manière définitive la possibilité du prolapsus. Il faut ajouter que ce mode opératoire remplit le but du chirurgien par uu double mécanisme, non-seulement parce qu'il a pour résultat de resserrer l'orifice anal, mais

encore parce qu'établissant des adhérences de la* peau aux parties suhjacentcs, il prévient le glissement trop facile du tr(;iiinent qui entoure lorifico, e( donne lieu dans cet endroit à une consistance qui s'oppose à la laxité trop grande du tissu cutané, laxité qui prédisf>ose notablement au prolapsus delà muqueuse.

Cette méthode pourrait donc être conservée , mais nous sommes loin de nous associer aux éloges exagérés que quelques auteurs lui prodiguent encore. De même qtic toutes les méthodes qui consistent dans l'excision au moyen des instruments tranchants, elle expose à des dangers nombreux , tels que suppuration dilï'tise, pliénotnènes d'infection purulente, adénites iuguina'es ; mais elle a encore d autres inconvénients qui lui sont propres , et qui tiennent à la monière dont elle s'exécute, et aux parties qu'elle atteint.

Dans l'excision des plis rayonnes, l'extrémité anale de chacune des incisions vient mourir siu* la muqueuse, un peu audessous de l'orifice anal. Or, le prolapsus du rectum étant souvent accompagné d'un développement variqueux dû aux veines hémorrhoïdales, la pointe terminale profonde des excisions vient précisément tomber sur des veines hémorrhoîdaires dont l'ouverture peut donner lieu à l'hémorrhagie d'aliord, puis à la phlébite.

Plus on fuit de progrès dans l'étude des affections chirurgicales de l'extrémité inférieure du rectum, plus il semble que les chirurgiens soient disposés à s'abstenir de l'emploi des instruments ti*anchants appliqués aux maladies de celte région éminemment vasculaire et en particulier veineuse. C'est assez dii*e que nous i*ejetons comme dangereuse la méthode de Texcision des plis rayonnes, non-seulement a cause des dangers qui lui sont propres, mais encore parce qu'elle peut éti*e remplacée avantageusement. On a confondu, mais à tort, la méihode de Dupuyiren avec celle de Hey. Ce sont deux opérations totalement différentes : Tune appartient à la dusse des excisions, Tautre à celle de l'ablation.

Ablatioiu — On a beaucoup parlé des succès obtenus en

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ÂDgleteri*e à Taicle de cette méthode, par Hey ; mais il suffit d'examiner avec quel(|ue attention les observations de ce chi* rurgien pour voir qu'il a plusieurs fois opéré, sous le titre de chutes du rectum, des tumeurs anales qui étaient tout bon* nement des tumeurs hémorrhoïdaires , doit il résulte qu'on De peut pas donner aux faits qu*il rapporte toute la confiance qui s'attache aux observations exactes. La conclusion à tirer de ces faits laisse donc beaucoup à désirer.

Un rapide examen des observations de liey va donner la preuve de ce que nous avançons. Ainsi dans l'observation (1 une dame traitée par le procédé de Tablation, le chirurgien anglais aurait enlevé deux tubercules mous qui siégeaient aux deux côtés deTanus, en mettant un certain intervalle de temps entre les deux opérations.

Dans un autre cas, celui d\in M. W. de Hall, traité autrefois par Sharp, il est question de tubercules bleuâtres occupant la base d'un repli cutané qui se trouvait lui-même à la marge de Tanus. Ces deux cas, évidemment, sont relatifs A des tumeurs hémorrhoïdaires, les unes simples, les autres complicpiées de prolapsus du rectum. Dans une troisième observation, Topéralion n'aurait été pratiquée (pie d*un côté, ce (|ui porterait à croire qu'il s'agissait d'une tumeur analogue à celles mentionnées dans les cas précités.

Que résulte-t-il de cette courte analyse des observations de Hey? Cest que dans un certain nombre de cas le chirurgien anglais aurait pratiqué l'excision par le bistouri de tumeurs hémorboïdales. Or, on sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur la valeur de lexcision appliquée à ce genre de tumeurs. C'est une méthode à peu près abandonnée complètement et dont les dangers sont généralement redoutés.

Si le chirurgien anglais a compté des succès en opérant par cette méthode un certain nombre de tumeurs hémorrhoïdales cl de prolapsus qu'il na pas très bien distingués les uns des antres, il est à présumer qu'il aura eu aussi des revers (|u'il a négligé de faire connaître; c'est du moins ce qu'il eH permis de conclure de Tenseuible dej faits qu'on possède aujourd'hui

iS8 LEÇONS SUR L'jftCBASElfBNT UMAaIAI.

sur lablaiion par l'instrument tranchant appliquée aux tumeurs hémorrhoïdales.

Nous croyons donc, en résumé, que lablation par ioslrument tranchant des procidences du rectum est une opération qui doit être rejetée comme exposant aux hémorrhagiest a la phlébite, et à des inflammations diffuses de la région anale.

Les mêmes raisons s'adressent plus ou moins complètement, suivant nous, à toute méthode qui, appliquée sur cette région, procède par division des tissus au moyen de Finstrument tranchant. Tels sont les procédés d'Heustis, de M. Robert, de M. Ricord , etc.

Cautérisation. — I^ cautérisation au fer rouge, employée par un certain nombre de chirurgiens et parfaitement formulée dans son mode d exécution par M. Bégin (l), est encore aujourd'hui , malgré les suppurations abondantes auxquelles elle donne lieu, la méthode que nous préférerions à toutes les autres si nous ne possédions pas Técrasement linéaire. Toutefois, nous ne devons pas négliger de dire que si la cautérisation expose moins que d'autres méthodes aux accidents si justement redoutés de Théniorrhagie et de la phlébite, elle a malheureusement pour effet de provoquer des formations inodulaires tellement résistantes, quelle laisse le malade exposé à la rétention des matières Fécales par resserrement de Tanus, et aux suites longues et douloureuses d*une brûlure de cette région.

Écrasement linéaire. — Nous avons maintenant à exposer les modes d'écrasement linéaire que nous avons appliqués aux différents degrés de la chute du rectum.

A un premier degré, celui qui consiste dans une procidence très peu considérable et sur un seul côté de l'orifice anal, nous appliquons l'écrasement à peu près de la même manière que pour les tumeurs hémorrhoïdales latérales.

Le doigt indicateur, portant à sa base une anse de fil très largement ouverte, est introduit dans la cavité du rectum.

(i) Mrmoim sur quelques ma tadies graves de Vanus et du rectum {Ànnatet de ta r.hirurgiey Parix, 1841^ t* m> P^fj. 1^0 et Miiv.)

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