TRAITEMENT DR LA CHUTR DU RECTUM. ISS
et même de gangrène. On n'a donc rien exagéré quand on a dit que la chute du rectum était une alfection dont Topimâireté Faisait le tourment des praticiens et le désespoir des malades.
Quels sont les moyens que Tart possède contre cette pénible maladie ? C'est : 1* la réduction de la partie prolapsée et les moyens presque innombrables proposés pour maintenir cette réduction; 2* le débridement; 3<> Texcision des plis rayonnes; &* la résection des parties prolapsces; 5^ la cautérisation; 6* enfin récrasenienl linéaire.
1* Réduction. — Placer avant tout le malade dans la position horizontale et dans des conditions qui lui interdisent de se livrer n aucun effort; nettoyer la tumeur avec un mélange astringent, lenduire d'un corps gras, exercer avec les doigts uniformément distribués une pression concentrique, et éviter avec un égal soin d'une part toute intermittence , de l'autre tout accroissement bruscpiede la compression.
Moyens propres à maintenir la réduction, — Nous ne ferons point ici la longue énumération des moyens mécaniques proposés pour maintenir la réduction; nous nous bornerons à faire remarquer que plusieurs d'entre eux ayant pour effet de dilater lampoule rectale, tendent plutôt à augmenter le relâchement des tissus qu'à leur restituer la tonicité normale. En sorte que s'ils remédient mécaniquement et momentanément à la chute considérée en elle-même, ils ne font rien pour la guérison définitive de l'affection. Nous avons eu recours h un moyen qui nous a donné d'excellents résultats. C'est l'emploi des suppositoii*es de glace. Dans aucun cas je n'ai obtenu de plus notables effets que dans une chute du rectum datant de plusieurs mois et qui avait résisté à une foule de moyens.
oisBiiTATioa 19'. — Une petite fille de trois ans, placée à] Thùpiinl des Eofants -Trouvés, dans le service des ophtbalmies, éuit atteinte depui:i trois mois d*ane cbute du rectum qai, loin de s'améliorer, semblait prendre de joQren jour des proportions de plus en plus considérables; l'intrstin ressortait au debors du spbincter anal dans une étendue de cin(| travers de doigt : indépendaoïmeot de l'étendue en longueur de la portion prolapsée, le volume
ISA LEÇ0N8 SUR LÉCBASEMENT LINÉAIBB.
de riotestin 9 ctait coosidérablement accru, par suite da grand développemeni des vaisseaux de la portion intestinale que ces chutes fréquentes avaient évidemment hypertrophiée. Ce volume était tel, que le rectum semblait perdre peu à peu son droit de domicile dans la cavité du petit bassin ; cVtait au point que, quand on réduisait Tintestin, ce qui, du reste, n*était pas Irèt difficile, au moyen d'une pression soutenue, Tenfant éprouvait un malaise évident, une sorte d'inquiétude et d'aniiété avec agitation et cris. On reconnaissait ta réalité de cette cause de gène a ce que, dès que la tumeur était ressorlîe, lenfant reprenait sa gaieté et semblait éprouver par le seul fait d'un état pourtant si peu normal, un sentiment de bien-être prononcé.
Je commençai à recourir aui suppositoires de glace que je renouvelais seulement une fois par jour. Dans les jours qui suivirent la première introduction, il y eut un peu de diarrhée, mai^ sans la moindre apparence de coliques on de douleurs abdominales; une seule fois, durant ces premiers jours, rintestin sortit encore, puis la chute ne se renouvela plus, et Tenfant complètement guéri au bout de quinze jours, fut envoyé à la campagne où les résultats obtenus ne se sont pas dcmentis.
Les suppositoires de glace avaient 738 centimètres de longueur et s'intro* duisaient sans aucune difficulté par une extrémité un peu amincie quoique
Depuis cette applicalion des suppositoires de glaces, j'ai eu recours à Temploi du même moyen sur un petit garçon de mon service, à Thôpital des Enfants-Trouvés, ainsi que cela résulte de l'observation suivante :
OassavATioa ao*. — Au n* 4^ de la salle des ophthalmies, se trouve un enfant inscrit sous le nom d'Étienne-Laurent- Auguste. Cet enfant, né le i3 janvier 1846, o^t d'un tempérament lymphatique, d*une constitution délicate; les chairs stint pâles, molles ; la face est bouffie, décolorée. Il a été guéri, il y a deux mois h peine, nu moyen du traitement par les douches oculaires que j'ai institué à l'hospice des Enfants-Trouvés, d'une ophthalmie purulente doubla avec induration considérable des paupières des deux côtés. Plus récemment encore, il a été atteint d'une affection gan^jréneuse des paruis de la bouche et des gencives.
L'état ordinaire de cet enfant est toujours un peu fébrile; il est sujet à de fréquentes diarrhées qui s'accompagnent souvent de la chute du rectum, La dernière fois que cet accident eut lieu, l'intestin resta plusieurs jours au dehors et finit par former une tumeur du volume du poing, tumeur d'un rouge vif, sauguinolente, se continuant avec la muqueuse de l'orifice anal. Au loucher, elle présente une température élevée et la consistance de l'œdèine ; le< premiers efforts qui furent faits pour la réduire, en la refoulant des bords au centre et vers sa base, n'eurent d'autre résultat que dVn faire sourdre un peu de sang. Enfin, après avoir comprimé pendant plufienrs minutes la tumeur .iver la main garnie d'une rompren^e nide mniullé#* dVnii ficiide, je parvin* à