‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 25 sur 112 · HOUVBAU TRAITEMENT DES POLYPES DU RECTUM · texte numérisé non relu

HOUVBAU TRAITEMENT DES POLYPES DU RECTUM

M. Guersaht et nous-roéme avons fuit connaître à la Société de chirurgie plusieurs faits de ce genre qui se sont présentés à notre observation.

Les polypes du rectum se rencontrent beaucoup pins fréquemment chez Tenfant cpie chez Tadulte. Celle circonstance méiîte d^éire remar(|uéo,caronn aurait jamais supposé à priori qa'il en dût être ainsi. En effet, les liémorrhoïdes, la constipaiion cpii se rencontrent beaucoup pins souvent chez Tadulte et le vieillard que chez l'enfant, semblent prédisposer d'une manière particulière aux affections chirurgicales du rectum les sujets qui atteignent des périodes avancées de la vie.

Mais si, d'antre part, on considère que chez Tenfant la muqueuse du rectum possède une laxité (pii la dispose singulièrement au prolapsus, on trouvera peut-être qu'il existe une relation entre cette disposition anatomique et la plus grande fréquence des polypes du rectum chez l'enfant. En tout cas, il est fort utile de recueillir avec soin les observations de polypes du rectum chez Tadulte si l'on veut parvenir î\ posséder un jour une description complète de cette maladie.

Une distinction importante, eu égard au siège de ce.s polypes, consiste à séparer ceux qui naissent au-dessous du sphincter anal de ceux qui naissent au-dessus. Ces derniers, habituellement renfermés à l'intérieur de l'ampoule rectale, viennent quelqueibià apparaître à I extérieur pendant l'actede la défécation pour reprendre ensuite leur position habituelle. Il est facile de comprendre eu quoi celle circonstance intéresse In qnestion chirurgicale.

Quelquefois les polypes sus-sphinctériens remontent audessus de l'anus à une profondeur assez considérable pour ne pouvoir être atteints qu'au moyen d'appareils analogues à ceux qu'on emploie pour agir sur des organes difficilement accessibles. A ce sujet, on rapporte une ob^^ervation de Desault dans laquelle le polype , du vohune d'un œuf, avait sa racine à 16 centimètres au-dessus de l'anus. Desauli en pratiqua la ligature au moyen des instruments qui servent à lier les polypes.utérins. Le malade guérit.

15& LEÇONS SUE LÉCRASBMBNT UNÉAIKB.

Le plus habituellement les polypes du rectum s'ont petits, variant du volume d'un pois à celui d'un œuf de poule. Toutefois, Boyer en a vu un qui avait le volume des deux poings, fis sont arrondis ou piriformes, présentant la forme d'un diampiguon, souvent uiuliilobés et enduits à leur surface de mucosités abondantes. Eu égard à leur aspect, on les a comparés tantôt H une cerise, tantôt à une fraise. Du reste, iU offrent quelques variétés dans la nature du tissu qui les constitue. Ils sont tantôt fermes, rouges et grenus; tantôt muqueux, d*autres fois fongueux, quelquefois mous et variqueux, dans certains cas, même, composés d'un tissu érectile. La forme muqueuse est surtout celle qu'on observe dans le premier âfje.

Les différences signalées dans leur texture anatomique rendent compte jusqua un certain point de leur tendance variable aux liémorrhagies. Nous ne savons trop par suite de quel mécanisme ont pu se trouver au centre de ces polypes certains corps étrangers qui y étaient comme enkystés. On sait seulement cpie quelques-uns de ces polypes sont creusés d'une cavité à l'intérieur, et M. Gerdy a rapporté un caj» clans lequel un polype de ce genre contenait dos matières fécales desséchées et des petits calculs.

Les symptômes auxquels donnent lieu les polypes du rectum sont les suivants : état de gène permanent chez quelques sujets, apparaissant seulement au moment de la défécation chez plusieurs autres. Quelquefois ce n'est plus seulement un sentiment de gène, ce sont des douleurs vives, des hémorrhai;ies, et chez certains sujets un suintement habituel.

Les divers moyens qui ont été proposés pour faciliter l'ex* ploration de la tumeur et en déterminer la nature ont pour but commun de faire saillir le polype an dehors.

S'il n'est pas trop haut placé, on peut en provoquer la sortie en prescrivant au malade de |)ousser comme pour aller à la garderobe. Si l'on a affaire à un enfant, l'injection préalable d'un liquide ou d'un lavement put {;atif favoriserait ces efforts «l'expulsion. Dans le cas ou ces moyens ne réussiraient pas, le

NOUVBAU TBAITEMEMT DES POLYPB8 DU BECTUM. 155

Aoip^i iotroduit dans le rectum pourrait, en contournant le jHidicule de la tumeur, amener celle-^ci au dehors.

Quand le polype est situé à une certaine hauteur et ne Fait point saillie A la marge de lanus, il peut donner lieu a des erreurs de plus d*un {>enre, jusqu'à ce que le toucher soil pratiqué. Chez une jeune fille citée par M. Stoitz, on crut à une éruption prématurée des règles.

On pourrait éprouver quelque difficulté, même en ayant recours à l'exploration par le toucher, à distinguer à plusieurs pouces dans le rectum un polype d'une tumeur squirrheuse, ou même, suivant Boyer, d'une invagination du côlon dans le rectum.

La tumeur est-elle visible à l'extérieur, elle peut être confondue avec une chute de l'intestin, ainsi que cela est arrivé quelquefois; mais nous pensons qu'avec un peu d'attention un chirurgien exercé saura facilement éviter cette méprise.

Les tumeurs pédiculées du rectum présentent une particularité qui intéresse le chirurgien presque également au point de vue du diagnostic et à celui du traitement. Il s'agit de la facilité avec laquelle ces tumeurs rentrent à l'intérieur de Tintestin, de manière à rendre difficile leur exploration et l'action des instruments destinés à leur extirpation. Lu mobilité deces tumeurs est donc un obstacle à leur étude aussi bien qu a leur traitement. Voici de quelle manière j'ai cherché a résoudre cette double difficulté. Afin de ramener au dehors, et eu tout cas de donner une situation fixe à des tumeurs si mobiles, je bis usage d'un pessaire Gariel d'im volume assez considérable, mais qu'on introduit facilement lorsqu'il est vide et replié sur lui-même. Une fois mis en place dans la cavité de I intestin, ce pessaire est insufflé, et alors, au moyen de la iige creuse par laquelle il se termine, j'exerce des tractions qui ont pour effet de tendre à renverser la mu(|ueuse et d'attirer au dehors les parties appendties à la paroi interne du rectum (1).

(O Moniteur He* hôpitaux^ n* fl«i 1 8 juin iB.'iH.

156 LEÇONS SUR i/éckasement liméaibr.

Les divers moyens de traitement qui ont été proposés contre les polypes du rectum sont la cautérisation , la ligature et Texcision.

Il suffira de jeter un coup d*œil sur la valeur de ces modes de traitement pour comprendre qu'il n'était pas inutile de rechercher quehjue moyen thérapeutique exempt des reproches que Fou peut adresser aux méthodes connues jusqu'ici.

Cautérisation, — Il est d'abord une classe de polypes du rectum qui repousse d'emblée l'emploi de cette méthode, ce sont les polypes placés au-dessus du sphincter; nous n'avons pas besoin de dire pourquoi. On conçoit tout d'abord la difficulté (|u'on éprouve à introduire les agents caulérisateursè une grande profondeur, et d'un autre côté les dangers que ceux-ci, portés dans l'ampotde rectale, pourraient entraîner.

Quoique Loëlfler ait employé avec succès les caustiques sur un polype dont la ligature avait déterminé des douleurs intolérables, nous croyons que très peu de chirurgiens de nos jours accordent quelque valeur à la cautérisation comme mode de destruction des polypes du rectum. C'est donc un moyen \\ peu près abandonné.

Ligature. — Cette méthode laisse encore beaucoup à désirer et quoique nous tenions grand compte des intéressantes observations de notre honorable confrère d'Angouléme, M. Gigon, qui préconise ce mode de traitement, nous ne pouvons pas méconnaître non plus que dans certains cas la ligature des polypes du rectum n'ait amené des accidents de la nature Li plus grave, témoin lobservation de f.oëffler, dans laquelle on voit qu*il survint des douleurs tellement atroces, qu'on fut obligé d'abandonner l'emploi de ce moyen. Témoin encore d'autres faits, desquels il résulte que dans certains cas la ligature a été suivie de la mort du sujet.

Excision, — L'excision est moins douloureuse et plus expédiiive que la ligature; elle présente le grave inconvénient d exposer à riiémorrhagie et à la blessure d'organes importants lors(|n'on veut attaquer, à l'aide des instruments tranehanis, (\(^s poly|)es profondément situés.

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