‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 26 sur 112 · NOUVEAU TRAITEMENT DKS POLYPES OU RECTUM · texte numérisé non relu

NOUVEAU TRAITEMENT DKS POLYPES OU RECTUM

1* Le danger des héinorrhagies est démontré par un certain

nombre de Fdits, parmi lesquels nous nous contenterons de

citer les deux suivants : Chez le sujet d'une observation due à

M. Serres {Journal des connaissances médicales , jauviev 1839,

{). 107), il survint iuuiiédidtcment après la section du pédicule

une bémorrliagie abondante qui ne put être arrêtée que par

le umponnement. Dans un autre cas, Texcision d'un polype

tbngueux du rectum, Faite par M. Manec, fut suivie au bout

Je vingt-quatre heures d'une perte de sang considérable.

Non-seuleincni l'excision expose par elle-même au danger

lies hémorrhagies, mais elle peut déterminer ce genre d'acci-

ilent plus facilement encore lorsqu'on suit le conseil qui a été

donué de comprendre dans la section la partie de la peau ou

delà muqueuse sur laquelle s'implante le polype.

2* En ce qui concerne le danger de blesser certains organes pelviens en employant l'excision pour des polypes du rectum placés ù une grande profondeur , il suffit de réfléchir un instant à la nature du procédé opératoire employé jusqu'ici, procédé qui consiste à faire manœuvrer dans la cavité du rectum de longs ciseaux courbes sur leur plat, pour comprendre que Ion est exposé à couper tout autre chose (|ue le pédicule du polype. L'excision est donc une méthode qui offre des dangers réels. C'est dans !e but de prévenir les hémorrhagies (]ue,méme avant répo(|ue où j'a|)pliquai pour la première fois l'écrasement linéaire au traitement des polypes du rectum, feus recours à la suture pratiquée sur la plaie de Topération pour en rapprocher les deux lèvres. Voici une observation ou 56 trouve indiqué le | rocédé opératoire que j'ai suivi priur faire celte suture.

Ohbiivatio> î6*. — Polype du rectum chez un adulte. — Opemtion par excision, — Guétison,

Jolien, Jean, âgé de trente-deux ans, imprimeur, entre à Thopital Saint- Uloiiie le 5 ni.ird i853, pour se faire traiter d*un polype du rectum cpii est (Hiurlui une cause de douleurs pendant In délccalion et qui a déjà donné li<^ii à don liémorrha{;ie.H abondantes. Cfl homme a été militaire et compte

plusieurs CMiii[)agne8 en Afrique. Il e«t linbitiiellement cl*uue bunue sanlé et ii'ii eu (l'autre maladie antérieure que des kéroorrfaoïdes.

Depuis l'orl longiemps, en effet, il est atteint de tumeurs héuiorrhoïdale* qui^ (le temi)!> à autre, donnent lieu à des Hux sanguins considérables. Elles foruHrot à la a)ar(;ti de l'anus un bourrelet circulaire parsemé de saillies et de dépression».

Quand on dilate ce bourrelet ou fait apparaître une tumeur du Tolume d'une petite noix et dont le malade dit avoir conscience depais plus de quatre ans, époque depuis laquelle la tumeur, qui, par moments, était perceptible au dehors, n'a pas cessé de s'accroiue. Elle ne produit pas, à proprement parler, de douleurs vives, mais elle cause une géoe considérable dans la défécation, et donne lieu à un suintement abondant qui salit coDstamment le linge et détermine sur les téguments tle la région anale des excorittions presque continuelles. Aussi a-t-ii voulu, à plusieurs repiises, se faite délivrer par une opération de cette pénible maladie.

La tumeur est d*un tou{>e vif, d'une consistance et d*uu aspect spcngicui^ se distinguant pnr sa couleur et sa texture des saillies hémorrhoïdaires, au centre desquelles elle vient quelquefois se placer quand le malade fait un effort de défécation ; elle est comme formée de petites granulations vasculeuses qui lui donnent Tapparence d'une fraise, elle est retenue par un pédi> cule assez volumineux.

M. Chnssaignac procède à son ablation, après que le malade a été assoupi au moyen du chloroforme pour faciliter la manœuvre; il porte d'abord une ligature circulaire sur le pédicule et conduit des ciseaux courbes de manière à faire la section de celui-ci immédiatement au-dessous de la ligature qui vient d'être appliquée, mais cette ligature elle-même, (|ui n a servi de moyen (pie pour l'exécution, et qui ne doit point rester en place, est enlevée. On h remplace par deux points de sutuie entrecoupée qui sont destinés non plus à élreindrc circulaii entent, mais à rapprochei Tune de l'autre les deux lèvres de la plaie (|u'a laissée l'ablation du polype.

Le lendemain, Pétat général ne présente rieiï de particulier , niai« il v i« impossibilité complète (Puiiner par suite du spasme du col de la vessie et de cette espèce de paralysiiî vésicale qui a été désignée avec raison sous le nom de perte du ressort de la tuikiqutr musculeuse de la vessie. £u effet, M. Chassaignac ayant sondé le malade, fait remarquer la lenteur avec laquelle s'écoule l'urine, bien que la présence de la ^onde dans la ve.ctsie ait rendu tout à fait nuUe l'aeiiou du col considérée comme obstacle. L'urioe s'écoule en bavant quoiqu'elle soit renfermée en quantité considérable dans l'intérieur de la vessie.

Le i.^JI y a jdiisieurs nelles dan^ les(|uelles on trouve une grande quantité de sanj; provenant de-» hémorrhoïdes. Le malade est pâle, affaibli ; la paralysie de la vessie persiste. Pilules de ratanhia.

Le i5,leï* accidents (»ut cessé, sauf la paralysie.

Le 17, le malade urine seul, il est couvert d'une éruption d'urticaire.

Le ao, il sort de rhôpiial, se trouvant parfaitement bien. I/incision faite pour l'ablalion du polype paraît entièrement cicatrisée.

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