CHAPITRE VII
MÉTHODE POUR l'eXTIRPATION DU CANCBR DU RECTUM PAR L ÉCRASEMENT LINÉAIRE.
Au point de vue de la médecine opératoire, il est quelques circonstances utiles à rap|)eler dans le but de fournir à l'opérateur des données dont il devra tirer parti pour l'exécution de ses procédés.
Le cancer du rectum peut se présenter à l'état diffus ou à l'état circonscrit.
A l'état diffus, et quand il occupe une certaine étendue de llotestin, il repousse à peu près formellement l'emploi de la médecine opératoire, du moins en tant qu'il s agirait de pratiquer l'ablation des parties malades; car l'établissement d'un aous contre nature pouvant prolonger la vie du malade ne serait point contre-indiqué.
Circonscrit, le cancer peut se présenter sous la forme de
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plaque, de noyau ou d'anneau complet ; sous celte deniière forme, il peut s accompagner de rétrécissement de rintestin ou de la conservation du calibre intestinal, et à cet égard» il importe de bien distinguer dans la pratique les moyens qoi sont destinés à combattre le rétrécissement, de ceux qui s'at* taquent au cancer lui-même. On a eu tort de considérer les moyens dilatants, par exemple, qui ne s'adressent quaus rétrécissements, quelle quen soit la cause, comme constituant un traitement du cancer du rectum, lis combattent un épiphénomène, un accident; ils ne font rien oouire la nature même de la maladie.
Du reste, il est très important de se rappeler que ie cancer du rectum est souvent multiple, et que Tindication d opérer ne doit être établie que quand on a acquis, autant que foire se peut, la presque certitude qu'il n'y a pas un autre foyer cancéreux à une distance plus ou moins éloignée.
Si la (luesiion de Funité ou de la pluralité des points cancéreux est importante pour ro|)érateur, la question des limites Test certainement plus encore.
C'est suriout à l'occasion des org.ines génito-urinaires que s'élève la question des relations topugraphiques du cancer du rectum. Eu effet, si l'on n'a pas la certitude de pouvoir enlever la torulité du mal sans comprometure gravement le basfond de lu vessie et chez Tliomine la région prostiiti<|ue, il n'y a guère lieu de tenter une opération dont la conséc|uenoe immédiate serait une l;ir*>e fistule urinaire avec ses danf>ers d*inKlirjlion et de phlegmon urinenx dans la |iériode aiguë, avec ses dégoûtantes servitudes dans les périodes ultérieures.
L'importance pratitpie d'un diagnostic bien établi, avant de songer a aucun moyen opératoire, nous conduite spécifier les divers éléments qui peuvent servir à la détermination de ce diagnostic.
Afin de mettre un peu d ordre dans l'exposé des phénomènes qui peuvent devenir des si^^iies de l'alYection cancéreuse du rectnin, nous riiitiicherons ces phénomènes à différents groupes que nous allons indiquer •
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1* Phénomènes relatifs aux matières excrétées ;
2* Phénomènes relatifs aux troubles de perméabilité du canal intestinal;
3* Phénomènes relatifs aux troubles de voisinage dus à un cancer du rectum ;
h*" Phénomènes sur la qualité desquels éclaire le toucher rectal ou vaginal ;
S* Phénomènes qui se développent sous Tinfluence de certaines méthodes exploratives, telles que Tinjection, le catbétérisnie rectal, la palpotion de labdomen ou du périnée.
i* Phénotnènes relatifs aux matières excrétées. -— Les signes qui peuvent se déduire de Texamen des matières excrétées se rapportent : 1* è laspect des matières qui sont quelquefois comme rubanées ou passées à la filière, et accom* pagnées alors dans leur expulsion par de vives douleurs; (fautres fois teintes de sang. Cette dernière circonstance est même, dans certains cas, le seul indice précurseur de la mala.* die. Il en est de même de Texcrétion de matières glaireuses sanguinolentes. Ce caractère est encore d'une grande valeur prodromiqne; il arrive aussi qu'il y a des selles sanieuses, séreuses, puriforroes. Mais aucun caractère de ces excrétions intestinales ne doit être cherché avec plus de soin que la présence de détritus cancéreux dans les selles, attendu qu'il constitue k lui seul le signe pathognomonique qui dispense d'en chercher aucun autre.
Les hémorrhagies, quand elles ne peuvent pas être rapportées à un flux héinori'hoïdal, constituent encore un indice très significatif et une présomption très grave en faveur de l'exis-* tence d'un cancer du rectum.
Enfin, il peut arriver, et ceci n'est plus du diagnostic pron prement dit, mais de l'intuition directe, que la tumeur cancé** retise étant pédiculée et polypifbrme soit portée an dehors pendant la défécation.
V Phénomènes relatifs aux troubles de perméabiliiédu canal iotestiual. — Les phénomènes qui, étant i^elniifsaux troubles apportés par l'existence du cancer dans la perméabilité intes*^
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tinale^ peuvent fournir des indications utiles au diagnostic, se raliachent soit à des obstacles incomplets apportés au cours des matières fécales, soit à une interruption complète du cours de ces matières, et, pour traduire cette pensée en d autres termes, il y a tantôt rétention incomplète des matières fécales, tantôt étranglement interne.
Les phénomènes relatifs à la rétention incomplète sont des alternatives de diarrhée et de constipation. L'apparition de la diarrhée dans les cas de ce genre est due souvent au ramollissement tangentiel d'un bol fécal plus ou moins dur, retenu par un rétrécissement ou une coudure de Tintestin. Il y a très souvent du ténesme.
L'état de l'abdomen indique des accumulations partielles de matières, de liquides et de gaz donnant lieu A une série de tumeurs plus ou moins dépressibles, et parfois mobiles, comme s'il s agissait de productions tumorales formées dans Tépiploon ou le long de la colonne vertébrale.
Sous Tinfluence de cette rétention même incomplète des matières fécales, Tabdomen tend à prendre du développement, on distingue à travers ses parois, lorsqu'elles ne sont pas trop épaisses, les bosselures iutestinales, et l'on perçoit de la matité dans la fosse iliaque gauche.
Dans le cas où les choses sont poussées au point d'amener un étranglement interne complet, les parois des anses intestinales peuvent prendre une épaisseur considérable. Des perforations ulcératives peuvent avoir lieu et mettre en communication des anses intestinales adossées. Un anus contre nature peut même s'établir sur tel ou tel point des parois abdominales. Quelquefois alors des abcès stercoraux s'observent, soit à la région anale, soit à la région antérieure, soit aux régions latérales postérieures de l'abdomen.
En même temps, des hoquets, des éructations, des vomissements ont lieu, et quelquefois ils ont une odeur de matières fécales. L'haleine présente une fétidité analogue; on a même cru retrouver cette odeur dans la sueur visqueuse qui couvre la peau du malade. Alors apparaissent les symptômes dont