La cicatrisation se maintient parfaitement
3o. La cicatrisation ne s*est pas démentie.
4 janvier i85o. Sort parfaitement guéri.
Les observations rpii procèdent établissent que le procède de la circoncision, tel (|ue nous lavons institué, réussit à tous les c^Res, chez les nouveau-ncs comme chez les vieillards.
Off*ÉRATION DR LA CmCONCISION. S89
Mais peut-on espérer des résultats aussi favorables chez des individus cachectiques, débilités par des maladies antérieures ou épuisés par des suppurations profondes? C'est une question qu^il était difficile de résoudre h priori ^ et à laquelle les deux observations suivantes nous paraissent répondre d'une manière concluante :
Obseuvatiox 67*. — Gognard (Pierre), soixante-sept ans, fruitier, rue Boudffau, 5, entre le aS août i85i à Thôpital Saint-Anloine, salle Saînt-Fran çoit, n* 18.
Ce vieillard, d'une constitution épuisée, atteint de bronchite chronique et de catarrhe vétical, présente un phimosis qui rend impossible la mise à décou- Terl du gland. Cela a d'autant plus dUnconvénients qu'il y a chez lui cette blennorrhagie préputiale due à la malpropreté, et qui effraie quelquefois si fort de tout jeunes gens ou des hommes nouvellement mariés.
Le pourtour de ToriHce préputial est chroniquement induré chez notre ma- Ude.
L'opération est faite d*aprcs le procédé décrit et pendant l'état ancsthésique , le 4 septembre i85f. Rien de particulier, si ce n'est la li^jature d'une ariériole a In face dorsale.
Une ligature distincte de^ celle des deux faisceaux latéraux est placée à la région du frein. Aucun accident. Le lendemain 5, on enlève les HIs, excepté ceux de la ligature d'artère.
La cicatrisation ett complète; on renouvelle la cuirasse piotcctrice.
OasEitTATiOïf 68*. — Noël (François), âgé de quarante-quatre ans, ébéniste, faubourg Saint-Antoine, 47i entre le a juin i85i à Thôpital Saint-Antoiney lalle Saint-François, n* 36.
Cet homme, qui est d'une constitution épuisée, cachectique, présente un abct-s pcrinéal urincux que j'ouvre des le jour de son entrée, et comme cette affection fait prévoir un traitement où Tusage du cathétérisme sera fréquent, jr juge utile d'écarter le pins tùt possible la complication résultant d'un phimosis qui ne permet pas de découvrir le gland, et qui entretient autour de ce ilernier une suppuration fàclicnsc. En rffi't, quand on examine le malade, on ne »ait pas si la matière comme btennorrlia{iique dont le prépuce est re^npli ▼ienl de l'urètre, cm seulement d'une gonorrboe préputiale par malpropreté.
La circoncision est praiiquée par mon procédé habituel ; l'adhésion est étal«Iic dès le lendemain, et la ric.itrisation marche comme chez le sujet le mieux portant.
Or, cet homme était dans un état d'épuisement si profond, que c'est merveille tle voir les phénomènes de cicatrisation s*opéreravec une telle facilité dans des ronditions semblables.
Nous allons maintenant examiner un autre ordre de faits.
170 LEÇONS SUA LÉGRASEli^MT UtiÉAl«E.
Ce sont les cas de circoucision praliquée chez des sujeU aiteints d'accidenls vénériens primitifs.
S'abstenir de toute opération sanglante au voisinage d*iui chancre vénérien qui n'est pas à la période de reparution, et cela dans la crainte d'une inoculation dangereuse, est une pratique sage, inspirée par la saine observation, et que, pour ma part, je suis dans Thabitude de respecter. Si, dans mes opérations de circoncision, je me suis parfois écarté de celte pratique, c'est pour deux causes: la première purement éventuelle, la seconde intentionnelle.
Éventuellement,'] q\ tmuvé quelquefois des conditions telles que le traitement du chancre exigeait forcément cette opération du phimosis, a laquelle il est dans les cas ordinaires une contre-indication.
Inteniionnellementy voyant le succès d'opérations faites chez des individus atteints d'accidents primitifs et au voisinage même des ulcères vénériens, j'ai agi comme si ces derniers n'eussent jamais constitué une contre-indication, et je n'ai point eu à me repentir de cette infraction à ce qui, pendant longtemps, avait été une règle pour moi.
Entre autres faits qui pourraient mettre les praticiens à même d'apprécier ma conduite, je citerai robservation suivante:
Observation 69*, — Collignoo (Paul), cuitinier, âgé de dix-huit aoi, nie de Lyon, 7, entre le ai avril 1862 âi rkôpital Saint-Antoine« «aile SaUt- Françoi^, i4*
11 y a trois semaines environ, le malade s*étant ezpoië à un coDtact impur, une ulcération syphilitique s'en est suivie, qui siège sur le bord libre du prépuce.
Comme le prépuce recouvre complètement le gland, on pratique Toperation (le la ciiconcision d'après le procédé de la dilatation préalable, et Too enlève à la fois le chancre et l'eicèJant de longueur du prépuce» Il e&istait dans l'aine droite quelques ganglions en^jorgés.
Le ienilcmain de l'opération, 24 avril, on eidève les li^^atures. La réunion par première inteniion a été obtenue sur presque toute la circonfâreuce du prépuce. Seulement il y a un peu d*o:dème du feuillet muqueux«
Les j<inrs suivants, la surface de la plaie d'opération se recouvra de I {>eons iliariius, que Ton louche avec la solution de nitrate d'argent.
1*' mai. Sort complètement guéri.
wiiATioif DB LA cmcoMasiôir. 371
La blennorrbagie, pas plus qae les ulcères vénériens^ n'est pour nous une contre-indication à Topération du phimosis. Des expériences à ce sujet ont éié renouvelées plusieurs fois dans notre service. En iriéine temps que les malades étaient mis à rusagede20 grammes par jour d'une mixture composée de mi-partie cubèbes, mi-partie copahu, on les opérait de leur phimosis, et nous n'avons pas remarqué que la complication blennorrhagique ait nui à la cicatrisation. Les faits suivants viendront à lappui de cette assertion.
OmbbvatiOii 70*. — DiD(prd (Jean-Baptiste), dix-huît-ans , emballeur, rue Saiol-Looia* a* 9, «iiuv à Tlièpital Saint-Ancoine, le 3o mai i85o. Bien qo*alteÎDt d'une blennorrhagie à sa période aiguë, il est opéré le i** juin par le procédé de la dilatation préalable.
Le a juin, let fili sont enlevés. L'adhésion est complète.
Les jours snirantt, la dcalrisation se consolide, et le malade sort de 11]6pital parfaîMMeot ^tfri.
Autre fmt. — Honseau (Simon ), vingt et un ans, maçon à Fontenay-sous- Bois, •litre à Tbôpital Saiiit*Antoine> le 79 juin i85o.
Le phimosis, qui cfaes ce naïade n*est la conséquence d\iucune maladie da prépuce, mais seulement la continuation du phimosis infantile, lui a toujours rendu impossible la mise à découvert du gland.
Le l5 jviny ee malade contracta une blennorrhagie, à la suite de laquelle U prépuce a été pris d'inBammatioa.
Le malade est opéré le «9 juin, et mis à lusa^je de la mi&ture antiblenaorrhagiqae.
Le 1" juillet, on touche avec la solution à 5 grammes. Pansement avec un lia^e eératé. Il reste an liséré suppurant qui indique la bordure de la plaie.
L'écoalemeat a cessé.
Le 4t ^ *^ ^*i' v<> travail ulcératif qui détruit en partie le résultat de la tatnre. Solution.
Le 5, la plaie est en bon état. Solution. Vin aromatique.
Le 9 juillet, sort guéri.
Autre fait, — Millol (Louis), bonnetier, rue de Charonne, 45, entre il rk^pital Saint-Antoine, salle Saint-François, n» 12, le 12 août i85o,pour se faire opérer d'un phimosis con{;cnital, aggravé aussi quelque peu par une cicauice vicieuse suite de chancre.
Le malade a une blennorrhagie. Il est mis à Tusage de la miiture, et opéré le §6 août par mon procédé habitupl.
Le 17,1a réunion est complète. La pariie opérée n'a été douloureuse que pen« dant deux heures à la suite de lopération, et encore les douleurs étaient-elles obtuses. Les fils sont retirés. On entoure la plaie de bandelettes de sparadrap.
372 LEÇONS SUR l'écrasement ltnéairc.
Le 1 9 aoAt, le malade f st très bien. Il demande sa sortie. Le a4, la cicatrisation fl*est confirmée dans toute la loD{;aeur de rinci.<ion, hormis près du frein où il reste encore une toute petite plaie. Le 99, la {^ui^rison ëtant complètt", le malade sort.
Modifications au procédé de la dilalalion préalable. — J'ai fait quelques tentatives pour rendre plus simple le procédé de suture et substituer à Temploi des aiguilles multiples celui d'une seule ai{;uille servant à conduire un fil, lequel représente assez bien le côi^don de ce genre de bourses qui se ferment par froncement circulaire. Voici la description du procédé, telle que je la trouve consignée dans mon calii^r d'observations.
Le malade étant éthérisé, je pratique la dilatation triangulaire du prépuce par des pinces à pausement. A Tune des extrémités de la base du triangle formé par le pi*épuce, je fois pénétrer une aiguille armée d'un fil. Dès que la pointe est sortie, je la reporte contre le prépuce en sens inverse de la direction de la première entrée. Une fois la pointe sortie de la seconde piqûre, je la replonge un peu h coté du point de sortie, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la base du prépuce, transpercée d'espace en es{)ace par une faufilure horizontale, soit tout entière embrochée sur l'aiguille qui resle co place.
C'est alors (|ue je prends la forte ligature circulaire avec laquelle j'étrangle le prépuce au delà de l'aiguille, en ayant soin d'engager toujours l'anneau de la ligature d'étranglement en ariière de chaque saillie formée aux deux limites de la dilatation par les deux extrémités de la pince à pansement.
L'aiguille, éiani retirée, laisse à sa place un fil qui faufile le prépuce dans tout son pourtour, à la manière du cordon d'une bourse à froncetuent.
J'arrête le fil par un nœud siuq^le, après avoir donné à l'anneau dti prépuce un peu d'ouverture pour permettre le passage de l'urine.
Voici le cas dans lequel j'ai essayé ce procédé.