Le résultat est conHrmé
On garde encore le malade quelques jours pour s'assurer de la stabilité du résultat, et il sort le a5 parfaitement guéri.
Je me suis imposé pour règle, afin d'éviter toute suppuration, si limitée qtfelle fût, de ne laisser, la suture étant faite, aucun point qui permit de voir à nu la surface de la plaie. S'il existe un point t^ui soit dans ce cas, je le ferme séance
^56 LEÇONS 8UR L^ÉOfilSEMEITT UBf*AIME.
tenante par la suture, dussé-je passer cinq, six aiguilles, abs* traction fuite des ligatures eu masse déjà établies sur les côtés. C'est pour cela (|u*il faut toujours avoir quelques aiguilles supplémentaires en outre de celles que Ton place d'emblée.
Pansement, — Le pansement consiste en une espèce de cuirasse annulaire formée de bandelettes très fines que I on dispose sous des incidences obliques afin d'éviter Fétranglement.
Je recouvre la cuirasse d'un linge cératé très épais, poii d'une couche fine de coton cardé. On entoure le tout d^aoe petite bande fixée, soit au moyen d'un pain à cacheter ordinaire, soit avec un morceau de sparadrap.
Le lendemain de l'opération, on enlève le pansement, oo coupe les ligatures et on les retire. On renouvelle la cuirasse, on enduit les bords de la cicatrice de collodium, ponr que Turine ne les irrite pas.
On obtient presque toujours la réunion d'emblée.
Si l'on veut éviter la suppuration, il faut se conformer as précepte que je donne de laisser en place le pansement au sparadrap.
Chez un malade que je fis opérer par M. Trastour» l'omission de ce précepte a prolongé la suppuration et les douleurs. Voici l'observation :
Observatioii 58*. — Le uomnié Mathieu (Nicolas), vingt-quatre ans, tourneur en bois, rue Saint-Bernard, 17, entre le 27 juin i85i à lliôpiul Saiot- Antoine, salle Saint-François, n* 3o,
Ce malade est atteint d'un ongle incarné, dont je pratique Textraction soirie de la cautérisation eu vue de la cure radicale.
Pendant le séjour de cet homme à Phàpital , on utilisa rimmobililé dans la position horizontale nécessitée par l'opération faite suri*orteii poar débarrasser le malade d'un phimosis qu'd poitait avec impossibilité de découvrir le gland. M. Traslour fit Popératiou d'une manière très net(e et Ut* exacte. Il survint une supputation des bords du nouveau prépuce plut loii0ue que cela o'a lieu d*habiiude.
Pendant le cours de cette supputation, nons avons remarqué que la misei découvert quotidienne de la plaie entretenait la buppuralion et accroissait chaque jour les douleurs, le saignement et le buurtoaftfiiient de la forhee
.OBtlMTION DE LA CIBiCOIfCISIOIf. 359
Pialadc^ UadUs que quand on laissait des bandcUttea de sparadrap deux, trois, qaatre joars en place, on remarquait une amélioration sensible.
Une des choses à désirer dans le mode de pansement que j ai adopté, ce serait de prévenir les souillures par Furine des pièces de pansement qui, imprégnées de ce liquide, peuvent nnire à la cicatrisation. Le moyen qui m'a le mieux réussi, cest le renouvellement, chaque fois que le malade va uriner et qu*il vient d'uriner, d'un linge cératé très épais, au moyen duquel on enveloppe avec soin celui des bords de Fanneau de sparadrap qui correspond au gland.
Il est d^une grande importance de faire une cuirasse exacte et même un peu épaisse. C'est le plus sûr moyen de (aire œsser les douleurs qui succèdent à l'opération et de modifier le caractère ulcéreux de l'inflammation qui s'empare de la plaie chez certains sujets, notamment chez ceux qui, au moment de l'opération, étaient atteints de blennorrhagie ou de chancres.
D*aprè8 la description très longue et très détaillée que nous venons de donner de ce procédé, il semblerait qu'il soit très compliqué; mais si chaque temps de l'opération est accompli d'une manière exacte, le résultat est plus satisfaisant que celui qu'on obtient par tout autre procédé.
Ce qu'il y a d'avantageux dans cette méthode, ce n'est pas la simplicité, puisqu'elle comporte des temps multiples, mais c'est la manière nette et franche dont chaque temps peut s'exécuter, en admettant que le chirurgien soit bien familiarisé avec le manuel opératoire.
Résumons tous ces actes :
i® Dilatation du prépuce;
2« Implantation des aiguilles ;
S» Étranglement ;
4* Section ;
5« Passage du stylet;
6*Ti-action simultanée des aiguilles, séparation des aiguilles en masse, formation et section de l'anse commune;
1^ Déligation.
560 LEÇONS SUR L ÉCRASEMENT LlNÉAimB.
Nous donnons à ce procédé le nom de procédé par dilatalion, parce que la dilatation est le premier temps et le plus caractéristique du procédé.
Cest dans la séance du 1*' août 18/^9 que jVi fait à la Société de chirurgie ma première communication relative à ce procédé, quoique je Teusse mis en pratique bien antérieurement à cette époque.
La date que j'indique ici est la date véritablement importante pour tous ceux qui se croiraient intéressés dans la question de priorité. Nous devons à cet égard déclarer péremptoirement que tout ce qui a été dit des analogies de ce procédé avec ceux déjà existants porte complètement à faux en tam qu*il s agit de la dilatation et de Tétranglement par ligature, seule part d'invention qui nous appartienne et que nous ayoui jamais revendiquée.
Difficultés de C opération. — L'opération de la circoncision, lorsqu'on Texécute en se conformant aux règles que nous avons posées, ne présente pas de difficultés sérieuses. Néanmoins nous signalerons quelques circonstances qui pourraient être une cause dembarras pour le praticien. Ces circonstances sont relatives au premier temps» celui de la dilatation.
1"* On peut rencontrer de grands obstacles pour Tintrodac* tion de la pince qui sert à dilater la membrane préputiale. Ces obstacles peuvent dépendre, ou bien de Tétroitesse extrême de Torifice du prépuce, ou bien d adhérences plus ou moins intimes existant entre ce dernier et le gland. Dans le premier cas, on triomphe de la difficulté en débridant légèrement, soit avec le bistouri, soit avec des ciseaux, sur plusieurs points du pourtour de.Torifice préputial. Dans le second, il importe de savoir que ladhérence du prépuce et du gland peut n'avoir lieu (|ue par quehpies points, ou bien être complète, cest-à-dire, ù pleines surfaces. Si les adhérences sont partielles et peu nombreuses, une sonde cannelée introduite par Torifice du propuce, et portée avec ménagement entre cette membrane et le gland, sufHra pour détruire
OPÉftATlON DE LA CIBCOKCISIOV. 561
ces adhérences. Si au contraire ladhérence est intime et à pleines surfaces, on devra, à Faide d'une sonde cannelée, inciser le prépuce avec le bistouri sur la ligne médiane, puis par une dissection attentive, séparer la muqueuse préputiale d'avec In surface du gland.
2*11 est quelquefois très difficile de sentir le gland à travers le prépuce, et cette difficulté tient presque toujours a la mollesse du gland chez certains sujets, mais particulièrement chez les jeunes enfants. Or on comprend qu'il importe, avant de procédera l'implantation des aiguilles, de bien reconnaître la position du gland. Le meilleur moyen pour éviter toute erreur à cet égard, c est encore la dilatation du prépuce par l'introduciion des pinces, quand rien ne s'oppose à ce mode de dilatation. Cette dilatation, en rendant plus mince la membrane préputiale, qui se trouve ainsi plus ou moins fortement tendue, permet de distinguer facilement la mollesse propre au gland, et par conséquent de bien isoler l'organe dont ou veut éviter la lésion.
5* La rétraction très forte dont la verge est susceptible dans certains cas peut apporter des obstacles à l'exécution du premier temps. Chez un eufant d'un an (obs. 26*) il y eut, après Fintroduction de la pince, une telle rétraction de la verge et uoe si grande mobilité dans les parties, qu'on n'avait plus qu'une petite ouverture cutanée siégeant à la partie inférieure de la paroi abdominale: il n'y avait {)lus vestige de pénis, et l'on ne savait oîi placer les aiguilles. Il fallut recourir à la fixation en masse de la verge au moyen des doigts, de manière à la retenir saillante avec ses envelo|>pes en avant du pubis, et l'opération reprit sa marche ordinaire.
Imperfections et accidents de [opération, — Voici les quelques imperfections et accidents que nous avons remarqués à la suite de l'opération du phimosis par le procédé de la dilata* tion préalable.
1* Une des aiguilles peut se trouver placée extérieurement à Ja cavité du prépuce dans le tissu cellulaire. C'est ce qui arrive quelquefois quand on place une aiguilla (rop près des
M2 LEÇons sua lécmasbment LinAâBE.
exiréinités de la base du triangle que représente le prépuce dilaté, ou quand on ne la place pas bien exactement en dedans du mors de la pince dilatattîce. Cette mauvaise disposition de I aiguille n a d autre inconvénient que de rendre complètement inutile Taiguille ainsi placée.
2^ Il peut arriver que Tune des aiguilles prenne un peu de la muqueuse du gland ou même transperce une portion de celui-ci. L aiguille ainsi placée n'est pas seulement inutile; elle est nuisible.
5"* Lorsque l'une des aiguilles est placée d'une manièie vicieuse, soit (]u elle se trouve en dehors de la cavité du prépuce, soit qu'elle ait intéressé la muqueuse ou même l'épaisseur du gland, il en résulte beaucoup de lenteur dans rexécutien du procédé, non-seulement par suite de la nécessité de refaire les sutures manquées, mais parce que les conditions favorables de tension par les pinces n'existent plus.
U^ Il peut y avoir rupture du fil qui sert à pratiquer l'étranglement. C'est ce qui arrive quand ce fil est trop fisiible.
L'observation suivante servira à feire ressortir quelquesunes des imperfections que nous venons de signaler.
Observatio:* 59*. — M..., étudiant en mëdccine, vînt à rh6|nial Siint> Antoine se faire faire Topëration et s*en relooma en voiture.
Une des aiguilles se trouva placée exléneurement à la emwké an pépwi dans le tissu cellulaire préputial.
Une autre aiguille avait pris un peu de la muqueuse du gland.
Kiifin il y eut rupture du fil de constriction.
Comme l'opère était assoupi au chloroforme, tous ces petîtx mécomptes n^ lui ont pas été pénibles. Mais supposeï qu'il eût été éveillé, il eo fèt rémllé plus de douleurs pour le malade et plus de durée pour l*opérati<Mi.
Du reste pas d'hémorrhagie. Pansement au sparadrap.
Le malade a très bien guéri.
Résultat et suites de f opération, — Gbez la grande majorité de nos opérés de circoncision, nous avons obtenu la rétinioo primitive, sinon dans la totalité, au moins dans une grande partie de I étendue de la plaie.
Dans le petit nombre de cas où la réunion n a pas eu lieu dès le lendemain ou le surlendemain de lopération» la
'OfÉtATIOIf DE LA CIBCOBI€I8IOir. M%
tridatîoD était toujours complète au bout de dix ou quinze jours au plus tard.
Voici d ailleurs rénumération des petits accidents que nous avons observés dans les jours qui ont suivi Topération :
1* Un peu d'oedème du prépuce (obs. i2« et 15*).
2* Le gonflement inflammatoire du gland ou du prépuce, ou de ces deux organes à la fois (obs. 16', 29* et 58*).
y L'existence d'un ou de deux petits points de suppuration sur le prépuce, et généralement placés près du Frein (obs. 17% 29* et 35^.
Cette circonstance causait si peu de retard dans la libéra^tioQ des malades, que, pendant un certain temps, je n'y faisais pas attention, de sorte que, satisfait d'assurer les sept hui« tièmes de la cicatrisation, je ne me donnais pas la peine de fermer d'une manière absolument complète les très petites lacunes qui restaient. Mais devenant plus exigeant à mesure que j'avançais, je me fis un but de l'absence absolue de suppuration, quelque petite qu'elle fût. Or voici la règle que je me posai à cet égard, et qui me parait devoir être suivie : Il ae doit rester, la suture étant faite, aucun point qui laisse voir à nu la surface de la plaie. S'il existe le moindre interstice, il faut le fermer, et pour cela il importe de multiplier beaucoup les points de suture, dût-on en placer cinq, six, abstraction bile des ligatures en niasse qui sont sur les côtés. C'est pour cela qu'il faut toujours avoir quelques aiguilles toutes prêtes en dehors de celles que Ton place d'emblée.
Voici deux cas dans lesquels il y eut un ou deux points de suppuration partielle et circonscrite.
Obsbrvatio!! 6o*. — Le nommé Pépin Amable, trente-cinq ans, tonnelier, rue Traversicre, 57, fut opère par notre interne, M. Trastour, le 7 avril i85i. Biea que la réunion ait été tout U fait satisfaisante, il y a eu pendant quelques jours on point suppurant tout près du frein.
Autre fait, — Balme Adophe, vingt-huit ans, fleuriste, rue de Lourcine, 5, entre le i4 mai i85i au u" 9 de la salle Saint-François.
Le 39 mai, opération par le procédé de la dilatation préa1i)ble du prépuce et de rélran^lement au moment de sa section.
Li^atpre eo Masse. PaoteoMot par occlusiou.
566 LEÇONS SUR LéCRASEMENT LINEAIRE.
he 17 mai. Section des fils. Iiiflammation presque ouUe ; aclkc«ioD sur lo«t les points.
Le a8 mai. Le malade n*accuse aucune douleur, il y a réunion par première intention de la muqueuse et de I.i peau dans tout le pourtour de Pauneau représenté par la section du prépuce. Mais au niveau du fireia se trouve une petite surface irrégulière qui donne un point de suppuration.
Ainsi toujours réunion d'cinblée, mais possibilité c)*un poiul de suppuration près du prépuce.
A propos de ce point suppurant, je me suis demandé si Turine, le voisinage du méat, les tractions inévitables sur le frein, n'en seraient pas la cause, ou si Ton ne devrait pas attribuer cette suppuration localisée à Fabsence d*une coaptation rigoureuse.
il* Un peu d'exsudation plastique à la surface de la plaie (obs. 18').
5" L'ulcération de la plaie. Dans un cas (obs. /il*), le travail ulcératif avait détruit en partie le résultat de la suture.
6' L'eschari6cation de quelques points de la circonFérence de la plaie, points correspondants au niveau des ligatures (ol)s. 59«). Ces eschares sont habituellement si petites, que la perte de substance qui en résulte n est pas appréciable après la cicatrisation. Cependant, chez le sujet de robservation 9*, nous avons observé au pourtour du nouvel orifice préputial une petite encoche assez prononcée, consécutive à une de ces eschares.
7° De petits abcès siégeant, soit sur le prépuce (obs. 15*), soit sur la face dorsale de la verge (obs. 9«).
8"* Dans quelques cas, un peu d'induration du bourrelet préputial (obs. 34'), ou bien l'hypertrophie momentanée d'une portion du prépuce (obs. 32»).
9* Une sensibilité extrême des parties pendant un certain temps après Topération.
Quelquefois, en effet, sans qu'il y ait la moindre trace de suppuration, de décollement, d'inflammation même légère, les parties opérées conservent une susceptibilité, une sorte d endolorissement que je ne saurais mieux exprimer que par
OPBIIATION DE LA CIRCOtTCISION. 365
le mot anglais iendemessy et qui persiste pendant qoelque temps. Il y a t:neappi*éhension extraor(]innit*ede tout contact. La plaie est fermée, elle est cicatrisée définitivement, il n'y a pas la moindre trace de suppuration ni de gonflement, et pourtant le malade redoute toute espèce de contact au même degré c|ue s'il s agissait d'une plaie vive et suppurante. C'est comme une espèce de névralgie suite de traumatisme. J'ai eu occasion de constater ce singulier état dans le cas suivant :
OtiBiiVATioii 6i*. — M. B..., lieateoaot de vaisseau, âgé de irente-cinq ann, fat opëré par moi, après avoir ét^ éthtfrité le 33 octobre 1 85o.
L*adfaésion eut lieu par première intention et fut parfaite sur tous les points sans exception ; mais il resta une sensibilité tellement vive, que je fus obligé de réappliquer une cuirasse annulaire de sparadrap, cuirasse qui a dû être ronservée, en la renouvelant de temps en temps pendant une quinzaine de jours, tant le simple contact de la chemise était difficile à supporter et tant cette singulière défiance de tout froissement inopiné était poussée loin.
10** L'exFoliation de l'épidermedu gland à la suite de l'opération. Il résulte de celte exfoliaiion une espèce de vésicatoire, ou, si Ton veut, de vésication du prépuce.
I^ cause de cette vésication est évidemment la mise à nu d'une surface qui, ayant toujours été jusqu'alors à l'abri des contacts extérieurs, offre an lieu de l'épiderme cutané un épidémie fin et peu résistant, semblable à celui des muqueuses.
Comme cette mu(|ueuse a des papilles nerveuses très prononcées, elle est d'ime sensibilité très vive, surtout dans les conditions nouvelles où la place la chute de l'épiderme. Il résulte delà que, si l'on ne parvient pas à protéger efficacement cette surface, comme nous le faisons au moyen du pansement par occlusion, qui doit être ici d'une très grande épaisseur, on peut voir survenir une inflammation très intense et très douloureuse, contre laquelle il est difficile de lutter. Il y a des insomnies, des érections insupportables, de la fièvre, de l'inappétence, en un mot les accidents d'une phlegmasie aiguë. Il faut donc s'attacher avec grand soin à prévenir des conséquences si graves eu égard à une opération si simple.
Le mode d'opération que je viens de décrire place les malades dans des conditions tellement favoi*ables, qu'ils peuvent
IM- LEÇONS SUB l'ÉCRASEMBNT LtMÉANIE.
sans inconvénient venir se faire opérer à la consultation, re* venir le lendemain faire ôier les fils et s'en retourner sans être assujettis à garder le lit, où j'ai vu des malades rester confinés pendant quinze jours, quelcpiefois un mois, à la suite des autres procédés de circoncision. *
Observation 63*. — Un monsieur qui n*a voulu dire ni son nom, ni sa profbsiion, ni sa demeure, réticences que nous avons dû respecter, vint i la coosultation de l*k6pital le 9 avril i85i. C'était un komne de trente-lmit au, de bonne constitution et très décidé à bien supporter l'opération; car il oc voulut même pas être soumis au chloroforme. Je Toperai en présence des internes de l'hèpital, MM. Gannet, Trastoor et Prost, U supporta, sais pousser un cri, même la constriction circulaire, qui est fort dooloorfue, sortit à pied de l'hôpital et revint le lendemain.
La réunion était parfaite; il n'était survenu aucun accident; nous avons rew ce malade quelque temps après. Le bord nouveau dn prépuce opéré présefiiiii un peu d'induration, quoiqu'il n'eàt pas suppuré.
Nous croyons qu a la rigueur, les individus opérés de phi mosis par ce procédé peuvent se déplacer sans inconvénients, une fois ropération faite. Mais jamais nous ne songerons à donner le conseil, et encore moins à faire une loi de labsence de toute précaution après une opération, quelque minime qu*on la suppose. L'observation suivante vient au reste corro* borer ce que nous avons dit touchant la marche rapide de h guérison.
Observation 63*. — M. R , élève bénévole du service de chimr^ à
lliôpital Saint- Antoine , a été opéré d'un phimosis par notre procïédé, le 9 juin i85i. Il fut assoupi au chloroforme, et ne sentit rien de l'opération. Je Toperai, assisté de M. Prost, interne du service.
Le 1 1 juin, la cicatrisation était solide et complète, à l'eiception d*nne très petite surface auprès du frein. On se rappelle que c'est presque toujours dans ce point qu'existe, après la circoncision, une surface qui entre en sup» puration : je signale donc ce lieu comme eiigeant une suture distincte. Quand je vois de ces petites lacunes qni ont échappé à l'action commnne des faitceaus latéraux, je saisis avec une pince è ^iffes les deux bords de la lacune, je les rapproche et je passe aussitôt une des ai(;uilles tenues en réserve pour les sutures supplémentaires.
Du reste, chpi M. R , celte bien petite imperfection n*a entraîné aucvn
inconvénient. J'avais pourtant laissé les points de suture en place quarante heures, parce qu'il m'avait été impossible de revoir le malade dès le lendemain. . Au bout de quelques jours, il reprewt son servioe i Thôpiul.
OPÉRATlOIf DE LA OIBCONGISION. S67
Contre-indications. ^-Parmi les circonstances qu'on pourrait coDsidërer comme des contre-indications à Topération, nous signalerons le très jeune âge, lage avancé, I état de cachexie dans lequel se trouvent certains sujets, quelques complications, telles que les chancres, la balano-posthite, la blennor- • rhagie, etc. Examinons successivement chacune de ces circonstances.
On pourrait croire que I exiguïté des parties chez le très jeune enfant, et surtout chez Tenfant nouveau-né, doit donner lieu à des difficultés plus ou moins sérieuses dans Texécution du procédé : ce serait une erreur. Chez les plus jeunes en* fiints, Tintroduction des pinces et la dilatation n'ont jamais néoesftité de moucheture préalable, et, quant aux autres parties du procédé , si elles diffèrent de ce qu'on observe chez Tadulte, c'est plutôt par une facilité plus grande d'exécution que par toute autre chose. C'est au moins ce qui a eu lieu dans le cas suivant :
OMEmraTMHi 64*. — Un pfifiant, àf^é de onze mois, nomme Felu (Je«n), nous fit «mené de Saint-Mand^ à rbôpital Saint- Antoine , par M. le docteur Douéaàmj pour être opéré d*an phimosis qoi rendait rexcrétion des urines difficile, et devenait parfois ane cause de tnmé faction, et par suite d'irritation à la sur- Ckc da gland et k la face interne du prépuce. L'opération par le procédé de la dilatation préalable avec li^ture en masse fut exécutée; le lendemain, on 4ta les fila. La rénnion fut immédiate et complète.
L'âge avancé ne saurait être considéré non plus comme une contre- indication a Topération, ainsi que le prouve lobservation suivante :
OmmmYêfnOÊi 66*.— >Gaénon (Jean-Baptiste), soixante et onze aus, cordonnier, entre le S février à Thôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, n** lo. ' U phimosis est tellement prononcé, <|nà aucune époque de sa vie le malade n'a pu mettre le gland à découvert.
Il y a une dizaine d'années que Guenon a de la difficulté à uriner. Il y a six ans, il eut une rétention complète, et le malade entra dans le service de M. Bfonod; il y fut sondé. Entré quelque temps après à la Charité pour une hjdrocèle, il sort guéri de Thôpital, mais urinant toujours avec difficulté. Il y a quinze jours, la difficulté s'est accrue.
Le 6 férrier, on tromre ccpïneidemment à la difficulté dVirioer ni^ prépuce à
368 LEÇONS 8UB l'écoasement unéaiae.
orîHce excestivement étroit et laissant échapper une maiii^ comne klcoaor» rlingiqiie. Celte circonstance me fait décider inimcdiatemcnl I opcraiioa «la phimosis, que j exécute par le procédé de la dilatation. Le malade était éthëris^.
8 février. La plaie est dans nn très bon ëtal.
9 février. On ôte les fils avec facilité; aucnn accident, réunion complctf; il y a néanmoins quelques petits points esrharitiés an niveau des ligaturr».
1 5 février. Sort parfaitement guéri.
A Toccasiofi de cette opération, j'ni insisté :
i® Sur Tavantage qu'on trouve à laisser un bout de fiiao peu long à chaque anneau de ligature pour le retrouver et le couper facilement ;
2^ Sur la nécessité de tendre fortement, au moment àe la section, la portion de prépuce qui doit être enlevée. On peut la tendre avec le ténaculum ou y passer une anse de fil poar exercer les tractions nécessaires.
Voici un autre cas de sticcès obtenu par le méaie procédé de circoncision chez un homme de soixante et un ans.
OasBnvATio!! 66*. «— Mercier Louis, soixante et un ans, journalier, entre le «6 décembre §849 au n* 3a de la salle Saint- François.
A la suiie d'une fièvre non déterminée, et qui exiç<4 un séjour de quel^iei semaines dans un antre hôpital, ce malade eut à Torifice du prépuce qodqorf unes de ces excoriations si fréquentes pendant le cours et ^ la suite des fiéms l^raves. L'excoriation, parait-il, avait été circulaire, et rendait Torificre da prépuce tellement étroit et ri{>ide, qu'il en résultait de grands obstacles poor uriner.
Le 37 décembre, procédé habituel, consistant dans les temps qui suivent : §0 dilatation; u" implantation des aiguilles au nombre de six, et refouleaieBl du (jland; 3° étranglement circulaire, puis section avec les ciseaux; 4* inlroduciion d\in stylet sous les ai(;uilles; 5*^ défilé des ai(;uilles, section des ansef de fil, délif;ation de chaque fil.
Le lendemain 18, section de tous les anneaux, au nombre de t«; réuaiofl complète.