‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 82 sur 112 · AMPUTATION DE LA VERGE · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE LA VERGE

reproduit h peu près par M. Eu rie, lorsqu il recommande de n enlever que les couches cutanées on superficielles, si lecan* cer n'a pas encore envahi les corps caverneux.

Les procédés qui ont été employés jusqu'à ce jour pour laniputation de la ver(«e sont la ligature et Tablation par riustrumcnt tranchant.

L*idée de la ligature n'a été inspirée que par la crainte de riiémorrhagie. Cette méthode a été pratiquée par Ruysch, Heîster, Berfrandi, Grœfe, etc. Elle exige l'introduction préalable d'une sonde dans la vessie pour empêcher la ligature de fermer Turèlre.

Pour éviter les douleurs que ce procédé occasionne, Sabatier a conseillé d'inriser circulnirement la couche tégumentaire, mais alors il s'agit d'une opération mixte, qui n'est ni la ligature ni l'opératiou |)ar l'instrument tranchant, et qui, du reste, ne peut iuvoquer en sa Faveur Tautoriié de Faits acquis et bien observés.

Ablation par tinstrumenl tranchant, — Le malade étant placé dans le décubitus dorsal, un aide saisit la verge à sa racine, après avoir retiré du côté du pubis une portion plus ou moins grande de téguments, suivant qneceux-ci ont été plus ou moins attirés en avant par la maladie. Le chirurgien sempare de la tumeur enveloppée d'un linge et la tient solideloent de la main gauche: de la main droite, armée d'un bis* touri ou d'un couteau à amputation , il coupe ensuite d uu seul trait, soit d'avant en arrière, soit d'arrière en avant, mais tonjours perpendiculairement, le corps de la verge un peu an delà des limites du mal.

Boyer conseille d'inciser préalablement la peau un peu en avant du point où les corps caverneux doivent être tranchés, afin que la section du. pénis tombe juste au niveau des téguments rétractés.

I^s inconvénients auxquels expose la méthode générale* ment adoptée pour Tamputation de la verge sont les suivants :

lo L'hémorrhagie;

2^ La rétraction des corps caverneux ;

981 LEÇONS SU! l'ACIASBURIIT LlHÉAlte.

S* L^oblitération de lurètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie qui vient d'élre faite par rampntatioo;

&* La rétraction des téguments;

5* Les inconvénients généraux qui résultent d'une plaie par instrument tranchant dans une partie du corps où le tisso érectile se trouve en abondance.

Ces divers inconvénients, Técrasement linéaire a pour bot de les prévenir; mais, afin que leur caractère soit bien déterminé, et que Ton comprenne l'utilité de la méthode nouvelle que nous proposons, nous insisterons ici sur quelques particularités qui s'y rapportent.

i* Hémorrhagie. — Ce qui la fait redouter, c'est d'abord la multiplicité des arières que présente l'organe copulateor. Elles sont au nombre de sept, savoir : les dorsales et les caverneuses au nombre de quatre, puis les deux artèies supe^ ficielles du périnée, et enfin l'artère de la cloison. D*antre part, c'est la difficulté d'appliquer des ligatures sor ces vaisseaux, par suite des alternatives brusques que peuvent offrir dans leurs dimensions les corps caverneux. En effet, comme on est oblige de sectionner les vaisseaux avant de les lier, et que dans la méthode généralement adoptée, on ne possède aucun moyen de prévenir la rétraction des corps caverneux (|ui entraînent les vaisseaux de manière à les dérober aux recherches de l'opérateur, il en résulte que la ligature de ces artères est très difficile, qu'elle court le plus graml risque d'être incomplète, et que dès lors elle laisse le chirurgien dans une perplexité fâcheuse toutes les fois qu'il a pratique une amputation de la verge. Aussi, les efforts des chirurgiens et leurs préoccupations ont-ils été dirigés d'une manière particulière vers les moyens de prévenir ou de com« battre l'bémorrbagie à la suite de l'amputation de la Tei*ge. La ligature, celte méthode si barbare et si atrocement douloureuse, n'a pas eu d'autre raison d'être que cette crainte poussée à sa dernière limite.

C'est encore le même sentiment qui a inspiré un autre procédé beaucoup plus ingénieux théoriquement qn'exé-

AIWOTATIOM DE LA ITBIGB. 38S

cuiable pratK|uefnent , et qui consiste à. inciser ia verge couche par couche de haut en bas, et à Hcr les vaisseaux au far et à mesure de leur section. C est enfin pour lier sans crainte les vaisseaux en prévenant la rétraction des corps caverneux, que M. Laogenbeck a proposé de passer une anse de fil à travers ces organes. La méthode de l'écrasement linéaire, en sauvegardant contre Thémorrhagie, permet de négliger tous les procédés dont nous venons de parler.

2* La rétraction des corps cavcrneujf, — Ce genre d'inconvé* nieots, considéré au point de vue pratique, se rapportant dune manière spéciale à la question de Thémorrhagie, à raison des difficultés quil fait naître pour la ligature des vaisseaux, il n'y a pas lieu d'y insister de nouveau; seulement nous ferooa remarquer que la rétraction des corps caverneux, ainsi que celle de Turètre, n'est jamais plus forte que dans les cas où le pénis a subi un allongement antérieur.

S* JJoblitération de t urètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie d amputation. — Ck>mme le grand nombre dea ligatures qu'on est obligé d'employer dans le procédé ordinaire crée un obstacle presque insurmontable à la réunion primitive, il faut s'attendre à la suppuration de la plaie d'am« patatioo \ mais toute plaie qui suppure, et particulièrement daoa cette région, donne lieu à une cicatrice plus ou moins rétractîle, d'où il résulte que l'urètre divisé tendra à se resserrer à son orifice. D'ailleurs, on sait parfaitement bien que, par suite de son mode de connexion avec les autres partie» constituantes de la verge, l'urètre n'est pas facile à retrouver dans la plaie, attendu que, après lopératiou, sa paroi libre s'adosse très exactement à sa paroi adhérente. On a donc compris que, quel que fut le procédé opératoire adopté dans l'amputation de la verge, il importait que la présence d'une sonde dans l'urètre mil le malade à labri des accidents relatifs à ia rétention immédiate de l'urine aussi bien qu'à sa rétention ultérieure.

Comme après l'écrasement linéaire la recherche de l'orifice urétral, dont les parois sont pour ainsi dire collées l'une à

S8& LKÇONS JiUR l'écrasbmbnt linêairc.

l'autre, par laclion de Técraseur aurait exposé à rouvrir quelques-unes des artères sectionnés par récrasement, il nous importait beaucoup d assurer et de maintenir la perméabilité urétrale. Dans ce but, nous avons eii recours à un moyen (\m nous paraît satisfaire pleinement aux intentions de l'opéra^ leur. (Voyez la description du procédé opératoire.)

4"* La rétraction des téguments. — Il est une particularité relative à la disposition des éléments propres du pénis qui doit être présente à Tesprit Je l'opérateur, c*est la propriété que possède lorgane de s allonger immédiatement après Toperation quand il a été refoulé en arrière par la tumeur, de se raccourcir quand il a été tiraillé en avant. Aussi vaut-il mieux retirer les tissus vers le pubis pendant l'amputation, parce que, si la peau est en excès, on est toujours u même de Tex* ciser, tandis qu'il n y a pas de remède ù l'extrême op|>osé.

5<* Les inconvénients généraux des plaies par instrument tran* chant dans les parties oii le t'ssu érectile se trouve en abondance. — On conçoit que la verge, qui renferme en proportion notable l'élément caverneux, c'e*;t-à-dire, un tissu à la com|)osition duquel le système vasculaire veineux prend une part importante , est éminemment exposée, cousécutivement à Tamputaiion, à la phlébite et par cela même aux accidents de Tinfectiou purulente. D'autre part, la configuration de l'organe et les variations de volume qu'il présente faisant obstacle à la bonne application et au maintien d'un pansement convenable, la méthode ordinaire expose d'une manière particulière aux inconvénients d'une suppuration prolongée.

L*écrasement linéaire condense tellement les tissus, qu'il a pour effet de clore hermétiquement tous les orifices vasculaires et de diminuer très notablement les chances de phlébite. En outre, il ramène tellement bien le té<]ument è la surtace du moignon de la verge, et il réduit la surface de la plaie à des dimensions tellement exiguës, qu'il constitue la meilleure sauvegarde coutre les inconvénients de la suppuration.

L'amputation de la verge par la méthode de Técrasemeiit linéaire comprend les manœuvres suivantes :

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