PI. XXXV
I«a lettre B indique le fil à Taiile duquel la tumeur a été pédiculisce; G, l'écraseur; D, reltu des mains de Popératrur qui tient le manche de Tip* strumcuC ; E, la main qui met en muuvcmenl le levier de l'écraseur.
S9& ikçoiii sûà L'ÉcRA'è'ÈMÈrit LMMiftis.
nous avons songé à substituer ce mode opératoire à celai de
rinstrumènt tranchant.
Nous devons rappeler ici que dans le cas ott l'on redodte lès efFets d'un tiraillement exercé sûr la peau èi^cdriVolslile de là base de la tumëiir,'6ri peut toujours, après à^oir pUèé là chaîne de Técraseur et après avoir commencé là coosUîêtion progressive, sectiotitier ^vec le bistouri àii cdîitact roèée de la chaîne, mais eh dehors d'elle, le tisâli têgUiileiitAit. Cette manœuvre mixte employée sui^iint lé iiitiâe cjtii vieèt d'être iiidiqué est insuffisante â faire perdre à TUpêtâûëUïti caractères essentiels de Técràsemetit.
La figure ci-dessus indique là manière ddtit bn pédlctilise une tumeur sous-cûtanée de nature bétiignè à Idqâeliè dta veut appliquer le procédé de récrasemènt.
Le pansement que j'ai rhabitudèd'appliquerauipiiiiesphidditès par Id inéthode de Técrâisetnent est celui qtiè j'èioploie depuis plus de dix ans d une manière générale pour riitifflèn^ toajorité des lésions traumàtiques , et qiie j*al qualifié de pansement par occlusion .
Le fait suivant, (pil est un assez bel exènlple de tiibercule sous-cutané douloureux opéré avec succès pfit Ifl méthode de Técrasement, tire encore une rïbuvelle importdhcè da siège même de la tumeur, qui occupait lu région antérieure de larticulation tibio-tarsienne, et qui était juxtaposée à la gaine des tendons placés diuis celte région, toutes circonstances propres à imprii'her un cachet particulier de gravité aux plaies qui se trouvent clans de |)areilles conditions.
OusEnvÀf ION 77«. — Tubercule sous-cutané douloureux, — PéilièUiUmtiom dt la tuiHèur. — Ablation par écrasement linéaire. — Guériion. (Obsenratioo recueillie par n, Alfred Fuurnier, interne des hôpitaux.)
Martin Hyacinthe, cinquante-deux ans, palefrenier, entre le ag jaDTÎer i855 à Phùpital la Hibuisièrc, salle Saint-IiOuis, Si. Constitution robuste, MDté générale bonne, p.is de maladies antérieures.
En 1830, cet hunirnc a eu un abcè:* au cuu-de-pied; quelques mois aprè», parut dans cette rê{fion une petite tumeur, non douloureuse, qui s'accnit pro(*ressivement et acquit en deux ou trois ans le volume quelle présente aujourd'hui. Ce ue fut qnVn 1848 que le malade ressentit dans cetl6
ABLA+tON DES TUMEURS SOUS-CCTANÉeS. $95
des élancements retentissant clans te gros orteil, remontant dans la jambe> là caisse, les lombes et quelquefois jusque dans la tète. Ces douleurs, devenues plus vi%-es et plus fréquentes depuis dix-huit mois, sont exaspérées par le fruid et surtout par la pression, qui les rend intolérables ; elles se manifestent pendant le repos au lit aussi bien que dans la marche. Leur apparition n*a pas d*époquc ré(vulière. Ainsi, le malade passe souvent plusieurs jours sans rien ressentir ; parfois au contraire il éprouve deux ou trois accès douloureux dant la même journée. Ces accès durent de cinq à dix minutes^ quelquefois mém« on quart d'heure ; ils débutent et se terminent brusquement.
La petite tumeur, régulièrement hémisphérique, du volume d'une cerise, <;st située^ au niveau de Tinterligne articulaire, à la région libio-tarsienne, en de^ dans du tendon du jambier antérieur, qu'elle touche par la partie externe de sa circonférence. Elle est très mobile sur les tissus sous-jacents. La peau est amincie à sa surface et lui adhère intimeineot. L*état général du malade est très satisfaisant.
3i janvier. On cerne par une forte li{;atiire la base de la tumeur, de manière à créer un pédicule factice. La chaîne de l'appareil à écrasement linéaire est appliquée sur ce pédicule, puis amenéo à bonne conslriction On met en jeu les crémaillères, et la tumeur est détai:hée au bout de sept menâtes en laissant à nu une surface non saignante de la largeur d*une pièce de cinquante centimes. Une cuirasse de diachylon est appliquée sur la petite plaie. L'examen anatomique de la tumeur montre qu^elIc est libre de toute adhérence avec les tissus voisins dont la séparent une membrane kystique et un tissu cellulaire assex lâche. Elle est régulièrement hémisphérique. Sa consistance est ferme, sa couleur blanchâtre; son tissu nacré parcouru par des stries bhncbes obliquement entrecroisées. Examinée au microscope par M. Ver^ iienil, elle a paru formée par un tis^u fibreux mélangé de tissu fibro-plastique. Aocnn accident à la suite de Topcraiion. Pas de douleur; les élancements n'ont pas reparu ; pas de Hèvrc.
7 férrier. On enlève la cuirasse. La plaie s*est élargie probablement sont l'influence de l'élasticité de la peau : elle offre aujourd'hui le diamètre d'une pièce de cinq francs. Bourgeons granuleux multiples et proéminents. Cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent; cuirasse de diachylon.
Pendant le mois de février et la première c|uinzaine de mars, la plaie continue k être pansée tous les huit jours après cautérisation au nitrate d'argent. I<a cicatrisation marche assez lentement. El^c n'est complète que le i6 mars. Depuis son opération, le malade n'a plus ressenti d'élancements douloureux dans le membre abdominal. 11 sort complètement guéri le ao mars.
L'observation qu on va lire donne un spécimen, selon nous, très satisfaisant de la manière dont on devrait agir dans le cas dé tomettfs vulvaires,soit que ces uimeurs fussent pédiculées, soit qu'elles tippartinssent à la classe des esthiomènes ou S lelépliantiasiSf
S96 Leçons suh lëcbasement liméaibb.
Observation 78*. — Esthiomène de la vulve.- — Pêdiculisation de U tuwuur. -^ Ablation par écrasement linéaire. — Guérison.
Board (Rosalie), vin{;t-(]eux ans, entre le 1 a janvier i854 ^ l'hôpiul Saim* Antoine, salle Sainte-Marthe, n* 1.
Depuis TAge de sept mois, cette femme est privée de la vue par suite d'opa* cités considérables des deux cornées, conséquences probables d*une opk* ibalmie purulente. Mais celte infirmité n*a aucune relation apparente avec Taffection qui amène celle malade à l'hôpital.
Il y a quinze mois environ, Rosalie Board a éprouvé à la vulve des démangeaisons suivies de douleurs cuisantes, puis les polîtes lèvres sont devenue le êïéf^e d'une tuméfaction assez notable. Peu h peu des ulcérations se sont produitei, mais rien n*a été tenté pour s*opposer aux progrès du mal, qui a ton* Jours augmenté depuis celle époque.
Aujourd'hui, i4 j^tnvier, la malade se présente dans Tctat suivant ;
L'examen de la vulve permet de constater que les deux pc-tites lèvres, jusque dans la partie qui constitue le prépuce clitoridien, sont très notablement hypertrophiées. Du côté droit cette hypertrophie représente une tumeur irre'gulière à trois divisions et du volume totil d'un œuf de pigeon. f^iliviMM supérieure, arrondie et grosse comme une petite noix, a une trinte blanchâtre et parait comme œdémntiée. Les deux divisions inféiicures sont a pl.-i lies, déchiquetées vers leurs bords et ressemblent tout à fait à des végétations. Elles présentent en outre sur leur face interne et h leur base des fissures et des ulcérations lies douloureuse.*.
L'hypertrophie de la petite lèvre gauche, beaucoup moins consiilrrabl-, u'a amené aucune déformation bien notable de cette paitie.
Des douleurs d^unc très grande acuité se manifestent dms foutes les parties de la vulve, douleurs habituellement intermittentes, pnr.^issaiii toutes In deux heures environ, et se faisant sentir pendant dix minutes avec une ioleosite intolérable.
Le passage de l'urine ne manque jamais de les réveiller. Aussi la malade s*est-elle habituée à n'uriner que deux fois en vingl-quaire heures. A Pépoque des règles, les douleurs sont continues A cet égard, il faut noterqne !•$ menstrues qui, avant l'apparition de la maladie, revenaient tous les vin^jt joui» environ, ne se monlrenl pins qu'à des intervalles plus éloignés, tous les trentecinq ou quarante jours, par exemple. L'orifice seul des parties génîtairt est malade ; le toucher ne fait découvrir ni dans le conduit vaginal, ni au col de l'utérus aucune altération appréciable.
L'état général de la malade n'offre rien de particulier. Les principales fum^ fions s'accomplissent régulièrement.
Quelle est la nature de la maladie? Malgré les apparences qui portetaieot m admettre que l'affection est spécifiqne, Tabsencc d'antécédents syphilitiques et de toute trace, soit ancienne, soit récente, de vérole constitntionoellf, le caractère des ulcérations et le tempérament un peu lymphatique de la naïade, font penser qu'on a affaire à un esthiomène de la vulve. 1^ seule iodi-