Les électeurs prêtent le serment d'observer les
Notes. 93
constitutions qui règlent les opérations de l'élection du Pape* Les cardinaux absents, à leur entrée au conclave, entendent la lecture des mâmes bulles et jurent de se conformer à leurs prescriptions.
65. — Les cardinaux célèbrent successivement la messe du Conclave d'après leur rang d'ancienneté.
66. — V. planche 2 : c Scrutins que Von /et pour faire le nouueau Pontife à la chapelle. > V., planche 3, le modèle du bulletin de vote. Ce modèle de bulletin de vote et d'accès est rempli comme pour le vote. Ce qui est en caractère italique varie suivant l'électeur et le cardinal auquel il donne sa voix. Les quatre empreintes représentent les cachets de cire.
Le bulletin est divisé en trois parties : en tête il porte le nom de l'électeur, qu'on dissimule au moyen d'un pli fermé sous deux cachets; au milieu est inscrit le nom du candidat du votant; au bas est une devise au choix de l'électeur, cachée également par un pli scellé. Ces trois parties se replient l'une sur l'autre, et le bulletin est ainsi déposé dans l'urne.
Les scrutateurs dépouillent les votes et les proclament; la devise et le nom des électeurs restent sous les cachets. Le verso des bulletins porte, en correspondance avec les plis, une impression qui ne permet pas de voir au travers du papier; de plus, pour éviter toute méprise dans l'ouverture des {dis, les mots — nomen — et — signa — indiquent le pli de la devise et le pli du nom.
Au fur et à mesure que les bulletins sortent de l'urne et leur vote est proclamé, un des scrutateurs les passe dans un fil afin de les confronter avec les bulletins de l'accès, pour s'assurer, au moyen des devises, si, suivant les constitutions, les éleaeurs ont réellement voté pour un autre candidat que celui auquel ils ont donné leur voix au scrutin.
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. On n'ouvre le pli, sous lequel est le nom de Télficteur, que lorsqu'il faut vérifier tous les bulletins, ou seulement le sien s'il n'a que les deux tiers des votes sans une voix de plus.
On remplit les mêmes formalités à l'accès.
67. — L'importance de l'élection exige qu'elle soit aussi inattaquable que possible. Les Papes ont posé pour sa validité la condition, pour prévenir des schismes, que l'élu ait réuni au moins les deux tiers des suffrages; s'il n'a que les deux tiers, sans une voix de plus, on ouvre son bulletin pour s'assurer s'il n'aurait pas voté pour lui-même.
68. — Une cheminée ou un poêle est installé à cet effet dans la salle de l'élection. A Rome, pendant le Condave, le peuple, aux heures du scrutin, se réunissait près du palais od les cardinaux étaient renfermés ; si de la fumée s'élevaitau-dessus du toit, la foule comprenait que l'élection n'était pas &ite et se livrait à des imprécations contre les cardinaux qui tardaient tant à se mettre d'accord. Au contraire, si on ne voyait aucune fumée, c'était des cris dé joie, quelquefois prématurés si le dépouillement du scrutin avait duré plus que d'habitude.
69. — Bignon se trompe, l'élection par adoration ou par acclamations n'est pas celle qui se rencontre le plus fréquemment dans l'histoire des Conclaves. Du reste, à part quelques cas où l'adoration a pu être une surprise, elle n'a élevé au Souverain Pontificat que les candidats les plus papabili, dont le nom serait sorti de l'urne à un des prochains scrutins.
70. — Bignon a préféré donner un mot italien, étant peutêtre embarrassé pour rendre en français^ dans cette acception.
Notei. gS
le mot latin accessus. De nos jours , quelques écrivains ont traduit accessus par accession, L'Académie se prononçant pour accès, il ne peut y avoir d'hésitation. M. Littré donne également dans son Dictionnaire, au mot accès, la même signification.
71. — Les électeurs sont libres de ne désigner personne sur le bulletin de l'accès. C'est généralement ce qu'ils font, ou ils y inscrivent le nom d'un cardinal ayant peu de chances. Cette contre-épreuve , alors même qu'elle est nulle comme résultat , change quelquefois les dispositions des électeurs et pose des candidatures auxquelles on ne songeait pas.
72. — V. la planche 3. Le cardinal fait écrire son bulletin par un de ses conclavistes ou doit au moins rendre son écriture méconnaissable.
73. — C'est pour maintenir le secret du vote qu'on prend cette précaution qui, sans entraver la vérification des bulletins, ne permet pas de connaître comment chacun a voté.
74. — Cette manière de voter est irrégulière, mais elle a dû se présenter. La constitution de Grégoire XV, jEtemi Patris, l'interdit sous peine de nullité : « Nulli autem tant in schedula scrutinii, quant accessus, plures nominare liceat, alioquin suffragium in quo plures fuerint nominati, nullum sit. »