‹ Traité de l'élection du papeChapitre 16 sur 16 · Ces libéralités n'ont pas seulement pour objet · texte numérisé non relu

Ces libéralités n'ont pas seulement pour objet

io6 Notes. . -^

d'amuser le peuple, mais elles sont le symbole 'de la charité dont le chef de T Église doit donner l'exemple.

io3. — Saint-Jean de Latran est la première église delà catholicité, la cathédrale de Rome, et bien que le couronnement ait lieu à Saint-Pierre, c'est au Latran que le Pape prend possession du siège de Rome. Les cérémonies du Solemne possesso sont toutes symboliques. Il faudrait un ouvrage spécial pour les décrire et les expliquer.

104. — L'Évêque d'Ostie a toujours eu le privilège de conférer au nouveau Pape les ordres sacrés, s'il ne les a pas reçus antérieurement. Il est arrivé maintes fois que l'élu n'était pas Évêque. L'Évêque d'Ostie, comme la seconde personne en dignité dans l'Église, consacre le Pontife. Saint Bonaventure mentionne cet usage, qui était antérieur à l'époque à laquelle il écrivait.

io5. — Bignon, dans les éditions successives de cet opuscule, a ajouté au Traité de l'Élection du Pape, en appendice, deux notices sur l'élection de Léon XI (v. p. 45), et de Paul V (v. p. 57). On a cru devoir les conserver dans cette nouvelle édition; bien que très-sommaires, elles donnent une notion assez exacte de quelques-uns de ces mille incidents qui se produisent lors d'un Conclave. Les lecteurs désireux de se rendre compte de ce qui se passe à l'élection d'un Pape, trouveront dans l'ouvrage sur Sixte-Quint, du baron de Hûbner, le récit d'un des plus importants Conclaves. Le II* livre de cette étude, la plus savante et la mieux écrite qu'on ait consacrée jusqu'à ce jour à la monographie d'un Pape, contient le récit piquant des péripéties du Condave qui suivit la mort de Grégoire XIII.

Pour le plan du conclave oti fut élu Léon XI, voir la planche i.

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io6. — ^l i i i ir t puissances catholiques usent du droit d'exclure un candidat de Télection; ce sont : l'Autriche^ comme représentant le Saint Empire, la Francefl'Espagne^êt

Ce droit n'est pas à l'abri de toute contestation; mais pour éviter de plus grands maux, le Saint-Siège, par esprit de conciliation^ en tolère sagement l'usage sans l'avoir cependant reconnu canoniquement.

A l'origine, les souverains n'exerçaient leur influence dans l'élection du Pape que d'une manière indirecte, et pour ainsi dire dissimulée. Peu à peu cette influence a grandi* Charles- Quint, au feiîte de sa puissance, ât nommer Pape Adrien d'Utrecht, l'Évêque de Tortosa, à la mort de Lr^w X. \ Les Princes d'Italie contribuèrent souvent à l'élection de tel ou tel cardinal. Mais il arrivait que le candidat d'un souverain déplaisait à un autre prince; aussi, pour ne pas exciter le mécontentement des puissances, les cardinaux s'assuraient, avant de procéder à l'élection, de leur agrément. D'un acte de déférence prudente de la part des électeurs, les puissances en firent une prétention. Dans les derniers Conclaves, les cardinaux se sont plus préoccupés de ne pas élire des candidats dont la nomination aurait causé des embarras, que de rechercher .quels étaient ceux dont l'élection eût été particulièrement agréable à un cabinet.

Voici de quelle manière se pratique l'exclusion. Les nations catholiques ont parmi les membres du Sacré-Collége, résidant à Rome, un cardinal protecteur, qui tient à elle par sa naissance, ou par un lien quelconque, ainsi d'avoir été nonce à sa cour, ou par le choix du Pape d'accord avec le souverain. C'est ordinairement à ce cardinal qu'est confié le secret des Princes. On entend par ce terme les promesses, les désirs, les antipathies d'un souverain, et enfin Vexclusion formelle à prononcer contre un ou plusieurs candidats ; en un mot, le cardinal est chargé des commissions pour le Conclave.

L'exclusion de chacune des quatre puissances . ne peut

io8 Notés.

atteindre qu'un candidat, et doit être notifiée au Sacré-Collége avant l'élection. C'est aux représentants des puissances à connaître à temps l'opinion des électeurs et à prononcer l'exdusion pour s'éviter un mécompte. On dit à Rome que le prince de Metternich ayant tardé à donner des instructions à l'ambassadeur d'Autriche à Rome lors de la mort de Grégoire XVI, et le G)nclave n'ayant duré que peu de jours, l'exclusion de la cour de Vienne, qui portait précisément sur le cardinal Mi^tai Feretti, arriva le matin même où Pie IX, élu la veille au scrutin du soir, venait d'être proclamé.

Au Conclave de Léon XII, le cardinal Severoli avait réuni au scrutin du matin, le 21 septembre 1823, vingt-six voix; son élection aurait eu lieu au scrutin du soir si le cardinal Albani n'avait, au nom de l'Autriche, prononcé l'exclusion contre lui. A la prière des cardinaux, Severoli désigna un candidat. Délia Genga, qu'ils élirent, ce fut Léon XII.

Le cardinal Giustiniani allait être élu à la mort de Pie VIII lorsque l'exclusion de l'Espagne le frappa.

Charles-Quint, qui avait fait nommer Adrien VI, ne parvint pas à empêcher l'élection de Paul IV.

Philippe II ne pratiqua jamais l'exclusion, au moins ouvertement.

Au seizième siècle, le Sacré-Collége se regardait comme indépendant vis-à-vis des rois. Si l'exclusion eût été véritablement un droit des souverains, Philippe II, qui n'a jamais laissé péricliter k moindre des prérogatives de sa couronne, n'eût pas manqué d'exercer celle-ci, s'il avait cru en avoir le droit.

La France est, de toutes les puissances, celle qui a mis le plus de discrétion dans son intervention au Conclave.

Nonobstant cette tolérance du Saint-Siège, les puissances ne peuvent arguer, pour soutenir leurs prétentions, d'aucun acte apostolique qui leur reconnaisse le moindre droit d'ingérence dans l'élection pontificale.

Notes. 109

107. — Aussitôt qu'il est proclamé, le nouveau Pape Êiit quelques actes de juridiction gracieuse.

108. — Le Pape disposait toujours, sans prendre Tavis des cardinaux, du chapeau devenu vacant par son élévation au Souverain Pontificat.

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