V. planche 2 : « Capitaines qui déliurent les Prisonniers
87. — Afin que le nouveau Pape puisse, dès qu'il est élu, revêtir les vêtements de sa dignité, on prépare, pour l'entrée au Conclave du Pape, trois costumes complets, depuis la calotte blanche jusqu'aux mules, de trois grandeurs différentes.
88. — Cette adoration complète, le Pape ne la reçoit qu'à son élection, d'abord dans la salle du scrutin, qui est au Vatican, la chapelle Sixtine, puis sur l'autel de Saint-Pierre. — V. planche 2 : « Dernière adoration sur l'autel de S. Pierre» »
Notes. loi
8g. — L'ouverture du Condave est ordinairement une occasion de tumulte que le peuple ne laisse pas échapper sans en profiter. Depuis longtemps^ les choses se passent avec plus de calme qu'au xvi* et au xvii* siècle^ mais il y a toujours du bruit.
90. — Le mobilier de la cellule de l'élu appartient de droit à ses conclavistes^ mais il faut qu'ils soient bien diligents pour n'être pas prévenus ou aidés dans cette dilapidation par les autres serviteurs du Conclave. On se partage ces dépouilles que l'on vend comme des curiosités à un prix élevé à des étrangers.
gi. — « Decretum de non spoliando eligendum in Papatu. (Concil Constant, ses. XLI. Concil. edit. Coleti, t. XVI, col. 71 3.)
Léon X promulgua au concile écuménique de Latran la constitution Temerariam quorumdam en i5i6, pour renouveler les dispositions des bulles d'Honorius III et de Boniface VIII contre ceux qui pillent, pendant que les cardinaux sont encore au Q>nclave, la demeure de celui qui passe pour élu.
Pendant le Conclave de Sixte-Quint, on crut un instant que le cardinal Farnëse était élu; immédiatement la foule se porta au palais Farnëse pour le mettre à sac.
Les Romains ont conservé cette tradition en dépit des bulles et des mesures de police. Elle subsiste encore.
Au conclave de Pie IX, le jour même de l'élection dont la proclamation était remise au lendemain à cause de l'heure avancée, il était près de minuit, le bruit courut dans Rome que le cardinal Gizzi venait d'être nommé. Des courriers partirent à francs étriers porter cette fausse nouvelle qui provoqua le pillage de la maison du cardinal. Pie IX se chargea de l'indemniser.
tôt Notes.
92. — t Decretum inhibitionis, ne botta electi et eligentium rapiantur. » ConciL Basil, ses. XXVII, IV. Concil. edit. Coleti, t. XVII.
93. — Tous les prélats présents à Rome et le clergé de Saint-Pierre sont admis à rendre cet hommage au nouveau Pape. Les seuls cardinaux reçoivent de lui le baiser de paix et le baisent sur la bouche et aux mains. Les Évéques baisent son anneau et ses pieds, et les prélats de rang inférieur seulement sa mule.
94. — Jules II fut le premier Pape qui ne prit pas, à l'issue de son couronnement, possession du siège de Latran. L'usage s'est établi de faire cette procession en voiture de gala et quelque temps après le couronnement. Pie VI se conforma aux anciens usages et se rendit à cheval à Saint-Jean de Latran.
95. — Bignon, comme beaucoup d'historiens, a confondu la couronne envoyée au Roi des Francs par l'Empereur de Bysance, avec celle offerte à Saint- Pierre de Rome par Qovis. Cette dernière était une couronne votive dans le genre de celles des rois Goths, du trésor de Guarrazar, aujourd'hui au musée de l'hôtel de Quny, à Paris, et à VArmeria reaU à Madrid.
Qovis est mort en 5ii (Wailly, Éléments de Paléa^ graphie, t. I, p. 8), saint Hormisdas n'est devenu Pape qu'en 514 (ibid,, p. 14). Si Qovis envoya une couronne à Rome, ce fut plutôt sous le pontificat de saint Symmaque. Rien ne prouve que cette couronne était la même que l'empereur Anastase lui avait offerte.
Sigebert, à l'année 5 10, rapporte l'envoi £ait à Qovis par Anastase des cadeaux parmi lesquels ^ trouvait une couronne
Hôtes. iô3
d'or ornée de pierreries, et il ajoute : « Ipse vero rex misit Romœ S. Petro coronam auream cum gemmis, quœ regnum appellari solet * (Sigdyert. Gemblac^ chron.^ edit. Bethmann, apud Pert{, Monument, germ, hist., Script, t. V]. Ce n'est que dans le texte de Sigebert qu'on pourrait voir l'identité des deux couronnes.
Aimon parle de Tofifrande faite par Qovis avec assez de détails, pour n'avoir pas omis de noter son origine, si cette couronne provenait de l'empereur. « Romanam quoque EcclC" siampost Sjrmmachum Hormisdasuscepit regendam. Ciyus temporibus sœpe dictus rex, gloriosus Clodoveus, direxit ad beati Pétri limina, hortatu summi prœsulis Remigii, regiœ dignitatis auream coronam gemmis pretiosissimis insignitam. Quo facto patenter ostendit se Deo non fore ingratum, dum ad ipsius apostoli sepulcrum insigne mitteret regnum, sciens se a Christo solio regni esse donatum » (Aimoinus Floriac. Hist. Franc, lib. I, c. XXIV).
La Vie de saint Rémjr mentionne une couronne, mais ne dit pas que ce fut celle qui venait d'Anastase.
« Hujus sancti Ormisdœ Pontificatus tempore sœpefatus Chludomcus rex gloriosus coronam auream cum gemmis, quœ regnum appellari solet, beato Petro, sancto Remigio suggerente, direxit » (Vita S. Remigii, Du Chesne. Script. Franc, t. I, p. 524).
Anastase le Bibliothécaire, dans la vie de saint Hormisdas, mentionne l'arrivée à Rome d'une couronne, hommage du Roi des Francs, Qovis, à l'apôtre saint Pierre. < Venit regnum cum gemmis pretiosis a rege Francorum Clodoveo Christiano donum beato Petro apostolo. »
96. — Aucun texte n'autorise à croire que cette couronne fut donnée au Pape personnellement et que celui-ci la ceignit et en orna sa mitre. Le passage d'Aimoin contredit cette suppo*
104 Notes*
sition que les quelques lignes de la Vie de saint Remy ne permettent pas davantage d'admettre. Aimoin est dans le vrai, le cadeau de Qovis était un ex-voto destiné au tombeau de saint Pierre qui en reçut souvent d'analogues. Voici deux extraits d'Anastase relatifs aux couronnes votives offertes au tombeau de saint Pierre, et qui expliquent l'usage auquel était destiné le présent de Qovis :
c Rex Saxonum obtulit dona beato Petro apostolo
coronam ex auro purissimo, pensan. libras quatuor; »
(Anast. in vita Benedicti III.)
c Primo quidem pontificatus sui amto aurea quœdam ipsius beatitudini pretiosissimis compta gemmis corona perducta est, librarum habens pondéra numéro octo, et unciarum quatuor; ad gloriam supra sacratissimœ ejus basilicce aureis ingenti exaltavit amore catenulis. » -«- (Anast. in vita Nicol. I.)
Il est à supposer que Yex voto du Roi des Francs devait correspondre par ses dimensions et son poids à la magnificence du donateur, et que le Pape ne put songer à s'en couronner, et ceci achève de ruiner la supposition de l'identité des deux couronnes, celle envoyée par Anastase à Qovis ne pouvant être une couronne votive, mais un diadème royal.
Il fiant donc renoncer à voir dans ce fait l'origine d'une première couronne sur la mitre des Souverains Pontifes. La question des couronnes de la tiare est controversée. Jusqu'à ce qu'on ait trouvé des monuments figurés représentant les anciens Papes avec des tiares ornées d'une couronne, on ne peut guère fiaire remonter la première couronne avant le ix* siècle. Au xin% Innocent III, dans un sermon sur saint Silvestre, explique par ces paroles le symbolisme de la tiare : « In signum imperii Pontifex utitur regno, in signum Pontificis utitur mitra. » Innocent III ne parle que d'une seule couronne.
Notes. io5
Au commencement du xin* siècle^ il n'y avait encore qu'une seule couronne sur la tiare.
Dans des portraits et statues de Boni&ce VIII, on ne voit qu'une seule couronne. Sans entrer dans la discussion de ce point, on peut affirmer que c'est au xrv* siècle que la tiare est devenue leV^t regno, et que depuis elle n'a cessé d'avoir ses trois couronnes.
97. — Le Pape reçoit la tiare assis des mains du doyen des cardinaux diacres, dont la fonaion, dans les cérémonies, est de lui placer sa coiffure liturgique, et de la lui ôter, suivant que le prescrit le cérémonial.
98. — Parmi les paroles que le cérémoniaire adresse au Pape se trouvent celles par lesquelles il lui dit que son pontificat ne sera pas aussi long que celui de saint Pierre, qui régna vingt<inq ans : ^Arutos Pétri non videbis; » Benoît XIV répondit : « Non estfidei. » Jusqu'ici, Pie IX est le seul Pape qui ait atteint et dépassé les vingt-cinq années du règne de saint Pierre.
99. — V. planche 2 : c Von porte le nouveau Pontife à S. Pierre. »
Lorsque l'élection a eu lieu au Quirinal, le Pape se rend au Vatican dans un carrosse de gala, au milieu d'un magnifique cortège.
100. — « Coronatio Papce. » Concil. G>nstant. ses. XLI (Concilia, edit. Coleti, t. XVI, col. 71 3).
10 1. — Les Juifs sont les seuls non catholiques qui aient un temple dans Rome.