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OXYGÈNE CONSOMMÉ PAR LITRE D*EA.O

Eau soigneusemeat distillée 0"^8,14

— — distillée 0«8,35

— — filtrée 0"«,48

On peut dire, d'une manière générale, qu'une eau très pure absorbe moins de 0''^,95 d'oxygène par litre, qu'une eau potable en absorbe de 2 à 3 milligrammes par litre, et que les eaux souillées et impures dépassent beaucoup ces quantités.

La connaissance du poids d'oxygène que l'eau emprunte au permanganate, jointe à la détermination de l'azote contenu dans les eaux à différents états, permet de les classer, au point de vue des dangers qu'elles peuvent faire courir dans l'alimentation.

Détermination de Tazote. — Indications fournies par ce corps sur la nature des eaux. — L'azote qui se trouve dans les eaux à l'état d'ammoniaque y indique la présence de matières d'égout,'de déjections fécales, d'urines qui viennent d'y être apportées. Il est en quelque sorte proportionnel à la quantité de ces matières excrémentitielles.

L'azote que l'on trouve dans les eaux à l'état d'acide nitrique ou nitreux, indique la présence de ces matières, mais à un état d'oxydation plus ou moins avancé.

On peut trouver dans les eaux l'azote à ces deux états, et lors même que l'azote nitrique prédominerait ou se trouverait seul et indiquerait la transformation des matières azotées par leur oxydation, il faudrait se préoccuper de la pollution possible de l'eau par les substances non transformées.

Enfin, l'azote peut se trouver à un troisième état, celui d'azote albuminoïde ; c'est l'azote des substances protéiques ou d'amides complexes, comme laleucine, la tyrosine, la taurine, etc., qui ne se dédoublent pas sous l'influence seule de la potasse en acide et en ammoniaque.

Ces substances éminemment putréfiables, ou les produits de leur putréfaction, sont extrêmement dangereux.

Pour déterminer la proportion d'azote à ces différents états dans une eau, on peut opérer ainsi :

On évapore un volume connu d'eau en présence d'un petit excès de chaux, on dose l'azote total dans une partie du résidu, au moyen de la chaux sodée, et dans une autre, au moyen de l'oxyde de cuivre.

On obtient:

!• Par la chaux sodée, l'azote albuminoïde seul;

2^ Par l'oxyde de cuivre, l'azote nitrique et l'azote albuminoïde.

D'où on déduit l'azote nitrique et l'azote albuminoïde contenus dans le tout^

66 EPURATION DES EAUX

De la quantité d'azote trouvée, on pourra déduire approximativement le poids des matières albuminoïdes mêmes, sachant que 15 parties d'azote gazeux correspondent, environ, à iOO d'albumine sèche et à 500 d'albumine humide.

A. Wancklyn et Chapmann versent dans la cornue d'un appareil distillatoire (formé d'une cornue de verre et d'un tube de Liebig bien lavé) 400 centimètres cubes de l'eau à essayer, et recueillent :

1^ 50 centimètres cubes jettent les 150 centimètres cubes suivants. Il reste dans la cornue 300 centimètres cubes; on laisse refroidir, on additionne de 50 centimètres cubes d'une solution de potasse et de permanganate (8 grammes de permanganate et 200 grammes de potasse caustique par litre d'eau pure); on agite et on distille en recueillant à trois reprises, dans des vases différents, 50 centimètres cubes de liquide à chaque fois, puis on arrête la distillation.

La première portion contient l'ammoniaque de l'eau et les trois autres les substances albuminoïdes.

On titre au moyen du réactif de Nessler.

Ce réactif est une solution d'iodure de potassium saturée de periodure de mercure, rendue faiblement alcaline par la potasse ou la soude ; on l'obtient en dissolvant 35 grammes d'iodure de potassium et 13 grammes de bichlorure de mercure dans 800 centimètres cubes d'eau à l'ébullition, s'assurant de la saturation par l'addition de bichlorure et formation d'un précipité rouge permanent. On laisse refroidir, on ajoute 160 grammes de potasse caustique et 120 grammes de soude, et on amène à 1 litre. Ce réactif est d'une couleur jaune et brunit par l'ammoniaque.

En employant une liqueur d'ammoniaque titrée contenant 1 centième de milligramme d'ammoniaque par centimètre cube, on compare colorimétriquement, dans des éprouvettes, la dissolution à essayer et la dissolution ammoniacale, et on en déduit la teneur en ammoniaque.

MM. Wancklyn et Chapmann, ayant vérifié expérimentalement que les trois quarts de l'ammoniaque passent dans les 50 premiers centimètres cubes, on ajoute au nombre obtenu pour l'ammoniaque libre un tiers de ce nombre pour avoir la quantité exacte.

En essayant les eaux par ce procédé, ces chimistes ont recueilli les observations suivantes :

1° Les eaux de sources profondes ayant, par conséquent, subi une filtration naturelle, sont souvent si pures qu'elles ne contiennent pas plus de 0°*',01 d'ammoniaque par litre et au maximum O^'jOS, à moins que ces eaux ne soient mélangées à celles de sources superficielles ;

2"" Les eaux filtrées, livrées par les compagnies anglaises, contiennent de 0"',05 à 0"",10 d'ammoniaque, des matières albuminoïdes, par litre. Une filtration bien faite abaisse en général le titreà0"",05.

Si la quantité d'ammoniaque dépasse 0™^,10, c'est que la filtration est mal faite.

Toutes les fois que la quantité d'ammoniaque dépasse 0™',10 à 0*',1S, on pourra dire que l'eau est mauvaise à boire, car on a presque toujours constaté la propagation des diarrhées par son absorption.

Une grande quantité d'ammoniaque libre dans une eau prouve presque toujours la présence de l'urine. En effet, ce liquide contient beaucoup d'urée qui donne par fermentation du carbonate d'ammoniaque. Dans ce cas, on doit trouver dans l'eau un excès de chlorures.

La présence des matières organiques végétales sera indiquée par l'absence presque complète de chlorures, une faible quantité d'ammoniaque libre, mais une grande richesse en ammoniaque des matières organiques.

. Les matières organiques contenues dans les eaux attirent l'attention des chimistes qui ont à essayer des eaux potables. Les industriels qui livrent des eaux à l'alimentation, sous forme de glace ou de boissons, doivent s'en préoccuper vivement. Il en est de même pour certaines industries délicates, comme la fabrication de certaines couleurs, teinture en nuances claires, en blanc, fabrication de blanc fixe, etc. La détermination des matières organiques en suspension donne un renseignement précieux à tous les points de vue, celle des substances solubles intéresse surtout les usages alimentaires.

68 EPURATION DES EAUX

Organismes microscopiques contenus dans les eaux. — Il est une classe de matières organiques qui échappent à la détermination des matières en suspension, et n'interviennent dans le dosage de la matière organique que par les éléments fournis par leur décomposition, mais qui méritent une étude à part. Nous voulons parler des êtres organisés microscopiques que Ton trouve en quantités importantes dans les eaux même assez pures, et parfois innombrables dans les eaux moyennes ou corrompues.

Ces organismes échappent le plus souvent aux filtres ordinaires, la vue ne décèle que les plus grossiers, car la présence d'énormes quantités de microzoaires dans une eau peut n'en pas altérer sensiblement la limpidité.

En ce qui touche ces infiniment petits, les procédés de culture et de numération qui ont pris tant d'extension avec le développement àes théories pastoriennes, et les essais physiologiques qui les complètent, donnent seuls des renseignements précis.

Nous n'avons pas à nous occuper de cette partie de l'étude des eaux, sur laquelle abondent d'ailleurs des travaux récents et des publications détaillées. Nous dirons simplement, à la fin de ce chapitre, un mot de l'examen microscopique des eaux.

§ 6. DOSAGE DE l'âMMONIâQUE

L'ammoniaque existe toute formée dans les eaux ; les eaux de pluie, de neige, l'empruntent à l'atmosphère; les eaux de rivière s'en chargent par la décomposition des matières organiques.

Nous avons indiqué le mode de dosage par le réactif de Nessler. On peut aussi employer la méthode de Boussingault :

Décomposition par la potasse, la chaux, ou mieux la magnésie ; titrage par l'acide en présence d'un indicateur coloré.

Voici comment on opère à l'Observatoire de Montsouris :

Un litre d'eau additionné d'un centimètre cube d'acide sulfurique au dixième est évaporé dans un petit ballon jusqu'à réduction à 30 centimètres cubes. Le résidu, réuni à 5 ou 10 centimètres cubes de l'eau primitive, réservés pour le lavage, est introduit dans une petite cornue avec un peu de magnésie calcinée pure et en

excès. Les deux premiers cinquièmes de cette liqueur sont distillés dans une fîole contenant de 2 à 5 centimètres cubes d'acide sulfurique, mesuré et titré, préalablement coloré par trois gouttes d'une solution alcoolique de cochenille.

Le titrage nouveau de cet acide, par une liqueur alcaline connue, indique, par différence avec le titre initial, le poids de Vammoniaque déplacée par la magnésie.

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