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DOSAGE DES NITRATES ET DES NITRITES

Nous avons vu comment on reconnaissait l'acide nitrique (p. 43).

Pour le rechercher directement dans l'eau, on prend l litre d'eau, on évapore à basse température. Le résidu sec est traité par l'alcool ordinaire, on filtre et on évapore au bain-marie. Les nitrates sont, en général, à l'état de nitrates de chaux très solubles dans l'alcool. On décèle l'acide nitrique par les moyens que nous avons indiqués.

On peut encore reconnaître la présence des nitrates en ajoutant un peu d'acide sulfurique et une parcelle de plomb. La liqueur bleuit, dès qu'on y verse une goutte d'iodure de potassium mêlé d'empois. On reconnaît de même les nitrites, mais sans addition d'empois.

On peut doser les azotates et azotites par la méthode de Schlœsing.

On introduit une certaine quantité d'eau dans un ballon muni d'un tube à gaz. On chasse complètement l'air par l'ébuUition de cette eau, puis on laisse pénétrer par un tube latéral, dans ce ballon ainsi privé d'air, du sulfate ferreux acidulé.

Sous l'action de ce réactif, les nitratçs et nitrites abandonnent leur azote à l'état de bioxyde d'azote. On recueille ce gaz en faisant bouillir, et on reçoit le gaz sous une cloche graduée.

On peut encore doser les nitrates et nitrites, dans l'eau, en réduisant par l'aluminium en présence d'un excès d'alcali caustique. II se forme de l'ammoniaque, que l'on dose par un acide titré ou par le réactif de Nessler.

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De la quantité d ammoniaque trouvée on déduit Tacide azotique décomposé.

On opère ainsi :

On prépare une lessive de soude ou de potasse caustique, bien exempte de nitrates. Le meilleur moyen pour la préparer consiste à faire agir 2 grammes de sodium ou de potassium dans 100 centimètres cubes d'eau distillée.

On met dans un ballon iOO centimètres cubes d'eau, on y ajoute un égal volume de la solution alcaline et une quantité d'aluminium plus grande que celle pouvant se dissoudre pendant l'opération. On abandonne le tout pendant plusieurs heures dans la glace. On distille avec précaution pour éviter les projections d'alcali fixe. On s'y opposera complètement, en intercalant entre le ballon et le condenseur un gros tube vertical rempli de tessons de verre.

M. Arnaud a donné un procédé de dosage en poids, facile et rapide, de l'acide nitrique, sous forme de nitrate.

On évapore une certaine quantité de l'eau à essayer au bainmarie. Le résidu est repris par l'alcool à 80-83° centésimaux, on évapore cette solution, on reprend le résidu par un peu d'eau.

On acidulé par un peu d'acide sulfurique étendu, on ajoute du sulfate de cinchonamine ; le nitrate de cinchonamine, tout à fait insoluble dans les liqueurs légèrement acides, se précipite et permet un dosage facile de l'acide nitrique.

On peut rechercher et doser les nitrites dans les eaux par la méthode de Griess, basée sur la formation de corps azoïques colorés.

Le corps que l'on emploie de préférence pour absorber l'acide nitreux par cette méthode est l'acide sulfanilique.

On prépare de l'acide sulfanilique pur, en faisant recristalliser dans l'eau bouillante l'acide sulfanilique du commerce.

On peut préparer ce corps au laboratoire en traitant à chaud une partie d'aniline par deux d'acide sulfurique fumant.

Le précipité qui se forme, lavé à l'eau froide, est cristallisé ensuite dans l'eau bouillante.

La solution d'acide sulfanilique, additionnée d'acide sulfurique, décèle le nitrite dans les eaux par suite de la formation d'un composé, qui, en présence de naphtylamine, donne du sulfate d'azobenzolnaphtylamine dont la coloration est rouge cramoisi.

Cette réaction permet d'apprécier dans Teau un cent millionième d'acide nitreux. Elle demande un certain temps pour se produire dans des liqueurs aussi étendues.

§ 8. CHLORURES. — lODURES

Chlorures. — Les chlorures se décèlent par le nitrate d'argent. On peut les doser en employant une méthode volumétrique, consistant dans l'emploi d'une liqueur titrée de nitrate d'argent et de chromate de potasse.

La méthode est basée sur ce fait que, si l'on verse du nitrate d'argent dans un mélange de chlorure de sodium et de chromate de potasse, le chromate d'argent qui se forme est immédiatement décomposé par le chlorure, et que lorsque tout le chlore est passé à l'état de chlorure d'argent blanc, il se forme du chromate d'argent rouge.

lodures. — Pour mettre en évidence la présence de l'iode, on peut, après avoir déterminé le résidu sec, reprendre ce résidu par un peu d'alcool de concentration moyenne (80 à 85'' centésimaux) qui dissout les iodures.

On décante l'alcool et on évapore rapidement. Dans le résidu, on ajoute 2 à 3 gouttes d'amidon à l'état d'empois frais et aussi, soit un peu d'acide nitrique nitreux, soit un peu d'eau de chlore ou un peu de nitrite de soude et d'acide sulfurique, pour mettre l'iode en liberté. Le mélange bleuira aussitôt s'il y a des iodures dans l'eau .

Cet essai est assez délicat. Si l'alcool est trop concentré, il ne dissout pas l'iodure. Il faut former une pâte liante qui s'écrase sous la baguette. Si l'alcool est trop étendu, on obtient presque un liquide qui se sépare de l'alcool, et on dissout non seulement des iodures mais des carbonates qui viennent troubler les réactions.

Une autre cause d'erreur est la silice, que l'on trouve par exemple en poudre impalpable dans les eaux de pluie. Il faut éviter alors d'évaporer à sec, car l'iode serait chassé. Il en serait de même dans une eau contenant un excès de carbonates calcaires ; il faut alors ajouter une quantité plus forte de carbonate de potasse ou de

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soude à l'eau à essayer, évaporer, filtrer et opérer sur le liquide filtré comme il a été dit.

Un autre procédé consiste à chauffer l'eau dans une cornue avec du perchlorure de fer, l'iode est chassé ; on recueille les premiers centimètres cubes qui distillent et, dans cette eau, on décèle la présence de l'iode.

Si l'iode est en combinaison avec les matières organiques, il peut ne pas être chassé par le perchlorure de fer. Dans ce cas, on évapore avec un peu de carbonate alcalin, on chauffe assez fort pour détruire la matière organique, et on reprend le résidu par un peu de perchlorure de fer.

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