‹ Traité de l'épuration des eaux naturelles et industriellesChapitre 20 sur 97 · H«S + I«= S+2HI · texte numérisé non relu

H«S + I«= S+2HI

Na«S + P= S+2NaI

On reconnaît la fin de l'opération, en ajoutant à l'eau sulfureuse un peu d'empois d'amidon. Tant qu'il y a du soufre à précipiter, la liqueur reste incolore ; mais quand la réaction est terminée, une goutte d'iode produit avec l'amidon une coloration bleue qui indique la fin de l'opération.

On prépare une liqueur normale d'iode en pesant un dixième d'équivalent d'iode ou -^Jr- = 12«',97 et les dissolvant dans l'alcool ou mieux dans de Teau additionnée d'iodure de potassium, de façon à former 1 litre. Comme 127 grammes d'iode correspondent à 16 grammes de soufre, 12'',7 correspondent à ^''fi de soufre, et par suite un centimètre cube de liqueur normale, contenant 0»',0127 d'iode, précipitera ^ = 0,0016 de soufre.

La solution d'amidon doit être fraîchement préparée. On prend 1 partie d'amidon, 100 parties d'eau, on fait bouillir, on filtre, on décante après refroidissement.

Pour faire l'essai, on prend un demi-litre d'eau dans un vase à précipité ; on ajoute quelques gouttes d'empois d'amidon ; puis on verse peu à peu la liqueur normale d'iode à l'aide d'une burette graduée; le nombre de centimètres cubes versés, multiplié par 0*^,0016, donnera immédiatement le poids du soufre.

La quantité d'eau sur laquelle il faut opérer varie avec la richesse présumée de l'eau en sulfure. Pour l'eau d'Enghien, qui marque 40 à 45^ sulfhydrométriques en moyenne, on opère sur un quart de litre. L'eau de certaines sources va jusqu'à 54^,7.

Pour doser la quantité de sulfure et d'acide sulfhydrique contenus dans une eau, on divise un volume d'eau connu en deux parties égales. Dans la première, on fait l'essai sulfhydrométrique, qui

donne le soufre total; dans la seconde, on chasse Fhydrogëne sulfuré par un courant d'hydrogène pur. On dose le sulfure qui reste seul. On a l'acide sulfhydrique par différence.

On peut aussi, comme Ta proposé M. Henry, enlever Tacide sulfhydrique en le décomposant par l'argent en poudre.

Si l'eau contient, outre des sulfures, du carbonate ou du silicate de soude, il faut, pour obtenir des résultats exacts, se débarrasser de ces substances en ajoutant à l'eau du chlorure de baryum.

Quand on dose une eau sulfureuse dégénérée, c'est-à-dire une eau qui contient, en outre des sulfures de la forme M' S, des polysulfures et des hyposulfites, la sulfhydrométrie ne donne pas des indications exactes. On verse alors, dans un poids connu d'eau sulfureuse, une quantité convenable d'acétate de zinc. Il se précipite du sulfure de zinc, on filtre et on dose la liqueur qui a filtré.

On peut encore essayer un volume de l'eau sulfureuse par l'iode, puis essayer un autre volume, après avoir fait bouillir avec du bicarbonate de soude, qui décompose tout le sulfure. La différence entre le deuxième titrage et le premier donne le poids du soufre, qui était à l'état de sulfure alcalin.

Barégine ou glairine. — On rencontre fréquemment dans les eaux sulfureuses une matière organique caractéristique nommée barégine ou glairine. Son aspect diffère avec la température des eaux. On a comparé cette substance à des matières albuminoïdes. L'analyse a montré qu'elle s'en écarte considérablement.

Elle contient :

Carbone 48 à 49 p. 100

Hydrogène 6à7 —

Azote 5à8 —

Elle fournit des quantités de cendres siliceuses variant de 3 à 4, à 30 et 40 et parfois 80 p. 100. Cette barégine paraît donc être une matière organique coagulée par de la silice qui l'entraine en se déposant (Bonis).

Eaux salines. — Les eaux peuvent être minéralisées par du

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chlorure de sodium, de potassium, de magnésium, des iodures, des bromures; certaines eaux sont sulfatées.

Les eaux de Sedlitz, Epsom, Puldna renferment du sulfate de magnésie et du sulfate de soude; les eaux de Sedlitz contiennent jusqu'à 21 grammes par litre du premier sel.

Les eaux de Carlsbad, Marienbad, en Bohême, renferment, les unes 2^', 28 de sulfate de soude par litre, les secondes 5 grammes.

On trouve le sulfate de chaux en quantités importantes dans les eaux de :

Contrexé ville (Vosges) l»^,o par litre

Condorcet (Drôme) 19 —

Encausse 20 —

En ajoutant de 1 alcool à ces eaux, on voit se former un précipité de sulfate de chaux.

On dose directement le sulfate dans Teau, à laquelle on ajoute du chlorure de baryum. On recueille le sulfate de baryte précipité.

Parmi les eaux chlorurées on peut citer celles de

Niederbronn 3 grammes de résidu par litre

Salins (Jura) 27 40 — — —

Des eaux de Salies (Basses-Pyrénées), on retire 216 grammes de chlorure de sodium par litre.

Les eaux d'Uriage (Isère), d'ALx-la-Chapelle, renferment du chlorure de sodium et de Tacide sulfhydrique. Les eaux chlorurées renferment souvent de Tiode (eaux de C halles, en Savoie), on y trouve riodure de potassium et du sel marin. L'eau de Sierk (Moselle) renferme 0'',2 de bromure; elle donne 13 grammes de résidu par litre.

On peut doser le brome en prenant un poids déterminé du résidu, qu'on dissout dans Teau ; on y verse goutte à goutte une solution titrée de chlore ou d'un hypochlorite. Il apparaît une coloration jaune caractéristique. On chauffe, elle s'efface, on laisse refroidir, elle reparaît en ajoutant du chlore.

On continue de cette manière jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de coloration. On déduit la quantité de brome de la quantité de chlorure employée.

Acides organiques. — L'eau peut contenir différents acides organiques. Berzélius en a extrait les acides crénique et apocrénique, acides qu'il avait trouvés dans le terreau et qu'on retrouve dans certaines eaux ferrugineuses, combinés au fer.

On a signalé dans les eaux naturelles la présence de divers acides organiques : acide acétique (Vogel), acide formique (Gorup, Vogel), acide butyrique (Gorup), acide propionique (Bunsen).

On obtient ces acides ainsi : on sature les eaux par le carbonate de soude, on filtre, on évapore à sec, on distille le résidu avec l'acide sulfurique. On trouve ces acides dans le produit de la distillation.

D'après Bonis, ces acides résulteraient de l'action de l'acide sulfurique sur la matière organique décomposée. On a constaté que l'eau de Vichy, traitée par cet acide, donne une odeur particulière, que celle d'Enghien donne un odeur de café torréfié et de marée.

Cette dernière eau contient d'ailleurs souvent des résidus organiques, des débris de poissons par exemple.

Métaux alcalins. -- Les métaux alcalins existant dans l'eau peuvent y être décelés, lorsqu'il n'en existe que des traces, par les procédés de l'analyse spectrale. C'est en analysant les eaux par cette méthode qu'on y a découvert des traces de césium, de rubidium, d'yttrium, de thallium, de strontium, etc.

Nous n'insisterons pas sur ces méthodes délicates dont l'examen sortirait du cadre de cet ouvrage.

Dépôts des eaux. — L'étude des dépôts et concrétions qui se forment dans les tuyaux de conduite d'eau et les bassins où les eaux séjournent donne souvent de précieux renseignements sur la nature des substances que peuvent contenir les eaux.

Les composés métalliques les plus intéressants sont, au point de vue, soit de l'alimentation, soit des usages industriels, ceux de fer, de cobalt, de nickel, de manganèse, de zinc, de cuivre, de plomb, d'arsenic. Ils se retrouvent dans ces sédiments en même temps que le carbonate de chaux et la matière organique précipitée.

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