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CHAUX

Clark a conseillé, pour adoucir les eaux crues, dont la dureté est due aux bicarbonates terreux, l'emploi de la chaux. Les bicarbonates sont précipités en vertu des réactions :

(C03 H)« Ca + , Ca 0» H» = 2 (CO' Ca) + 2 H«

Bicarbonate de chaux. Hydrate de chaux. Carbonate de chaux.

(CD» H)« Mg + Ca 0« H* = CO» Ca + CO» Mg + 2 H« 0.

Bicarbonate de Hydrate de Carbonate de Carbonate de

oiagnéaae. chaux. chaux. magnéeie.

Par ce procédé l'eau chargée de bicarbonate est donc, non pas corrigée mais bien épurée, puisque l'emploi de la chaux n'introduit aucun sel en dissolution.

D'autre part, il est évident que l'emploi de la chaux caustique introduite dans l'eau, en excès, pourrait avoir plus d'inconvénient que la présence des bicarbonates terreux, aussi doit-on veiller aux dosages avec le plus grand soin.

De grandes précautions sont surtout nécessaires quand on épure, par ce procédé, des eaux destinées à l'alimentation.

L'eau à traiter doit avoir une composition constante ou être essayée avant la purification. On doit y introduire une quantité déterminée de lait de chaux titré, ou mieux d'eau de chaux à titre connu.

On simplifie le travail en envoyant dans les bassins où doivent s'effectuer la réaction et le dépôt un courant d'eau à traiter et d'eau de chaux (ou de lait de chaux) dont le débit est réglé par des pompes ou des orifices à section réglée, fonctionnant sous pression constante, dans le rapport indiqué par un essai préliminaire.

Le dépôt des précipités est parfois assez long. On a quelquefois recours pour le hâter à l'artifice dont nous avons parlé dans le paragraphe DécantatioUy Précipitation^ et qui consiste dans la précipitation fractionnée de l'eau à épurer. Le rassemblement du précipité se fait alors assez rapidement et la clarification peut s'effectuer en quelques heures ou en une nuit dans les bassins de grandes dimensions, à moins qu'on n'ait affaire à une eau riche en matières organiques, ou contenant les particules terreuses qu'amènent les crues.

On a rarement recours en France à l'épuration à la chaux et en général à l'épuration chimique, quand il s'agit d'eau destinée à l'alimentation.

D n'en est pas de même en Angleterre où la méthode de Clark est très employée. La ville de Londres reçoit des eaux provenant de forages exécutés dans la craie. Ces eaux, riches en bicarbonates sont traitées à la chaux.

Aux environs de Cantorbéry se trouve un puits où l'on pompe journellement 5 000 mètres cubes par jour. Cette eau, parfaitement limpide d'ailleurs, est trop dure pour les usages domestiques. Elle contient plus de 5***"'^* 3 par litre. On la traite par de l'eau de chaux, et on la clarifie pendant vingt-quatre heures dans des bassins de dépôt, d'une contenance de 550 mètres cubes.

« Le carbonate de chaux tombe lentement au fond, laissant un liquide de la plus grande pureté et d'une extrême douceur. Cette eau est d'un bleu de ciel très beau. Si on jette une épingle au fond, on l'aperçoit distinctement malgré l'épaisseur de la couche d'eau (5 mètres) qui la recouvre (Tyndall). »

Les habitants de Londres qui reçoivent de l'eau ainsi épurée s'en trouvent très bien. Les consommateurs s'aperçoivent immédiatement de la substitution à l'eau douce, traitée à la chaux^ de l'eau crue, ce qui arrive, en cas d'accident. .

Si l'emploi de la chaux, comme agent d'épuration des eaux d'ali-

mentation, ne s'est pas répandu en France, où Ton tient en suspicion les eaux traitées chimiquement, en revanche il s'est généralisé dans l'industrie et dans les grandes entreprises, comme les Compagnies de chemin de fer qui en font un grand usage. C'est en effet le moyen le plus économique d'adoucir les eaux, que rendent dures les bicarbonates terreux.

De grandes installations traitent ainsi des quantités d'eau considérables, dont la clarification s'effectue dans de vastes réservoirs, et se termine, s'il y a lieu, dans des filtres spéciaux.

On emploie beaucoup, depuis quelques années, des décanteurs particuliers, dits continus^ qui permettent d'obtenir sans arrêt une eau dépouillée de précipités. JNous les examinerons dans un chapitre spécial.

La décantation est parfois rendue difîcile par la présence des matières organiques, qui rendent les précipités moins denses. On remédie, en général, à cet inconvénient par l'emploi de petites quantités de coagulants alumineux ou ferriques qui rassemblent les précipités et hâtent la clarification.

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