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CARBONATE DE SOUDE

L'emploi du carbonate de soude a été recommandé en 1840 par Kuhlmann, comme un excellent moyen pour débarrasser les eaux du sulfate de chaux, qui forme dans les chaudières des incrustations dures.

En 1846, Runge, en 1853, Frésénius, ont de nouveau préconisé cet agent de correction.

Ce sel peut être employé à une épuration plus complète de Teau, d'après les réactions :

!« (CO» H)« Ca + C03 Na« = CO» Ca -f (CO»)» Na* H«

Bicarbonate de chaux. Carbonate de soude. Carbonate de chaux. Sesquicarbonate de sonde.

20 SO* Ca 4- CO» Na* = CO» Ca + SO^ Na«

Sulfate de chaux. Carbonate de soude. Carbonate de chaux. Sulfate de soude.

30 CaCl* 4- CO»Na« = C0> Ca + 2 Na Cl.

Chlorure de calcium. Carbonate de sonde. Carbonate de chaux. Chlorure de sodium.

40 SO*Mg + CG^Na* = CD» Mg + SO* Na«

Sulfate de magnésie. Carbonate de sonde. Carbonate de magnésie. Sulfate de soude.

50^ MgCI«^+ CG^Na» == CG»Mg + ^ ^J Î^ £L' ^

Chlorure de magnésium. Carbonate de soude. Carbonate de magnésie. Chlorure de sodium.

On peut, avec le carbonate de soude, débarrasser l'eau des sels terreux en les précipitant à l'état de carbonate de chaux, pendant qu'il reste dans l'eau du bicarbonate de soude, du sulfate de soude et du chlorure de sodium, sels solubles qui ne sont pas gênants dans beaucoup d'industries, notamment dans celles qui emploient

le savon, et qui ne pourraient donner d'incrustations dans les générateurs.

L'eau ainsi corrigée est alcaline, ce qui peut être une gêne dans certaines applications.

Pour les eaux séléniteuses l'emploi du carbonate de soude est tout indiqué. Il précipite le sulfate de chaux en ne donnant que du sulfate de soude comme sel soluble et fournissant une eau excellente pour l'alimentation des chaudières comme pour les autres besoins de l'industrie.

Pour la boisson, cette eau aurait le seul inconvénient d'être légèrement laxative.

Le carbonate de soude a encore, pour cet usage, l'avantage du bon marché, l'industrie chimique fournissant aujourd'hui ce sel à très bas prix.

On l'emploie encore pour corriger l'eau dans les générateurs mêmes, ou pour compléter l'épuration de l'eau commencée par l'ébullition.

En chauffant l'eau à 70^ et au-dessus et en la maintenant pendant quelques heures à ces températures, on peut se débarrasser du bicarbonate de chaux par l'action d'une petite quantité de carbonate de soude, dont l'action sur les bicarbonates terreux est pour ainsi dire indéfinie dans ces conditions.

En effet, le carbonate de soude décompose lés bicarbonates terreux et précipite des carbonates de chaux et de magnésie en se combinant à l'acide carbonique qu'il abandonne aussitôt par suite de l'élévation de température. Il aide ainsi à la décomposition des bicarbonates terreux et rend la précipitation rapide. L'eau se trouve dépouillée de ses sels, et il n'y a de carbonate de soude consommé que celui qui a décomposé les sulfates ou les chlorures terreux. Il reste dans l'eau le petit excès de carbonate de soude qui a servi à la décomposition des bicarbonates.

§ 9. — SIIilCATE DE SOUDE OU DE POTASSE

En 1856, Van den Corput recommanda l'emploi du silicate de potasse pour corriger les eaux. Ce sel éliminerait, non seulement

iU ÉPURATION DES EAUX

les carbonates, mais la totalité des sels de chaux et de magnésie. Par double décomposition, il se forme des silicates terreux et des sels alcalins qui restent en dissolution. Les silicates terreux, insolubles se déposent.

BufT et Vorsmann ont introduit dans la pratique l'emploi d'un produit dénommé composé hollandais {holland compound) et qui n'est autre chose qu'un mélange de silicate et de carbonate de soude. Le précipité, composé de silicates et carbonates terreux, se dépose, d'après les inventeurs, en vingt-quatre heures et donnerait une eau aussi pure que l'eau de pluie. Il est vrai que cette eau est légèrement alcaline. Ce procédé n'a pas pris une grande extension.

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