APPAREILS DE CUISSON SOUS PRESSION
Se basant sur des expériences qui prouvent que certains microbes pathogènes résistent à l'ébuUition de l'eau, sur l'absence de garantie absolue de l'eau filtrée, même à travers les meilleurs filtres de porcelaine, MM. Rouart frères, Geneste et Herscher ont cherché à appliquer en grand aux eaux destinées à l'alimentation et à l'usage des hôpitaux un procédé de laboratoire consistant à cuire l'eau sous pression à une température de 120 à 130**.
Appareils Rouart, Geneste et Herscher. — L'appareil à stériliser l'eau se compose d'une chaudière a où s'opère la cuisson de l'eau d'un filtre b et d'un échangeur de température (fig. 80).
L'échange de chaleur se fait dans un vase résistant, en tôle, où circule un serpentin de petit volume et de grande longueur. L'eau à stériliser arrive en A, monte dans la colonne en prenant la chaleur de l'eau stérilisée qui circule dans le serpentin. Elle passe autour d'un réservoir d'eau chaude stérilisée q et arrive dans le serpentin de chauffage c puis dans la chaudière a où elle est portée à la température voulue ; elle traverse le filtre inaltérable A dit clarificateur et arrive dans le réservoir jr, d'où on peut l'extraire à une température de 80% au moyen d'un tube plongeur. Elle s'écoule dans le serpentin /, réchau^JDTe l'eau d'arrivée, et peut s'écouler froide (à IS"*) par le robinet A. On a donc ainsi à volonté de l'eau stérilisée froide ou chaude.
L'alimentation de l'eau se fait d'une façon automatique, au moyen d'un petit bélier, alimenté lui-même par un réservoir d'eau à niveau constant. L'eau est refoulée ainsi dans la colonne où se fait l'échange.
On peut, s'il en est besoin, intercaler un filtre grossier entre le bélier et Téchangeur.
Fig. 80. — Appareil à cuire Teau sous pression.
Quand on chauffe au gaz, le réglage automatique de la température se fait au moyen d'un régulateur à mercure rappelant le
EPURATION DES EAUX
thermomètre à poids des cabinets de physique ; le mercure se dilatant vient boucher Torifice par lequel pasçe le gaz dès que la température dépasse le degré voulu. La température baissant, le mercure, au contraire, laisse s'agrandir Torifice de passage.
D'autres modèles d'appareils chauffés au charbon peuvent être rendus mobiles etservir aux besoins de troupes en campagne.
La figure 81 représente un de ces appareils dont le principe est le même et dont la construction diffère un peu de celui que nous avons décrit. Le refroidissement y est complété dans un vase G dit complément d'échanrjeur^ où le serpentin qui contient l'eau
Fig. 81. — Appareil à cuire l'eau sous pression.
stérilisée, déjà refroidie dans Yéchangeur^ est refroidi par de l'eau qui ne passera pas dans l'appareil. On peut ainsi faire sortir l'eau stérilisée, à 2 ou 3 degrés près, à la température de l'eau d'alimentation.
Cet appareil présente les avantages suivants :
1° Stérilisation de l'eau à une température dont on peut disposer à volonté ;
2® Chauffage sous pression sans distillation, ce qui conserve l'air dissous dans l'eau, du moins en partie ;
3® Economie de combustible due à la suppression de la vaporisation et à l'emploi d'un échangeur. Dans cet appai*eil 1 kilogramme de charbon suffit à stériliser 100 litres d'eau.
M. le D** Pouchet, dans son Etude sur répuration et la stérilisation des eaux de boisson ^^ donne les résultats suivants pour Teau
Eyaluationf En oxygène • A Solution acide. .
delà \ I — alcaline
matière i En ac. oxalique ( Solution acide .
organique \ C*0*H', 2 Aq. ( -- alcaline
Oxygène dissous ( fS v^otme! ! !
Acide carbonique dissous
Recherches.
Ammoniaque et sels ammoniacaux.
Analyse minérale.
Acide nitrique (en AzO'H)
Chlore (en Cl)
Acide sulfurique (en SO®)
Silice (en SiO*). •
Chaux (en CaO)
Magnésie (en MgO)
Résidu à HO®
Sels minéraux
Perte au rouge
Eydrotimétrie.
Degré total
Degré permanent
Composition probable.
Silice
Sulfate de chaux
Carbonate de magnésie
Carbonate de chaux
Chlorure de sodium
Acide nitrique