DISTILLATION. CONGÉLATION
Dans les laboratoires on fait un usage constant de l'eau distillée qui est produite au moyen de cornues de verre ou d'alambics de cuivre étamés à Télain fin réunis à des condenseurs de même substance. La distillation peut aisément y être fractionnée pour éviter la présence de l'ammoniaque et de l'acide chlorhydrique.
Appareils de laboratoire des pharmacies. — Dans les laboratoires de pharmacie on emploie souvent pour produire l'eau distillée un appareil comme celui dont la figure 82 donne la vue en perspec* tive.
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On retid la distillation continue en alimentant pendant la marche avec Feau chaude du réfrigérant qui passe par un robinet a^
Fig. 82. — Appareil distillatoire des pharmacies.
le tuyau b et coule dans un entonnoir c, communiquant avec Talambic. On règle le robinet e de manière à introduire constamment l'équivalent de Teau distillée qui coule du serpentin.
On ne peut obtenir ainsi de l'eau chimiquement pure.
On a toutefois de l'eau suffisante pour les besoins de la pharmacie, si. on a le soin de ne pas trop laisser concentrer l'eau dans Talambic et de nettoyer fréquemment l'appareil*.
Appareils d'usines. — Dans les usines oîi existent des conduites de vapeur, on peut en général se procurer une eau, sinon chimi-
* BoUey. Chemische technologie des VasserSy p. 76.
quement pure, du moins suffisante pour les usages communs du laboratoire en utilisant la vapeur prise à ces conduits. II faut avoir soin de la purger de Teau entraînée qui peut contenir des impuretés insolubles, provenant des entraînements à la chaudière,^ de Tattaque des tuyaux ou des joints. On peut employer une disposition comme celle que représente en schéma la figure 83.
Fig. 83. — Appareil distillatoire des usines.
A est le conduit de vapeur, B le vase de purge avec purgeur automatique ô, C le serpentin condensateur, D le réservoir d'eau distillée, E l'arrivée d'eau pour le refroidissement, F le robinet d'arrêt et de réglage de la vapeur, G le robinet donnant l'eau distillée, h et i des tuyaux de trop-plein.
Dans l'industrie les appareils chauffés à la vapeur, tels que serpentins pour chaufTages des liquides usités dans les sucreries, distilleries, fabriques d'extrait de bois, usines de produits chimiques,
296^ EPURATION DES EAUX
doubles fonds, plaques et tambours sécheurs dans les usines d'impression, d'apprêt, d'imperméabilisation de tissus, tuyaux de chauffage d'étuves, d'ateliers, etc., donnent de Teau distillée qu'il est bon de recueillir et d'utiliser au mieux des besoins de l'usine. . Les sucreries reprennent par exemple les eaux de condensation de leurs triples effets au moyen de pompes et les retournent aux chaudières. D'autres industries récoltent dans des réservoirs les eaux de condensation purgées automatiquement et les emploient soit pour les générateurs, soit pour divers usages où la pureté de l'eau employée est nécessaire. La dépense d'installation que nécessite cette récolte est rapidement couverte par l'économie qui résulte de l'emploi d'une eau chaude et épurée.
Dans la marine on emploie depuis longtemps la distillation pour obtenir de l'eau potable en partant de l'eau de mer.
Appareil Hazeline pour les navires. — Parmi les appareils qui ont été mis en service nous citerons celui de M. Mazeline, du Havre, représenté en plan dans la figure 84. La figure 85 est une coupe par vxy la figure 86 une coupe yz
Les alambics sont placés dans un fourneau dans le massif duquel sont également les vases de cuisine. Le vase C qui sert à ce dernier usage est chauffé à feu nu par un foyer D et les fumées de ce foyer passant au-dessus du foyer E vont échauffer l'eau de mer placée dans le bain-marie B en se rendant à la cheminée I par le tuyau G. Quand on ne se sert pas de ce vase, on ferme l'ouverture R.
Le bain-marie est chauffé par le foyer E, qui porte l'eau salée où plongent les alambics  A, àFébullition. On alimente les alambics avec cette eau bouillante.
La vapeur d'eau se rend par un tuyau / dans le serpentin g placé dans le bac F. Ce bac est rempli d'eau de mer incessamment renouvelée par l'action d'une pompe aspirante et foulante H.
D'autre part une pompe à air K manœuvrée par un levier y fait constamment appel dans le tuyau n branché sur le serpentin g. Ce dernier communique avec l'air par le tuyau e. La vapeur d'eau qui circule dans g y est donc accompagnée d'un courant d'air qui facilite la condensation et aère l'eau. L'eau condensée aérée
Fig. 84.
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Fi-. 85.
Fig. 86. — Appareil distiUatoire de M. Mazeline, pour nayires.
arrive par un tuyau 00 perforé, sur un filtre à sable et charbon M. On la prend par le robinet r.
M. Perroy supprime la pompe à air et produit Taspiration par
le jet de vapeur sortant des alambics. Ce jet, lancé dans un cône, produit une dépression dans un cône enveloppe. L*air appelé ainsi accompagne la vapeur dans le serpentin et se dissout dans Teau condensée.
D'après Normandy, un séjour de trois quarts d'heure sur le noir animal suffît pour enlever à Teau distillée obtenue ainsi le goût désagréable qui lui est communiqué par des huiles empyreumatiques provenant de la décomposition des matières organiques.
Appareils de la marine de guerre allemande. — Les vaisseaux de la marine de guerre allemande sont munis, d'après Stohmann *, d'appareils distillatoires que l'on construit de trois grandeurs, pour répondre aux besoins des différents équipages.
L'appareil moyen est représenté en vue extérieure dans la figure 87 et en coupe faite à angle droit dans les figures 88 et 89.
II se compose d'un distillateur A et d'un échangeur B ayant 0",40 de diamètre.
La vapeur qui sert au chauffage arrive dans le cylindre A par le tuyau ûf, et descend dans le faisceau tubulaire b. L'eau de condensation se rassemble dans le fond et coule par un tuyau / dans le réservoir g où on peut la prendre par le robinet A si on a besoin d'eau chaude. L'excédent passe dans l'échangeur par un tuyau v qui l'amène dans la chambre /), d'où elle coule dans le faisceau tubulaire o.
L'eau de mer à distiller est maintenue à une hauteur déterminée dans le cylindre A. Un niveau d'eau placé dans les orifices XyX permet de surveiller le niveau de cette eau amenée chaude de réchangeur B par le tuyau /.
La vapeur purgée d'eau entraînée, au moyen d'une tôle perforée a et d'une plaque c passe dans le tuyau m et de là dans le faisceau tubulaire n dans la chambre p et dans le faisceau o où Feau condensée se réunit à l'eau produite par la vapeur de chauffage qui y a été amenée par le tuyau v. L'eau refroidie peut être prise directement par le tuyau r muni d'un robinet ou être envoyée par le tuyau s dans un filtre à charbon animal.
* MuspratVs Che^nie, t. VII, p. 518, et Fischer, Chemische technologie des wassers, p. 205.
Fig. 87. — Appareil distillatoire de la marine de guerre allemande.
EPURATION DES EAUX
Fig. 88 « — Appareil distiUatoire de la marine de guerre allemande.
L'eau de mer qui sert au refroidissement entre par le tuyau inférieur t, s'élève dans le cylindre B et sort parK. On prélève sur
Fig. 89. — Appareil distillatoire de la marine de guerre allemande.
cette eau chaude la quantité nécessaire à la distillation, que Ton envoie par le tuyau / dans le distillateur.
302 EPURATION DES EAUX
L'air expulsé de Teau par le chauffage passe du cylindre B au cylindre A par un tuyau t. Il passe avec la vapeur dans le faisceau tubulaire de Téchangeur, et se dissout dans Teau condensée.
Par le tuyau y on envoie dans le distillateur l'air extrait du condenseur par la pompe à air, qui vient ainsi contribuer à l'aérage de l'eau.
De temps en temps on extrait une partie de l'eau de mer contenue dans le distillateur par le tuyau W.