EST PROPRE AUX USAGES DOMESTIQUES ET INDUSTRIELS
Si on verse dans une eau de Toxalate d'ammoniaque et si on obtient un précipité, on conclura à la présence de la chaux.
Le sels de chaux qu'on rencontre le plus fréquemment dans Teau sont, comme nous l'avons vu, le carbonate et le sulfate.
Si on porte le liquide à l'ébuUition et qu'il se trouble, c'est que le carbonate de chaux qui était dissous à la façon de l'acide carbonique se précipite.
La présence des carbonates de chaux et de magnésie se décèle facilement dans le résidu sec, en l'additionnant d'acide chlorhydrique. L'effervescence indique la présence des carbonates.
La présence du sulfate est décelée par l'addition à l'eau à essayer d'une solution de chlorure de baryum ; il se forme un précipité de sulfate de baryte. On emploie le chlorure de baryum, acidulé légèrement à l'acide chlorhydrique, pour éviter l'action des carbonates calcaires et magnésiens qui donneraient, par double décomposition, du carbonate de baryte et des chlorures de calcium et de magnésium.
44 EPURATION DES EAUX
Les eaux renfermant des sels de chaux ou de magnésie donnent, avec la dissolution aqueuse ou alcoolique de savon, un précipité floconneux qui est un savon calcaire ou magnésien.
On décèle la présence d'une matière alcaline, par exemple le bicarbonate de chaux, avec la teinture de bois de campèche qui donne, dans ce cas, une coloration rouge assez intense. S'il n'y a pas de matières alcalines, la teinture de bois de campèche reste jaune.
On reconnaît la présence des chlorures à Tinspection du résidu sec, qui est, dans ce cas, déliquescent. On les décèle dans Teau, au moyen de nitrate d'argent acidulé par Tacide nitrique ; on obtient un précipité de chlorure d'argent.
Ces essais, joints aux caractères organoleptiques, fraîcheur, saveur, absence de goût ou d'odeur suffisent à déterminer, dans un grand nombre de cas, si une eau est potable ou propre aux usages domestiques et industriels.
On peut la considérer comme telle, si elle ne donne pas plus de 5 décigrammes de résidu par litre, et si les précipités, obtenus avec les réactifs que nous venons d'énumérer, ne sont pas trop abondants.
Il convient toutefois, avant de passer outre, de déterminer si l'eau ne contient pas une proportion très forte de matières organiques. On peut employer divers procédés pour le reconnaître.
Si on évapore une certaine quantité d'eau et si, en chauffant un peu fortement, le résidu brunit, on conclut à la présence de matières organiques.
On reconnaît la présence de petites quantités de ces substances dans une eau, en la laissant séjourner pendant 15 à 20 jours dans des flacons bouchés, à la température de 20 à 25"*.
Au bout de ce temps, il se produit une odeur désagréable provenant de la décomposition des matières organiques.
Si l'eau reste limpide et d'un goût agréable, si les premiers produits de sa distillation n'offrent ni odeur ni saveur, l'eau ne contient que des traces de matière organique ou en est exempte.
Pour opérer plus rapidement, avec moins de sûreté, il est vrai, on peut mettre l'eau à essayer immédiatement dans un alambic et distiller. S'il y a des matières organiques, les premières portions qui passent sont odorantes, et l'odeur donne un indice sur la nature des substances contenues dans l'eau.
On peut aussi chauffer Teau en y ajoutant de l'acide sulfurique ; il arrive souvent qu'à la fin Todeur se développe davantage.
On peut encore déceler cette odeur en additionnant le résidu sec d'acide sulfurique et chauffant. On observe aussi si la masse brunit par Faction de Tacide.
On reconnaît des traces de matières organiques en ajoutant à Teau quelques gouttes de perchlorure de fer. Au bout de quelque temps, il se forme un précipité ocreux entraînant la matière organique. On peut rassembler le précipité en chauffant. On recueille le précipité, on lave, on calcine et on constate généralement un dégagement d'ammoniaque.
S'il s'agit de matières organiques non azotées, on brûle la matière organique par l'oxyde de cuivre. Le carbone est transformé alors en acide carbonique facile à déceler.
Les plus petites traces d'un composé diazoïque font naître, d'après Grîess, dans une eau contenant des matières organiques dissoutes, légèrement alcalinisée au préalable, une coloration jaune ou brune souvent très marquée. Le composé qui se prête le mieux à cet essai, tant à cause de sa sensibilité qu'à cause de la facilité de sa préparation et de sa stabilité, est l'acide paradiazobenzolsulfonique.
Az^-
Cette réaction peut servir à reconnaître la présence de matières organiques dans les eaux potables. La réaction toutefois n'est pas très sensible avec les substances de la nature des sucres *.
Nitrates. — Les nitrates se reconnaissent par un grand nombre de réactions.
En mettant en liberté l'acide nitrique par de l'acide sulfurique en présence de cuivre, on a des vapeurs rutilantes. Ces vapeurs colorent en brun ou en noir une solution de sulfate ferreux.
Un liquide contenant des nitrates, versé dans une solution incolore de sulfate ferreux dans l'acide sulfurique concentré, colore cette solution en rose.
* Berichte. dd. Chemische GeselUhaft, t. XXI, p. 1830. Qubsseville, t. XXXIII, p. 550.
L*aniline donne, en présence des nitrates et de Tacide sulfurique, une coloration rouge ; la diphénylamine une coloration bleue ; Tacide phénique une coloration brune, qui devient jaune en présence de quelques gouttes d'ammoniaque; la brucine se colore en rouge. Un dixième de milligramme d*azotate de potasse, introduit dans Teau, est décelé par quelques gouttes de solution de carbazol, dans Tacide sulfurique; on obtient une coloration verte (Graebe).
On peut reconnaître les nitrates et au besoin les doser par la méthode de Liebig, en employant une liqueur contenant du sulfate d'indigo. Les nitrates, en présence d'acide chlorhydrique, détruisent la coloration.
Si le résidu de Feau évaporée en présence d'un peu de cuivre, puis additionnée d acide chlorhydrique, dissout une feuille d'or battn, c'est que l'eau contient des nitrates.
La détermination des nitrates et du chlorure a une grande importance, aussi bien pour les eaux destinées à l'alimentation, que ces sels rendent en général impotables, que pour les usages industriels. Les nitrates détruisent rapidement les tuyaux de plomb, même à froid. Certaines eaux stagnantes où la végétation ne se développe pas et qui s'enrichissent en nitrates, peuvent être très nuisibles sous ce rapport.
Une eau riche en nitrate est au contraire excellente pour l'agriculture.
L'eau contenant des nitrates et des chlorures donne, quand on la chauffé, du chlore et des produits nitreux qui corrodent les chaudières.