‹ Traité de l'erysipèleChapitre 20 sur 20 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Aucune théorie médicale n’a jeté de lumière sur l’érysipèle. Les connaissances anatomiques et physiologiques, devenant de plus en plus complètes, ont seules fait progresser les idées sur celte maladie. Le temps a appris que les théories, toujours données comme achevées, se croyaient vainement aptes à dire le dernier mot sur l’érysipèle. Beaucoup des conceptions du passé ont été renversées.

Les opinions actuelles n’ont rien d’absolument certain. Vitalistes, organiciens ou éclectiques, les médecins font de l’érysipèle une inflammation spécifique. Les chirurgiens partagent à peu près cette manière de voir; ils croient qu’il y a peut-être une altération originelle des plaies, contagieuses, qui précède le développement de l’érysipèle. En prenant ce qu’il y a de plus nouveau, le programme de l’enseignement de M. Monneret à la Faculté

(Je médecine de Paris, nous voyons que l’érysipèle placé à côté de la miliaire et de la scarlatine peut être envisagé comme une phlegmasie diffuse spécifique de la peau. 11 y a, suivant le professeur, un érysipèle simple, un compliqué, un consécutif. Des points d’interrogation sont placés à côté des mots contagion et influence saisonnière, mais les constitutions médicales sont affirmées.

Nous sommes arrivé à d’autres conceptions. Reprenant quelques-unes des idées de Blandin, nous pensons avoir pu démontrer que l’érysipèle siège dans le réseau capillaire lymphatique, que l’érysipèle est aux capillaires lymphatiques ce que le phlegmon est aux capillaires sanguins, que les constitutions médicales d’épidémicité n’ont pas une action plus grande sur l’une que sur l’autre maladie. Nous n’hésitons pas à repousser comme non démonstratifs tous les faits allégués en faveur de la contagion.

L’érysipèle comme le phlegmon tient le plus souvent à un défaut de soins. Exempt de complications et développé chez un individu clans des dispositions maladives qui seules ne le mettent pas en danger, il suit, grâce aux émollients, une marche qui n’a rien de grave. Et nous concluons, néanmoins, que, ne pouvant toujours savoir si un érysipèle peut être simple ou accompagné de complications redoutables, notre premier but est de chercher et de trouver le moyen de prévenir les érysipèles, en nous préoccupant par-dessus tout des conditions individuelles.

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