‹ Traité de l'érysipèle épidémiqueChapitre 2 sur 19 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

li'érysipèle épidémique n'a pas encore trouvé d'historiens. <r li'érysipèle simple , dit M. F. Dubois , était connu de tous , mais Térysipèle épidémique appelait de nouvelles recherches. Cette maladie , qui est regardée comme simple dans sa marche , légère, bénigne même dans ses symptômes, va devenir tout-à-coup formidable par l'effet de circonstances particulières et , pour ainsi dire , mystérieuses. Sans prendre précisément des formes nouvelles, elle revêt un caractère tel que, dans la plupart des cas, elle se montre au-dessus des ressources de l'art; lorsque surtout de particulière qu'elle était, elle se propage et domine avec ténacité dans une partie de la population. Or, ce dernier caractère n'avait pas été suffisamment étudié (1). »

A notre époque, des thèses, des cliniques, des mémoires ont signalé l'existence de ce genre d'affections, mais n'ont élucidé que quelques-uns des problèmes qui se rattachent à une étude si vaste et si intéressante. L'Académie impériale de médecine avait indiqué, comme sujet de prix, cette question. Notre œuvre, jtigée digne d'une récompense importante par cette savante Compagnie , laissait cependant encore à désirer dans quelques-unes de ses parties. Les praticiens qui s'occupent de concours scientifiques savent tous , par expérience , que , bien souvent , malgré la bonne volonté , le temps fait défaut , et que la barre

(1) Rapport général sur les prix décernés en 4866. — BullMin de l'Àead, Imp, de méd, , 31 décembre 1866, N» 6, p. 294.

de rAcadémie est infranchisgable ^près le terme de rigueur. î^lusieurs chapitres de notre travail, qui n'étaient qu'indiqués ou ébauchés, ont reçu depuis long-temps leurs derniers développements, et l'ouvrage que nous publions, complété par nos soins et d'après les avis formulés par l'honorable H. Larrey dans ses conolusions adoptées par l'Académie, sera, nous respôrons,plus digne d'être présenté à nos confrères , et plus conforme à l'idée qu'on doit se faire d'un traité de l'érysipèle épidémique.

Voici , d'ailleurs , les conclusions du rapport adoptées par l'Académie /Impériale de médecine , dans sa séance du 20 novembre 1866, au sujet de notre mémoire :

•c C'est là une œuvre consciencieuse , sinon originale , laissant peut*-étre à désirer dans quelquesunes de ses parties , mais très-satisfaisante dans son ensemble, bien coordonnée dans ses détails et digne aussi bien du sujet proposé par l'Académie que de sa haute approbation. » — (Rapport sur le prix de r Académie pour 1866, par M. H. Larrey.) — (Bulletin de FAcad. Imp. de mid. , t. XXXH , N» 5.)

A V AIVT-I*ROr»OS .

Il en e^ de noa opinions oooune et nos montres ; pas une ne ra de même , et tout le monde s'en rapporte à la sienne.

(PoFa.)

Etriaûge science que la médecine I Toujours vouée à une perfection sans limites , elle est encore bien loin du but qu'elle se propose d'atteindre , et les sujets qui semblent les plus simples , les plus éclairés , fourmillent de diflScultés incroyables , de contradictions désespérantes. Tout est remis en question à notre époque :

on veut dévoiler les secrets que nous recèle la nature humaine si mobile, si changeante, si capricieuse dans ses réponses. L'homme sain, comme l'homme malade, devient le point de mire des recherches les plus scrupuleuses , et de ce travail incessant , de ces élucubrations constantes , résulte pour la science et la pratique le développement des opinions les plus diverses , les plus opposées , en présence du même fait à expliquer. Et pourtant , depuis près de trois mille ans , il y a eu des praticiens qui observent

et qui penseriti Chacun d'eux nous a fourni , par ses données personnelles » les éléments d'une solution. Mais combien peu savent se servir des monuments des temps passés ! Les maladies les plus vulgaires sont peut-être encore les moins connues. L'Académie impériale de médecine, cette sentinelle avancée des intérêts les plus chers de l'humanité, a compris la nécessité de ramener les travailleurs vers les idées pratiques. Il y a trois ans à peine, qu'elle proposait l'étude de la pneumonie. Depuis cette époque , les médecins ont eu à s'occuper des manifestations les plus terribles du rhumatisme- Cette année , c'est le tour de l'érysipèle épidémique, <le cette maladie aussi commune qu'elle est ancienne , affection toujours sérieuse , parfois fort grave, et qui ne manque pas de paraître presque annuellement dans certaines localités. Certes, cette étude est aussi pleine d'intérêt, et peut soulever les problèmes les plus élevés de pathologie et de clinique. La chirurgie vient prêter la main à la médecine, et lui fournit les éléments les plus précieux et les plus avouables. L'art des accouchements peut encore nous procurer les plus utiles renseignements. Tout , en un mot^ se réunit pour élargir cette question, et pour tenter de la traiter dans ses plus petits détails. Ce n'était donc pas sans un grand sens que J. Franck écrivait que la doctrine de l'éry-

— m — sipèle constitué le fondement de toute la pathologie et de la thérapeutique des maladies de la peau, et même de celle de l'inflammation.

<r Aussi , ajouie-t-il , n'y a-t-il pas de sujet qui sut plus d'importance {^). n

Or, s'il est vrai de dire que les épidémies sont comme les vies des maladies , que d'enseignements ne doit-on pas tirer d'une pareille étude lorsqu'on réfléchit que le tableau pathologique de l'espèce est aussi mouvant que le tableau pathologique de l'individu, et que, par suite, les combinaisons les plus bizarres peuvent se manifester dans Ifô diverses épidémies du même genre , à cause des modifications intimes des organismes en masse. Stoll n'a pa& traité tous ses malades par des évacuants ; Sydenham n'avait pas vu deux épidémies, deux années de suite, qui réclamassent le même traitement; Bretonneau fait la même remarque au s^îet de la scariatine. En présence d'une pareille instabilité dans 1^ faits patholo^ques , quel discernement ne faut-il pas avoir pour éviter les erreurs de la thérapeutique , surtout en face d'affections où une fausse indication peut devenir préjudiciable à tant d'individus à la fois?

Mais, à part cette importance relative à toute s»rte d'épidmies , quel plus beau champ d'in-

CD Path, ittt. — Trad. EayU, t. H, p. 71.

Page 1