‹ Traité de l'érysipèle épidémiqueChapitre 3 sur 19 · TV · texte numérisé non relu

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Yesïigations et (FobservatioBs que l'aspect d'une même maladie se manifestant en même temps sur un grand nombre d'individus ! « Durant le cours d'une épidémie , les phénomènes de la maladie se répètent au point de lasser la courageuse application du plus intrépide observateur. Les faits se multiplient et se pressent sous les yeux du praticien; ils se reproduisent sous toutes les formes, et, dans les modifications infinies dont ils sont susceptibles , on peut revoir ce qu'on a mal vu , saisir le lendemain ce qui avait échappé la veille. En vérifiant de la sorte tous les faits , on est à même d'éclaircir plusieurs doutes , de dissiper beaucoup d'incertitudes {^).

Et pourtant , malgré les nombreuses occasions d'observer attentivement l'érysipèle , soit sporadique, soit épidémique, son histoire est loin d'être complète , et pas un de ses chapitres n'est exempt d'incertitudes ou de controverses. La plupart des opinions anciennes sont révoquées en doute ; de nouveaux points de vue s'élèvent et se groupent autour de cette question ; la place nosologique de cette maladie est fixée d'une manière différente par les auteurs ; sa nature n'est pas appréciée par tout le monde de la même manière. De là des oppositions complètes

(]) hutrucL de l'Acad. de méd. relativ. aux épidémies.

au lit des malades , lorsqu'il s'agit d'indicationsthérapeutiques.

Notre époque médicale , entachée d'iatromanie, nous a donné le triste spectacle des systèmes thérapeutiques les plus audacieux et les moins rationnels , même au sujet de Térysipèle. Des médecins, très-distingués d'ailleurs ,. B'ont pas craint de traiter les noms des maladies et d'employer , contre telle affection dénommée, un traitement uniforme etformuléd'avance^ devant s'adapter forcément à tous^ les cas du même genre, sans s'inquiéter des différences radicales^ qui font varier le fond de la maladie, sa forme restant cependaat la même. Le nom de la maladie étant donné , trouver le remède , telle est , pour quelques confrères , la seule préoccupation qui les tourmente en face des malheureux qui réclament nos soins. Une pra^ tique si facile, que la première garde-malade peut, après quelques mois de lecture , faire aussi correctement que le plus grand médecin, n'est pas seulement une honte pour notre science et pour notre art, mais elle est surtout pleine de dangers pour l'espèce humaine , et de déceptions pour les jeunes adeptes. N'oubUons.

jamais le noble but de la médecine et les difficultés de l'art en présence des malades, et rappelons-nous que ce les accidents qui s'observent dans les maladies dépendent quelque-

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fois autant des remèdes que Ton emploie ou que Ton omet que de la nature des maladies elles-mêmes (^). i>

Certains médecins, disait Galien, semblables à ceux qui lancent les dés, prescrivent des traitements qui sont très-funestes aux malades s'ils manquent leur but (^). Ceux-là n'ont pas compris cette grande vérité d'Hippocrate rendue d'une manière si concise dans ces deux mots : (T Le médecin doit soulager et ne pas nuire, i»

Laissons aux empiriques et aux charlatans le soin de traiter les noms des maladies et d'em^ ployer indistinctement, dans tous les cas, une méthode meurtrière parce qu'elle est uniforme , tandis que les sujets sont variés; mais pour nous, imbus d'autres principes, étudions les maladies dans le but d'être utiles à ceux qui nous confient leur vie et leurs familles. Notre mission est trop importante pour agir à la légère. Aussi, comme nous l'indique Galien dans le passage précité, avons-nous, dès le début de notre pratique , adopté pour méthode exclusive de ne jamais administrer un remède important sans calculer d'avance, non -seulement quel soulagement le malade pourrait en retirer, s'il atteignait son but, mais quel dommage il pour*

(1) D. Leclerc, Hist. de la Méd. , prem. part., p. 205. In-4». Lt Htye, (2; Galenij Op. , comm. II j in épid,, 4,

— vu

Fait en souffrir s'il le manquait, ce Je n'ai donc jamais rien administré sans avoir pris garde de ne pas nuire au malade, dans le cas où jC' manquerais mon but. d

C'est sous l'impression de ces sentiments que* je dois écrire l'histoire de l'érysipèle épidémique. Je la diviserai en deux parties.

Dans la première, je donnerai l'analyse des:

épidémies les plus remarquables décrites par les auteurs ^ en y joignant ce que j'ai vu moi-même..

Dans la seconde , je me servirai de ces éléments pour décrire la maladie, et traiter , en leur place ^ les diverses questions intéressantes que cette étude a soulevées dans ces dernières années surtout, et qui touchent aussi bien à la. science qu'à la pratique, d Si enim adest ergà hommes amor, adest etiam amor drcà artem.. i^^

DE L'ÉRYSIPÈLE ÈPIDÉMIQUE.

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