PREMIÈRE PARTIE
de cette machine universelle, qui travaille sans cesse pour nous, sans que nous y pensions? A qui attribuerons-nous Tassemblage de tant de ressorts si profonds et si bien concertés, et de tant de corps grands et petits, visibles et invisibles, qui conspirent également pour nous servir? Le moindre atome de cette machine qui viendrait à se déranger démonterait toute la nature. Les ressorts d'une montre ne sont point liés avec tant dlndustrie et de justesse. Quel est donc ce dessein si étendu, si suivi, si beau, si bienfaisant? La nécessité de ces lois, loin de m'empécher d*en chercher Fauteur, ne fait qu'augmenter ma curiosité et mon admiration. Il fallait qu'une main également industrieuse et puissante mit dans son ouvrage un ordre égale* ment simple et fécond, constant et utile. Je ne crains donc pas de dire, avec l'Ëcriture, que chaque étoile se hâte d'aller où le Seigneur l'envoie ; et que, quand il parle, elles répondent avec tremblement : Nous voici, Adsumus *.
Mais tournons nos regards vers les animaux, encore plus dignes d'admiration que les cieux et les astres. Il y en a des espèces innombrables. Les uns n'ont que deux, pieds, d'autres en ont quatre, d'autres en ont un très-grand nombre. Les uns mar* chent, les autres rampent, d'autres volent, d'autres nagent, d'autres volent, marchent et nagent tout ensemble. Les ailes des oiseaux et les nageoires des poissors sont comme des rames qui fendent la vague de l'air ou de l'eau , et qui conduisent le corps flottant de l'oiseau ou du poisson, dont la structure est semblable à celle d'un navire. Mais les ailes des oiseaux ont des plumes avec un duvet qui s'enfle à l'air, et qui s'appesantirait dans les eaux; au contraire, les nageoires des poissons ont des pointes dures et sèches, qui fendent l'eau sans en être imbibées, et qui ne s'appesantissent point quand on les mouille. Certains oiseaux qui nagent, comme les cygnes, élèvent en haut leurs ailes et tout leur plumage, de peur de le mouiller *, et afin qu'il
4, (Stellœ) Yocat» sont et dixerant : Adsumus, Baruch^ III, 85.
2. Ce n'est pas de peur de mouiller leur plumage. La preuve qu*Us n'ont rien à craindre à cet égard, c'est qu'ils plongent à tout moment. Les cygnes, comme les autres palmipèdes, sécrètent une matière grasse, qui sert, pour ùQ»i dire, d^eaduH à leun plames et les em^che de %'\nùÀ\^^t ^^voi. Q«i\
leur serve comme de voile. Ils ont Fart de toorner ce plumage da côté du vent, et d'aller, comme les vaisseaux, à la bouline, quand le vent ne leur est pas favorable. Les oiseaux aquatiques, tels que les canards , ont aux pattes de grandes peaux qui s'étendent, et qui font des raquettes à leurs pieds, pour les empè* cher d'enfoncer dans les bords marécageux des rivières.
Parmi ces animaux, les bétes féroces, telles que les lions, sont celles qui ont les muscles les plus gros aux épaules, aux cuisses et aux jambes : aussi ces animaux sont-ils souples, agiles, nerveux, et prompts à s'élancer. Les os de leurs màdioires sont prodigieux, à proportion du reste de leur corps. Ils ont des dents et des griffes, qui leur servent d'armes terribles pour déchirer et pour dévorer les autres animaux.
Par la même raison, les oiseaux de proie, comme les aigles, ont un bec et des ongles qui percent tout. Les muscles de leurs ailes sont d'une extrême grandeur, et d'une chair très-dure, afin que leurs ailes aient un mouvement plus fort et plus rapide. Aussi ces animaux , quoique assez pesants , s'élèvent-ils sans peine jusque dans les nues, d'où ils s'élancent comme la foudre sur toute proie qui peut les nourrir.
D'autres animaux ont des cornes : leur plus grande force est dans les reins et dans le cou. D'autres ne peuvent que ruer. Chaque espèce a ses armes offensives ou défensives. Leurs chasses sont des espèces de guerres qu'ils font les uns contre les autres, pour les besoins de la vie.
Us ont aussi leurs règles et leur police. L'un porte, comme la tortue, sa maison dans laquelle il est né; l'autre bâtit la sienne, comme l'oiseau, sur les plus hautes branches des arbres, pour préserver ses petits de Tinsulte des animaux qui ne sont point ailés. Il pose même son nid dans les feuillages les plus épais, pour le cacher à ses ennemis. Un autre, comme le castor, va bâtir jusqu'au fond des eaux d'un étang l'asile qu'il se prépare, et sait élever des digues pour le rendre inaccessible par l'inondation. Un autre, comme la taupe, natt avec un museau si
emeDt dans le cas de maladie, quand cette sécrétion vient à s'arrétefi Im oiseaux aquatiques risquenl de «e mox\V\<vc. ^.^^^^ ^ VèdiiuuT >y