‹ Traité de l'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 1 sur 25 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

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Foncement des puits verticaux , dans les roches dures.—

Lorsqu'un puits vertical est foncé dans une roche dure et non ébou-

leuse , le creusement s'exécute à la poudre. Les ouvriers percent en

^ général vers le centre de Tespace à excaver un trou de mine incliné

^ à rborizon , au moyen duquel ils font sauter une partie de rocher ,

^ et creusent une dépression dans laquelle se réunissent les eaux qui

vj^ découlent des parois. Ces coups de mines , qui sont ordinairement plus

^ chargés que les autres, se nomment coups de fond. On abat ensuite

"^ la roche en se rapprochant des parois, en perçant des trous de mines

} inclinés du côté de la dépression centrale. L'eau et les déblais ^ont

n extraits par des ouvriers placés à la surface , au moyen d'un simple

tour à manivelle et de deux seaux ayant une capacité d'un hectolitre

à peu près , dont l'un monte pendant que l'autre descend. Quand le

puits devient un peu profond , on substitue à l'appareil ci-dessus une

machine à molettes. (Voir plus loin les machines d'extraction,)

Le genre de travail dont nous parlons ici doit toujours s'exécuter à l'entreprise, à raison de tant par mètre courant, il est convenable, quand on le peut, de mettre à la charge de l'entrepreneur tous les ouvriers du dehors qui tirent l'eau et les déblais , et les versent près de l'orifice du puits ou les transportent ailleurs, suivant que cela est nécessaire. Les mineurs travaillent habituellement jour et nuit, en se

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relevant par postes de huit heures de travail continu. Il faut surveiller exactement Texécution du travail, sous le rapport de la verticalité des parois. Les ouvriers abandonnés à eux-mêmes ne foncent jamais un puits bien verticalement. Ils se jettent insensiblement du côté où la roche présente le moins de difficulté, et évitent le côté opposé. On doit donc vérifier une ou deux fois par semaine, si les parois sont bien verticales, si Ton n*a pas laissé des pointes de rochers salllantei dans Texcavalion. Cette vérification se fait au moyen de plusieurs plombs suspendus à des ficelles attachées à Torifice du puits et descendan jusqu'au fond. Les soins indiqués ici ne doivent jamais être négligés. On peut citer comme preuve de l'importance de cette recommandation , le fait que la plupart des anciens puits creusés à Rive-de-Gier et à Saint-Etienne sont loin d'être verticaux, et que quelques-uns des puits nouveaux ne le sont pas non plus.

Réservoirs latéraux pour recevoir les eaux des parties supé^ Heures des puits,— Ce qui gêne le plus les ouvriers mineurs, ce sont les eaux auxquelles l'excavation ouvre une issue et qui , le plus habituellement dans les roches dures , jaillissent par des fissures existantes dans la roche. On les oblige à couler le long des parois , en appliquant contre celles-ci des planches qu'on fixe au moyen de crampons en fer fiehés dans les fentes du rocher. Il n'en faut pas moins épuiser les eaux qui coulent au f6nd: mais on les empêche ainsi de tomber en pluie sur le dos des ouvriers. S'il arrive qu'au dessous d'un rocher dont les fissures amènent de l'eau , on rencontre un banc non fissuré, on peut, arant d'aller plus loin, essayer de boucher les fentes, ou d'arrêter les eaux par des moyens que nous indiquerons en traitant du muraillement et du boisage des puits. Mais si l'abondance de ces eaux est faible , de manière que leur extraction occasionne assez peu de dépense , on se borne à les empêcher de couler au fond du puits, pendant que les ouvriers travaillent. Il suffit pour Cela de creuser dans le roc non fissuré , immédiatement au dessous des sources , un réservoir ou bassin ayant la forme d'une galerie plus ou moins longue , dont la capacité soit suffisante pour contenir toutes les eaux fournies par les fissures pendant vingt-quatre heures, PL Xyïy fig. 1. Sur 1« devant , cette galerie est fermée par une digue Ou batardeau , traversé dans le bas par un tuyau de décharge qu'on ferme au moyen d'un robinet ou d'un tampon. On conduit derrière le batardeau toutes les eaux provenant des fissures. A. cet efi^et, on creuse sur le contour du puits une rigole en hélice dite gargouille^ qui 1^ recueille, et dont la partie la plus basse est mise en communication avec le réservoir , en arrière du batardeau, par un trou fait

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