‹ Traité de l'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 3 sur 25 · CREUSEMENT DES PUITS · texte numérisé non relu

CREUSEMENT DES PUITS

Le temps employé pour approfondir le puits d^un mètre fut , vers la fin du creusement y de vin^l-deux jours à peu près. Si on eût travaillé jour et nuit par poste de huit heures , il aurait suffi de sept ou huit jours au plus par mètre courant. Les difficultés étaient très-considérables.

Dans la même localité , un autre puits fut foncé à partir de la même couche, pour en rejoindre une autre parallèle , située 50 mètres au dessous. Ici l'opération était plus facile, parce qu'il y avait beaucoup moins d*eau au fond du puits qui était en amont de celui dont nous venons de parler, et que ce puits n*avait lui-même que 50 mètres de profondeur verticale. Les déblais étaient extraits par des chevaux , au moyen d'une machine à molettes. H arriva une quantité d*eau notable dans le puits en creusement, quantité qui n*a pas été jaugée.

L*enlrepreneur reçut par mètre 100 »

L*entretien des chevaux employés à Textraction , coûta

par mètre 30 •

L'entretien des bennes et des cordes. .^ 15 » .

Celui des outils * . . . 6 »

Total 151 •

Voici les frais à la charge de Tentrepreneur.

frv o.

15 journées de mineur , à 3 fr 45 »

5 — dereceveur de bennes,à S fr 10 »

5 ~ de toucheur de chevaux, à 1 fr 5 »

7k,*50de poudre , à2fr. 75c 90 625

Huile , soufre et papier 6 »

Total par mètre. ... 86 625

Le puits était circulaire et de 3 mètres de diamètre : il fallut deux Jours et demi pour le foncer d*un mètre , en employant au fond six ouvrierspar jour, répartis en postes de huit heures. Dans la même localité on a payé jusqu'à 400 fr. par mètre de creusement , à rentrepreneur, pour foncer un puits dans un banc de grès rempli de gros poudingues , excessivement dur , et dans lequel il arrivait une quantité d'eau très-considérable, pardes fissures qui étaient presque verticales. Les frais totaux s'élevaient certainement alors â plus de 1000 fr. par mètre.

Lorsque le terrain houiller est en grande partie formé de bancs de schistes, le creusement coûte beaucoup moins cher et peut être exé* cuté à raison de 45 , 50 à 60 ftr. le mètre courant, sur un diamètre

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ée £n , 00 à 3 moires , Jusqu*à des profondeurs assez eons&dépables (les chevaux et Pentretien des outils demeurant seuls à la charge du propriétaire de la mine). Mais il arrive souvent alors ,que la roche doit être soutenue par un boisage ou un muraillement.

Revêtements des puits. Boisage, — Le boisage et le muraillement des puits sont destinés, ou simplement à soutenir des parois ébouleuses, ou bien tout à la fois à soutenir les parois et à empêcher les filtrations quelquefois très-abondantes d*eaux. Nous traiterons en premier lien du boisage simplement destiné à soutenir des parois qui manquent de solidité , et nous supposerons d^abord que la roche ne soit pas dépourvue de consistance et immédiatement ébouieuse, ' Boisage des puits circulairespeu profonds et d^npetù diamètre, *— Dans les puits circulaires d*un petit diamètre, et d'une petite pro* fondeur , 0»,30 à l>n,70 de diamètre et 30 à 45 mètres de profondeur au plus f on peut employer simplement des cercles en frêne , en cbéne ou en châtaignier. Ces cercles sont posés à des distances variables les uns des autres, et maintenus en place par la pression qu^'exercent sur la face toftmée du côté des parois , des bois de garnissage logés entre eux et le terrain. Les bois de garnissage sont des rondins de 3 à 6 centimètTes de diiamètre. Les petits puits que Ton creuse pour Texploitation ées minerais de fer , et autres rapprochés de la surface , sont souvent boisés de celte manière. Ce bofsage doit être rejeté comme insuffisant , pour peu que la poussée du terrain soit considérable ou que les dimensioiiS dfes puits soient un peu grandes.

Boisage iJLes, puits rectangt^laires* — Les puits boisés de grandes dimensions sont le plus souvent carrés ou rectangulaires. Le boisage consiste alors en cadres rectangulaires derrière lesquels on met des bois de garnissage , planches , croûtes , madriers , ou bois refendus» longitudinalement. Les cadres sont formés de quatre pièces de bois, dont les deux plus courtes sont posées par leurs extrémités sur lef deux plus longues , avec entaillement à mi-bois , fig, 3, PI. JCf^I; iU se posent en descendant, à 1 mètre pu 0»,7î» de distance les uns des autres, quelquefois même plus rapprochés, suivant la nature du terrain : on place en arrière , des bois de i^rnissage que Ton serre exactement enlre leur contour extérieur et le terrain , au moyen de coins dont la pression suffit pour maintenir provisoirement les. cadres en place. De distance en distance , et sur les points où la roche est le plus solide, on pose un cadre sur deux pièces de bois diUsportews appliquées contre les côtés les plus courts de la section rectangnlaire du puits , et dont les extrémités sont posées dans des eatailles praii^

BOISAGE DBS PUITS. 7

qoées pour les recevoir. Quand os a ainsi élabli deux porteurs et un cadre par dessus, on place des poteaux de bois, dans les angles du boisage , entre deux cadres consécutifs , de sorte que tous les cadres compris entre les porteurs supérieurs à ceux que Ton vient d*établir, et ces derniers, qui n^étaient maintenus en place que par le frottement résultant de la pression du terrain , on des coins et bois de garnissage 9 reposent sur les porteurs inférieurs. Les cadres du boisage se trouvent ainsi reliés entre eux et supportés par des pièces qui pénètrent dans les bancs tes plus solides de la roche. Les porteurs sont établis k des dislances plus ou moios grandes , qui n^excèdenl pas en général TintervaUe de quatre à cinq cadres consécutif^, et dans les assises les plus solides du terrain traversé. h^^ffig.Zy PL XP^i, représente en perspective deux pièces porteuses et deux cadres consécutifs avec poteaux dans les angles. Ce mode est emi^oyé lorsque la roche n^est pas très-ébouleuse , sans être cependant fort dure à entailler. Si la roche est assez peu consistante pour que les entaîUeS' dans lesquelles devraientreposer les porteurs manquassent de solidilé, on établit à Torifice du puits un premier cadre dont les deux c6té9 inférieurs se prolongent assez loin sur le sol ; les deux autres côté» sont posés dessus. On pose ensuite , à mesure que Ton descend ^ de»^ cadres qui remplissent exactement la seelioja du pttits , et Von relieles pièces inférieures de chaque cadre ^ à celle du cadre immédiatement supérieur, au moyen de petits tirants en bois dont Téquarrissagedépend du poids du boisage, cloués ou eheviliés centre les cadres. On chasse les bois de garnissage par derrière ; les cadres sont ainsi suspendus en quelque sorte à celui qui se trouve à Torifice du puits. Ils sont, en outre , maintenus parla pression des bois de garnissage qu'on a logés entre eux et le terrain. Néanmoios,dedistance en distance et dans les parties où la roche se trouve pkis solide , on place des pièces porteuses, dont les extrémités reposent dans des entailles , et on établit des poteaux verticaux dans les angles, allant d*un cadre à Tautre , à partir de celui qui repose immédiatement sur tes porteurs. Les pièces verticales , tirants et poteaux , rendent ainsi solidaires tous les cadres du boisage.

Dans le mode de boisage que nous venons de décrire , les cadres se posent à mesure du creusement , et il suffit que la roche puisse se soutenir sans éboulement sur une hauteur égale à la distance de deux cadres consécutif^. Quand elle peut se soutenir sans éboulement sur une hauteur plus considérable et égale à la distance de cinq ou six cadres , on creuse le puits sur toute cette hauteur , et Ton pose les cadres en commençant parle fond de Tespace excavé , et en remontant. On

établit au fond , deux porteurs reposant par leur» eitrémitét dansde» entailles , et un cadre assis directement sur ces porteurs. Les cadre» supérieurs ont les dimensions exactes du puits, et portent tous sur celui du bas , au moyen des poteaux verticaux placés dans les angles el allant d*un cadre à Tautre. On a ainsi de distance en distance , de» cadres porteurs qui supportent cinq ou six cadres ordinaires. On place d*ailleurs des boisde garnissage plus ou moins résistants et plusou moins rapprochés , suivant la nature du terrain traversé.

Position des puits rectangulaires dans les terrains stratifiés , à couches inclinées, ^ Lorsque des excavations sont creusées dans des terrains stratifiés à couches inclinées , la poussée du terrain est généralement fort inégale sur les parois de ces excavations ; elle est le plus souvent très-forte sur celle des parois qui est tournée du côté de Tamont pendage , ou affleurement des couches , nulle ou trèS'-petite sur la face opposée , et moyennement grande sur les deux autres faces* placées à peu près perpendiculairement à la ligne de dtreetiou. Quand on pratique des puits rectangulaires dans ces terrains , on doit les orienter de manière que les deux côtés courts soient dans le sens^ de >a direction , et les deux autres dans le sens de la ligne de plus grande pente des couches; de cette façon, les pièces les phis courtes du boisage sont appliquées sur les parois où la poussée est la plus considérable. On renforce ensuite les pièce» longues , si cela est nécessaire, par desmoises horizontales parallèles aux côtés courts » écbancrée» en forme de croissant à leurs extrémités, comme Tindique ta fig. ^7, Pi. Xf^ ^ et que Ton chasse avec force entre les deux pièces longues. L*enseml)le de ces raoises disposées dans un même plan vertical, divise le puits en deux compartiments, souvent même, le puits est divisé en trois compartiments, dont Tun contient une ligne d*échelles pour la circulation des ouvriers, ou des pompes d*épuisement , etc., tandis que les deux autres sont destinés au passage des tonnes d^extraction. Lorsque le puits est consacrée ce dernier usage, il est indispensable , pourem^ pêcheries tonnes de s^accrocher , en montant, aux saillies de» cadres ou des moises dont il a été parlé en dernier lieu , ou de se poser sur elles, en descendant, de clouer des bois de garnissage ou coulants , contre les faces intérieures des cadres el contre les nioises. Ces coulants sont des solives de 5 à 6 centimètresd'épaisseup , capables de résister aux chocs des tonnes*, et dont Tensemble forme des^ cloisons à claire-voie. Ils servent en outre à relier entre eux tous les cadres et consolident le boisage. Les fig, 4 , 5 et 6, PL Xn^ représentent un puits rectangulaire ainsi divisé en trois compartiments^

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