‹ Traité de l'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 8 sur 25 · GUTELA6B DES PUITS. AS · texte numérisé non relu

GUTELA6B DES PUITS. AS

mètre eitrtroii d^éfmisseur de mursi, a été enfoncée par M. Bronel dans le sol mouvant des bords de la Tamise, par un procédé analogue à celui que nous venons de décrire, avec celte différence que la tour fut construite tout entière en une seule fois, sur une hauteur ^ale à celle des terrains mouvants, à 10 mètres , et qu*on l'appuya sur des pieux , pour que renfoncement ne commençât qu'après son achèvement.

Pour cela on posa le rouet inférieur, armé d'un anneau tranchant, sur les tètes de pieux disposés suivant une ligne circulaire et que Ton avait enfoncés au mouton, de manière que leur ensemble fût capable de supporter un poids plus grand que celui de la tour , et à peu près double de ce dernier. Sur le rouet ainsi établi, on éleva la tour, qui ftit construite en briques liées par du ciment romain; des couronnes en charpente furent interposées de distance en distance dans Tépaisseur de la maçonnerie, et reliées' entre elles et au rouet fondamental par de forts tirants en fer qui s*étendaient dans toute la hauteur. Quand on ttii parvena à une hauteur égale à Tépaisseur des terrains Bouvants supérieurs à Targile de Londres, épaisseur que Ton avait déterminée d'avance par un sondage ou par des observations sur les puits ordinaires du voisinage , on installa au sommet de la tour une plate-forme poKant une machine à vapeur et tout Tattirail nécessaire pour Textraction des eaux et des déblais ; on procéda alors à renfoncement. Dans le commencement, il fut possible d'enfoncer à coups de mouton , un certain nombre des pieux sur lesquels le rouet était porté. On avait, à cet effet, laissé déborder les tètes des pieux en dehors de l'anneau tranchant en fer aciéré, dont le rouet fondamental était garni. Le terrain avait été déblayé jusqu'à la plus grande profondeur possible sur tout le pourtour extéri<^ur de la maçonnerie, et on aydit installé un assez grand nombre de sonnettes disposées deux 2 deuxaux extrémités de plusieurs diamètres séparés parles distances angulaires égales. On enfbnça successivement deux, quatre, six pient placés par paires aux extrémités d*un même diamètre. Jusqu'à ce que les pieux restants cédassent sous le poids de la tour et s'enfonçassent avec elle. On parvint ainsi â la faire enfoncer verticalement jusqu'au point où 11 devint impossible d'enlever le terrain extérieurement ; alors des hommes descendirent dans la tour et déblayèrent le terrain, dans la centre d^abord , puis près de l'enceinte , et même au dessoiis de la maçonnerie , de façon à découvrir un certain nombre de pieur équidlstants sur la circonférence dn rouet. Ces pieux furent succeS'*' sivement coupés à coups de hache , sur une petite hauteur , en ayant toujours soin de les couper par paires de deux situés aux extrémités

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d'un même diamètre, jusqu'à ce que les pieux restants cédassent tous le poids de la maçonnerie; la tour cessait de descendre quand elle venait s^appuyer de nouveau sur les pieux coupés. On mailnsail ainsi le mouvement de descente qui se faisait lentement et par parties aussi petites qu'on le voulait. Quelques-uns des pieux s'enfoncèrent intacts sous le poids de la tour, en traversant l'argile solide inférieure.

L'enfoncement de tours en maçonnerie dans les terrains semi-fluides est du reste une opération que l'on pratique très-rarement, pour l'ouverture de puits de mines; outre qu'elle n'est pas sans difficultés, il arrive presque toujours que le terrain est ébranlé dans un rayon assez considérable autour du puits ; cela augmente l'affluence d'eaux qui arrivent dans la fosse , et oblige en outre à aller chercher les fondations de la maçonnerie à une plus grande profondeur, quand les terrains inférieurs aux sables fluides sont des argiles ou des marnes et non des roches absolument dures.

Creusement des puits dans des couches de sables coulants^ situés à des profondeurs quelconques. — Quand on rencontre des bancs de sables coulants ou autres terrains sans consistance et aquifères à de grandes profondeurs, au dessous de couches solides déjà percées, les difficultés sont encore plus grandes. Si l'on voulait employer l'un des procédés décrits précédemment , et usités pour la traversée des terrains semi-fluides voisins de la surface, on serait obligé de diminuer beaucoup le diamètre du puits déjà exécuté dans les terrains solides; l'espace rétréci dans lequel on serait obligé de travailler^ l'épuisement des eaux devenu plus difficile avec la profondeur seraient d'ailleurs autant de causes d'embarras considérables. On a eu des travaux de ce genre à exécuter dans le creusement de quelques puits du département du nord (Concessions de la compagnie d'Anzin), sur des points où le tourtia inférieur aux dièves était remplacé par un sable désagrégé et aquifère. On commença par assécher les sables, en poussant au dessous d'eux une galerie souterraine prise dans le terrain houiller à partir d'un puits creusé sur un point où le tourtia était solide, et sur le([uel on avait installé une forte machine d'épui^ sèment. Le banc de sable mouvant, appelé dans le pays le torrent^ fut mis en communication avec cette galerie par plusieurs trous de sonde verticaux, creusés de bas en haut à partir de la galerie , et qui reçurent les eaux provenant des sables. Un fait remarquable, c'est que les eaux du torrent ne communiquent point avec celles des niveaux supérieurs aux dièves ; on a constaté , en efi«t, lors du creusement du puits de la Sentinelle, qui atteignit le torrent, avant qu'il fût saigné par les trous de sonde, que le niveau hydrostatique des

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eaux rencontrées dans ces saMes , était de H mètres au moins plus bas que le niveau hydrostatique des nappes supérieures aux dièves. Vnc autre différence, également très-remarquable, consiste en ce que les eaux du torrent contiennent une quantité notable de sels et notamment de sel marin , tandis que les eaux des niveaux supérieurs sont sensiblement pures (1). Après que les eaux du torrent eurent été saignées par plusieurs trous de sonde qui les conduisaient dans la galerie inférieure, et de là au puits d*épuisement , il fut possible d'approfondir le puits du Temple dont le creusement avait été aban* donné depuis plusieurs années, par suite des difficultés qu'avait présentées le passage des sables mouvants. La partie supérieure du puits était garnie d'un cuvelage en bois, jusqu'au dessous des nappes existantes dans le terrain de craie, et d'un muraillement en briques sur la hauteur des couches non aquifères inférieures, et particulièrement des dièves situées à la base du terrain crétacé. Ce muraillement reposait sur un rouet en charpente solidement colleté , établi à la base des dièves ou dans la partie non désagrégée du tourtia, enfin le plus près possible des terrains mouvants. On établit au fond du puits, et en dessous de ce rouet, une trousse semblable aux trousses picotées, avec cette différence que ses côtés étaient assemblés entre eux à tenon et mortaise , et qu'elle était armée d'un anneau en fer tranchant fixé à son contour extérieur. On enfonça cette trousse dans le terrain mouvant à l'aide de vis dépression qui s'appuyaient sur le rouet supliortant la maçonnerie supérieure, vis analogues à celles dont on se sert dans le Nord, pour resserrer les joints horizontaux des pièces de cuvelage. Aussitôt que l'enfoncement de la trousse tranchante était suffisant, pour que l'on pût loger entre celle-ci et le rouet supportant la maçonnerie, une trousse de cuvelage, on mettait celle-ci en place; elle pouvait être liée par des bandes de fer, soit au rouet fixe colleté supérieur , soit à la trousse tranchante. Dans le premier cas, on en» fonçait celle-ci isolément au moyen des vis de pression pour lesquelles on prenait un point d'appui solide sur la maçonnerie supérieure ou sur des moises en bois encastrées dans cette maçonnerie, jusqu'à ce que l'on pût établir une seconde trousse de cuvelage, au dessus d'elle et au dessous de la première trousse. Dans le second cas on enfonçait à la fois la trousse tranchante et la trousse posée dessus.

(^) Le torrent d'Anzin nous offre l'exemple d'une nappe d'eau ayant un niveau hydrostatique plus bas que celui de nappes situées au dessus d'elles, fait dont nous avons iiidi(iué b possihlUlé dans le chap. II, relatif aux puits artésiens.

Ecoulenunt fies eaux affluentes par un trou de sonde y au moyen d'un siphon, — Les eaux étaient épuisées à la manière ordinaire par des pompes installées dans le puits , ou par des tonnes. £Ilds étalent peu abondantes ,, à cause de la précaution qu*oa avait «ue de saignât les sables. On aurait pu , en $up|>osant que Taxe du IHiits fût dans une Terticale qui rencontrât la galerîB souterraine iB<^ férieure , faire précéder le creusement du puits par un trou de sonde ièré dans son axe et percé jusqu^à la galerie. Ce trou de sonde, tube >ur toute la hauteur des sables mouvants avec une ligne de tuyajix^^»^. 3n tôle ou en fonte de fer assemblés à vis , de manière à pouvoir être désassemblés, à fur et mesure du creusement, aurait reçu les eaux, jion pas directement, mais au moyen d^un siphon passant par dessus Je bord supérieur du tube de retenue qu*on aurait toujours laissé en «aillie au dessus du fond du puits , pour qu^il ne s^encombràt pas de cables. La longue branche du siphon eût été engagée dans le trou de lionde, et la branche la plus courte dans un petit puisard ménagé au fond de l'excavation , et dont les parois eussent été au besoin soutenues par un coffre. Le procédé, que jMndiqae ici a été employé fréquemment pour la traversée des terrains motivants du district de Jarnowilz.

Creusement dmis des terrains tout à fait coulants, — La méthode suivie à Anzin, pour la traversée du torrent, serait inapplicable «i les sables ne pouvaient pas même se soutenir sur une hauteur de 0B,16à 0",S0 au moins, égale à celle d^une trousse de cuvelage. I^als en supposant les sables encore plus fluides , il suffirait , pour les traverser, d^enfermer la trousse que Ton enfonce dans le terrain, dans une armature en. fer appliquée sur son contour extérieur, et présentant la forme d*un prisme droit circonscrit à cette trousse. €et(e armature se terminerait en dessous par un bord tranchant et fortement aciéré, recourbé en dehors; en dessus elle s*élëverait de 50 à 40 centimètres au dessus de la face horizontale supérieure de la tronsse, de manière que. quand celle-ci serait écartée des pièces de euvelage déjà mises en place , d'une distance égale à la hauteur d*un nouveau cadre de cuvelage , le terrain fût soutenu par la partie supérieure de Tarmature, dont les bords seraient encore engagés derrière les pièces de cuvelage déjà établies et suspendues aux parties supérieures du revêtement. La disposition précédente est analogue à celle du bouclier dont on a fait usage, pour Texcavation de la grande galerie sous la Tamise. Pour empêcher les sables trop fluides de remonter , la surface de la trousse armée et tranchante pourrait être divisée, par un système de traverses en fer ou en bois, en comparli*

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