TOME I
178 CHiPITRE IV*
fr.
Pour quatre tombereaux et les conducteurs à 6 f r. . 24 ». Pour UD terrassier à râtelier i 50
Total. . 25 50
Et par mètre cube ^^ = 1 fr. 275.
On peut regarder , dans les hypothèses des prix que nous avons admis , les deux chifiFres 1 fr. 275 et fr. 857 comme les deux limites entre lesquelles se trouvera compris le prix du mètre cube de déblais , au tombereau , pour le chargement et le transport. Il faudra ensuite y ajouter le prix de la fouille et Tentretien des outils. On évalue Tentretien des outils à un dixième à peu près de la dépense totale.
Je ne m'arrêterai pas à déterminer la distance à laquelle le transport à la brouette devient plus économique que le transport au tombereau. Cette distance, toujours fort restreinte, sera facile à déterminer dans chaque localité.
Transport des terres sur des chemins de fer. — Pour peu qu« les masses de terres à déblayer soient considérables , dès qu^elles doivent être transportées à une distance de 200 à 300 mètres 9 il y a une grande économie à établir des chemins de fer , sur lesquels circulent des waggons^ poussés par des hommes, ou traînés par des chevaux , et doiït la capacité varie depuis huit jusqu'à vingt et même trente hectolitres, suivant la pente du chemin, les dimensions des rails , et la facilité du chargement.
Les waggons de déblaiement ont en général des roues d'un diamètre plus petit que les waggons qui parcourent les grands chemins de fèr ordinaires , afin de rendre le chargement plus facile. Les caisses sont disposées de manière à basculer autour d'un axe horizontal , qui est parallèle aux essieux , quand on veut verser les terres sur le devant , et qui est perpendiculaire aux essieux ^ quand on veut les verser sur les côtés. On a ordinairement, dans un atelier de déblaiement, des waggons des deux espèces , afin de pouvoir prolonger le remblai en avant de l'extrémité du chemin de fer, et l'élargir sur les côtés.
Les rails qui ne diffèrent pas , pour la forme , des rails des chemins de fer ordinaires , sont habituellement assujettis au moyen de chairs , supports en fonte, sur des pièces de bois posées transversalement sur les remblais. Les flg, 9 et 10, P/. X, représentent deux waggons, dont les caisses basculent à l'avant, fig, 10 , et ^ur les côtés, fig. 9. Des rails en fer f^rgé du poids de 14 à 16 kilogrammes au mètre courant , posés sur des supports espacés de mètre en mètre , suffisent
jiarfaitemeiit pour porter des waggons contenant un mètre cube et <leini de terre, dont le poids estd^environ 5000 kilogrammes. On aura souvent à tourner dans des courbes d'un rayon extrêmement court , ce qui forcera de rapproclier les essieux des waggons , et de recourir aux autres moyens particuliers que nous décrirons , en traitant du transport des minerais dans les mines ou à la surface. Nous conseillerons de ne jamais employer , pour les travaux de déblaiement, des rails en fonte à rebords , comme ceux des chemins à ornières creuses ou tramm road$, parce que ces rails se rempliraient de terre et de débris qui occasionneraient une résistance notable , et seraient beaucoup moins faciles à nettoyer que les rails saillants en fër forgé*
La flg. 12 ,PLXj représente les rails et les supports du chemin de Redrutb , dans le comté de Cornwall , qui sert au transport des minerais d'étain et de cuivre , depuis les mines jusqu'au port d'embarquement. La hauteur totale est de 3 pouces anglais (0«,076). La plus grande largeur est de 1 pouce 1/8 de pouce i(0",029). La plus petite largeur correspondante à la double échancrure qui se trouve au mi- Jieu de la hauteur est de 7/8 de pouce (0«,022). La hauteur de ces échancrures est de 3/4 de pouce (0»,019).
Ces rails pèsent à peu près 14 kilogrammes au mètre courant ; ils sont posés sur des chairs ou supports en fonte espacés de 0^fi\. Les rebords latéraux du chair présentent deux échancrures qui correspondent à celles du rail. Deux clavettes placées une de chaque côté «t qui remplissent à la fois les échancrures en regard du rail et du •chair , assujettissent le rail. Chaque chair pèse 8 livi'es avoir-du-pois (3kii.,62). Les rails, quand ils sont usés d*un côté, peuvent être retournés.
On peut , à défaut de rails , employer de 'simples barres de fer plat ^ de 7 à 8 centimètres de hauteur sur 2 1/3 centimètres d'épaisseur , posées de champ , soit dans des supports en fonte , où elles sont serrées avec des coins de bois plats et minces , soit dans des entailles pratiquées dans les traverses en bois qui portent les rails , et serrées dans ces entailles par de gros coins de bois. Nous renvoyons pour les détails de construction des embranchements et des viraggons, au chapitre où nous traiterons du transport des minerais dans les mines ou â la surface.
Nous nous bornerons à citer ici quelques exemples propres à faire apprécier le prix de revient des travaux de déblaiement exécutés avec des waggons circulant sur des chemins de fer.
Dans la construction du chemin de fer d'Andrezieux à Roanne , on a employé pour les terrassements , de petits waggons dont les roues
avaient un diamètre de 0"*,34 et les esrieux un diamètre de 0«,04. Les caisses remplies comble portaient 1,500 kilogrammes de terre. Le waggon avec ses roues pesait 300 kilogrammes. Un cheval frainatt sur une rampe inclinée de 5 centimètres par mètre^ un waggon semblable , et faisait quarante voyages par jour à une distance de 900 mètres.
Snrle chemin de fer de Saint*Etienne à Lyon , on a enqf^loyé des waggons contenant tm.oube^eo de terre, dont le poids était de 5000 kilogrammes. Le waggon vide pesait 1200 kilogrammes. Un cheval conduisant un waggon semblable sur une pente inclinée de 1/75, fésait seize voyages par jour, à une distance de 1300 mètres. Le waggon descendait par Faction seule de la gravité , de sorte que le cheval n*avait d'effort à faire que pour remonter le waggon vide. Le transport du mètre cube de déblai à 1500 mètres de distance revenait à environ ftr. 53 c.
Pour le déblaiement des terres qui recouvrent la couche de houille de Lagrange à Decazeville (Aveyron) , le prix de la fouille des terres et du transport à 400 ou 500 mètres de distance , ne revient pas à plus de fr. 50 c. le mètre cube mesuré en déblai , pour le salaire des ouvriers ; les exploitants demeurent en outre chargés de la pose du chemin de fer ; de la construction des waggons et de leur entretien , dépense qui ne s'élève pas à ft*. 10 c. par mètre cube. Les waggons «ontiennent 2 mètres cubes et sont poussés par des hommes. Les terres sont généralement argileuses et compactes , quelquefois mêlées de nerfs schisteux qui recouvrent la couche. L'abattage et le chargement sont facilités par les localités , attendu que Ton attaque les terres sur une hauteur verticale d'une douzaine de mètres . sur le flanc d^one montagne , et que les waggons arrivent pour être ciiargés au pied de l'escarpement. Cette circonstance a permis d'augmenter le diamètre des roues en fonte des waggons , qui est d'environ 1 mètre. Les ralb dont on se sert sont des rails de rebut fabriqués dans l'usine , pour le chemin de fer de Bordeaux à la Teste, et dont le poids , est , je crois , de SO kilogrammes au mètre courant. Le chemin de fer est posé sur les remblais, et le contenu des waggons est vidé à Textrémité du remblai qui a une hauteur de 8 à 10 mètres. Pour faciliter le versement , on continue le chemin de fer posé sur les remblais , au moyen d'un système de charpente composé de longues poutres portant par une de leurs extrémités sur les remblais récents , et de Tautre bout sur deux poteaux en bois inclinés , appuyés par leur pied sur le sol ferme et consolidés par un système de moïses obliques en croix de Saint-André. Les rails sont posés sur les poutres horizontales , ou lé-
gèrement inclinées du côté de la charpente , lesquelles sont réunies par quelques moises transversales , et les waggons sont poussés ainsi jusqu^au delà du bord du remblai où on les vide , les uns se vidant en avant , les autres sur les côtés. Lorsque les supports antérieurs de Véchafaudage commencent à être pris dans les remblais , on déplace la charpente pour la rapporter plus loin. On a sur le fiont du remblai deux charpentes semblables vers lesquelles se bifurque la ligne du chemin de fer, pour que le travail de déblaiement ne soit pas interrompu par la nécessité de déplacer l'un des échafaudages.
Talus ou inclinaison que Von doit donner aux parois des excavations. — Les parois latérales des excavations profondes doivent être taillées de manière à prévenir les éboulements qui gêneraient la suite des travaux, et seraient d'ailleurs une cause de danger très-grave pour les ouvriers.
Les excavations peuvent être ouvertes dans des terrains composés de roches solides , ou dans des terres plus ou moins ébouleuses.
Dans les terrains composés de roches solides j les parois des tranchées peuvent être taillées à pic , toutes les fois que les roches sont compactes ou stratifiées horizontalement. La solidité est alors complète, sauf les dégradations qui peuvent provenir de Taltération des roches par suite de leur exposition à Tair. Ces dégradations ne se font sentir en général qu'à une petite profondeur, et ne donnent lieu qu'à des éboulements peu considérables dont les effets ne sont pas à redouter.
Quand les terrains sont stratifiés et composés d^assises inclinées à Thorizon , il convient de placer l'excavation de manière que deux de ses parois soient perpendiculaires et les deux autres parallèles à la direction des couches. Trois parois peuvent être généralement taillées à pic , savoir les deux qui sont disposées perpendiculairement à la direction, et celle qui ét;>Qt parallèle à la direction, laisse l'aval pendage des couches coupées engagé dans le massif de terrain latéral. Quant à l'autre paroi , si elle était coupée à pic , il pourrait arriver que les assises supérieures dont le pied a été coupé dans le creusement, glissassent sur les assises qui les supportent, vinssent encombrer l'excavation et occasionner des accidents graves. Gela arriverait même infailliblement, dans le cas où les assises successives ne seraient pas adhérentes entre elles , comme cela arrive fréquemment. Il faut alors prendre beaucoup de précautions , et souvent on est obligé de tailler la quatrième paroi suivant le plan même des couches, de manière qu'aucune des assises restées en place ne soit coupée à sa base. C'est ce que l'on fait prcs<iue toujours , quand l'inclinaison des couches
m CHAPITRE IV.
esl torie et dépasse 70 à SO», à moins que ces couches n^adhéreot fortement les unes aux autres, auquel cas cette paroi pourrait , sans inconvénient , être aussi taillée à pic.
Quand les excavations sont ouvertes dans des terres ou argiles plus ou moins consistantes , les parois doivent être coupées suivant des talus dont Tinclinaison varie avec la nature des terres.
On sait par expérience que les sables les plus fins , sans aucune cohésion, prennent» quand ils sont jetés à la pelle , un talus de 5 de base sur 3 à 4 de hauteur, et que les terres argileuses fortes forment, lorsque la cohésion est également détruite, un talus de 5 de base sur 7 de hauteur verticale.
On pourra compter , dans la pratique de Texploitation des mines et lorsque les talus ne devront pas subsister longtemps , que les terres les plus mauvaises pourront être coupées sans danger, quelle que soit la hauteur , suivant un talus de 45», un de base sur un de hauteur \ et dans le cas des terres argileuses fortes , on pourra tailler les terres suivant un talus de 5 de base sur 7 de hauteur : le plus souvent même cette dernière limite est dépassée sans inconvénient , parce que la cohésion des terres est loin d'être nulle et qu'elles se laissent couper à pic , sans éboulement , sur une hauteur verticale de plusieurs mêlres.
Sans entrer ici dans des détails circonstanciés sur l'équilibre des massifs de terres , pour lesquels je renvoie le lecteur au résumé des leçons de M. Navier sur l'application de la mécanique à l'art des constructions , je me bornerai à rappeler les principes généraux de la question.
Lorsqu'un massif de terre , limité en-dessus par une surface plane horizontale , est coupé latéralement, la pesanteur qui tend à produire l'éboulement est contre-balancée par le frottement et par la cohésion des terres. Pour que l'équilibre subsiste, il est nécessaire de couper les terres suivant un talus , dont l'angle avec le plan vertical est d*autant plus grand que ces forces résistantes sont moindres.
On admet que la force de frottement est proportionnelle à la pression , et que la force de cohésion est proportionnelle à retendue des surfaces en contact. On peut déterminer, par des expériences qui se^ ront indiquées plus loin , pour chaque espèce de terre , le rapport do frottement à la pression , et la force de cohésion par mètre carré superficiel.
En désignant par /"le rapport du frottement à la pression pour les terres que l'on considère , par y la force de cohésion par mètre carré superficiel, par « le poids du mètre cube de terre , par h la hauteur
EXCAYATIOIfS A CIEL OUVERT. 185
verticale de la coupure foite dans le massif, par ^ le plus petil angle que le plan du talus puisse foire avec le plan vertical, sans que Téquillbre soit détruit, on démontre que Tangle r est déterminé par Téqoation suivante :
""••=T-Mv/H5+')'+'''-^S-
Si, dans cette formule, on suppose la force de cohésion nulle, 7=3 0, elle se réduit à
tangrsa--.,
et I^angle du talus stable est indépendant de la hauteur h de la coupure.
De là résulte un moyen facile de déterminer la valeur de fpar Vexpérience. Il suffit de détruire la cohésion des terres , en les piochant , et d'observer le talus qu'elles prennent naturellement , à la suite d*un grand éboulement. Le rapport f est la cotangente de Tangle que le talus que prennent naturellement les terres sans cohésion , forme avec le plan vertical , ou la tangente de Tangle compris entre le même talus est le plan horizontal. 11 faut avoir soin seulement de ne pas expérimenter trop en petit, et par conséquent, il faut ou observer le talus naturel que prennent les terres dans un éboulement considérable, si on a occasion de faire une semblable observation, ou mesurer Tangle formé par une masse de remblais d'une assez grande hauteur.
Quand on a déterminé la valeur de /, on détermine la force de cohésion 7 , en cherchant la limite de la hauteur sur laquelle les terres peuvent être coupées à pic , sans éboulement- En effet , si Ton suppose le massif coupé verticalement , l'angle t de la fèrmule (A) est nul. On a donc tang r ^^ O. Or , quand tang r = , il vient :
équation qui , résolue par rapporta y, donne :
Si donc o»a observé la plus grande hàutenr verticale A sur laquelle -les terres peuvent être coupées à pic sans éboulement , on aura la force de cohésion sur i*nnKé superficielle , en «firisant le poids du prisme de terre qui a pour base cette même unité snperfictelle , et
pour hauteur la hauteur observée^ par le nombre 4 ( f-\- 1^ 1 + /"' )» qui est connu, puisque /"a été préalablement déterminé.
D'après les observations de divers auteurs citées par M. Navier (ouvrage cité) , le poids du mètre cube de terres varie de 1400 à 1900 kUogrammes.
Les résultats moyens sont contenus dans le tableitu suivant :
Kilogramme».
Terre végétale 1400
Terre franche. ^^^
Terre argileuse. 160O
Glaise 1000
Sable terreux 1700
Sable quarlzeux pur 1900
Le sable fin et sec est , de toutes tes terres , celle qui prend le plus grand tahis. Ce talus f^me avec Thoricon un angle de 34 à 35» , ce qui donne pour la valeur de ^relative à cette malière »
f=^ à peu près tang SS® = 0,70.
Pour la terre ordinaire , bien sèche et pulvérisée , Tangle du talus naturel avec Thorizon est au moins de 46° 50"
/=»tang 460 SO'.- 1,066.
Pour la même terre légèrement humectée , cet angle augmente et devient au plus égal à S4<> , ce qui donne :
/•= tang 540= 1,58.
Enfin , pour Tespèce de terre la plus dense et la plus compacte , le talus naturel est , d'après Barlovir, de 5 de base sur 7 de hauteur , ce qui donne :
Quant à la valeur de y, il est peu de terres argileuses qui ne puissent être coupées à pic , sur un mètre de hauteur verticale , sans
éboulement. Ainsi , en tupposant , pour la tem légèremint argileuse , presque de la terre fraoebe y que le poids du mètre cube soit de 1500 kilogrammes , que f^ 1^8, et qu'elle se soutienne àpic sur un màtre de hauteur , on a pour la cobé^on par mètre carré superfiâel :
: 132 kilogrammes.
Les terres les plus compactes peuvent se soutenir à pic sur 4 mètres de hauteur. En supposant que leur poids soit de 1800 kilogrammes au mètre cube , et que /=» 1,4, on a :
4(,,4+^1+mO
=580 kilogrammes.
Les valeurs de Tangle «• correspondantes à diverses hauteurs et aux condilîoDS/'=l,58,y=«Iâak. etr= 1500 k. qui conviennent aux terres ordinaires , dites torres franches , sont consignées dans le tableau suivant.
Hauteurs
▼enicales àtè terres
coupées.
Angle»
minima d^inclinaieon
du talu» sur le plan
TerticiJ pourlasUbilifé.
Rapport.
base à la hauteur
Tertioalo du talus.
Bases
dos talus
Correspondantes
aux
hauteurs.
mètrca.
mètres.
100 se'
now
Pour les terres les plus oompades, en admeUanl un poids spécifique de 1800 Idlogranunes, une coliésion de 580 làlogrammes par mètre carré superficiel , et /c^ 1,4 , les inclinaisons des talus stables correspondantes à diverses hauteurs sont comme suit :
Hauteur* ▼erticalea sur
Im terre* wmtoonpéee.
de*
talu* sur le plan
Teriioal.
I»ue à U hauteur
du
tidna eUMe.
de* tjclu*
correspondante*
aux
mètre*.
deOàl
nMtre*.
Ml
Lorsque les talus des terres doivent subsister pendant très-longtemps la cohésion est graduellement détruite par les pluies , les gelées , etc., et le talus qui était stable dans Torigine , cesse de Tétre. Il faut donc en général négliger la force de cohésion , lorsque les talus doivent subsister pendant un temps très-long , sans être abrités contre les intempéries atmospliériques par un gazonnage ou un revêtement en maçonnerie, et donner au talus une inclinaison telle que le frottement suffise pour maintenir Téquilibre des terres. Mais les excavations ouvertes pour rexploilation des mines n^étant que temporaires, on peut et Ton doit couper les terres suivant des talus dont la pente varie avec la cohésion. Us se dégradent bien à la longue , mais par degrés, sans éboulements considérables, et par conséquent sans dangers graves pour les hommes qui travaillent au fond des excavations.
Parois des excavations ttuUées en banquettes. — On diminue encore ce danger, en coupant les terres, lorsque leur épaisseur est grande, suivant des gradins séparés par des banquettes horizontales qui servent en même temps au passage des voilures et des hommes,
EXCAVATIONS A ClEt OUVERT. î«7
e( quelquefois aussi à recueillir les eaux venant de la surfhce,pour les empêcher d'arriver jusqu'au fond des excavations. Quand les bords sont ainsi taillés en gradins, il n'est pas nécessaire, pour l'équilibre^ que les talus sui)érieurs à toutes les banquettes aient rînclînaîson qu'il faudrait donner au talus des terres , dans le cas où elles seraient coupées suivant une pente uniforme Jusqu'au fond de l'excavation. Si Ton agissait ainsi, on serait conduit à enlever un volume de terres trop considérable. Il sufiSt de donner au talus supérieur à chaque banquette Tinclinaison qui conviendrait aux terres coupées, suivant une pente uniforme jusqu*à la profondeur de cette banquette , et de régler la largeur des banquettes de manière que le volume total des terres enlevées , depuis la surface jusqu'au fond de Texcavation , soit le même que si les terres avaient été coupées suivant une pente uniforme.
L'exemple suivant suffira pour éclaircir ce qui précède. Je suppose qu'on veuille couper les terres en gradins successifs de 3 mètres de hauteur verticale , séparés par des banquettes horizontales. Soient , fig, 1 , PL XIII y LM , la surface du sol; A, l'un des bords de l'excavation; AH, la verticale mesurant la profondeur de l'excavation; Kh^hh\ h'h'^, etc., des distances égales de 3 mètres chacune prises sur cette verticale. Soit AB la ligne de pente du talus qui suffit à la stabilité des terres coupées sur une hauteur verticale de 3 mètres. On creusera d*abord sur la profondeur de 3 mètres , jusqu'au plan horizontal hXy en taillant le bord de la tranchée suivant AB. Pour descendre ensuite jusqu'au plan /iV, situé à 6 mètres de profondeur, on mènera parle point A, la ligne A^, représentant la pente du talus qui suffit à la stabilité des terres coupées sur 6 mètres de hauteur. Si on coupait les terres suivant une ligne ^s, en ménageant une banquette de largeur égale à Bjs, au niveau hx^ les conditions de stabilité seraient dépassées ; car les terres se soutiendraient suivant la pente continue A;8^, quand même on aurait laissé en place le prisme de terre qui a pour base le triangle ABs , prisme qui a été enlevé. On peut donc donner une largeur moindre à la banquette et reculer la ligne de pente ^z, parallèlement à elle-même, en 6G, le point b étant pris au milieu de la distance Bs. En effet, si b est pris au milieu de hs , la ligne Cb prolongée vers la surface ira couper la ligne AB en o , à égale distance des points A et B , et par conséquent les deux triangles Bob , Aoi« seront égaux entre eux. Les terres se soutiendraient si elles étaient coupées suivant la pente uniforme indiquée par la ligne ubC, Elles se soutiendront de même, étant coupées suivant la ligne brisée G5BA, puisque d'une part on enlève le prisme de terre qui a pour base le triangle bùB , et que de Tautre on laisse exister le prisme qui a pour
H» CIAPITBE IT.
base le triangle égal Aau. La charge des terres sur Taréte inférieure G de la tranchée est donc la même dans les deux cas, de même que le volume des terres enlevées , et par conséquent les conditions d*équi> libre sont également satisfaites. On remarquera que la distance bx, dont la droite g» est reportée en arriére , est égale à la distance horizontale aq du point o milieu de AB , à la ligne d*inclinaison k€ du talus de 6 mètres de hauteur » menée par le point A. Pour s*enfèncer jusqu'au niveau h^^ ^', on tracera la ligne A^, sous Tinclinaison convenable au talus uniforme des terres coupées sur une hauteur de 9 mètres, on reportera la partie z'y de cette ligne, parallèlement à ellemême, en arrière , à une distance cV ^le à ^, et la droite cD sera le profil des terres coupées entre les plans horizontaux Ux^^Wx^'^ et Ce, la largeur de la banquette ménagée au niveau AV. En efiFèt, si Ton prolonge la ligne CD jusqu'à la surface du sol en t»', celte ligne ira passer par le point 6, puisque Ton a pris cjs' = Ixf, Les deux triangles ti^tf', Cte, seront égaux. Les terres se soutiendraient si elles étaient coupées suivant la pente uniforme Dctf^ Elles se soutiendraient par conséquent aussi , si elles étaient coupées suivant la ligne brisée DcCt». Or, nous avons déjà montré qu'on pouvait substituer, sur la hauteur des six premiers mètres, à la coupure suivant C« , la coupure suivant C&BA ; donc enfin , les terres se soutiendront en les coupant suivant la ligne brisée DcG^BA. Pour s'enfoncer au niveau de 13 mètres , jusqu'en Ha?", on mènera par le point A , la droite A<^, sous l'inclinaison qui convient au talus des terres coupées sur la hauteur totale de 12 mètres. On prendra le milieu o" de la distance Dt#' ; on mènera l'horizontale <^'q" jusqu'à la rencontre de A^*, et l'on reportera la droite z'f^tw arrière, à une distance z''d égale à o''^". rfE représentera le profil des terres coupées entre les niveaux A'V et H:f'", et c/D, la largeur de la banquette horizontale qu'il faudra ménager au niveau A"a/'. Le profil des terres serait alors suivant la ligne brisée Ec/DcC^BA, Le volume total des terres enlevées serait le même que si on eût coupd celles-ci suivant la pente continue Ec/u", qui convient à la hauteur totale AH. D'une part, la largeur delà tranchée à sa partie supérieure est diminuée , ce qui peut être un avantage ; mais, par compensation , on a dû élever une partie des terres d'une profondeur plus grande.
On peut, au surplus , varier d'une infinité de manières le profil brisé £J0cG6BA. Ainsi, on peut reporter la ligne AB en arrière, de façon à élargir le gradin supérieur, en A'B', par exemple , et reporter en avant la ligne c\ï en d\ii\ de telle sorte que l'on ait ccf = BB' ; de cette façon on enlèvera le prisme de terre qui a pour base le parallélogramme AA'BB', dont le poids sera remplacé par le prisme de terre ayant pour
base le paratlélogramme c</iyD, équîralent au premier ; en bien on peut reporter en arant ehaeune des lignes 6G , cD , de la moitié de la distance BB^ mesurée koriientalement. Ces diverses combinaisons feront varier les largeurs des banquettes, en laissant invariables les pentes des talus successifs , et la masse totale des terres à enlever.
Les considérations qui précèdent pourront être mises à profil, lorsque les terres supérieures au gissement auront vue assez grande épaisseur et une cohésion médiocre. H en est ainsi pour quelques dépôts de minerai d^tain d'alluvion , qui se trouvent dans des vallées basses et sont recouverts par des terres sableuses , pour certaines carrières de pierres meulières, situées dans les départements de Seine-et-Marne et de la Marne, etc.
Exemples d'exploitations à ciel ouvert,
EopploHatùm des couches à peu près horisontmlês qui affleursnt sur iêê flancs des mcnhi^iMs» •— La forme des excavations dépend snrlout, ainsi qve nous Tavons indiqué, du relief extérieur du sol et de la forme du gtte. Dans les terrains nontueux , lorsque les giles à exploiter sont situés au-dessus du niveau des vallées, et afilearent sur les flancs des collines ou des montagnes , Ton attaque anr ces affleurements, en prenant pour sol de Texcavatton le mur du gite. Si celui-ci est horiiontal , ou légèrement iaoliné vers la vallée , les eaux s'écoulent naturetlemait ; les déblais sont transportés avec facilité au dehors, et rejetés sur la pente de la montagne , en avant de la tranchée. On met d'Mllenrs à profil, pour l'abattage des terres , les fissures naturelles des roches , les plans de stratification , et Ton parvient ainsi à filtre ébonler à très-peu de firais des masses considérables que Ton n*a plus qnH trier et â transporter au dehors.
nusîenrs carrières sont aiasi ouvertes , dans le sud du pays de Galles, aux environs de Tredegar et de Mertbyr Tydwill , pour Texploitation simultanée de la houille, du fer carbonate lithoïde, de Targile réfiractaire et même quelquefois de la chaux carbonatée employée comme castine dans les usines à fer de cette contrée. Celles-ci sont situées tout près de la limite du terrain bouiller et de calcaire carbanifère inférieur. Les couches de houille , d'une puissance généralement médiocre , sont faiblement inclinées à Thorixon , e( alternent avec des couches d'argile schisteuse , qui sert , comme terre réfractaire , à la confection des briques , avec des bancs de grès stérile , et des assises contenant du fer carbonate en rognons. Quand ces couches affleurent
sur le flanc d*une montagne à pente roide , on commence par attaquer une couche de houille, que Ton exploite gouterrainement, sur un Aront aussi étendu que le comportent les localités. On extrait la totalité de la bouille, et Ton soutient provisoirement le toit de TexcavatiOD , soie par des étais en bois, soit par des piliers minces en pierre sècbe , soit en ménageant dans la houille même , de distance en distance , quelques piliers tournés. Quand on s*est ainsi enfoncé dans la montagne, à une profondeur variable avec la solidité du toit , on enlève en reculant tous les étais placés ou ménagés dans la première période du travail, et 1*ob provoque ainsi Téboulement du terrain supérieur, qui se détache habituellement de la masse de la montagne , suivant une déchirure à peu près à pic. On trie , dans Téboulement , les rognons de fer carbonate, que Ton met en tas qui restent exposés à Pair, pendant un certain temps, avant d'être conduits aux usines. Les déblais stériles sont rejetés sur le flanc de la montagne , et finissent par former en avant de la carrière, une plate forme sur laquelle on dépose les tas de minerais de fér empilés régulièrement.
Si la couche de houille inférieure repose sur un lit d*agile réfractalre, on exploite celle-ci au pic , en dernier lieu , après avoir enlevé la houille et les déblais. J'ai vu ainsi , près de Tredegar, un escarpement qui avait près de 80 pieds anglais de hauteur verticale.
Exploitation de couches peu inclinées affleurant dans une plaine, — Lorsque les afiBeurements viennent au jour dans une partie en plaine , on exploite encore à ciel ouvert, jusqu'à une certaine disr tance y en suivant Tinclinaison très-faible des couches, et remontant les déblais sur cette pente. Ainsi, dans une autre carrière ouverte près de Tredegar, on exploitait une couche de houille d'une puissance d'un mètre environ , recouverte de plusieurs lits de minerais de fer, alternant avec de grès et schistes houillers , sur une épaisseur totale d'environ 4 fathoms (7'» ,31). La couche de houille reposait sur unlit d'argile réfiractaire. Chaque yard superficiel (0»- ««^ré^gso) fournissait à peu près une tonne (100 kilogrammes) de houille , et une tonne et demie (1500 kilogrammes) d'argile réfractaire. On extrayait des massifs supérieurs à la couche de houille , environ 144 chariots de déblais stériles, pour avoir deux chariots de minerai de fer du poids de 900 kilogrammes chacun.
Pour obtenir la houille en gros morceaux , les ouvriers kavaient dans un lit de schiste tendre , supérieur à la couche de houille. Après avoir enlevé les déblais résultant de l'éboulement, et trié le minerai de fer, ils exploitaient d'abord la houille , puis l'argile réfractaire. Us travaillaient à l'entreprise , et recevaient :
12 schillings (15 fr.) pour 36 quintaux de 113 , livres avoir-du-poids (1800 kilogrammes) de minerai de fer, trié et mis en tas sur le bord de la carrière. C^est 8 fr. 33 c. par tonne de 1000 kilogrammes.
On leur payait 2 shillings 6 pence (3 fr. 15 c.) par tonne de houille, et i shilling 6 pence (1 fr. 90 c.) par tonne d*arglle réfk>actalre ; la bouille et Targlle devaient être transportées à Tusine , située à un mille anglais environ (1600 mètres) de la carrière.
En calculant sur cette base qu*un yard carré superficiel fournissait une tonne de houille , une tonne et demie d*argile réfi*actaire , et un volume de minerai de fer égal à -!f^ du volume total des déblais , on trouve les résultats suivants :
Le cube du déblai par yard carré superficiel , sur une hauteur de 7«,30 , était de 0,856 X 7,30 = 6«*»- ««^^lO ; ce volume de déblais fournissait ^\ , c*est-à-dire 0"»**. <'ni»-,084 déminerai defér, dont le poids devait être, à raison de 2500 kilogrammes au mètre cube^d^environ 210 kilogrammes ,
fr. o.
Pour lequel les ouvriers recevaient 1 75
1 tonne de houille était payée. ...:.... S 15
1 tonn« et demie d*argile réfractaire 2 75
[ Total. ... 7 65
} Dont il faut déduire à peu près 50 c. pour le transport de
I 2 tonnes et demie de matières (houille et argile), à
I 1600 mètres de distance » 50
Reste net. . . 7 15
Pour cette somme, les ouvriers enlevaient et triaient €«• «ubes^io de déblais de roche , et exploitaient en outre la houille et Targile découvertes. G^est 1 tr, 17 c. par mètre cube de déblai.
Exploitation à ciel ouvert de couches de houille très-puissantes. — On exploite à Decazeville (Aveyron) , pour le service de Tusine à fer, une couche de houille extrêmement puissante, et plissée ou ondulée de manière à former une série alternative de selles et de fonds de bateaux , dont les axes sont légèrement inclinés sur le plan hori« nmtal. Une des selles ou plis convexes de la couche affleure au pied d*une montagne , qui s*abaisse du côté de Tusine, et s'élève ensuite à une hauteur assez grande au-dessus du niveau de la vallée. On a exécuté autrefois des travaux souterrains fort étendus et fort irréguliers , près des affleurements de cette couche , dont la puissance est au moins
IW CHAPITRE IV-
de 90 mètres. Les deux pendages et la selle ont méone été exploités à une protondeur de 30 à 40 mètres au-dessous du ni?eau de la galerie d'écoulement, qui débouche dans la petite rivière du Riou-MorL Comme la selle s'élève dans Tiiitérieur de la montagne, beaucoup au-dessus du pied de celle-ci , et du niveau d'une ancienne galerie de roulage , on se décida sur mes conseils, en 18^6, à attaquer la coucbe à ciel ouvert , sur le flanc de la montagne ; ce travail se poursuit avec succès depuis cette époque ; il fournit déjà de la bouille au prix de 5 fr. 75 à 4 fr. la tonne au plus; cependant répaisseur des terres supérieures à la bouille, est au moins égale à la moitié de la puissance de la coucbe ; celle-ci, près des affleurements, dans la partie actuellement exploitée, est traversée par des veines épaisses de schistes stériles; enfin la masse est criblée de vieilles galeries encombrées de déblais , et on peut estimer que plus de la moitié de la bouille a été précédemment enlevée.
On peut juger par le résultat déjà obtenu , malgré ces circonstances défavorables, du prix très-modique auquel la bouille serait revenue, si la couche eût été exploitée à ciel ouvert , dès Torigine. On continuera de s'enfoncer dans la montagne , jusqu'à ce que l'épaisseur des terres etrocbes à déblayer soit au moins le double de l'épaisseur de la houille qu^elles recouvrent , et lorsque la tranchée sera suffisamment avancée , on s'enfoncera au-dessous du niveau que l'on a pris pour sol, en enlevant la houille qu'on laisse aujourd'hui sous les pieds , et qui se trouvera découverte. Les deux bords de la tranchée pourront probablement être taillés sous de faibles inclinaisons parce que la tranchée étant poussée suivant l'axe même de la selle , les assises du terrain s'enfoncent des deux côtés , dans l'intérieur de la montagne , et se relèvent vers l'excavation.
Les terres déblayées sont aujourd'hui transportées vers le bas de la vaHëe, dans des chariots d'une capacité de 3 à 2 1/2 mètres cubes, poussés par des hommes sur des chemins de finr. Les localités favorisent le chargement et le déchargement des chariots , ainsi que l'abattage des terres. Aussi le déblai , avec un transport de 300 ou 400 mètres de distance , ne coOte-t-il pas au delà de 50 centimes par mètre cube. .
11 existe dans le centre et le midi de la France , plusieurs couches de houille d'une grande épaisseur et situées à une assez faiUe profondeur au-dessous de la smrfaee , pour qu'elles puissent s'exploiter à ciel ouvert , sur une partie de leur étendue , plus économiquement que par travaux souterrains. La couche de houille de Comme^ry (Allier), celle du Breuil à Firminy (Loire) , ont été et sont encore exploitées avantageusement de cette manière. La couche de Firmy (Av^ron>, dont la puissance est de 10 mètres environ , et qui est généralement
EXCAVATKKV5 A CïEl OUVERT. 195
r«coiivefte pat 1» à 19 mitres dis terres en âç roehes d'one faible dn» Mté, B^Miratt jMMiU êà é(re exploitée autrement.
L'exploitatiMi à tUà ouvert <ite?rait (TûHeitr» être appHqnée aux couches de liouille très-puissantes , quand bien même les frais Immédiat aeraienl un peu plu» consldérabfes ^e ceux d>*tme exploitation sd«t«re3ine : car , en irayalUaiit à eiél ouverft, la tetaKIé d^faiiomlfe est extraite' tandis quVne grande partie resterait enibufe dans les traraux souterrain»; Ton échappe à la nécessité de maintenir ouvertes des galeries souterraines dont Teatretien , peu onéreux d*abord , devient ensuite très-dispendieux ; enfin on n'a point à redouter les ineendi-ea sponlaiiés qui se déetarent souvent , cNns les travaux souterraâK que To» a laissés s^ébouter , incendies qui renctent înaecessible la partie des travaux voisine des points où* ifs se manifestent , doivent être oaiba ttws par des moyens êari eoâteux , entravent toute Texploi^ taUoR , et finissent quelque^»!» par miner complètement une mine.
Tout le monde sait que fcr plupart des carrières de pierres ^ bâtir , dans les pays de montagnes surtout , sent exploitées à eiel' ouvert. La ftnwe de» exeairalions el I» manière cTattaquer le» roebes dépendent é% la ftime des bano» à- exploiter , de la nature et de Tépaisseur des tefres oi» assises- qui le» recouvrent. L\m ne peut donner à cet égard aucune règle générale^ Je etterai, comme exemple , les exploitatiens de ptevse à plâtre de la butte Montmartre» La ceuobe de pierre à^ plâtre qu^on a exploitée , à ciel ouvert , sur presque tout le contour de la btttt^ , a nne puissance de 1^ à 17 mètres. Me est sensiblement bo- HioBUle , et recouverte sur plusieurs peials par une épaisseur eon-» MÉirabto de tetres ^ maanes eè arg'des. Lee règlements d^admlnisèratioa P«^q«Q pirost^rtMe»!. aii^ exploit«its ^ dsip» Tinl^él des p«epriétéf v^U«M4 dos c^Cfi^reA > de Uiisser eot^re lee /Vont» ^ mafse-^ fiû sont {,^\ikR kmx 4aM te pt^rce > plâtre » et If» lifi^les dies provortétés 11^ iqMro^ei, ^m^ dÂstanee bcirtamt<ile 4e la mettes, pta un nxèâre par mètre d'épaisseur des ^net<le r^oiftvremeQt, AinAi% Qos. terres pe95ron4 s'i^hioiuler tm ptenant ma ial«« de 4^ degrés , un, de base sur m 4e ((auteur, s^naque le» p^ofMriéli^ tiinitropbes soient «tteintea. Cette distance n'a pas été toujours suffisante , par suite de la cansttiMtioq de» ter rea fu^ couromeol la b«4te et recouvrent la masse, de pierre explol^^, U e>^te, e9 effet « ^ Mfte preifMideMr m^mre , 7 ât ^ H^ti^ aur4e44fl^ 4a sc^ » me co^c^e ^, gJ^i&e sur laquelle cc^le«t les «^MLpIw^%|es qui se 4e»t infii^tf^es ^ Irs^vers les terres sup^eyre». Qel^ ceuQb^ fQYVie. l» lit de ^ n^pi^e 4'ea4 qui alli^^i^taiit les puUs d^ Moi^maftr« > cA lea «ouroes qqi étalent ^t^Mpis très-^boiukw(€» wr Us fiança de la b«tte, Uao» les poîQts où elle a une incljnai^pn n^ar-
TOHE I. l'^
194 CHAPITRE lY.
guée, yen les tranchées ouvertes pour Pexploitation , les terres supé* rieures ont glissé en niasse sur elle , et ces mouvements de terrain se sont souvent étendus bien au delà de la limite prescrite par les règlements.
Dans les pays de plaine et dans le f6nd des vallées basses, Pexploitation à ciel ouvert est rendue plus difficile , par la nécessité d*épuiser les eaux qui se réunissent au fond des excavations ; la fouille et le transport des terres, ainsi que des substances exploitées, sont aussi moins fticiles et coûtent plus cher qu*en pays de montagne.
Lorsque les localités s*y prêtent , on ménage le plus souvent , sur un côté de Texcavation , une rampe assez douce pour que les charrettes puissent y descendre. Les autres côtés sont taillés à pic , dans les roches solides , ou bien suivant le talus convenable à la stabilité des terres , ou mieux encore en banquettes. Si le gtte est continu sur une grande étendue , on tAche de Tépuiser d*abord complètement sur un espace assez grand que Ton remblaie ensuite avec les terres pro venant de la suite de Texploitation.
Quant aux eaux , on les réunit dans un puisard que Ton ménage au point le phis bas de Texploitation , et d*où on les élève au Jour au moyen de pompes; quand les parois sont taillées en banquettes, on peut réunir les eaux affluentes aux différents niveaux , dans des puisards creusés sur les banquettes successives , et les empêcher ainsi de tomber au fond de Texcavation.
Si le gîte n*est pas continu sur une grande étendue, et s*il y a plusieurs gîtes semblables, en amas voisins les uns des autres, oarenn Maie ordinairement une excavation avec les déblais provenant d*une excavation nouvelle faite à proximité. Ces méthodes sont d*ailleurs tellementsimples qu'il nous suffira de citer un petit nombre d'exemples. Nous consacrerons un article distinct à l'exploitation des tourbières , qui , par leur importance et les circonstances particulières qu'elles présentent, méritent une mention spéciale.
Ardoisières deê entirons d'Angers, — Nous devons la description de l'exploitation des ardoisières voisines d'Angers à l'obligeance de M. Le Chatelier.
Lescarrièresd'ardoisesd'Angerss'exploitentà l'est de cette ville, le long de la route de Saumur , sur une série de couches de schiste ardoisier, ayantune puissance totalede4à 5000 mètres, dirigée vers l'ouest 90 degrés nord environ. Les principales sont situées dans la commune de Trélazé , à 8 kilomètres d'Angers. On comptait en 1841 , 14 carrières, dont la production annuelle s'élevait à 190 millions d'ardoises , représentant une valeur de % millions de francs. Les couches de schiste
sont verticales ou inclinées de 75 à 80 degrés au moins sur l*horizon , le pendage est le plus généralement au nord . /2flr. 2, PL XI, MN. ta fissilité se confond avec la stratification , ainsi que le démontrent les empreintes aplaties d*ogygies , que l'on rencontre fréquemment intercalées entre les feuillets d*ardoises. La masse schisteuse est découpée dans tous les sens par plusieurs systèmes de fissures , ou failles , caractérisés chacun par des circonstances particulières. Ces accidents, suivant leur disposition on leur nature , sont utiles ou nuisibles à Texploitation ; on distingue 1* les torgins, failles dont la puissance est quelquefois de 10 mètres , remplis de schiste broyé, impropre à la fabrication de Tardoise ; les deux parois de ces failles sont ondulées , mais en masse elles sont planes , et présentent une direction oblique à celle des couches d*ardoises qu*elles rejettent ; ^ les éruêses , fissures dont les parois ne sont pas adhérentes , et qui par suite occasionnent des éboulements M. M... /8^. 1 e/ 5 , PL XI; S» les chauves, fissures de glissement, on peut-être joints de stratification , coïncidant avec les plans de fissilité et de stratification MN , /7^. 2 ; 4" les chatê (ou cors de chats)^ filons minces de quartz blanc laiteux, réunis quelquefois en faisceaux qui donnent une grande solidité à la masse, mais la rendent inexploitable ; ils sont parallèles à la stratification , ou la coupent sous un angle très-aigu. Ces accidents principaux t>nt une grande étendue , et se propagent souvent d'une carrière à Tautre. H existe en outre d'autres systèmes de fissures moins importantes , qui prennent le nom général de délUs, Toutes les fissures^ failles ou filons d'un même système sont parallèles entre eux , et souvent très-rapprochés ; leur étude serait d'une très-grande importance , si la direction de ces exploitations n'était pas abandonnée à des contre-maîtres souvent fort intelligents , mais entièrement dénués de connaissances générales.
Chaque carrière est possédée par une société composée d'un assez petit nombre de membres, qui choisissent parmi eux deux commissaires chargés d'administrer et de diriger la carrière. Ils ont sous leurs ordres un régisseur dont les appointements sont de 1500 à 1800 fr. , qui tient les états de journées et la comptabilité de la carrière , paie les ouvriers , etc. ; un chef des travaux du fond ou clerc d'à basset un chef des travaux du jour ou clerc d'à haut, qui surveille la fabrication. Les appointements des clercs ne dépassent pas généralement 1000 à 1200 fr. par an. Les ouvriers sont divisés en deux classes, les ouvriers d'à bas , employés à l'abattage de la pierre , et les ouvriers d'à haut , qui la débitent et la façonnent en ardoises. Pour établir une carrière, on consulte les anciens perréieurs (carriers) , on s'en
19e CHAPITRE IV.
rapporte à Tanaloi^ie , et lorsque le choii^ «Tud ewIa^tBieiit est fait , OQ commence les travaux sur «ne vaste éeJielle; on a r^r«BMiit eu recours jusqu*ici à des travaux de reetiercbtf '{uréliimiiaties, <pn eussent évité souvent de fâcJieux wécooiptes. Après avoir déblayé la terre végétale et Targile provenant de la décomposition du schiste, qui présente souvent une épaisseur considérable , /^. 5 , on attaque le rocher patfimeéeê successives ou gradins droits^ de 3 mètres de hautenr , fig. ^ e^ $ , PL XU <i« manière à former une exearalion rectangu-* laire; on coupe verticalement les deux parois perpendiculaires à la direction du schiste auxquelles on donne le nom de eAe/Si(chef&du levant , et cb«f du couchant) ,* sur le chef qui doit présenter le plus de solidité , on établit des cages en charpente destinées à supporter les molettes* et un pont qui vient s'appuyer en arrière sw un mur en pierres sèches , destiné à soutenir les remblais qu'on accumule der* rière sur une hauteur asse; grande, /î^r. 3 et 5 ; sur ces remblsU sont établis des manèges A, B, C, ou des machines à vapeur. Ces char* pentes , assez ^grossièrement établies» ne présentent pas toujours une solidité suffisante : la charpente du manège A, /S^. % s'est écroulée eu 1842, a entraîné un cheval dans sa chute , et tué et blessé plusieurs ouvriers au fond de la carrière. Chaque foncée est commencée au milieu de la carrière, et creusée avec la jpoinie représentée fig. 13; elle est ouverte ainsi sur une largeur d'un mètre , et se termine en coin , /î^. 2 ; on abat ensuite le rocher d» part et d'autre , de telle manière que la carrière présente toujours plusieurs gradins , sur chacun des* quels on peut disposer tu» atelier. Pour abattre les bancs , on pratique suivant le fil de la pierre , au moyen de la pointe , une série d'entailles dans chacune desquelles on place un opin ou quW^ ; on dispose ainsi jusqu'à 20 ou ^ coins sur une longueur de 8 à 10 mètres « et des ouvriers en nombre égal à celui des coins , se placent sur une seule ligne armés d'un gros pic ou marteau pesant , avec lequel ils frappent en cadence sur la tète des coins. Le rocher se fend , et les coins se noient dans la feole ; on met alors un nouveau rang de coins, et on en superpose ainsi jusqu'à 5 ou 6. Le rocher se brise par le pied , et inii, par se renverser; si l'inclinaison du schiste est telle qu'il ne puisse pas tomber par son propre poids , on place dans la fente des barres de fer ou béquilles fig, S. assujetties à un manche en bois > de telle sorte que l'une des extrémités portant sur la pièce à renverser , l'autre s'appuie sur l'extrémité d'un levier nommé houlfiUe^fig. 6 , sur lequel dix à quinze hommes font une pesée , au moyen d'une corde attachée à son extrémité supérieur^. La longueur du bloc que l 'on abat au moyen de coins , ou que l'on enferre , est déterininée par la position
étn fissures oo âétifs naturels ; son épaisseitt' maximum est d*un mètre. Four fitciltter Tabâltag^e des bancs au droit des chefs , ûïi fait une iranchB èùtit le prolongement donne au chef la régularité que Ton |>eut remarquer dans les fig. 1 et S. Les raies horizontales de la fig. S, "figurent la trace de chaque gradin ou foncée sur le chef. Depuis ^(uelqne temps t)ti emploie avec avantage la mine pour faciliter Tahattage ^ pour «ela lorsqn^in banc est enferré , et que Taction dei ttAhs a déterminé une large fente , on dispose à son pied deux ou trois coups de mine, et on les fait partir ensemble ; Ils déterminent la cassure tin rocher à la partie inférieure du gradin. Les bancs ne se brisent jamais d'une manière nette par le pied , il reste des débris de rocher saMIaiits , (^1 portent U nom d^ott , tque Ton «bal ou ran^ au moyen deia^hrte.
i»onq[iiVo ftane est abalitt , on le divise ttu iflPoy«n «lu ftr ^fig,l^, et fie Vmlésêir^fig. 19 et 16 ,ipie ToA diasBe etiCreles pkms de fisiiiUé au msfyû du |râ9, fig^ 10, ou de la pointe qui sert ators de marteau. Chacune de ces plaques est dlviiée en fragments assez petits , pour qu'on puisée les manier , au moyen du pic et d*un outH particulier aottoié earwriryflg. 15. des fragments sont chargés dans les 6a«sieoU^fig, 4, 6 et 6^ et eMevés à la surface. Au conunenccmént de rexploîMion , <m reçoit les basitcots au pied du chef, sur un chariot porté pstf un petit cheHûn de fier , et on les mène aux différents points de la carrière 4 lorsque l*eKcavatioo est assez |Mnofonde , on les guide , au moyen de eâfoies ou bUtenn tendus en travers de la carrière , de ma- ■ière à les faire arriver natUrelleneUt aux différents points de chargeilieiit.l.e8aiolettes soMt placées à Textrémité d'une saiUie qui termine le pont, et celui>^ pl^ésente une ouverture ou lumière assez grande pour laisser passer le bassicot^ mais plus petite que la voie des charrettes employées au transport. Lorsque le bassicot est élevé au-dessus du pont, oe acéute la charrette qui vient couvrir la lumière, et on laisse redescendre ie bassicot qui est porté directement aux chantiers de fabrication) disposés autour de la carrière sur les tas de remblais. iHielqiiefois onremplaoe cette dlspositioii pai^ un chariot roulant , sur lequel vient s'acouler la charrette , et que le recul du cheval pousse audessous du basBicoté
▲îBsi qu'to Ta vu plUs haut , les chefs sont toujours Uillés verticaleaieBts les paltMs latérales sont tâiliées en gradins plus ou moins larges, suivant la solidité du rocher ardoisler; dans beaucoup de carrières la paroi du sud est formée parune chauve. On abandonne la carrière lorsque les parties supérieures , fatiguées par les fittrations d'eau , donnent lieu à des éboulements trop fréquents , ou lorsque la
carrière est devenue Irop étroile pour que Texploitatioii sott profitable, lia profondeur atteint souvent 100 mètres; on a vu^ il y a quelques années , une carrière finir à la profondeur de 140 mètres. On a essayé avec succès récemment, pour éviter Tenlèvement d*une épaisseur con* sidérable de rocher stérile à la surface et le déplacement de trois ma* cbines à vapeur, d*expIoitersouterrainement; cette exploitation présente sur une échelle moins grande , la même disposition qu'une carrière à ciel ouvert ; elle forme une immense excavation de 40 mètres de long, 25 mètres de large et 50 mètres de profondeur, recouverte d'une voûte presque plate de 50 mètres d*épaisseur à la clef; elle est éclairée au gaz*
L*ardoise est façonnée en plein air , sur les tas de remblais qui entourent la carrière ; les ouvriers se mettent à Tabri du vent et de la pluie , au moyen d'un cadre garni de paille , qui porte le nom de tuevent et qu'ils orientent suivant la direction du vent. Un chantier se compose ordinairement de trois hommes, deux ouvriers fondeurs et un apprenti ; ils se partagent les différentes parties de Popération. La première consiste à débiter les blocs extraits de la carrière en répartons ou pièces de 9 à 5 centimètres d'épaisseur y et présentant grossièrement la forme et les dimensions des ardoises de diverses espèces ; l'ouvrier se sert pour cela du gros ciseau , /S^. 20, et d'un maillet en Itois ; il tient la pièce d'ardoise à débiter entre ses jambes. Pour subdiviser le réparton en ardoises , l'ouvrier le place entre ses pieds ares de gros sabots et ses jambes enveloppées d'un matelas de chiffons , et sur une cassure bien ft*aiche il appuie le tranchant d'un ciseau plat très-mince , appelé dougéy flg. 17 , en le disposant suivant le fil de la pierre accusé par des stries très-nettes ; il flrappe légèrement avec un petit maillet et détermine une fente qu'il agrandit en y promenant le ciseau. Avec de l'habitude , les ouvriers débitent les répartons en fouilles si minces , qu'on est obligé de les mettre à l'amende pour les empêcher de faire foisonner la pierre outre mesure. L'ardoise débitée en feuilles , est ensuite taillée sur un billot en bois , nommé le ehapui^ flg, 14, armé sur le bord d'une lame de fer qui forme l'arête; l'ouvrier place l'ardoise à plat sur le chaput, et avec le doleau , soKe de couperet armé d'un manche en bois, flg. 13, il la coupe au ras de l'arête; au moyen des entailles que porte le doleau , il jauge les ardoises qu'il coupe et les amène prompteroent à la dimension voulue; les ouvriers exercés arrivent sans tâtonnement à ce résultat.
On fabrique dans l'Anjou , neuf espèces d'ardoises , différentes par leurs dimensions.
EXCAVATIONS A CIEL OUVERT. Vn
t-S^^Z!*^: :t «Wrées au commerce extérieur.
1^ Poil taché ( ardoises communes, employées uniquement
«•Poil rouï t dans le pays.
7^ Hérîdelle | ardoise très-allongée. .) espèces assez ra-
ë« Gofine ardoise à surfacecourbe.V remeat fabri-^
^ îcaille I ardoise arrondie ) quées.
La première carrée se Tend, sur le port d*Angers , 95 fr. le mille (1040) , et le poil Uché , 15 fr.
Carrures de Meules dee départemenU de Seine-ei-Mamej ei de la Mame. — (1) Les meules de La Ferté-sous-louarre , Hontmirail et Épemay , ne sont ordinairement recouvertes que par S â 4 mètres de sables ou argiles au-dessous desquels elles se trouvent en bancs horizontaux. Néanmoins, aux carrières de Tarterel, près La Ferté, elles sont recouvertes par 13 à 18 mètres de sable. Dans cette dernière localité, on s*assure , avant de faire une touille, de Pexistence des meulières , qui ne tonnent point des bancs continus , mais des masses plus ou moins étendues au milieu de sables ou d^argiles ocreuses. Pour cela on fait plusieurs sondages préalables au moyen d*une simple barre de fer terminée en pointe que Ton entonce dans les sables en Arappant sur sa tète avec un maillet. Quand on est arrivé à une protondeur de 20 mètres sans trouver de meulière , on renonce à des recherches sur ce point. Quand on trouve de la meulière , on lait dans le voisinage deux ou trois nouveaux trous, et lorsqu'on est assuré de la continuité de la masse , on procède à Tenlèvementdes sables qui la recouvrent : à cet effet , on donne aux parois de Texcavation la forme de banquettes dont chacune a 6 mètres de hauteur , et le talus nécessaire pour prévenir les éboulements. Les déblais sont transportés dans Texcavation la plus voisine qui a été abandonnée. Sur chaque banquette on pratique une rigole qui conduit les eaux à une des extrémités où elle est reprise par une pompe ou tout autre mécanisme qui rélève sui* la banquette supérieure. Arrivé à la roche, Touvrier tâte la roche et trace sur une partie qui n*a point de défauts, une cir-
(1) Les détails suivants sur Texploitation des meules sont empruntés, à un Mémoire de M. Dufrénoy.
iO# QHAFITRfi W,
conférence dont le rayon est égal à celui de la meule. H pratique ensuite au pic une entaille circnlaire dont la profondeur verticale eat égale à Tépalsseur que la meule doit avoir. Le pouitoor Tertieal du cjrliadre^ni aiaû dégagé, il f«ste à le détacher de «a base, k cet effet, on pratique tout autour de celle-ci une rainure de 0",45 à Q^fiO de profondeur , comprise dans un plan horizontal. On enfonce dans cette rainure, sur plusieurs points du contour à peu près équidistants , des coupb» de coins apfNiyéf l^n «OBtre l'autre entre lesquels on en insinue un troisième qui est plus long. On frappe ensuite en tournant sur les tètes de tous les coins du milieu , avec précaution , et on détaeli« ainsi la meule ée m base.
La meule détachée est retirée de rexcavalion. pour «ela , ou a ]^- Uqué sur un des côtés de ceUe«ci , luie raape ou plan iaclioé , air lequel on un mmUer la jneule, en la jx>saat sur des rouleaux , et la tirant «1 Taidede câhles et d'un treuil, ou sinplement à hrasd'hoinaes.
To}iif» ks meules ne sontjia^ d'un seul bloc ; le plus grand aonbre d'entre eJbes sont composées de plusieurs carreaux coovenaUeweiit taillés et réunie par un cercle m for, avec plAtre fioulé dans les jointe 4e3 carreaux.
fr. e.
Le prix payé à rpuvrier pour une wevle entière éfoaucbée, ayant 6 pieds de diamètrç et 14 pouces d'épaisseur, est de 150 >>
l;es autres dépenses sont :
Drmt au propriétaiie «lu eol , 4le U àStfr f3 »
Raçbevegede^tteuleeenlièpes 18 «
Frais d'outils ppur le raçh«vage« »
Prix lûtdl de la meule diwe sut plaee. ... 197 •
A Montmirail on ejstime çomm sviii les dépenses d'extraction :
fr. c.
Elnlèvement dA& déblai» 4Vi coufrepi U p«^ro , 15 jours
à2fr. 50 c 37 50
Coupe de la meule , 15 jours à 3 f r i5 »
Frais d'outils pour la coupe 25 »
Extraction delà meule 10 »
Droit au propriétaire du sol 30 o
Raehevage des meules , 8 Jours à 9 fr 24 »
Outils pour le rachevage 1^ »'
MwqMP , pWtrage , pe r(4g» de l'œil 1^
itaat an carmin, ifs ont orétnaipement de 14 à l« p<mces de fcMg, sor a à de lM*9e el e à 7 d'épaii. fl en entre âe 56 à 40 dams ta conqpesifioi d*ttne meule.
ExpioUaHon dn mines en sacê,-^ les^ines de fer en grains se troa- Tem «ouv^nttr^s-prèsde ta «nrfece àa sol, soit en couches assez régulières, soit remplissant des cavités de forme irrégulière existantes à la tarfeoe du calcaire inférieur à la terre végétale. Dans le Ben y et le Nivtrnate, ces minerais sont «xploitées à ciel ouvert. Après s'être assuré de reKtstence du asinerai, on «lève les terres que fou transporte dans ooe «xcavation voisine : puis Ton extrait le minerai de fer en donnanl aux parois derexcavation la tourne de banquettes ou gradins. La pelle et la pioche suffisent ordinairement à ce travail.
Les eaux gênent peu pendant Tété, parce qu'elles s'écoulent en partie par les fissures du calcaire inférieur, et c'est surtout pendant celte saison qn\m se livre à r«xp1oitation des minerais qui sontlavés pendant h saison pluvieuse. A cet effet , les minerais à laver sont transportés près tTune ancienne excavation remplie d^eau. On élève, au moyen d'nne pelle , ou d*un seau à bascule , Peau nécessaire au lavage , qui rentre ensuite dans la fosse en entraînant le limon dont elle 8*est chargée et qui sert en partie à recombler fexcavation.
Les mines de fër en grains de Poisson (Haute-Marne) ont été exploitées à ciel ouvert jusqu'à 50 mètres de profondeur: elles sont situées dans une montagne calcaire à assises horizontales. Les parois de l'excavation sont très-solides , quoique coupées à pic , et les eaux trouvent un écoulement naturel dans les fissures du terrain.
lExploiiaiîondes minerais d*étaind*allumon. — Des exploitations d'étain d'alluvîon sont ouvertes dans plusieurs vallées du comté de Comwall 9 ainsi que dans les vallées des montagnes de la Saxe qui renferment des filons d'étain.
Dans le comté de Cornwall , les streamworks les plus importants sont situés dans une vallée qui débouche dans la mer au port de Peutowan , près Saint-Austle. Le fond de cette vallée renferme des couches d'âlluvion formées principalement de sable et d'argile , lesquelles reposent sur le killas ou la grauwacke qui constitue les montagnes voisines. Les parties inférieures de ce dépôt renferment des galets d'étain oxydé pur , et d'autres galets contenant de l'étain oxydé disséminé. Dans un de ces streamworks que j'ai eu occasion de visiter , l'épaisseur du dépôt d'âlluvion est de 5 à 6 fathoms , 50 à 56 pieds anglais. La couche de sable contenant les galets stanifères , qui a 4 à 5 pieds d'épaisseur, est à la partie inférieure du dépôt ; les couches supérieures ne contiennent point du tout de minerai.
30a CHAPITRE lY.
kVLffig Zy PL Xlli , est le coars d*eau qui a été détourné tur on des côtés de la vallée et endigué avec soin. BCDE est l'excavation; trois côtés sont taillés en gradins ou banquettes qui ont 1 1/3 à 3 piedl de hauteur : le quatrième côté est formé par le talus naturel des déblais qui remplissent Texcavation provenant de Texploitation anté« Heure.
Au milieu de ces déblais, on a ménagé un puits P au fond duquel est un puisard où se ramassent les eaux qui découlent le long des parois de Texcavation , lesquelles servent d'abord au lavage des minerais , et sont ensuite conduites au puisard par un aqueduc en pierres sèches ménagé sous les remblais. Ces eaux sont extraites du puisard P par des pompes mises en jeu par une roue à augets qui reçoit les eaux du cours d'eau AR.
Le déblaiement se continue en remontant le cours d'eau , en même temps qu'on exploite au fond de l'excavation le sable stannifère. Les déblais sont conduits à la brouette de l'extrémité BE de l'excavation k l'extrémité Cl) où on les jetle. Les brouettes peuvent circuler sur les banquettes ménagées sur les faces latérales qui sont à cet eSet couvertes de planches. On a ménagé sur les banquettes des rigoles qui reçoivent les eaux découlant des parois de l'excavation , préviennent la dégradation des banquettes , et conduisent ces eaux au fond de l'excavation , où elles tombent à la tète d'une large caisse en bois ouverte à la partie postérieure, et dans laquelle on jette les sables stannifères. On délaie ceux-ci dans le courant d'eau qui entraine les matières stériles , et laisse les morceaux d'étain oxydé. Les eaux entraînent les sables stériles , et les déposent dans des bassins qu'elles traversent , avant d'entrer dans l'aqueduc qui les conduit au puisard. Les morceaux restés dans la caisse sont triés en morceaux massif^, et morceaux qui doivent être bocardés 'et lavés de nouveau. On extrait les uns et les autres séparément du fond de l'excavation. A mesure que l'exploitation remonte la vallée , on continue Faqueduc qui est sous les déblais , et qui conduit au puisard les eaux qui ont servi au lavage. On emploie à construire les murs de cet aqueduc les plus gros galets stériles qui se trouvent dans les couches inférieures du dépôt.
Les terres déblayées sont conduites à la brouette à une distance de 150 fatboms environ. 11 faut 130 brouettes à peu près pour contenir 1 fathom cube , ou (en mesures françaises) 31 brouettes pour contenir 1 mètre cube massif.
Quelques-uns des anciens s^ffenwerks de la Saxe et de la Bohème étaient situés sur le penchant de collines à pente peu considérable. On
EXCAVATIONS A CIEL OUVERT. 9tô
n'avait pas alors besoin d'épuiser les eaux qui servaient au lavage des minerais , et qui s'écoulaient naturellement à la partie inférieure de la fosse.
EûfplaUah'on de la tourbe.
Origine dei tourbes. — Les tourbes sont des dépôts de combustibles recouverts par des terrains de formation tout à fait récente , et le plus souvent par des assises d'une petite épaisseur de sables, de cailloux roulés et de terre végétale. La tourbe provient de la décomposition des végétaux et principalement, à ce qu'il parait, des plantes herbacées aquatiques et des fouilles d'arbres. On a trouvé , dans certaines tourbières , des troncs d'arbres entiers du même genre que ceux qui croissent actuellement dans la contrée où elles existent , ce qui prouve que la nature du climat n'a pas changé sensiblement , depuis l'époque de la formation des dépôts tourbeux. On y a trouvé aussi des instruments d'agriculture, des médailles , qui prouvent leur origine récente. Enfin Use forme encore de nos jours, dans certaines vallées marécageuses , aux dépens des plantes aquatiques qui y végètent , une espèce particulière de tourbe de qualité inférieure. C'est ce qui a lieu dans la vallée de la Somme, depuis le canal Crozat jusqnes à Amiens , où cette tourbe qui sert au chauffage des habitants, porte le nom de bousin.
Situations des dépôts tourbeux, — Les dépôts de tourbes se trouvent dans les vallées des rivières qui ont une faible pente , telles que celles des départements du Pas-de-Calais et de la Somme , les vallées de l'Essone et de la Juine (Seine et Oise), Ta vallée de la Loire près de son embouchure , les plaines de la Hollande. On en rencontre aussi à une grande hauteur sur des plateaux de montagnes qui sont aujourd'hui dépourvus d'arbres , et en général sur la ligne de partage des eaux entre deux bassins de rivières ; telles sont les tourbières du Champ-du-Feu , du Yaltin, etc. , dans les Vosges, celles du Dartmoor-Forest (Devonshire) , et du comté de Monmouth, de Durheim et Schwenningen , près des sources du Necker , et sur la ligne de partage des eaux entre cette rivière et le Danube, du Vichtelgebirge en Bavière , etc.
Qualités diverses de la tourbe, — Les bancs de tourbes sont quelquefois d'une épaisseur considérable. Le plus souvent alors la qualité de la tourbe varie avec la profondeur à laquelle elle est située. Ainsi, dans les vallées de l'Essone et de la Juine , où la tourbe n'est guère recouverte que par 0n,65 de terre végétale au plus , et où l'épaisseur de la tourbe varie en général de 2 à 5 mètres , le premier mètre est
S04 CBAPITRE IV.
de la Umrbe légère , S(n>a^^^ > etiffMiièlée d« tiges de roseaux , de joties et de filamenU végétaux ; au^^ssdus , et jttsqu^à l",t$9 ou ^ mètres de profondeur , on trouve de la tourbe plus serrée , plus pe^ santé et plus noire que la précédente , mais encore fortement entrelacée de fibres de végétaux , quoiqu'elle renferme peu de roseaux et de joncs. Plus profondément , les vestiges végétaux disparaissent , et la tourbe est noire et compacte. En général on peut distinguer les taurbes en trois classes: la tourbe mousseuse analogue au bou£md% la vallée de la Haute-3oaune ; la tourbe ttoyenne , plus compacte que la précédente, nais moins que la variété qui suit, de couleur bran clair , renfermant des vestiges de végétaux reconnaissabl«s , en plus ou moios grande quantité ; la tourbe noire et compacte qui se trouve ordinairement à une plus graade profondeur , et à la partie tout à lait inférieure du dépôt.
Indicée deVexistence des dépàU tourbeux, — L'existence de la tourbe est généralement indiquée par la nature tremblante du wA. qui la recèle. On reconnaît d'ailleurs Tépaisseur des bancs au moyen de la sonde du tourbier que nous avons déjà mentionnée. C'est une simple tarière demi-ouverte d*un diamètre de 6 à ^ centimètres , fixée à un manche de 5 à 6 mètres de longueur » sur lequel sont «karquées des divisions de SO en 30 centimètres : on renfonce dans le banc tourbeux de 30 centimètres à la fois ; on la tourne ensuite dans le trou de manière à ce que la tarière se remplisse , et Ton retire une isaroite qui fait connaître la nature de la tourbe : on replace la sonde dans le même trou , on renfonce encore de 30 centimètres, on retire une seconde carotte , et on reconnaît ainsi le banc entier, par couches successives de 50 centimètres de hauteur. Cette hauteur est celle des prismes de tourbe que Ton exploite et auxquels on donne le nom de pointée.
JDiûers modes d'exploitation* -^ La tourbe est toujours assez tendre pour pouvoir se couper facilement à Taide d'un instrument tranchant : elle peut être coupée à pic sur une assez grande hauteur^ sans qu'on ait à craindre d'éboulement à cause de la ténacité de la masse due à la présence des filandres végétales qui la traverseiit en tout sena , pourvu que l'on évite de charger le sol sur les bords des entidlles , oe qui déterminerait le gonflement et ensuite l'^oulement des tourbes , à cause de leur mollesse ; aussi faut-il avoir soin de ne pas déposer sur les bords des entailles les terres qu'on a enlevées , pour mettre à découvert les bancs de tourbes.
Les dépôts de tourbe s'étaht formés au sein d'eaux stagnantes dans des dépressions naturelles du sol, il arrivera assez rarement qu'il soit possible d*ouvrir , sans trop de frais , des rigoles par lesquelles les
eaux de Texcavatioa puissent 9'écouler de manière à laisser k see le sol sur lequel le bauc de tourbe repose. Si ces rigoles ou petites galeries d'écoulement peuvent être exécutées, rextraction de la tourbe se fera sans difficulté au moyen de Tinstrument appelé louebet à aileron. Le même mode d'exploitation est encore suivi lorsque les eaux affluentes dans les excavations , au-dessous du niveau des rif^oles d'épuisement, sont en asse^ petite quantité pour qu^on puisse , avec une faible dépense , suppléer, par leur épuisement au moyen de seeaux ^ bascule, de petites pompes en bois« do vis d'Archimède ou autres machines analogues, au défaut d'écoulement naturel* Mais si les eaux aCBuentes sont en quantité considérable , ee qui arrive souvent , on renonce k les épuiser , et Ton ^ploite la tourbe sous Teau y au moyen d'instruments convenables pour cela, et qui sent difiKrenis , suivant la profsoadeur de l'eau e^ le degré de consistance de la tourbe.
JS^h^aotion de9 taurlm à wc. ^ L^exploitation de la tourbe, dans le cas où Vf ntaiUe esft asséchée par une rigole d^éooulement ou des macljkines d^êpuisement, ne présente aucune difficulté. On tract dV bord ^ la surface du sol les limites de Penlallle que l'on veut faire. Les dimensions de celle-ci doivent être réglées de manière que Touvrler qui extrait la tourbe au louchet , puisse facilement jeter ft un homme qui se Uent sur le bord , les mottes de tourbe que celuM doit porter $wt le pré, où elles doivent être séebées ; il ftiut pour cela que la largeur de la fesse n'excède pas 5 mètres. Sa longueur peut d'ailleurs être que)eoiK|iie , de sorte qu'elle a ordinairement la forme d'un fossé de 8 mètres de large. Pant la vallée de la Somme ; on a l'habitude é^ouvrir ilo petites fosses carrées qui n'ont que S mètres de oété. On HMt la tourbe à découvert dans l'enceinte de ce carré: la terre enlevée qui est ordinairement de bonne nature, est mise de côté, pour être portée ultérieurement sur des terrains qui seront ainsi amendés et bonifiés. La tourbe étant découverte , on creuse avec une bêche ordinaire, à Tun des angles A du carré , fig, a. Pi. XÏI^ une entaille prismatique , de 80 centimètres de profondeur; deux ouvriers attaquent la tourbe, l'un sur la ligne dh , l'autre sur la ligne aih , en marchant le premier de a vers è, l'autre de a' vers h. Ils se servent pour cela , du Itmch^ à aOuron^ fiff.9ù, FI, IX 9 c'est une bêche armée d'un aileron dent le plan forme un angle légèrement obtus avec celui du fer ; le f^r a 30 centime* trea de long , et 8 centimètres de large ; l'aileron a^également 8 centimètres. Le louchet du tourbier coupe ainsi sur deux faces, et chaque ouvrier détache successivement une file de prismes de tourbe de 30 cen*timètres de haut, qui ne tiennent plus que par leur base, lorsqu'ils ont ét4 coupés par le louchet. Ils se laissent iaciienient détacher de leur
im CHAPITRE IV.
base 9 et le tireur les jeU e à mesure à un autre ouvrier placé sur les bords de Tentaille, qui les reçoit et les range dans une brouette destinée à les transporter. Quand les ouvriers se rencontrent vers Tangle b du carré , un seul achève Tenlèvement de cette rangée de tourbe , et Taulre va reprendre une antre file.
On exploite ainsi le banc de tourbe à la surfoce , sur une hauteur d*ane pointe. Quand on est pressé , plusieurs tireurs peuvent travailler dans la même entaille , et la tourbe est alors exploitée par banquette ou gradins. Ainsi , quand la première pointe est enlevée sur une étendue suffisante , deux autres tireurs peuvent commencer Tenlèvement d^une deuxième pointe, et ainsi de suite.
Le tireur peut Jeter les tourbes à Touvrier chargé de les recevoir sur les bords de Tentallle , d^une profondeur de 10 à 12 pointes , S mètres à S»,60. A une profondeur plus grande ^ il faut placer un ouvrier intermédiaire qui les reçoit du tireur et les jette à la surface.
Lps eaux doivent toujours être épuisées au niveau de la banquette la plus basse sur lequel se tiennent les ouvriers , et quand il en arrive en quantité notable , il importe de placer beaucoup d^ouvriers à la f6is, pour hâter Topération.
Cette première entaille étant ainsi tourbée jusqu^au sol du banc ou du moins jusqu'à la profondeur à laquelle on peut atteindre , sans trop augmenter les dépenses d'épuisement , on en ouvre une seconde contigue à la première , à moins que Ton ne craigne d'amener par là une trop grande affluence d'eaux , auquel cas il arrive souvent que la seconde entaille , en tout semblable à la première, est tenue isolée de celle-ci. Cette méthode a rinconvénient de laisser perdre une grande quantité de tourbe.
Extraction delà tourbe souê Peau^ au grand louchet. — Lorsque Taffluence d*eaux est trop considérable pour qu'on puisse continuer au louchet l'extraction de la tourbe jusqu'au sol qui la supporte, on peut achever l'extraction sous l'eau , au moyen d'un instrument appelé grand louchet, représenté /2^. 31 , PI. IX, Il diffère du petit louchet , en ce qu'il est tranchant sur trois côtés et qu'il a la longueur de trois à quatre tourbes. Pour qu'il ne soit pas trop lourd , le fer n'en est pas plus long que celui du petit louchet. Il est accompagné de deux ailerons , un de chaque côté , dont les plans sont perpendiculaires à celui du fer. Au-dessus du fèr et des ailerons est un grillage en fer mince , formé par deux bandes verticales liées aux aUerons , près de leurs extrémités , par des rivets , et des bandes ou plutôt des doubles équerres horizontales équidistantes qui se lient aux premières, et au manche de l'instrument (Journal des minée y vol. XXXII,
EXGAVATIOIfS A CIEL OUVERT. 207
4^. 960 , et BnlieHn de ta soc. d'encouragement , n» 36 , p. »20 ; n" 74, p. 201 , août 1»10, elno 88, p. 272 , octobre 1811). Cet instrument est muni d'un très-long maaebe qui permet d'aller puiser les tourbes à une profondeur de 25 à 26 pointes sous Teau.
Pour extraire au grand loucbet , il faut que l'ouvrier puisse voir la partie supérieure du banc dans lequel il enfonce son outil bien ver- Ucalement de la longueur de l'instrument; à cet effet , le manche de celuLci porte des marques équidistantes et dont l'intervalle est égal à la longueur des prismes que l'on enlève à la fois. On remet l'instrument plusieurs fois de suite dans le même trou , jusqu'à ce qu'on soit arrivé au sol du banc.
Pour commencer le travail , il faudra pratiquer une première entaille sur toute la profondeur du banc , afin de dégager la masse de tourbe sur une face. Cette entaille serait , je pense, très- facile à faire au moyen d'une grande tarière de sonde de 50 à 60 centimètres de diamètre, au moyen de laquelle on forerait avec facilité dans le banc un trou circulaire que Ton rendrait ensuite carré à l'aide du grand loucbet.
Le tirage au grand loucbet exige de l'adresse et de la force. Cependant, l'ouvrier n'éprouve de fatigue, pour soulever le long prisme de tourbe , qu'au moment où son instrument sort de l'eau ; il doit avoir soin de l'incliner en le soulevant de manière que le parallélipipède de tourbe soit contenu dans le cbâssis; il le passe à un ouvrier qui le reçoit à la main et le divise en trois ou quatre morceaux ayant chacun la longueur d'une pointe.
On a proposé également d'employer un autre instrument, consistant en une caisse ou boîte à jour , fixée au bout d'un long manche , fermée et tranchante sur trois faces; sur la quatrième face est aussi une lame tranchante mobile dans deux coulisses verticales, et que l'on abaisse lorsqu'on a enfoncé l'instrument dans la tourbe. On donne à la caisse la longueur de deux tourbes et aussi la largeur de deux tourbes, de sorte que l'on retire 4 pointes à la fois , comme avec le grand loucbet {Journal des mines, V4>L XXXII, p. 261.)
M. Gillet de Laumont rapporte que , dans la vallée de l'Esonne , où l'on a fait usage des trois genres de louchets que nous venons de faire connaître, un ouvrier tirait au petit loucbet 32 pointes de tourbe par minute, et qu'il en tirait seulement 16, dans le même temps , au moyen du grand louchetou de la caisse à 4 tranchants. L'avantage de ne pas être obligé d'épuiser les eaux peut compenser, dans certaines circonstances , le désavantage du grand loucbet sur le petit , eu égard à la rapidité de l'extraction.
^06 CHAPLTRB IT.
La meilleuK rnavche à fuWre pdor exploiter les dépôts de totnrbas exisUnto dans des Tattée», coBsiste à les exploiter par tranchée» ou fQS«és longitudlBanx de 9 à 4 mètres de large , ouverts à partir âa bas de la vallée , et à enlever la tourbe en remontant. Les premières entaittes faites à la partie basse de la vallée servent de puisard pour reeevoil* leseanx des entailles suivantes: qasDé une première tranchée est épttisée, on en ouvre une autre parallèle, immédiatement à côté, ou du moins le plus près possible de la première.
Étendage et séchage des tourbes. — Les tourbes extraites doivent étK séehées avant qu^on puisse en faire usage ; pour cela , il faut qu^elles soient exposées sur toutes leurs faces à Faction de Pair et du soleH : cela exige que Textraction des tourbes soit commencée au printemps et fàile avec rapidité , de manière que la dessiccation soit terminée avec le mois de septembre ou d^octobre. Dans les pays de hautes montagnes , tels que les Vosges et les Alpes , la saison sèche, a une durée moindre , et le séchage des tourbes esl par là. rendu plus difficile.
L'ouvrier qui reçoit les tourbes des mains du tireur les pose avec soin dans une brouette placée à côté de lui ^ et conduit la brouette , quand elle est remplie , au lieu de Tétente ; la brouettée est habituellement de 15 tourbes : il ne faut pas en mettre plus, de crainte qu'elles me se brisent.
On choisit, pour étendre les tourbes, une place çècbe, plane et rapprochée de Ventailte ; la surface de Tétente doit être suffisante , et Ton compte qu'il faut une surface d*un hectare pour étendre les tourbes extraites dans une surface égale sur la hauteur d'une pointe ; en d'autres ternes , que la surftice de Tétente est égale à celle de l'entaille , nulti^^ée par le nombre de pointes qut)n extrait sur une même vertieale.
Le contenu de chaque brouette est mis sur la place d'étente en un petit ta« eontenant 15 tourbes , appelé pilef ou renietet Ces petits tas sont 8é|)aré6 l'un de faiilre par une distance d*une demi-semelle, pour que l'air puisse librement circuler tout alentour.
Quand les tourbes , mises ainsi en petit tas , sont couennées , c*est- ^-4lre , lorsque la surface a acquis une consistance assez forte , on reprend les tourbes pour les mettre en tas de ^. Dans la construction de ces nouveaux tas appelés cantelets ou catelets , on a soin de placer au-dessous les tourbes qui étaient dessus dans les pilets, et réciproqueiBent. Les eaotelets sont plus distants l'un de l'autre , et les leurbes sont posées do façon à laisser entre elles de grands vides pour la circulation de l'air.
EXCAVATIONS A GJEL OUVERT. 20t)
^ tûui^.d^^iit«l«t&élaBl bitiicoueiiiiée, ion la met en lanternes^ «« mimis Ml 60 kaies , po«r termina la dessiccation.
Qoapf^Ue Untetnesdet tu coniques. Le cercle extérieur de la base est formé de 7 à 11 tourbes, placées cireulairement à côté les unes des autres, sur lesquelles- on élève en retraite d'autres rangées circulaiseft d^. iour^bes , en remplissant le vide intérieur avec des tourbes ^8n s^clkes : la lanterne se termine au sommet par une seule tourbe.
Oii apfielle monts des tas allongés de e%65 de large et 0«,80 de IVMlt^ Les fac»a latérales sont inctoées, et le centre du tas est aussi rempli de towrbes sèches.
1^ Mm a» forment en posant sor le sol uiie double rangée des t/mkes \d$: plus sèches;, deboul et adossées Tune contre Tautre; sur cette base , on élève ensuite une muraille de tourbes couchées qui n*a <pe répaisseur d'une tourbe, et qu*on monte à 0«,<(5 ou 1 mètre de hauteur. Pour que cette nmiraltte puisse se soutenir , malgré son peu d'épaisseur , on la dispose en zig-zag.
La dessiccation étant poussée assez loin , on procède à Tempilage des tourbes.. Il est essentiel d'empiler. à propos; si l*on empile trop tôt, la tourbe humide ne se dessèche jamais complètement : eHe s'échau£Fe , et Ton est obligé , dans tous les cas , de désempiler au printemps suivant, et d'étendre de nouveau. Si Ton empile trop tard, la tourbe s'est déjà brisée par une dessiccation trop prolongée ; elle se brise et éprouve un déchet considérable.
La tourbe , suivant sa nat|ire, d^Mt être empalée plus M ou plus tard. Ainsi , p qtur cello qui esl entr^èlé^ de beaucoup de IBandres et 4er4^bris4e végétaux, OAn'a point à craindre une dessiccation poussée tarop loin ; celle ^u coiilrâire qui est compacte et homogène , est pluf wôette à se fendre , à teoher en débris, et doit être empilée veile plutôt que àèche.
h^ piles de tourbes ont des dimensioiis fixées par les usages locaux, et BWt la mesure eommereiale usitée. La pile du département de la ^mme est d^ il métras cubes environ ; la pile de Paris est de 16 à 17 mètres cubes; elle a la forme d'une pyramide tronquée à quatre faces. Les dimensiOBS de la base inférieure sont $"»,5^ de long sur 2» ,93 de large ; de l? basé supérieufe , 4"»,87 sur 9tt,9r ; la hauteur est de ln,50. Cette pyramide se termine par un comble ée tourbes entassées sur a»,6^ de hduteur. verticale. Les murailles s'élèvent en empilant les tourbes ^ relr^te Fune sur l'autre ; on remplit llntérieur de tourbes à la main ; on a soin de placer les plus sèches dans l'intérieur , et les
moins sèches dans les murailles et sur le comble. l.es piles, quand eHes doivent passer sur le pré une partie de l'au- TOHE I. 14
210 CSAPITRE IV.
tomne et surtout Thiver ^ doivent être couvertes; autrement les pluies et les gelées produiraient un déchet énorme. On couvre les piles , en Picardie, avec de grands roseaux sur les côtés , et de la litière ou du chaume sur le comble. Les mêmes roseaux et la même litière peuvent servir pour deux ou trois campagnes , sans grand déchet.
Retrait des tourbes par iu dessiccation. — Les tourbes extraites au louchet éprouvent, par la dessiccaiion, un retrait variable , et qui va quelquefois jusqu'à :^ du volume primitif. Ainsi, les tourbes du marais de Bréles, près Beauvais , ont , après la dessiccation , 7 pouces 5 lignes de long , sur 3 pouces 6 lignes en carré. (Garnier , j^nn, des Mines ^^ série , 1. 1^ p. 51-). £n général , le retrait est moins considérable , et le volume , réduit par la dessiccation est évalué moyennement aux I du volume de la tourbe humide.
. Le poids du mètre cube de tourbe en mottes empilées sans ordre est aussi très-variable. Ainsi , on trouve pour le poids du mètre cube :
Kil.
Tourbe de Rothau. 560
Grouy-sur-Ourcq , tourbe mousseuse 250
Jd. tourbe compacte , après 18 mois de
dessiccation SiO
Tourbe de Brèles , pr^s de Beauvais 455
Le mètre cube contient environ 1000 tourbes.
La dessiccation n*est complète qu*au bout d'un temps très-long.
En admettant que 1 , 000 tourbes font 1 mètre cube de tourbe empilée , chaque tourbe humide ayant 50 cent, de long sur 8 cent, en carré à . peu près , 1000 tourbes humides font un volume de 2 mètres cubes environ , qui se réduisent à 1 mètre cube de tourbes sèches, il faudra donc, pour obtenir 1 mètre cube de lourbes sèches empilées , tant vide que plein , plus de 2 mètres cubes de matière tourbeuse , et Texcès variera avec la nature de la tourbe qui donnera plus ou moins de déchet à Textraction et au séchage.
Tirage de la tourbe à la drague. — Lorsque TalBBitteûce des eaux est considérable 9 que leur épuisement occasionnerait de grandes dé- . penses , et que Ton ne peut pas même mettre à découvert la surface du banc de tourbe » rextraction se fait sous Peau , à la drague. Pour Textraction de la tourbe molle , on emploie une drague semblable à Celle dont on se sert pour tirer le sable des rivières. Lorsqu'elle a assez de consistance , on emploie un cercle tranchant en tôle , fixé à l'extrémité d'un manche de bois, et au contour duquel est suspendu un
filet à mailles plus ou moins serrées , suivant la nature de la tourbe , ng. 22 , PL IX,
h^s dragues à filets dont on se sert en Hollande ont des dimensions variables dans les limites suivantes: les cercles tranchants sont elliptiques ; les deux diamètres sont 12 pouces et 9 pouces pour les plus petites, 22 pouces et 15 pouces pour les plus grandes, 14 pouces et 11 pouces pour les moyennes {Journal des Mines , vol. XV, p. 345). La largeur du fer est de 1 1/2 à 2 pouces, son épaisseur de 3 lignes. Il est fixé à un mancbe dont la largeur varie de 8 à 18 pieds , suivant la profondeur à laquelle la tourbe doit être extraite. Le filet, à mailles plus ou moins serrées , est attaché au cercle au moyen de ficelles ou de courroies de cuir plus ou moins longues et plus ou moins espacées , suivant la nature de la tourbe*
Lorsque Pexcavation a peu de largeur, le tireur à la drague se tient sur un madrier placé en travers de la fosse , ou bien appuyé d*un côté sur le bord , de Tautre sur un bateau ou un radeau amarré dans une position convenable. Dans le cas où les dimensions de Texcavation sont considérables , le tireur à la drague est dans un batelet qu'il remplit de la tourbe extraite. 11 conduit ce batelet au rivage lorsqu'il est rempli. Il existe dans le département du Pas-de-Calais un trèsgrand nombre de marais tourbeux appelés clairs , dont quelques-uns ont une superficie très-étendue , où la tourbe est extraite de cette manière. Les batelets chargés sont souvent conduits à de grandes distances par de petits canaux appelés filets, qui communiquent avec le clair. Celui des communes de Saudemont, Ëcourt, Saint-Quentin et Palluel dans la vallée de la Censée , a uue superficie d'environ 300 hectares et une profondeur variable de 1 à 9 mètres. Les tireurs vont . dans de petits batelets chercher la tourbe à cette profondeur avec dés dragues de 10 à 12 mètres de longueur {Journal (les Mines , vol. XXVI, p. 131).
Moulage des tournes molles. Dans tous les cas, la tourbe extraite à la drague ou au filet doit être moulée ; le procédé de moulage est différent, suivant le degré de consistance de la tourbe. Lorsqu'elle est tout à fait molle , on forme sur le pré d'étente , dans une partie bien horizontale , un encaissement rectangulaire avec des planches de 7 à 13 pouces de hauteur, maintenues par des piquets. On jette dans cette enceinte la tourbe molle ; l'eau est en partie absorbée par le sol , en partie évaporée. Lorsqu'elle a éprouvé un commencement de dessiccation, on trace sur la surface du tas de tourbe deux systèmes de lignes se croisant à angle droit qui divisent la masse en parties prismatiques ayant un pied carré de base. Quand la dessiccation est encore
pins avancée , on lève la eouche de tourbe , qui se divise naturellement en carreaux , que Ton empile pour compléter la dessiccation.
Lorsque la tourbe , quoique molle , a^est pas suffisamment liquide pour pouvoir être étendue ainsi sur le sol , on lui donne une ferme régulière dans des moules semblables à ceux du briquetier, fermés sur une des deux larges faces par un treillage en osier : la tourbe est portée en brouettées près de la place détente , et le mouleur remplit son moule , qu^il vide sur le lieu de Tétente.
Quelquefois la tourbe est délayée avec de Teau avant le moulage ; dans ce délayage , on ajoute simplement assez d^eau pour que la tourbe puisse se réduire en pâte ; on la démêle avee les mains ou avec uae fourche à trois dents pour en extraire les plantes ou les fragments de bois non décomposés; on comprime ensuite cette tourbe dans un moule avec les mains ou les pieds. On obtient ainsi une tourbe plus compacte et plus homogène, mais quia supporté les dépenses d^ne manipulation de plus. On démêle et on délaye ainsi, non-seulement des tourbes extraites à la drague ou au filet, mais encore quelquefois des tourbes extraites au louchet.
Tirage de la tourbe en Hollande. — te procédé de moulage que nous venons dindiquer est usité dans les provinces de Hollande et d^Utrecht, où les tonrbages sont exécutés avec beaucoup de soin et de régularité. Voici la description de cette opération, diaprés un Mémoire publié dans le Journal des Mines^ vol. XV, p. 837 et suiv.
Les tourbes sont assez homogènes et contiennent peu de débris de végétaux non décomposés.
On ouvre dans le terrain un fossé ou petit canal de 4 à 6 pieds de large en ligne droite, que l'on met en communication avec le canal navigable le plus voisin , ce qui est presque toujours focile en Hollande; on découvre la tourbe et Ton rejette sur un des bords de la tranchée les terres dont Tépaisseur est de 1 à 2 pieds.
Toute la tourbe extraite de cette fosse doit être placée sur fanire rive du canal. On piétine Therbe sur cette rive, où doit être répandue la tourbe presque liquide, et si le terrain a d<^4 servi à cette opéntion, ou s*il a élé fauché, on y étend un peu de foin.
On place à 3 pieds du bord du canal ub baquet ayant 4 pieis t/a de Isurge, 7 pieds 1/2 de long. Us rebords , qui ont 1 pied de hauteur, sont évasés et forment avec le fond un angle d'environ 120 degrés ; les rebords et le fond sont liés par des équerres en for , dont chacune a un œil ou anneau servant à traîner le baquet. Celui-ci est posé de maiûère que sa longueur soit parallèle à Taxe du fossé. Le tireur Jetle dans le baquet la tourbe quil peut extraire au louchet.
Un ouvrier placé wr le bor4 briie cette tourbe avec «e§ fuede ou à Taide d'uae petite lèurclie , la délaye en joutant une quantité d'eau suffisante qu*ll puise dans le eanal avec un seau à bascule; il la piétine ainsi , la mêle avec un rabot semblable à celui dont on se sert pour faire le mortier, extrait les débris de végétaux non décomposés ^ les corps durs, etc» Quand le baquet est rempli d'une bouillie de tourbes, il la puise avec une écope et la verse sur le terrain contigu } il forme ainsi un tas de tourbe dont l'épaisseur est de 13 pouces envi* ron^ et dont la largeur dépend de la quantité de tourbe qui peut être extraite sans déplacer le baquet. Cette largeur est limitée par des planches maintenues par des piquets qui empêchent la tourbe de s'étendre trop loin. Elle n'excède, pas en général, 30 pieds.
Lorsque le tireur à extrait toute la tourbe qui peut être enlevée au louchet, et que la surface du banc est couverte d'eau , il place en travers du fossé un madrier portant par ses extrémités sur tes deux rives, et il extrait à la drague^ ou plutôt au filet , le reste de la tourbe jusqu'au sol du banc. Toutefois, si le banc est très-épais , il n'extrait la tourbe que sur une portion de sa hauteur suffisante pour couvrir de tourbe en bouillie, sur une largeur de 50 pieds au plus , le terrain contigu à la rive du canal où est placé le baquet. Il abandonne le reste de la tourbe qui sera extrait dans une autre campagne. Il a soin seulement d'approfondir uniformément le canal , de manière qu'un bateau puisse y naviguer partout.
Cela fait, on avance le baquet parallèlement à la rive du canal , en remontant, de manière à l'établir à 6 ou 8 pieds de distance en avant de sa première position.
0|iérant de la même manière , on enlève encore la tourbe dans le fossé, et on approfondit l'entaille au louchet et à la drague, au même point que l'entaille voisine. Le mouleur a toujours soin de ne verser la tourbe en bouillie qu'à côté et en arrière du baquet, jamais en avant, parce que cela gênerait l'avancement du baquet.
Le lit de tourbe en bouillie est réduit à une épaisseur uniforme au moyen de larges pelles et de battes , qui servent aussi à le tasser et à Tunir.
Au bout de quelques jours , quand le tas a éprouvé un commencement de dessiccation , des femmes et des enfants marchent dessus, en ayant à leurs pieds, au lieu de chaussures , des planches de 6 pouces de large et 13 à 14 pouces de long. On continue ce piétinement, jus. qu'à ce que le tas puisse être inarché avec les pieds nus. Alors on le lasse de nouveau avec des pelles ou des battes. Son épaisseur est ainsi réduite de 13 à 8 ou pouces.
214 CVAPITBE IV.
On trace aion à sa surface, à Taide de grandes règles, deux systèmes de lignes rectangulaires distantes de 5 pouces Tune de Tautre.
Après ce tracé , <m essaye avec une bécbe le degré de dessiccation du tas , e,t quand elle est poussée assez loin, on divise le tas ayec la bècbe, en suivant les lignes tracées. On laisse sécher ainsi les tourbes. Jusqu'à ce que leur consistance permette de les déplacer. On place alors les tourbes de deux rangées longitudinales , par dessus celles d'une troisième rangée. Quand les tourbes ainsi empilées sont assez desséchées , des femmes et des enfants renversent les tas, mettant dessus celles qui étaient dessous et inversement ; quand enfin les tourbes sont suffisamment sèches, on les met en piles sur les lieux, ou bien on les transporte dans les magasins , ce qui peut se faire ordinairement à peu de frais , au moyen de petits bateaux qui vont sur le canal tourbe , et de là dans le canal navigable. Le même canal sert aussi à transporter les terres amoncelées sur la rive opposée à celle de rétente, aux points où elles peuvent être utilisées.
L'entaiHe ou canal que nous avons décrit étant épuisé dans une ou plusieurs campagnes, on trace sur un des bords une ligne parallèle à la rive et distante de celle-ci de 4 pieds. On découvre la tourbe de cette bande, et Ton jette immédiatement les terres dans les batelets qui les transportent aux points où on veut s*en servir. La tourbe est ensuite extraite au louchet ou à la drague, et traitée de même. Mais comme le canal est trop large pour que le madrier sur lequel se pose le dragueur puisse porter par ses extrémités sur les deux rives ,il est posé d*un bout sur un batelet amarré à la rive opposée à celle de rétente ou sur un radeau. On conçoit comment on peut ainsi extraire toute la tourbe d*un champ très-vaste. Lorsque la largeur du canal a atteint 22 pieds, on peut avoir un atelier sur chaque rive, et laisser encore au milieu un espace libre pour le passage des petits bateaux.
Enfin, on drague aussi quelquefois en pleine eau, en Hollande, elles bateaux dont on se sert pour cet objet ont, sur un tiers de leur longueur, des banquettes sur lesquelles se place l'ouvrier. Ces banquettes sont posées un peu au-dessous des bords du bateau. On a tracé sur leur surface plusieurs traits de scie, qui augmentent le frottement des pieds nus de l'ouvrier, et l'empêchent de glisser. L'ouvrier a soin de laver ces banquettes avant de s'y poser. On prend les mêmes précautions pour les madriers fixes que l'on place en travers des canaux.
Terre d'ombre de Briihl et Liblar. — On exploite près de BrUhl et Liblar, villages situés à trois lieues de Cologne sur la rive gauche du Rhin , un banc très-épais de combustible connu dans le commerce sous le nom de terre d'ombre ou terre de Cologne. Ce combustible
EXCAVATIONS A CIEL OUVERT. fl9
est un lignite contenant un grand nombre de fÉragmenls de troncs d'art>res qui ne sont pas totalement décomposés. On y a trotfvédes fruits que Ton a déterminés , et qui appartiement à des arbres dit genre des palmiers; ainsi ce gisement diffère tetelement, quanta TAge, des tourbes composées uniquement de débris de plantes qui croifisent actuellement dans nos elimate. Néanmoins la terre d*ombre est moulée après son extraction d*une manière analogue aux tourbes. Les moules employés sont des vases semblables aux pots à fleur , ayant la forme d^un tronc de cène , et dont le fond est percé de plu* sieurs trous. Le lignite , après la sortie de la carrière, est mis en tas. On ajoute de Teau en quantité suffisante, pour qu*il se laissefdélayer avec une fourcbe, dont on se sert pour extraire les débris de bois qui sont plus durs que le reste de la masse. On comprime ensuite dans le moule la matière, qui a la consistance d'une pâte molle, et on la retire en renversant le moule^ Puis ces pains sont entassés , pour la dessicca^ tion, en forme de muraille, et empilés; quand ils sont assez secs, on les met en tas dont la forme est celle d*une pyramide quadrangulaire tronquée.
Importance du bon aménagement des tourbières. Mode rationnel d'aménagement, -^ Le bon aménagement des tourbières est de la plus haute importance pour les contrées qui les possèdent. Les entailles tourbeuses disposées irrégulièrement et sans soin, non-seuleraent occasionnent la perte d*une très-grande quantité de combustible qui reste perdue pour toujours, mais encore elles deviennent des marais infects , qui rendent le pays très-insalubre , ce que Ton aurait pu éviter presque toujours , du moins en partie , par un meilleur aménagement.
La méthode la plus rationnelle pour extraire la tourbe d'une vallée, consiste évidemment à commencer le.tourbage par le bas et à creuser un canal qui , à mesure qu'il montera dans la vallée , la desséchera à une plus grande profondeur. Ce sera la disposition adoptée en Hollande ; le canal communiquera par le bas avec la rivière qui coule dans la vallée ; sur ce canal , pourront se brancher d'autres canaux latéraux , sur les bords desquels on placera aussi des entailles tourbeuses.
Celles-ci pourront être remblayées après ^épuisement ^ en y conduisant des cours d'eau chargés de limon , principalement les eaux torrentielles produites par des pluies abondantes. Ces eaux devront évidemment être introduites autant que possible à la partie supérieure du canal , et sortir à la partie inférieure , par dessus une digue qui force les matières en suspension à se déposer.
9\% CHâMTtB IV.
JUomiiie éH tmMlltB ont déjà été ISiUtB Irrée^ièreMetit iet sans ordredant des vaUées UNifbaiie8,aconVièiiC,aa lAdiM, pour Ménager ce qui reste , de pousser jpsqal'k épuliemeiit les entadlles existantes , ayant d'en coraménoer de nomridles , dé pftfMl» eénes-c! coAtigues aux premièfts, dans les paities de teffttes dl^ dégradés et perdus pour Tagriculture , enfin de dirfffèr ««taiM que possible ta siAfe des travaux d^une maniéré qui puisse Asvoriser l'atterrisséuient fkitur des marais , en y amenant des cours d^eaut cèatgés de Mmon qui s*jr déposera , ou leur asséebemêntau meye* de rifiM^ d*épuf sèment;
Enfin, lorsque ratterrissctaent des entafllesissIiÉipossIbie, on à cottseiUé de planter sur leurs bonis des ertnres  iafges feuHlee , tels que des platanes. On pensait que ces ffwilles réunies attx ptanféè inil^ réofl^^ses qui croissent dans les nuirais , Mterafènt la fvffntéttclk^ de la tourbe. Mais cette reproduction n^est rien «oins que bien constatée , pour les tourbes compactes , et enge an moins in espaee de temps très-considérable. Hans tous les cas, les plantations d^arbres sont utiles , parce qu*eUes fourniront un moyen de remplacer les tourbes après répuisement des entailles.
Législation des tourbières, — Un très-grand nombre de tourbières, dans le Pas-de-Calais, la Somsue, la Léire-InlFérleHrè , etc. , appartiennent à des communes, et ont dû rester incRvises , en vertu de ta loi du 20 mars 1813, qui a ordonné la Vente ^dés biens eônknmnàtix, en exceptant les tourbières et autres exploitations dont les habitants jouissent en commun; retendue du sens de cette loi a été èxpllqiiée par Tordonnance royale du 36 décembre 1M4. La loi du fit avril fS1# et le décret du 18 novembre même année ^ «Ipnikent amt ingénieill<s des mines la mission de surveiller et de diriger tous leS t^araox con' cernant Textraction des tourbes et ratterrissement des entailles tourbées. Ces fonctions leur sont surtout jpleliieilient et entièrement dévolues pour les tourbières domaniales et communales. L*ex:ptoHatibii de celles-ci doit se faire d'après un règlewsnt d'administration publique , projeté par l^ingénieur des nnnes et approuvé pd^lé mlniittre des travaux publics.
Chaque année , ringéoieur doit en outre, fixer la portion de (efraîn tourbeux qui sera exploitée par les communes , déterminer le mode d'exploitation qui se fait ordinairement par adjudication et au rabais, présenter des projets de réparations , de constructions nouvelleB , de plantations, de vente, de perception et de répartitions des fonds-, projets qui deviennent exécutoires par rauforisation du préfet du département ; il est pourvu aux dépenses nécessitées par ces travaux, au moyen d'une légère cotisation an mille de tourbes. (Inslfuction pèu^
EXCAVATIONS A GfEL OUVERT. 217
les ingteieurs en ehef des mines , du premier septembre 1814 ; Journal des Mineêj t. 37 , p. 439 et suivantes.)
Usages de la tourbe, — La tourbe sert , dans les pays où elle est abondante , au chauffage domestique et à celui des chaudières de machines à vapeur et autres. Son pouvoir calorifique est à peu près le même que celui du bois, et souvent un peu supérieur ; elle a Tinconvénient de donner une Aimée épaisse d*une odeur excessivement désagréable. La carbonisation en est difficile , et réussit beaucoup mieux en vase clos qu*à (*air libre, tes tourbes des vallées contiennent habituellement une forte quantité de cendres (de 7 à 18 p. 100), qui sont généralement employées avec avantage pour Tamendement des terres. A Beauvals , f*heetoiitre dé cendre de tourbes , pesant ^7 kilogrammes , se Vend à peu près 7S c. les téurbes des pays de montagnes isont plus pures que celtes des talléés , et sont utilisées pour les opérations métalhirgiques. Ainsi , la tourbe crue exploitée dans le comté de llfoMnouth , est employée concurremment avec le charbon de bois, pon^ l'^attlnage de la ftmte , dans de petits foyers où Ton pré<^ pare le fer destiné à la fabrication du fer-blanc. La tourbe carbonisée du Fichtel^birge est en^ployée pour la fusion des minerais du haOtfoumeau , concurremment avec le chartmn de bèis ; à Rothau , on Ta utilisée dans les foyers d'affineHe. Etifin, dâiis plusieurs rotàlilés , notaramlent à fchoux , dai^s le éépatteMeht des Latides , on lémploiè avèd sûcMs la (oàrbecfùe sécfréë pour le puddla^ de la Tonte.
SXGATATIONS SOUTB&KAXZrEA*
Dénominations diverses des excavations souterraines. —Les excavations souterraines qui ont pour but d^atteindre un gUe , pour le mettre en communication avec le jour , ou avec des excavations préexistantes , ont une section transversale de petites dimensions comparativement à leur longueur; on les nomme puits ou galeries^ suivant que leur axe se rapproche davantage du plan vertical ou du plan horizontal.
Les excavations creusées dans le sein même du gUe , pour Textrac* tion des minerais qu'il renferme , ont des formes et des dimensions va* fiables avec celles du gîte. On les nomme , en général ^ tailles ou ckatir tiers d'exploitation. On conserve le nom de puits ou galeries aux excavations allongées qui servent à découper la masse du gUe , ou à la circulation intérieure. On nomme chambres d'exploitation les tailles pratiquées dans des gîtes très-puissants , et dont la hauteur verticale diffère assez peu des dimensions horizontales.
Indépendamment des deux classes principales d'excavations que nous venons d'indiquer , on en pratique d'autres qui sont destinées soit à contenir des engins divers , tels que des manèges à chevaux des roues hydrauliques ou des machines à vapeur , qu'U est quelquefois utile d'installer souterrainement , soit à recevoir des dépôts de minerais ou approvisionnements , soit à exécuter certaines manœuvres particulières qui exigent un emplacement plus grand que celui qu'offrent les galeries ordinaires, soit à contenir des eaux, etc. Ces excavations sont désignées , suivant leurs destinations respectives , sous les noms de chambres ou cages des machines , places de dépôt , d'accrochage , de chargement , puisards ou réservoirs. Elles sont exécutées tantôt dans la roche stérile , tantôt dans le gîte , ou partie dans l'une et partie dans l'autre.
Dimensions et creusement des galeries. — Les dimensions de la
section transversale d'une galerie dépendent de l'usage auquel elle est
destinée , et sont fixées en conséquence.
EXCàVATlONS SOUTERRAINES. 210
Quand les galeries sont sensiMement horizontales , ou que le sol a une pente ascendante, les eaux affluentes s^écoulent naturellement' soit au jour , soit dans Texcavation à laquelle se rattache la galerie entreprise. Quant aux galeries inclinées en descendant , il faut pourvoir à répuisement des eaux, quand il en arrive, en même temps qu'à Textraction des déblais.
Nous traiterons d*abord des galeries horizontales ou à pente ascendante , de sorte que nous n*aurons pas à nous occuper pour le moment des moyens d'épuisement des eaux.
Le mode de creusement et les outils employés diffèrent avec la na^ ture de la roche traversée. Dans les roches dures et tenaces , on emploie la poudre, la pointerole, les coins aciérés. L'excavation une fois fiiite se soutient naturellement sans étais ni muraillement. Dans les roches demi-dures ou tendres , on emploie le pic et les coins en fer , concurremment avec la poudre. Après avoir excavé la galerie snr une étendue plus ou moins grande y suivant la solidité du terrain , il faut généralement soutenir par des étais de bois, ou par un revêtement en maçonnerie , les parois qui , sans cela , finiraient par s'ébouler« Dans les roches ébouleuses ou les terrains coulants , le boisage ou le muraillement doivent suivre de très-près , et quelquefois même précéder le creusement de la galerie.
Une galerie étant entreprise dans un but déterminé , soit pour servir à récoulement des eaux , au roulage des minerais , ou à établir des communications intérieures , on a dû fixer d'avance sa hauteur , sa largeur y sa direction , et la pente du sol. Les galeries sont ordinairement exécutées à prix fait, à raison d*une somme déterminée. par mètre courant; il importe que l'exploitant ou le : contre-maître surveille exactement l'observation rigoureuse des conditions relatives aux dimensions , à la direction et à la pente , sans quoi il arrivera tou* jours que les entrepreneurs se jetteront du côté où la roche sera le plus facile à abattre , donneront au sol une inclinaison ascendante plus fbrte que celle dont on est convenu , et feront la galerie plus étroite au sol , pour s'éviter la peine d'abattre la roche dans les angles. Or , dans les galeries destinées au roulage et à l'écoulement des eaux , la laideur au sol et la pente sont deux points de la plus haute importance. Il faut donc donner à l'entrepreneur une mesure de la largeur exigée , et un niveau de pente ; il consiste simplement en un niveau de maçon , niveau à perpendicule ordinaire , et une règle d'un mètre de longueur par exemple , dont une des faces est inclinée sur la face opposée , comme le sol de la galerie doit l'être sur le plan horixontaU Ainsi , si la pente est fixée à 2 millimètres par mètre , la règle ABGD ,
flg, 15, PL Xn^ d'un mèlre de long, aura à rexftrémité BD une épaisseur supérieure de 3 millimétrés à Tépaisseur AG» La règle étant posée sur le sol , dans la direction de Taxe , et appuyée sur la face longitudinale CD , la face AB devra être horizontale , quand Textrémité AG sera tournée vers le bout de la galerie, ce dont on s'assurera avec le niveau à perpendicule N.
Creusement des galeries dans les roches dures, ^ Dans les roches dures, les galeries sont excavées à la poudre , et avec la pointerole, ou des coins en fér aciéré. Leur section est ordinairement un trapèze , dont le côté horizontal su|)érieur est remplacé par un demi-cerele ou une autre courbe convexe vers le haut ^fig. 1 et 3, i'^. XII. On leur donne au moins 1 mètre de largeur à la hase sur t»,70 de hauteur , et le plus souvent 1">,50 de largeur à la base sw 9 mètres de hauteur, à moins que Tusage auquel la galerie est destinée n^exige des dimensions plus considérebles. SI les dimensions étaient moindres que celles que nous venons d'indiquer , le prix de Tereavation resterait à peu près le même, et le travail avancerait moins raiHdement, de sorte qu'il y aurait à les diminuer »n désavantage qui ne savait eatnpensé par aucune économie. Toutefois on donne généralement aux galeries horizontales exécutées dans des filons, ou des couches fortement inclinées, une largeur égale à celle du gtte lui-même, lorsque celleci n'est ni trop exiguë ni trop grande , c'est-à-dire lorsqu'elle est comprise entre 0n,70 et in,00. On dépasse mêiâe celle dernière dimension quand le gtté est encaissé dans une roche telle que l'excès de largeur ne diminue par la solidité 4e la galerie.
(^and on veut foire avancer le plus vite possible l'exécution d'une galerie, ayant, par exemple, 1>",60 de largeur en bas sur 3 mètres de hauteur 9 on doit y occuper six ouvriers mineurs , qui travaillent deux à la fois , et se relèvent de huit heures en huit heures , de sorte que le travail n'est jamais interrompu. Dans certains cas même , on ne fait travailler les ouvriers que pendant six heures consécutives. Le travail est ainsi poussé & quatre postes dans la journée. 11 est convenable d'agir ainsi dans les galeries où le travail serait rendu plus pénible par l'aflBuence des eaux , ou toute autre circonstance. Les déUais abattus sont d*abord enlevés à la brouette ^ et dès que la galerie est un peu avancée , il convient, si elle doit avoir une longueur un peu considérable, d'y établir, pour la sortie d^s déblais, un chemin de fer que^l'on prolonge en même temps que la galerie. Le prix du mètre courant varie d'ailleurs entre des limites très-élendues, suivant la nature j la dureté , la texture de la roche ; il est rarement supérieur à 100 Ar. , Ou Inférieur à 25 fr. L*existence de salbandes , qu de veines
lendries dans lesquelles le mineur peut Is^ire la première enlaille , facilite surtout beauçotup le travail , daus les galeries qui suivent la direction d*UDe oauebe ou d*un filoo. Voici quelques exemples.
JSs^ptpies de galeries ereu^éeê dûtu le granité. —A Vaury (Haute- Vienne) , une galerie entreprise pour des recherches de minerai d^étain, sous la direction de M. Tingénteur Manès, était exécutée dans un granité de résistance moyenne et sans fissure*; la section était de l™9l50sur 2 mètres^ et le travail était feiit par 6 ouvriers mineurs qui se relevaient de huit heures en huit heures. La dépense par mètre courant a été comme suit :
20 journées de mineur, à 1 fr. 50 c. . sa »
3 id. de manœuvre pour Textraction des déblais y àlfr 3 »
4 kilogrammes de poudre de mine, à 2 fr. 10 c, . . 8 40
Siûi,3 de chandelles, à tfr. 60 c 3 08
Entretien et réparation des outiVs, à 75 o. pour chaque
journée d^ouvrier. IS ».
Total «fi! 08
Un ouvrier mineur usait dans un poste 5 fleurets et 8 pointerolles qui étaient refoirgées et rechargées d'acier, au prix de 4 cent, par pièce , oe qui faisait 52 cent.;rusure des outils est évaluée à 23 c*
Dans la même localité , une autre galerie, exécutée dans un granité exeessIveBMnt résistant et fissuré , a coûté par mètre courant :
ft. e.
49joHniéesde mhieur, à 1 fr. SOc 07 50
3 journées de manœuvre, à 1 fr s »
Skilqgrammesdepoqdre, àSft** 10 e 10 50
4^>i,75 de chandelles, à 1 fr. 60 c. ; . , • . . . 7 60
Entretien et réparation des outils , à 75 c. par journée de
mineur 33 75
Tpjtal. ... 122 35
Cifleries cr^m^9d(^n$M9ierrain$ kouiUerê,.'^ ▲ Keche-la-Mo- Itère (Loire) » Hue ga^ie de 2 mèires de largeur sur 2 mètres de bauleur, exécutée ^ prix fait , dans un grès houiller extrêmement dm , et rempli de gros fragments de quartz, a coûté 135 tr. le mètre courant, y coiopris le trai^port dea déblaû à une distance moyenne de 40 fl«ètree« et Içvr chargement 4aas éàs tonnes câfculant dan» un puits
vertical, à partir duquel la galerie était commencée. Un mètre courant exigeait à peu près 25 journées d^ouvrier mineur , et 7i',50 de poudre de mine (la journée d'un mineur, dans le département de la Loire , se paye environ S fr. 50c .). Au prix de 155 fr. , il faut encore ajouter la dépense d'entretien des outils , qui demeurait à la charge des exploitants, etqui s'élevait à environ 10 fr. par mètre courant.
Les détails qui suivent sont relatif^ à une galerie à travers bancs , exécutée dans le terrain houiller des environs d'Alais , entre les mines de houille dites de Rochebelle et de Gendras , exploitées par la compagnie des fonderies et forges d'Alais. Je les dois à robligeance de M. Beau, directeur des mines de cette compagnie.
La galerie à travers bancs , prise au niveau de la galerie Nationale pour venir recouper les couches exploitées à Rochebelle , présentait le 30 avril 1843 le profil donné dans la fig, 2, PL XIII. Lorsqu'on l'a commencée , lés rouleurs avaient 606 mèlres de longueur à parcourir dans l'ancienne galerie, dite Nationale^ qui avait été déblayée et relevée antérieurement , sur un chemin de fer à pente variable , mais en moyenne de 0»«,014 par mètre. Cette pente est beaucoup trop forte , et, à partir du commencement, on n'a donné au sol de la traverse que 0»,005 de pente par mètre. L'effort des rouleurs pour descendre chargés est alors à peu près le même que pour remonter à vide ; le chariot que l'on emploie est à roues fixées sur l'essieu : il est de même dimension que ceux employés à l'extraction du charbon, et pèse en moyenne 190 kil. Les vases qui contiennent les déblais sont des paniers au nombre de trois par voyage, chacun d'eux pesant 29 kil. en moyen état , et contenant 225 kil. de déblais. Le chemin de fer posé dans la traverse est semblable à celui des autres galeries de roulage, et revient tout posé à 6 fr. le mètre courant. Les caisses d*aérage étaient suspendues à la couronne de la galerie par des cordes passant sur des crochets fixés dans des tampons de bois enfoncés dans le rocher. On n'a jamais eu besoin de ventilateur pour Taérage de la traverse ; les caisses ont aujourd'hui 172 mètres de longueur, et suffisent pour enlever rapidement la fumée et le mauvais air. L'air est très-facilement respirable à Tavancement, et les lampes y brûlent parfaitement.
On trouvent ci-dessous le tableau des avancements faits chaque mois, et le prix qu*on payait aux ouvriers qui , depuis le mois de juin 1841 , avaient à leur charge la fourniture de la poudre , de l'huile , de la graisse , du papier , et enfin les réparations d'outils et le déchet que le travailleur leur faisait subir.
On compte généralement à Rochebelle qu^un kilog. de poudre fait 11 caKouches, et que la dépense en papier est de 2 fr. 30 c. par 100
EXCAVATIONS SOUTERRAINES. ns
Idlog. de poudre. Enfin , un ouvrier consomme pour 30 centimef d'buile par poste de 10 heures de séjour dans les travaux*
La galerie a 2 mètres de hauteur au-dessus du chemin de fer en tout 2»,10 à 2«,13 au-dessous , et 1»,70 de largeur au niveau de ce chemin. La couronne de la galerie est arrondie en voûte de 1^,50 de largeur à sa naissance. Enfin , les mineurs doivent faire sur une des parois de la galerie une rigole de 0«,30 de largeur et de 0«,10 de profondeur au-dessous des traverses. Tout redressement ou mise à pente (0»,005) de la galerie est f^it par la compagnie, au compte des entrepreneurs , sur la paye desquels il a été retenu un cautionnement. Les entrepreneurs font à leur compte la pose du chemin de fer et des bois s*il en est besoin ; ils font entrer à leurs frais tous les boisages et bandes qui leur sont nécessaires. La compagnie fournit le chariot , les bois , les bandes de chemin de fer , les caisses d*aér9ge, les crochets et les cordes nécessaires. La pose des caisses d*aérage , est aussi à son compte. Jusqu*au décembre 1841 les pointes et les têtes de fleurets se payaient 5 c. et les aciérages 15 c. Ces objets se payent, depuis cette époque , fr. 025 et ftr. 15 ; les outils neufs sont livrés par la compagnie aux entrepreneurs au prix de 70 c. le kll. pour les fleurets , 1 fr. et 1 ftr. 10 c. les pics , masseltes et pelles , et elle reprend les vieux outils sur estimation faite par un de ses agents, faisant en sus de la moâns-value payer le déchet au prix des outils neufs.
Moulant 4es ouliU fournis aux oucrm$ eJ; pQjfM mr eus.
4,50 it
ïh
a Si
fr.c.
D tt
•Si
ti
fl
B fl tl
rr— £r,c.
fi
tt
•si
EH
Octobre 1840.
?<ovembré. . .
ï>éç^brc. . .
Janvier 1841.
Février, . . .
Mara
Avril. ....
Mai
Juia. . , , , , .Tnillfit, , . ' .
Aoflt
Odohre. . . .
Novembre, . , Wcemhro. . , Janvier 1843rfivrmr. . . .
Mars . , , Avril ....
Mai
Juin. ... \.
Juillet
Août
Seiitembfe. .
Octobre. H . - Novembre .'. * Décembre/. .
Janyi*îr 1&43.
FévHer. . . .
MaF3
Avril
Le», ouvrier* pendant
de grai^M e^ autres meny.t 'fraisVainsi que du papier
maient. J'*at donné plut, Iffim lu ^mkfm *f l'iMiiH qu^ils consommaient par jûUïÀ£« de tr^TÉÎl.