‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 103 sur 188 · Serrements busqués · texte numérisé non relu

Serrements busqués

Ces serrements diffèrent des autres barrages à pièces horizontales^ en ce que chaque assise se compose de deux poutres réunies bout à bout au milieu de la galerie ; ces poutres formant un angle obtus , du côté où la pression de l'eau doit se faire sentir , présente l'aspect d'une écluse fermée.

Les figures 3 et 4 de la planche LXIV se rapportent è une construction de cette espèce exécutée à la mine de houille de la Chartreuse , près de Liège , dans une galerie d'alongement de la couche Diamant, exploitée par l'ancien puits de la prairie.

Les roches encaissantes de la couche offrent si peu de consistance qu'il ne fut pas jugé prudent d'y loger l'extrémité des pièces; tandis que le gice lui-même fut regardé comme assez solide pour recevoir les entailles et supporter le picotage. Comme , en outre , un barrage horizontal ordinaire était impraticable dans une galerie d'une TOME ni. 28

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aussi grande largeur (4.70 mètres), puisqu*il aurait exigé l'emploi de bois d'un équarrissage extraordinaire pour une aussi grande portée ^ on résolut de construire un serrement busqué, en procédant de la manière usitée de temps immémorial dans la province de Liège,

Les entailles pratiquées dans la bouille, sur les parois latérales de la galerie , ont leurs faces normales aux plans de stratification dont Tinclinaison est comprise entre 45 et 50 degrés* Les premiers bancs du toit et du mur, trop déliteux et fissurés , ont été enlevés , afin de mettre en évidence une roche propre à être entaillée suivant des surfaces planes et parallèles. Les pièces g^g^ au nombre de huit , disposées deux à deux en quatre assises , ont leurs extrémités coupées en biseau , de manière à former, derrière le barrage, un angle dièdre assez obtus, dont le sommet est tourné du côté de la venue des eaux. A leur point de contact, les pièces laissent, en amont, un intervalle d'environ 0.05 à 0.06 mètre, afin que la pression de la colonne liquide achève de fermer le barrage. Deux lambourdes seulement son appliquées, l'une au toit, l'autre au mur, avec interposition d'un fort lit de mousse; ces planches de sapin sont taillées en forme de coins, c'est-à-dire, que la section normale à leur longueur est triangulaire ; la tranche la plus épaisse se place à la partie antérieure du serrement. Pendant la pose, les mineurs enfoncent des coins de bois tendre entre Fextrémité des pièces et les parois de la houille , ils iniror duiscnt dans chaque joint un lit de mousse; puis, procèdent au picotage de la manière ordinaire, c'est-à-dire, au sol et au faite, entre les pièces et les lambourdes, et latéralement entre les extrémités de celles-ci et les parois de la houille. Les deux pièces supérieures 3ont munies d'anneaux 1 hfh\ dans lesquels est introduite l'extrémité

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i'\xn levier servant & les rappeler à leur place. Le treiiU ^ également employé lorsque la pose réclame un plus grand effort.

' La pression supportée par la digue est représentée par une colonne d'eau d'environ 50 mètres^ ce qui, en raison de la surface pressée , forme un poids d'environ 380 tonneaux n^étriques. Mais ces serrements sont tombés en désuétude.

660 Serrements droits à pièces verticales (i).

CeUe disposition , fort convenable en beaucoup de circonstances, est attribuée à M. Piedebœufj mattre-charpentier de la mine de la Chartreuse (près de Liège), où treize serrements de celte espèce ont eu tous un résultat trés-sati;sfaisant. Les figures 6 et 7 indiquent la disposition des lieux pendant la construction , et les figures 8 et 9 , après Tachèvement du barrage. Les entailles latérales ont leurs faces parallèles à Taxe de la galerie^ sur le sol et au plafond , elles sont obliques et leur inclinaison est d'environ 20 degrés ou 34 à 35 7o- I^^s pièces sont en hêtre, d'après l'usage liégeois; leur épaisseur est de 0.53 mètre et Leur largeur moyenne de 0.44 mètre.

Gomme il n'est guère possible d'obtenir des entailles rigoureusement planes et parallèles, les ouvriers recoupent les pièces, avant la pose, dans la galerie même. En procédani à cette opération , ils ont le soin de laisser entre la roche et les pièces de bois un espace vide qui vient se profiler h la face antérieure du serrement , tandis que les poutres , en contact avec les parois par leurs arêtes posté*

(1) Déjà décriu par M. Gonot, ingéaieur en chef de la première division des mines (Hainaat). Troisième série des AnnaUs du MUtes^ tome IX, page 137.

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rieures , bouchent complètement la galerie. Une ouverture ronde sert au passage des eaux pendant le travail ; son orifice antérieur , muni d'un tuyau de cuir cloué sur le barrage , débouche dans un chenal. L'air s'échappe par un trou ménagé à la partie supérieure de l'une quelconque des pièces.

La pose a lieu comme suit. Après avoir nettoyé le sol , ravoir asséché et recouvert d'un lit de mousse au*dessus duquel est installée une lambourde de peuplier bien sec d'environ 0.025 mètre d'épaisseur et d'une largeur plus grande que l'épaisseur du barrage^ quatre hommes armés de leviers et de crics dressent la première pièce , l'appliquent sur la paroi de gauche, et passent à la seconde qu'ils établissent du même côté ; puis ils relèvent successivement celles de droite, dans l'ordre indiqué par les numéros de la projection horizontale , en laissant toutefois un intervalle de 0.020 à 0.025 mètre entre la roche et les pièces les plus rapprochées des parois latérales où doit se faire le picotage. Dès qu'une pièce est placée, ils l'étayent au moyen d'arcs-boutants i,i, qui, reposant contre la face postérieure de l'entaille , empêchent le barrage de reculer sous la pression du picotage.

La pose de la clef 6, accessible sur une seule de ses faces, offre quelque difficulté ; l'ouvrier agit à son égard de la manière décrite ci-dessus pour l'introduction des tampons dans les trous d'hommes. Ainsi, après en avoir établi le pied dans Tintervalle compris entre la deuxième et la cinquième pièce ^ il la couche dans une situation inclinée sur une solive transversale établie derrière le serrement, puis la ramène & l'aide d'une chaîne 6 et d'un boulon traversant un pilier vertical o.

Les figures 6 et 7 représentent le moment où la clef vient d'être mise en place. Les huit pièces étant alors

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