‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 126 sur 188 · Des joints · texte numérisé non relu

Des joints

Les tuyaux d'une pompe se lient entre eux au moyen de leurs colliers ou brides. L'espace compris entre les surfaces de deux tuyaux en contact est un joint qu'il est de la plus haute importance de rendre complètement étanche, afin d'interdire tout accès à l'air et de prévenir les fuites d'eau. La garniture, interposée dans ce but entre deux tuyaux, est toujours, quelle que soit sa nature, comprimée par les écrous des boulons qui traversent les deux brides.

Les tuyaux , dont les colliers restent dans l'état où ils sortent de la fonderie, sont ordmairement revêtus d'un disque plat en fer battu , enveloppé de chanvre ou d'une lanière de flanelle; oclle-ci est enduite d'un mastic demi-

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liquide d'huile et de minium, ou simplement p-otigée dans un bain de goudron liquéGé par la chaleur. Le diamètre intérieur de la couronne ainsi préparée est égal à celui du tuyau , et sa largeur , telle qu'elle n'empêche pas les boulons de pénétrer dans les trous correspondants des deux brides. Ces joints , peu coûteux , sont fort défectueux } la main-d'œuvre réclamée par leur fréquent renouvellement dépasse de beaucoup l'excédant du prix dépensé pour obtenir, dès l'origine, des garnitures plus parfaites.

Souvent l'opération consiste & prolonger la paroi du tuyau en lui donnant une saillie de quelques millimètres au^ dessus du collier , à planer exactement cette proéminence et à interposer entre les deux surfaces une rondelle en cuir fortement imbibée de suif ou plusieurs doubles de toile grossière trempée dans le goudron. La flanelle, revêtue d'une couche d'un mastic de minium, peut aussi être substituée à la toile.

Les garnitures métalliques sont préférables aux précédentes. Les plus simples (fig. 19 et 19 ^■', pi. LXVI) sont formées d'une couronne de plomb; celle-ci, enduite d'une peinture de minium délayé dans l'huile siccative, est interposée entre les deux bouts de tuyaux convenablement dressés et sur lesquels ont été creusées deux ou trois gouttières annulaires et concentriques. Le plomb , cédant à la pression des boulons et des écrous, s'écrase, pénètre dans les rainures circulaires et s'oppose à la filtralion des eaux.

Les joints des pompes de Silberseegener et de celles de Huelgoat sont munis de manchons fort minces en cuivre rouge (fig.20); leur surface extérieure porte, vers le milieu de la hauteur, un bourrelet saillant produit par la retraite du métal sous le marteau , et qui , lors du montage , est pincé entre les brides de deux tuyaux consécutifs^

468 CHAPITRE VI. — m*. SECTION.

Après avoir enveloppé le manchon de quelques brins de chanvre , il est enduit d*un ciment fort répandu dans les mines métalliques d'Allemagne , savoir : d*un composé de chaux fusée à Tair, d'huile de lin siccative et de menus fils de chanvre haché en bouts de 0.03 i 0.04 mètre de longueur; ce mélange, battu à plusieurs reprises, doit prendre une consistance péteuse, mais sans viscosité. Uou* vrier qui veut s*en servir le pétrit avec les mains; il devient alors assez tendre pour pouvoir être étendu sur les surfaces qu'il s'agit de mettre en contact ; il peut aussi le faire durcir par l'addition d'un peu de minium. Les manchons revêtus de ce mastic obstruent convenablement les joints ; ils sont d*un excellent usage et résistent à de grandes pressions.

Les garnitures des tuyaux de pompes de la mine de IIoussu ( bassin du Centre ) , exécutées d'après les indications de celui qui écrit ces lignes, sont également d'une grande efficacité. Ce sont des anneaux en cuivre jaune (fig. 21 et 21 ^''), dont la surface extérieure est tournée suivant deux troncs de cône adossés par leur grande base ; l'extrémité intérieure du tuyau, alésée sur une hauteur de 0.04 à O.OS mètre , offre une surface conique de même dimension que la couronne en laiton. Celle-ci, recouverte d'une peinture de minium , se loge par moitié dans chacun des deux tuyaux contigus , et , comprimée par les boulons, elle bouche toutes les fissures avec une telle précision que, depuis 1844, aucune fuite d'eau ne s'est dénotée sur toute la colonne de pompes, dont la hauteur est de 300 mètres.

Ces joints auraient été plus parfaits si l'anneau eut été noyé tout entier ( fig. SO**'*) dans l'épaisseur de la fonte, ainsi que le réclamait le projet primitif, au lieu de faire sstiliie sur la paroi inlérieurc des tuyaux ; mais un aie-

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