‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 16 sur 188 · Des chevaux et de leur introduction dam les mines · texte numérisé non relu

Des chevaux et de leur introduction dam les mines

Les chevaux de petite taille doivent être préférés , dans les mines , à ceux de plus forte encolure. Non-seulement leur emploi dispense de Tarrachement d'une trop forte épaisseur de roches encaissantes pour donner aux galeries une hauteur suffisante , ce qui est d'une e:|trème impor* tance dans rexploitation des couches minces, mais encore la force d'un cheval , quelque petit qu'il soit , étant ordinairement plus grande que ne l'exige le fardeau h déplacer, suffit , dans la plupart des cas , aux besoins du trans* port. En outre , avec des charges moindres , leur effet utile est comparable è celui des chevaux d'une taille supérieure , parce que leur allure est plus vive ; enfin , ils sont moins délicats, moins sensibles è la chaleur, aux effets des miasmes et d'une ventilation insuffisante , que les chevaux de grande taille. Les mineurs du nord de TAngleterre se servent de petits poneys originaires des mon* tagnes d'Ecosse ; leur allure est rapide , et leur taille n'étant que de 0.90 métré , ils peuvent circuler dans deç

Motiuna ANIMÉS. 61

Les chevaux occupés dans les travaux bien aérés jouisaeot d'une exeellenle santé et sont ordinairement en meilleur état que ceux du jour ; la beauté de leur poil , toujours fort lisse, est remarquable; s'ils entrent maigres dans la mine, ils ne tardent pas è s'engraisser, circonstance attribuée aux effets d'un travail relier , d'une nourriture rigoureusement rationnée, d'une atmosphère exempte de tout brusque changement de température. Souvent ils •ont affectés de cécité ; mais ils continuent toutefois leur service, sans qu'on soit obligé de les guider i la main. L'intelligence et la docilité de ces animaux sont remarquables; ils reconnaissent l'instant précis où ils doivent ae mettre en marche; observent spontanément les points d'arrêt des gares d'évitement ; ne s'inquiètent pas même des portes d'aérage qu'ils rencontrent sur leur passage : ils les ouvrent en les poussant de la tète , s'ils cheminent dans un sens qui leur permette d'exécuter cette manœuvre, et attendent patiemment que leur conducteur se soit ae* quitté de ce soin , si , marchant en sens opposé , cet acte leur devient impossible ( 1 )•

Les chevaux , une fois entrés dans une mine , n'en

(I ) Les portes d'aérage sont une cause de perte de temps, et par conséquent d*eilèt oUle, dans le transport de la hooille. M. Mills, pour les ouvrir et les fermer spontanément, a disposé dans la mine de Foxhole, près de Swansea, un petit appareil fort ingénieux <fig. 14, pi. L).

JTiV, galerie de transport pounrue d*un chemin de fer AAK-^ B porte d*aérage, et son encadrement; aa\ bt^j ce* leviers mobiles autour des points â?, y et» ; e e* d, levier coudé tournant sur un pivot ev ; UUhtÇi tringles dont les deux dernières sont liées avec la porte a raide de cUarAières. Voici le Jeu de Tappareil: le wagon ^, marchant A» A ea A\ passe librement auprès de a; mais, ene, il pousse le levier coudé; la tringle g suit le mouvement, la porte s'ouvre et tous les organes se disposent comme Tindiquent les lignes ponctuées. Le wagon continue sa roule, heurte le levier c^c, qui

6â GHAPITEI V* — ni*. tECTION.

sortent plus que dans les cas de eessatîon de (reml ou de maladies fort graves (1 )• Les écuries, placées dans le voisinage des puits* d'extraction, sont da cavités praciquées dans le roc stérile ou dans la couche ; ordinairement revèlues d'un boisage ou d'un muraillemeni , elles sont quelquefois l'objet d'un véritable luxe de constniecion.

Pour introduire les chevaux dans une mine ou les en retirer , le mineur agit comme pour rembarquement de la cavalerie sur les vaisseaux de transport. Après avoir couvert les yeux de l'animal et l'avoir enveloppé de einq ou m sangles liées entre elles par des cordes transversales formant une espèce de ûlet , il en réunit les extrémités dans un anneau attaché au câble d'extraction ; fixe i chacun des pieds du cheval un manchon en cuir muni de boucles , dans lesquelles il fait passer une corde ; tirant alon brusquement l'extrémité, de cette dernière , le quadrupède est culbuté sur un lit de paille , où l'ouvrier achève d'en lier les quatre membres et la tète ; pms , les sangles étant accrochées au céble de la machine, le cheval, assis sur sa croupe, descend dans les travaux. Un homme se place

a pris place en c*o;ilIe ramène en c,ei toutes les pièces, sollicitées à suivre ce mouvement, déterminent la fermeture de It p<ffte.

Depuis que cet appareil fonctionne il n*a Jamais Sait défout; il remplace avantaseusement les enfiinis préposés à l'ouverture et à la fermeture des portes et dont la condition est si misérable; son prix est peu élevé et les réparations insignifiantes; enfin, la forte ne restant ouverte que pendant le temps striotement nécessaire au passage de la voiture , il est éminemment applicable aux mines à grisou. (Berg und HuUennuBnnische ZeUung^ 1858, n». SI, pagesses.)

(i ) Les chevaux employés à la mine de Hagenbeck (district 4e la Ruhr) descendent le matin dans les travaux, y tcavattlent huit heures, remontent à midi et sont remplacés par d*autres. Cestle seul exemple de cette espèce qui soit parvenu à la connaissance de rauteur.

Whitnûê ifiii de rempèeher de heurter contre kf peroie du puiti.

Ce prœédé, fort répandu dans les divers bassins houillers, n*e8t pas sans ineonvéoient ; car dès que la eheval , arrivé à la ehambre d'aecroehage , touche le sol, il s'^ ioree de se remettre sur ses pieds , et les mouvement violents auiquels il se livre font éprouver de grandes dilfieuhés lorsqu'il s'agit de lui 6ter ses liens » si toulefefe fls n'ont pas pour résultat des blessures pour quelques ouvriers ou leur culbute dans le puisard*

La mineur belge prévient ees accidents par remploi d'un coffre en bois , ou mieux en tôles de fer rivées sur un squelette de même métal (fig. 7 et 8, pL XLII). Les parois formant les petits côtés s'ouvrent entièrement et donnent passage au cheval , qui pénètre par l'une des deux portes et. trouve sur la porte opposée une écha»erure k dans laquelle se loge son poitrail , ce qui permet de conserver à l'appareil une hauteur suffisante. Celui'^, ayant ses quatre faces renflées vers le milieu de leur hauteur ou pourvues d'appendices s en tôles courbées , ne peut s'aoerocher aux parois du puits. La caisse, attachée au eAble d'extraction par quatre chaînes, parvient & sa destination ; la porte s'ouvre et le cheval sort sans que ses pieds aient cessé un instant de rester en contact avec un support solide , et , par conséquent , sans qu'il ait fait un seul mouvement. Ses yeux sont également couverts, et un ouvrier, placé sur lui, dirige le vase pendant sa descente.

mi. Service des chevaux à l'intérieur des minée.

L'emploi des chevaux n'est avantageux qu'autant qu'ils lODt appelés à parcourir des galeries horizontales ou dopt

Bl CHAPITRg V. — III*. SECTION.

les pentes sont régulières et peu sensibles , car les exposa ^ au milieu de robscurité et des difficultés si fréquentes dans les galeries , sur des pentes rapides ou variables , serait fort dangereux. Les charges doivent être telles que Ton utilise , sinon la totalité , au moins la majeure partie de l'effort ddui ils sont capables ; c'est pourquoi ils sont attelés, soit à des voitures de grandes dimensions , soit à une série de petits wagons formant convoi. Ils ne peuvent guère être utilisés dans les couches minces , excepté sur les voies principales » où viennent se réunir les produits des divers ateliers amenés à bras d*hommes , car, s'ils devaient se rendre aux tailles en circulant sur les voies secondaires , il faudrait augmenter la hauteur de celles-ci , et l'effet utile des chevaux serait diminué de tout le temps perdu en attendant une charge complète. On ne peut les employer pour des distances au-dessous de 100 mètres, à moins d'une nécessité provenant de circonstances étrangères au transport. A 300 mètres, leur effet utile est égal à celui de deux rouleurs, et généralement ils ne coûtent pas davantage. Enfin , c'est dans le parcours des distances excédant 300 mètres que leur supériorité se fait sentir* Toutefois, les rouleurs, ouvriers généralement insubordonnés , étant en nombre insuffisant dans la plupart des bassins houiliers , l'exploitant est souvent forcé d'employer les chevaux dans des conditions défavorables , quant à la distance à parcourir et à la charge à transporter.

Pour remorquer les vases sur une rampe excédant 0.05 i 0.06 mètre par mètre, le cheval agit pnr l'inlermédiaire d'une poulie , ainsi qu'on l'a vu exécuter par les hommes ; la force de traction de l'un de ces animaux , agissant par son propre poids, est considérée comme équivalente & celle de trois chevaux qui traîneraient en remontant la pente. Dans les inclinaisons un peu fortes, ils font mouvoir un

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