‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 35 sur 188 · Cages du Yorkdiire et du Narthumherland · texte numérisé non relu

Cages du Yorkdiire et du Narthumherland

Dans ces localités , les cages renferment un , deux et même trois wagons superposés verticalement les uns audessus des autres, suivant les exigences de la vente. Leur construction et leurs divers accessoires étant les mêmes, quel que soit le nombre de vases qu'elles sont appelées à élever , il suffira de décrire une cage à trois étages pour se faire une idée exacte des manœuvres plus simples que réclament ces appareils , lorsqu'ils se oom« posent d'un compartiment unique.

Les figures i , 3 et 3 de la planche XLIX représentent des dispositions fréquemment appliquées aux accrochages des puits. La première est la projection d'une cage et de ses accessoires sur un plan vertical parallèle à la galerie d'allongement ; la seconde un proCl sur un plan perpendiculaire au précédent , et la dernière une projection horizontale suivant la trace MN de h figure i'*.

Les cages en fer D sont composées de trois planchers superposés et réunis au moyen de quatre barres de fer méplat; sur chaque plancher repose un v^agon maintenu en place par les rails et par des aiguilles mobiles autour de leur axe ; celles-ci , prenant , en vertu de leur propre

( 1 ) Le lecteur doit être prévenu que Tordre des planches XLVIII et XLIX a été maladroitement interverU, la première devant oeeaper la place de la seconde et réciproquement.

TOMB in« 9

poids, une position Verticale, préviennent lé sohié des vases de la cage. Pour les en retirer, il stiflSt dé laii^ décrire à Taiguille un quart de dreoiiférenee et de l'appuyer sur un arrêt.

Deux ou trois lignes de poutrelles verticales G,G{ûg.9) dirigent l'ascension et la descente de l'appareil ; ces poutrelles sont embrassées sur trois de leurs faced par dés griffes en fert,i, dont sont armées les saillies extérieures

*des planchers* . Dans certains districts du pays de Galles , te guides

«verticaux consistent en barres de fer (fig. 17, pi. XLVi) dont la section transversale a la forme d'un J; elles soht enveloppées de manebons rectangulaires ajustés sur Tune des faces latérales des cages. Enfin , ces dernières soat quelquefois guidées au moyen d'une poutreUe unique

*(fig. 18), autour de laquelle roulent cinq galets mobiles sur leurs axes.

La facile introduction des voitures exige un puils d'extraction approfondi au-dessous du sol de la chambre d*ae-

' crochage; en outre, la surface supérieure des trains doit coïncider successivement avec les plateaux des trois étages. Ces diverses surfaces sont d'ailleurs réunies par un plancher il (fig. i, pL XLVIII), recouvert d'un chemin de fer correspondant avec les rails fixés sur le chariot porteur. Pour, amener et arrêter successivement chacun des compartiments de là ^cpge au niveau du plancher , les Anglais emploient des supports en fer (Kepts) , exprimés en plan, de face et de profil par les trois figures 1^ 9 et S, où les mêmes lettres correspondent aux mêmes objets. JJeiA^A\ axes horizontaux se mouvant librement dans des- paliers ou crapaudines a^a^aa^ B^B^ B B^ tiges de fer échanerécs à leuf «ommet et réunies par une traverse horizpntale b; ces pièces forment , de chaque côté du puHs,

CAOES D*fiXTR ACTION. 131

i^\ît cadre» rectangulaires, mobiles autour d*axe8 spéciaux. Ci C^ (Bontre^poidfl destiné i ramener constamment IM didres tcrs l'intérieur du puits ; e e petits leviers fixés à rextrémilé des arbr^ et placés en sens inverse Tun de Faiitre j ils sont réunis par une tringle d ^ et , lorsque le contre-poids fait tourner YmieAA de manière I finre avaAcer les cadres au-dessous des planchers dis Fap|mreH , ht tige d'inversion produit un mouvenieni eon^ traire sur Fadtre châssis et l'enU'aino également vers l'aie du puits. F,F% bras de levier destinés à priver la cage de ses supports 4 e'est-à-dlre à retirer les deux cadres. Enfin , dein Menées hydrauliques, ou siphons renversés installés au-dessous de l'aocrochage , facilitent la manoeuvre. Les bninelies les plus courtes renferment des pistons, dont les tiges sont surmontées de plateaux propres à rêeevoir les cages. La dénivellation de l'eau entre les deux branches est calculée de telle façon que l'excès de poids de la grande colonne sur la petite fasse à peu près équilibre à la cage et & deux voitures vides. Il est inutile que les longues branches ùp et tfp* dit siphon aient un diamètre aussi considérable qm les petites Jf , N^ dans lesquelles se meuvent les pistons K , puisque , en vertu des lois de l'hydrostatique , la pression est la même , quel que soit le diamètre relatif des deux colonnes d'eau. Avant d'indiquer le but et la concordance de ces divers organes , il convient de jeter un coup d'œil sur une autre variété de cadres de support (fig. 4 et 5), offrant quelque difiérence aveè les précédents. Chaque axe est muni de eôntrè-poids spéciaux C^C^ et le levier déerocheur F est placé à égale distance des bras , sur lesquels il agit à l'aide de deux tiges indépendantes d, d**

Voici de quelle manière s'opère la manœuvre. Lorsque là cage vient reposer sur le plateau du piston , elle n'en

132 CHAPITRE V. — ¥*• SECTIO.X.

continue pn9 moins son mouvement de descente jusqu'il ce que le fond du premier compartiment rencontre- la partie supérieure des deux cadres de support. En ce moment , le machiniste lâche un bout de corde égal è la hauteur de la cage, ce qui ne présente aucun inconvénient » puisque cette dernière , reposant sur le plateau , reste fixe et immobile. L'un des ouvriers retire la voiture du compartiment inférieur et lui en substitue une autre pleine de houille; le second accrocheur, se portant au bras de levier , relire les cadres de support de dessous la cage ; celle-ci , sollicitée seulement par le poids de la voiture pleine, descend avec lenteur; mais aussitôt le décrochement effectué, le contre-poids rappelle les cadres, qui s'avancent au-dessous du second compartiment et Tarrètent au niveau du plancher de raccrochage; la voiture vide est aussitôt remplacée par une voiture pleine de houille; puis enfin, lorsque le dernier compartiment a été l'objet de la même manœuvre , le signal convenu est donné au jour pour l'extraction de la cage et de ses tubs.

Le lecteur peut apprécier Timportancc du siphon renversé s'il considère l'ignorance du machiniste sur ce qui se passe à Tintérieur, et la perception , la plupart du temps trop lente, des indications que lui transmettent les signaux. Dans l'impossibilité où il est d*arrèter la machine avec précision , il peut , avec Taide de la balance , lâcher dans le premier instant toute la corde que réclament les descentes successives de la cage; tandis que, si cette dernière était livrée è son propre poids pendant l'intervalle de temps où l'un des planchers est décroché pour raccrocher le plancher immédiatement supérieur, la descente s'effectuerait avec une rapidité telle que l'ouvrier ne pourrait l'arrêter en temps utile ^ et le choc auquel les châssis de support seraient exposés les détériorerait Irès-promptement. Il peut aussi se

CAGES d'extractioiv. 13S

rendre compte des motifs pour lesquels la différence entre les deux branches du syphon doit former un poids à peu près égal à celui de la cage et de deux voitures vides : si cette différence était plus petite^ la chute aurait lieu avec un accroissement de vitesse défavorable ; plus grande, la colonne d*eau soulèverait la cage au moment où la première des voitures vides serait retirée, et Tappareii perdrait son point ùxe* Le déchargement des cages à la surface est une opération analogue à celle que le lecteur vient de voir exécuter à la chambre d'accrochage ; toutefois , le siphon renversé est supprimé , car il devient inutile : le mécanicien , ayant Tappareil sous les yeux , peut Tarréter ou hii imprimer le mouvement à Tinstant précis. L'orifice du puits et la margelle sont recouverts de plaques en fonte percées d'une ouverture rectangulaire suffisante pour livrer un libre passage à la cage ; au-dessous se trouvent des châssis de support semblables à ceux de l'intérieur. Lorsque la télé de l'appareil arrive au jour , elte écarte les cadres , et le mouvement d'ascension continue jusqu'à ce que le premier compartiment soit un peu au-dessus des crochets ; les châssis de support se rapprochent pur l'effet des contre* poids ; la machine intervertit sa marche ; la cage redescend et le fond de l'étage supérieur vient reposer sur les entailles des tiges verticales de l'appareil de support; puis le déchargeur retire la voiture pleine et lui en substitue une vide. Le mouvement d'ascension reprend ; la cage est accrochée au-dessous du compartiment intermédiaire ; nouvelle substitution de voitures, et enfin même opération pour la partie inférieure. Alors Touvrier saisit le levier de décrochage , écarte les châssis 'en les retirant de dessous la eagCi jusqu'à ce que celle-ci ^ suspendue au càble d'extraction , ait , dans son mouverqen^ descendant » dépa§si Vorifiw du puits,

134 CHAPITM V. — y\ SECTION.

Ces dispositions permetCenl d'élever d*un seul Inut envimi 16 heetolitres de houille, ou 1830 kiiogr. (( 1/9 lonoe» anglaises). Leur vitesse d*«sosasion est de A a S indtnes paf seconde $ leur poids de 609 kilogr. et eebii des tn>is 4ahs d'environ 4B0 kilog.

Pour introduire les chevaux dans la mine» les Anglais emploient des eages spéciales revêtues laliiralemenl de cloisons en planches et munies de portes à leurs deux exti^émités. Le cheval ne fait aucune diOieuiié pour entrer dans ces gaines , où il reste fort tranquille ; il y est à l'abri des chocs et les quitte pour passer sur le sol de racorodiage, sans que ee mouvement de translation rafiecte en rien.

S73. Chargemeni des eages à la mine du Granâ^ Harnu {Couchant de Mansy

La balance hydraulique peut être remplacée par des contre-poids , ainsi que cela est pratiqué k la mine du Grand-Hornu pour la réception des cages à la chambre d'accrochage (fig. U et IS, pi. XLVII).

ÀjA sont les diverses pièces d'un échafaudage établi au fond du puits, consistant en semelles, montants, traverses y contre-fiches , etc. C, (^ contre-poids faisant équi« libre aux plandiers mobiles B,B* (^Bvgés de la cage et des quatre wagons , dont deux vides et deux pleins. D, i^, poulies de renvoi sur lesquelles fonctionnent des cordes plates, a^a crochets ou cadres de support imités des Anglais et destinés ft recevoir le plancher mobile dans sa position la plus élevée; b^b^ taquets fixes sur lesquels repose le même plancher arrivé ft la partie inférieure de sa course.

Lorsque la cage atteint le fond du puits, elle se porte

CAGES p^EXTRACTlO^N. i3«)

gur le plancher B^ retenu lui-même par les crochets; les deux étages inférieurs correspondent alors aux deux accrochages 0, P, placés à des niveaux différents, et les wagons pleins remplacent les ivagons vides. Après cette manœuvre, les crochets sont retirés de dessous la cage ; celle-ci et son contenu étant alors a peu près équilibrés par les contrepoids , il suffit d'appuyer sur la première pour la faire descendre jusqu'aux taquets inférieurs.

Cette disposition est originaire du pi|its Fénélon (rAniche, dont elle est l'imitation. La seule différence provient de ce que 9 les cages de cette dernière localité n ayant ^ue deux compartiments, la chambre d'accrochage est disposée suivant un seul plan de niveau. Les exploitants d'Aniche se plaignaient des violences secousses , auxquelles donnait lieu ce mode de chargement , après la mise en place des voitures inférieures pleines de houille; majs il ne semble pas que cet inconvénient se soit fait sentir au Grand- Ilornu.

^7^. Çage§ â trois comp^vlitmnlê àe la miw de Bqussu {.Couchant de Mons).

La figure 16 de la planche XLVII est une coupe longitudinale de la charpente à molettes installée sur le puits St.-Antoine n% 9, prise au moment où la cage arrive & la surface du sol. La figure 17 offre les mêmes objets vus è vol d'oiseau. La figure 18 est une coupe de la chambre d'accrodinge.

Les cages ÀA\ mi-parties en bois et en fer, sont & trois compartiments superposés ; elles sont guidées dans le puits par des longrinesen bois de sapin de 0.14 sur 0.18 mètre «t par les ^nfourchenients des traverses $s, A leur sommet

136 CHAPITRE V. — V*. SFXtlOlf.

se trouvent un parachute p et un petit appareil R destina k les empêcher de venir heurter les molettes; ces organes seront Tobjet de descriptions ultérieures. Le puits étant dépourvu de cloisons , les longrines ont été appliquées sui« vant le sens longitudinal de la cage, mais interrompues au-dessus de la mai^elle et à la chambre d'accrochage, c'est-à-dire de / en /* et de m en m*, afin de rendre pos« sibles l'introduction et la sortie des wagons; les confre* guides g, g suppléent à cette lacune et préviennent toute déviation de l'appareil en dehors de la verticale.

La cage, arrêtée à l'orifice du puits , est reçue sur des supports anglais fi, B^ dirigés au-dessous du plateau inférieur. Le déchargement des irois compartiments s'effectue presque simultanément. Pour celui de dessous, il suffit de tirer le wagon plein sur la margelle et d'y substituer un wagon vide; mais les deux autres exigent l'emploi d'une construction spéciale. Celle-ci consiste en un écha* faudage offrant deux paliers superposés C, C, et en une plate^forme ou plancher mobile />, attaché à la chaîne d un treuil k. Sur ce treuil s'enroule également une corde plate ff qui, passant sur une poulie gr, se termine par une tonne £, plus ou moins remplie de corps pesants et formant contre-poids. La tonne soulève le plancher mobile, chargé exclusivement de wagons vides, et cède sous le poids de la houille contenue dans l'une des voitures. L6 tambour est muni d'un frein composé de branches en fer m, m' et d'une pièce de bois n entaillée suivant une surface cylindrique. Le poids de ces divers organes suffit pour arrêter instantanément la marche de l'appareil. Une lige q et une poignée o servent k desserrer le frein e\ ^ J(éga\^ riser les mouvements ascendants el descendi^f^^.

Au niveau du second eompartimeni sqwI «justes àcyof, crochets r, r' en forme de croissants ^\ mobiles sur ley^

CAGES D*EXTRACTtOX. 137

centre de figure. Comme ces erochets sont réunis par une tige d'inversion f, l'ouvrier peut, en avançant ou en retirant le levier v, les disposer dans une situation telle qu'ils reçoivent le plancher mobile et l'empêchent de pour* suivre sa course de haut en bas ou de bas en haut. Un arrêt u ne permet en aucun cas à la cage de s'élever au-dessus du palier supérieur* Enfin, la plate-forme mo« bile est munie de verront destinés à la lier momentanément avec chacun des paliers fixes.

Lorsque la cage d'extraction arrive au jour, le wagon inférieur, ainsi qu'on Ta déjà vu, est retiré directement sur la partie antérieure de la margelle du puils. Les ouvriers installés sur chaque palier fixe^ substituent des wagons vides aux wagons pleins des compartiments supérieurs , et la cage d'extraction redescend dans le puits. Dans ce moment, le plancher mobile^ occupant sa position la plus élevée, est retenu par l'arrêt u et lié à l'échafaudage par le verrou ; la voiture passe du palier supérieur sur la plate-forme ; celle-ci , plus pesante alors que lu contre-poids, descend dès que le verrou est retiré et le frein soulevé ; mais elle est bientôt arrêtée par les croissants, qu'un ouvrier a eu le soin de disposer convenablement. Nouvel enlèvement de ta voiture pleine, après avoir préalablement poussé le verrou; puis nouveau mouvement de descente modéré par le frein; puis, conduite des vase9 aux bascules de déchargement. Deux wagons vides sont plaçéç sur le plancher mobile ; celui-ci s élève au niveau de l'étage intermédiaire , où il est arrêté par les croissants, dont les pointes sont alors dirigées vers le sol; et une voiture vide passe sur l'échafaudage. Le verrou étant retiré, Tappareil reprend son mouvement ascensionnel el vient heurter contre l'arrêt ; un wagon vide est diriçé fur le palier fixe i et les choses restent dans cçt éw jus-

qu'au moment où T^utrc cage, venant se présenter au bur, dpnne lieu à la même manœuvre.

[^eç dispositions appliquées à raccrochage (Çg. 18), poiir recueillir les vases vides et introduire les vases pleins ^ans les cages , sont analogues aux précédentes. Ce lieu ipontient également des paliers (7, C; une plate-forme mobile />, pouvant contenir deux voilures de front; un frein composé de deux brides o,o^ et d*un levier q; d'un contrepoids E ; de deux croissants r,r* et de leurs accessoires. jËnfin, les parties des poutrelles , interrompues de m en m\ jsont remplacées par des contre-guides.

Le wagon supérieur est retiré directement sur le sol de raccrochage. Le plancher et le contre-poids étant dans la même relation de poids que ci-dessus , le premier, chargé de wagons pleins , descend au niveau du premier palier, où il rencontre les croissants ; ceux-ci l'arrêtent dans sa course, et un ouvrier substitue un wagon plein n la voiture vide. Le levier est avancé , les croissants s'effacent et la enge descend à l'étage inférieur, où l'échange des vases s'effectue de nouveau. Le verrou est alors retiré, et le eonire-poids, plus pesant que la plate-forme et les deux vasics vides , élève l'ensemble (i Taccrochage , dont l'arrêt u ne lui permet pas de dépasser le sol. Tous ces mouvements sont nécessairement accomplis à l'aide du frein; le verrou du plancher mobile est poussé chaque fois que celui-ci doit être lié avec les paliers fixes.

Le chargement des cages d'extraction peut être opéré avec une promptitude plus grande encore , par l'emploi simultané de deux planchers mobiles propres à recevoir un vase unique , et disposés de telle façon que chacun d'eux soit affecté au service spécial d'un étage.

Le poids d'une cage ascendante se décompose comme ml ;

CACE9 D^EXTRiCTIOàX. |39

€0901 600 kilog,

3 wagons pesant fSO kig. . • • 390 n H^uîHe IS </? kMol da 85 kilog. IM7 ^

Trois ouvriers installés à l'orifice du puits et autant è Tacerochage suffisent ft une extraction fort active.

M. César Ptumat, ie constructeur de ces cages, ayant remarqué le fonctionnement facile d'un appareil analogue établi au puits Tinchon, de la Compagnie d'Anzin, n'a pas cru devoir se livrer ft des innovations en présence d'organes éprouvés par l'expérience ; il les a coordonnés avec d'autres qu'il a eu l'occasion de recueillir, et en a formé un ensemble des plus satisfaisants. Ainsi la disposition des solives de conduite suivant le sens longitu^ dinal des cages , entraînant nécessairement la suppression de la cloison , constitue une économie notable. Cette suppression favorise d'ailleurs la circulation du courant d'air et facilite les réparations du puits. Elle permet, en cas de rupture de l'une des deux cordas, la reprisa de la cage au moyen du céble opposé , opération impraticable avec les parois de refend. Enfin, ce système est applicable aux puits d'un iaibie diamètre, car alors les deux voies verticales , rapprochées dans tout te parcours , ne sont maintenues , à la distance voulue pour le passage des exiges, qu'au point de rencontre des vases et sur quelques mètres de hauteur.

S7S. Cages de la mine du Piéton, près de Ckarlerùi.

Les figures 9 et 10 de la planche XLIX sont deux projections de ces appareils sur deux plans verticaux disposés à angle droit ; les figures ii et là sont des projections horicontales suivant MN et M^ iV* des figures 9 et i 0. Les cages, d'une très-grande solidité , mais un peu trop pesantes , sont

!40 CHAPITRE V. — V*. S€CTIO?f.

formées de quatre fers d'angle ÀA\AA^ disposés verlicalement et reliés par des pièces horiasontales B^B, sur lesquelles reposent des bouts de rails. Au fond de chaque compartiment sont fixées deux barres de fer C^C\ dont les extrémités c, c* font saillie au-dehors de la cage; enfin la partie supérieure est terminée par une croisure en fer sur laquelle est boulonné Tanneau Z), qui reçoit le crochet du cèble d'extraction. Les poulies à gorge K^Kf roulant entre deux lames de fer , constituent un véritable chemin de fer vertical ; mais le choix de ce système , fréqucm-» ment exposé aux déraillements, n'a pas été heureux.

Les voilures introduites dans les cages sont des berlaines en tôle de fer dont la porte, mobile autour d'un axe horizontal , se ferme k l'aide de deux clavettes pp*. Ces vases ne peuvent être retirés de la cage si l'on n'a préalablement fait décrire un arc de cercle aux aiguilles vv qui s'opposent à leur sortie.

Deux petits châssis //,// en fer méplat (fig. 11), tournant autour d'axes aa^^aa\ sont installés sur les deux côtés opposés du puits , tant au niveau de la margelle u u* (fig. 6) que sur le sol de la chambre d'accrochage ai, x^ L'espace que parcourent ces espèces de clapets n'excède guère un quart de cercle ; tantôt ils se placent suivant un plan horizontal , tantôt ils se renversent un peu au-delft du plan vertical. Lorsque la cage, arrivante l'orifice du puits, passe entre les deux clapets, ceux-ci, se trouvant en contact avec les deux premiers becs saillants cc\ sont soulevés pendant quelques instants , puis retombent et prennent la position horizontale. Alors le machiniste imprime au câble un mouvement de descente , les becs s'appuient sur les ela|)ets et la berlaine est retirée pour faire place & un vase vide. Après un nouveau mouvement il psqensipn suivi d'une légère descente , les bçcs iu second

CAOBS D'cXTaACTION. iil

compartiment viennent à leur tour s'appuyer sur les diflssis, et Tappareil prend la position [indiquée dans la figure 6 ; enfin le troisième étage est l'objet de la même manœuvre. La cage redescend dans le puits dés qu'un ouvrier, saisissant les cordelettes Sy$^$ attachées è Fextrémité des clapets , les tire de haut en bas pour établir un libre passage.

La même opération a lieu au fond des travaux. Ainsi Fappareil est descendu au-dessous du sol de Taccrochage pendant que les châssis x, x^ sont maintenus verticalement par l'effet du contre-poids i ; ce dernier est soulevé ; les clapets prennent une position horizontale; puis, & un signal donné, le machiniste, par des mouvements concordants avec ceux de la surface , amène successivement au niveau du sol le fond de chaque compartiment , d'où les vases vides sont retirés pour leur substituer des vases pleins. Les premiers, rencontrant le chemin de fer intérieur, prolongement de ceux de la cage , circulent immédiatement dans les galeries et se dirigent vers les ateliers d'arrachement. Chaque wagon contenant 5 1/2 hectolitres , on élève d'un seul trait 16.5 hectolitres, soit 13 à 1^400 kilog. de houille.

L'extraction des eaux accumulées dans le puisard s'effectue à l'aide des caisses rectangulaires en tôle repr^ntées par les figures 7 et 8. Au moment où le vase , ayant achevé sa descente , atteint la surface de l'eau , celle-ci soulève le disque mn et s'introduit dans l'intérieur; le câble s*élève; le liquide presse sur la soupape et la maintient fermée, La caisse arrive au-dessus de l'orifice du puits recouvert d'une lai^e hache en bois ; le machiniste la laisse redescendre ; la queue g de la soupape heurte contre le fond de la bâche, et l'eau, se rendant dans une cavité ménagée sur la partie postérieure de la margelle, s'écoule par un petit canal de décharge q.

148 CHAPittti V. -^ V*. «ÈCTlOIf.

!l79. AppatiM ^extraction étûbti m ptèHs SaiHi^ Einmanuei de la mine dti Btns-éu^Lite ( LéVAm de Mans).

ttà cages (B^. d, 9, 10 et 11, pt. XLyifl)^ èm^ posées de montants et de traverses en bois fdiés pftf àm croit de St.-André en tet hiéplat; Ofit une hauteur de y iïiètres. Elles T'enferment quatre voitures repésMft Mk des rails a,ii* et maintenues eil plaee, pendant I^HMeif- Sion et la descente , paf dés aiguillés en ht ùj niobîtès iifr leurs pivots , et que les ouvriers font tourtoer à la mritf. Les voies verticales 6,6', formées de cordes en fil de fef, ÈÙn installées sur le grand axe d*un puits eliiptique à liffe iSection (S et 4 mètres). Ces Cohies sont ei&brasséès pM* îeà douilles c , c* des traverses condueirices Ûtétê oit mftteu des surfaces supérieures et inférieur des cages. GeHcMi portent latéfalement des talons p, p' dont l'usage icfa indiqué ci-après , et qui sont exprimés dur une plus grattée échelle par la figure 12.

Les wagons sont retirés au jour è Tbide dé trappe» Mi portes d, (i (fig. 3 et 5) mobiles sUr leurs charnières; Ces frappes , munies de quatre patins ê, s*, semUaUM à èeut que la figure 13 représertlc en plan M en éM- Valion , reçoivent les talons fixés à h Ca^ ei fbMitifit les points d'appui nécessaires aux manœuvres. tJne tfcif« i^létne porte e^, liée par une tringle ft celte qui se tféute au-dessus, a pour but de se soustraire I tu solutton le Continuité existant entre le sol et te compartiment Uiftrteur. Les trois trappes s'ouvrent et se ferment sfnHiili* hément à l'àide de petits leviers t, { auxquels sènl attachées des cordes g,g^ qui, k une certaine hauteur, ti>n forment plus qu'une seule A, A (flg. 1 et 3)^' eellenlHi

CAGES b^EXTRAériOK. 44^

{)asâaht stir dès poulies de renvoi k,k\ tcqoii à son élt^é^ iti^ié Un eontre-poids p. La margelle du puits offre deut étages de dëchargemenl A et S^ dont la différence de tA^ Veaii est en rapport avec la hauteur des conlpaltiniehfà. Lô^ue la eoge arrivé au jour, le machiniste fait reposèf* Stteeéssiteffiefit siir les patins les deux étages de taloiis' , pendant qu^an manœuvre , agissant sur le eontre-potds , olivk^ et ferme les portes suivant les besoiûs. Le déefaaif^gëtneni deà \Vagons s'effectue simultanément sur les deuk recettes inférieure et supérieui'e; les voitures Vides sont suIh stltuéës aux Mragons pleins et la cage redescend dans le puits.

Les dispositions employées à Taccrochage et les ma* nceuvres qui s'y exécutent sont semblables k celles qui viennent â*ètre décrites. Le sol des chambres d'accrochage g^g^ (fig. 6 et if ) aboutissant aux deux côtés du puitd, il été entaillé à des niveaux différents, mais en cobcof!diince parfaite avec ta hauteur des compartiments des «sageJ. Les deux galeries d'allongement h, h sont liées par une voie transversale Ift, au moyen de laquelle les proddits sont transportés à volonté sur l'un ou l'autre niVeau.

Les houilles déchargées sur la recette inférieure J (fig. t) ont pour objet la vente locale par voitures ordinaires , vulgairement appelée , vente à la campagne. Celles de lu recette supérieure B sont etpédiée^ par ^chemins de fer aux embarcadères de cariol ou directement aux lieux de consommation. Les produits affectés k la première destination, étottt fréquemment en excès, doivent, dans ce cas, prendre la route des magasins de la seconde catégorie , et par conséquent être transportés à la recette Supérieilrè. C'est dans ce but qu'a été construit un petit appareil accessoii'e indiqué dans les figures 1 , 2 et 4.

ij^ est Un cadre fixe assujetti dans une position ve^H* talé ; 0, une cage mobile glissant dans des rainures prt*

m CHAPITRE V. — Y*, iECTIOJV,

tiquées à Tintérieur des montants ; n , cordeau liant la €age et une petite manivelle m calée sur Taxe de la roue q ; celle-ci est commandée par un pignon r ajusté sur le tourillon de la molette If, dont il suit tous les mouve* ments. La longueur de la manivelle étant égale à la demi hauteur comprise entre les deux recettes , la voiture sera portée sur le plancher supérieur en une révolution com* plète de la roue q* Si , au moment où la cage aUeint la partie la plus élevée de son excursion, les ouvriers ne sont pas prêts à eo extraire le wagon , il suffit d'introduire une broche en x, dans Tun des anneaux de la chaînette, pour s'opposer au mouvement de descente, et l'appareil reste immobile jusqu'au moment où l'opération peut s'effectuer.

Les voitures des deux niveaux sont conduites sur les culbuteurs Z> , Z>. La houille destinée à la vente locale est projetée directement sur le tas ; celle qui doit être transportée par chemins de fer traverse un crible £,£ capable de retenir les plus gros blocs et de ne laisser tomber dans les wagons que les fragments d'une grosseur déterminée*

Le poids de chaque wagon est de 320 kilogrammes ; ils contiennent six hectolitres de houille, ou 600 Litog, Le poids total à soulever se compose comme suit :

Cage kilog. 500

4 wagons •••.,« >> 880 94 hectolitres de houille . >» S,400

Le rapport entre le poids mort et celui de la houille est ainsi dans des conditions fort avantageuses.

Les cages sont extraites, de la profondeur de 550 métrés , en lis secondes; leur vitesse d'ascension excède donc trois mètres par seconde. Le temps du décliargement étant

C\CIES D*SXTaACT101t. 145

d'environ une minute , il est possible d'extraire au moins 480 hectolitres en une heure. Une extraction do 5,000 hectolitres exige un personnel de huit ouvriers.

Ces voies verticales sont fort économique, puisque leur prix n*exeède pas lOfr, par mètre courant. Elles n'ont donné lieu jusqu'à présent à aucun accident, circonstance qui doit être attribuée à la distance comprise entre les cordes du milieu (0.40 mètre) et à la grande hauteur de conduite des cages. Cependant il est question de remplacer ce système par des guides rigides. Quoi qu'il en soit, la combinaison de ces cages et de leurs accessoires , due à M. Bourg, directeur-gérant de la mine du Bois-du-Luc, est Tune des meilleures qui ait été employée jusqu'à présent, en raison de la facilité des manœuvres , de l'économie et de la simplicité des constructions.

S77. Cage à bras de la mine de Marihaye , prks de Liège. (Fig. 14, 18 et 16, pi. XLVIII. )

La partie inférieure de cet appareil , construit d'après les indications de M. Tingénieur Mueseler , est une cage ordinaire guidée par des longrines a,a^\ les conducteurs 6, 6* , également en bois , sont pourvus d'échancrures dans lesquelles glissent les poutrelles ; une traverse en fer c , terminée par un crochet, prévient la sortie des vases. La partie supérieure de la cage est munie de deux bras de levier e, e mobiles sur leurs axes en bois t; ceux-ci sont consolidés par des tiges en fer rond /,/ boulonnées sur le plancher p. A un arbre g , tournant dans les douilles disposées à l'extrémité des bras de levier , est auaché un second vase D; cet arbre, également en bois, porte un anneau m destiné à recevoir le crochet du câble d*extract!on« * La cage , à son arrivée au jour , est reçue sur les sup* TOMB m. 10

!♦$ CBAPlTai V. — V. «ICTIO!^.

pov{$k,k^ le machiniste lâche quelque» mèlr^a d« ^t«} les bras de levier, soilieités par le poida du vase, tournent autour de leur axe , passent dans la position indiquée par lea lignes ponctuées £, et viennent déposer le wagoq supérieur sur la margelle. Si le déchargement doit 8*e(TeQt|ier sur un point unique de ToriGce du puits , le vaae infé^ rieur est extrait de sa cage avant de relâcher la QQv^fi i s il est possible de retirer les berlaines aiir les e4lé9 op* posés de la margelle, ces deux manœuvres a*eQeetuQfi| simultanément.

S78. Avantages des guides et des eages.

La plupart des avantages attribués aux cages d*extnie<» tlon sont inhérents , non à ees appareils eux-mêmes, mais aux guides qui les accompagnent toujours. Elles sont Tobjet d*un reproche fondé : Taugmentation du poids inort à' extraire. Quoi qu*il en soit, voici les principaux caraQtéres de Futilité bien constatée de ces deux innovations :

(id bouille, dans son parcours des ateliers d'arrachement aux magasins de la surface , n*est soumise k aucun de ces transbordements si désavantageux sous le rapporl de la main-d*OQuvre, et surtout, de la réduction des frig^ ments en menu,

ia charge pouvant s'élever avec une vitesse plus grandt qu'autrefois , le chargement et le déchargement s'effeetuaM avec régularité et promptitude , les volumes de boitillt apportés au jour peuvent être considérables. G*est «inii quen Belgique la vitesse des cuffats excède rarement UQ m^tre par seconde , tandis que celle des vases pourvut de guides peut ôtre portée à 3, 4 et même 5 métrés.

La descente çt Tasc^nsion des ouvriers sur les ^bie9 sont moins danfereuses que précédemment f et les guides

fournissent la base indispensable à l'application des appaMÎb é% sâreté ifluaginés pour les oas de puptupo de -h corde d'extraction.

Les chocs violents ai|iq)iela ^nl ^posés les cAbles , et qui en déterminent la destruction si prompte , sont presque entièrement anéantis , et les économies réalisées de ce chef Èùtïi très-notables. Il en est de même des vases qui, vi«> sites à la surface , sont réparés avant que les dégradations soient devenues trop considérables; le graissage de leurs essieux, pe aVfTectuant plus dans les travaui , ne peut être Fobjet de gaspillages ou de maladresses. Le transvasement des bois d*étai n*est plus une nécessité « les wagons chargés d<! ces matériau:( ppuvant ètrç dirigés direçten^ent de raccrochage aux charniers d'arrachement.

Lç9 cages et les guides sont donc le résultat d'un progrès içnsible dans la pratique de l'extraction de la houille, {l semble que ces appareiU forment le passage des anciens cuffats aux procédés plus perfectionnés qui, à l'époque 9QtvieIle, préoccupent si fort les esprits, et dont le lec* teyr verra ultérieurement quelques exemples.

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VI\ SECTIOli.

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