Des bobines
L'enroulement des cordes rondes en chanvre ou en fil de fer a lieu sur des tambours ou bariiels cylindriques dont l'axe est disposé horizontalement. Mais les cables plats, indispensables pour atteindre à de grandes profondeurs, exigent l'emploi d'appareils désignés sous le nom de bobines construites entièrement en fer^ ou dans lesquelles ce métal et le bois sont combinés ensemble.
Les cerveaux (fig. 4 et 5 , pi. LU) désignés en Belgique sous le nom d'estomacs , sont des plateaux en fonte de fer S^S portant à leur face intérieure des couronnes saillantes a, a, qui, appliquées l'une contre l'autre, forment un cylindre creux sur lequel s'enroule le câble; ce cylindre, dont la hauteur se règle d'après la largeur de la corde, constitue le noyau de la bobine. Les bras ou rayons c^c^c, sont au nombre de huit; ils se logent , par une de leurs extrémités , dans des cavités ménagées sur les prismes saillants que portent les faces extérieures des plateaux ; ces divers objets sont liés par deux boulons, dont un au moins doit traverser le noyau sur toute sa largeur , afin de réunir invariablement les deux cerveaux; l'autre extrémité des bras est fixée à une couronne en fer c/d; en sorte que l'ensemble présente l'aspect de deux roues séparées entre elles par un intervalle de 20 à 50 centimètres , propre a l'enroulement spiroïdal du câble plat. Le noyau est assujetti nur un arbre F à section carrée , au moyen de cales
ROBINES. SOS
en bois et en fer ; ou mieux , si ce dernier a été tourné , par rintroduetion d'une broche cylindrique dans un trou de même forme , percé moitié dans le noyau et moitié dans Tarbre.
Quelquefois les bras et la couronne extérieure sont en bois; quelquefois encore les bras seuls, formés de cette matière 9 se rattachent à une couronne en fer malléable, & l'aide de sabots en fonte. Souvent aussi les cerveaux , dépourvus d'enveloppes saillantes , sont appliqués sur les deux faces extérieures d'un cylindre en bois formant le noyau.
La longueur des rayons ou bras varie selon la profondeur des puits , c'est-à-dire , suivant la longueur de la corde à enrouler* Lorsqu'ils sont en fer , leur surface intérieure est revêtue d'une planchette en bois tendre, dont le but est de préserver la corde de tout contact avec les arêtes trop vives de la fonte, et de prévenir sa trop prompte détérioration.
La position des bobines relativement au cylindre à vapeur, indiquée dans la figure 1"* des planches LU et LUI, est à peu près généralement adoptée en Belgique, en Allemagne et dans le département du Nord. Les mécaniciens de plusieurs districts de l'Angleterre placent les bobines au-dessus du cylindre et à égale distance du plan vertical passant par la tige du piston ; le mouvement leur est transmis directement par une manivelle et une tige articulée. Quelquefois aussi les bobines , montées chacune sur un axe isolé , sont installées de chaque c6té du cylindre et vers sa base. Mais ces dispositions , quoique fort simples , sont loin d'offrir autant de sécurité que la première.
Le niveau où s'installent les bobines doit être combiné avec celui des molettes , de telle façon que le eàble ne
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soit pas astreint à se ployer suivant un angle aigu, ce qai arrive chaque fois que les dernières sont trop élevées au-dessus des premières , ou que ces deux organes sont séparés par un trop petit intervalle. Toutefois , une distance considérable est désavantageuse , en ce que le câble , faisant chaînette , augmente les résistances et réclame pour se soutenir remploi de rouleaux de friction qui contribuent à sa prompte usure. Élever les bobines au-dessus du plan de la margelle semble de tout point préférable ; mais, dans certaines localités , cette disposition devient fort coûteuse* Une condition essentielle doit présider à la pose de ces appareils ; c'est que chaque bobine et la molette correspondante soient placées dans des plans parallèles, verticaux et rigoureusement normaux aux axes de rotation. Les plus petites erreurs, forçant le câble à s'infléchir à droite ou à gauche , lui font éprouver des frottements latéraux lors de son passage sur les molettes et de son enroulement sur les bobines. Comme , en outre , les rouleaux de fric^ lion le dévient de la ligne droite et lui impriment une courbure, cause incessante de détérioration, il se trouve hors de service longtemps avant l'époque où , sans cette fâcheuse circonstance^ il aurait fallu pourvoir à sort remplacement.
604. Remettre sur les bobines ou leur enlever un nombre déterminé de tours du eàble.
La longueur d'un c&ble d'extraction peut devenir trop grande , soit que , nouvellement placé , l'usage lui art donné une extension considérable , soit que Texploita-* tion ait été portée à un étage plus élevé que celui pour lequel la corde avait été primitivement disposée. La longueur peut aussi devenir trop courte , parce qu'un accident
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arrivé dans un point quelconque de sa longueur nécessite le retranchement de la partie détériorée , ou que les travaux passent d'un étage supérieur à un niveau inférieur. Dans ces circonstances , le câble doit être raccourci ou allongé sairant les besoins , c'est-à-dire qu'un nombre déterminé de tours doit être repris ou abandonné par l'une des bobines.
Le procédé le plus habituel est le suivant. Après avoir fait coïncider l'extrémité inférieure de Tun des deux câbles avec l'orifice du puits, et mesuré l'excès de l'autre cAble h l'intérieur , le premier est retiré de dessus la molette et repris entièrement sur la bobine, où il est attaché; puis, faisant tourner la machine jusqu'à ce qu'on ait enroulé , du second , une longueur exactement égale à l'excès de tondeur trouvé dans le puits , le premier câble est reporté âur sa molette ; alors les deux extrémités arrivent simultanément aux points qu'elles doivent atteindre. L'opération est analogue, mais inverse ^ s'il s'agit d'allonger l'une des deux cordes.
Cette manœuvre , en raison du poids considérable à enlever de dessus la molette pour l'y replacer peu après, exige du temps et un grand nombre d'ouvriers. Une disposition fort simple du noyau des bobines permet d^ailonger et de raccourcir les câbles avec une grande promptitude et un petit développement de forces.
Les figures 6 et 7 de la planche LU offrent un exemple tiré de l'une des machines de la concession de Guley, près d'Aix-la-Chapelle. Sur l'arbre des bobines F est fixé, au moyen de cales cylindriques , un noyau en fonte tourné h sa surface extérieure. Deux cerveaux, également dressés et polis à l'intérieur , embrassent le noyau et tournent librement sur lui. Les boulons extrêmes n et o lient les bras de la bobine et les cerveaux ; ceux du milieu, m,m^
fixent la bobine sur Tarbre par Fintermédiaire du noyau en fonte qu'ils traversent. Rien de plus simple que d'obtenir, au moyen d'une semblable disposition, l'enroulement ou le déroulement d'un nombre quelconque des tours de l'une des bobines. Après avoir , comme ci-dessus , amené la partie inférieure d'un cable au niveau de la margelle, l'autre bobine reçoit un mouvement de rotation capable de relever son câble ou de le laisser descendre de la longueur voulue. L'extrémité de ce dernier arrive au point convenable; cette circonstance est signalée par un ouvrier de l'intérieur ; le mouvement s'arrête ; les boulons sont remis en place , et l'appareil est prêt à fonctionner.
A la mine des Six-Boniers, près de Liège, la longueur des câbles métalliques est régularisée de la manière suivante. Sur l'arbre moteur H ( fig. 10 et 10 *>»«, pi. L ) est intallé un treuil formé de deux disques latéraux A, A*, d'une forte tôle t,t pliée cylindriquement et rivée sur des fers d'angle et de quatre bras de levier f,f,f; le boulon g est un arrêt qui s'oppose au mouvement du treuil. L'une des cordes , en partie enroulée sur ce dernier , sort par l'ouverture A; l'autre s'attache directement au tambour G G. Les longueurs sont-elles dans une relation telle que les manœuvres du jour et de l'accrochage ne puissent s'effectuer simultanément , le machiniste fait tourner le moteur jusqu'au moment où le câble , directement fixé au baritel , ait une longueur convenable ; les ouvriers enlèvent le boulon g , font marcher le treuil dans le sens voulu et amènent le vase d'extraction dans la position précise qu'il doit occuper. Ce boulon transversal étant replacé et lié & deux des leviers /",/", les divers organes redeviennent solidaires les uns des autres.
FREIN». soi