EMPLOI DBS CABLES ET DES ÉCHELLES
l'un d'eux d*étrc pris d'un vertige, de saisir maladroitement les manottes ou les échelons supérieurs d*unc échelle, et alors la chute d'un seul homme n'entrainera-t-clle pas la file de tous ceux qui se trouvent au-dessous de lui ? L'exploitant peut aussi charger spécialement un ouvrier de la surveillance et de la réparation des échelles^ mais cette surveillance, quelque bien fuite qu'elle soit, sera-telle toujours suffisamment efficace, eu égard au milieu obscur dans lequel elle s'exerce?
D'ailleurs, la visite des câbles destinés à la descente et à l'ascension des ouvriers , pouvant aussi s'effectuer fréquemment et avec soin, est d'autant plus facile qu'elle peut se faire à la lumière du jour. Cette opération sera suivie de leur épissage sur les points défectueux ou de leur mise au rebut définitive. Les chaînes et les chaînettes peuvent être également visitées et même passées à la forge pour plus grande sécurité. Enfin , la charge supportée par les câbles est moindre dans le transport des ouvriers mineurs qu'elle ne l'est dans l'extraction des produits d&la mine, en sorte que toutes les chances de rupture doivent nécessairement se réunir sur les traits dont la charge est composée de houille ou de déblais. En effet, dans l'exemple donné ci-dessus, les cuffats destinés aux ouvriers ne pèsent , y compris le chapeau protecteur ou parapluie , que 270 kilog.; et comme les dix personnes, hommes et enfants, qu'ils con« tiennent ont un poids de S50 kilog., le total est de 830 kilog., tandis que les vases plus grands, employés pour l'extraction de la houille, pesant, avec leurs chaînes, 600kilog. et contenant 14 quintaux métriques, forment un poids de S,000 kilog. , c'est-à-dire deux fois et demi aussi considérable que le précédent.
La rupture du boulon de la manivelle , d'un certain nombre de dents des roues d'engrenage ou de tout autre
50i CHAPITRE V. — IX*. SECTIOH.
organe ne produira pas d'accidents si l'exploitant a le soin de placer un frein sur Tarbre des bobines , car, en verta de son action immédiate, les ouvriers restent suspendus à la corde jusqu'au moment où leurs compagnons viennent à leur secours.
11 est toujours possible de se mettre à l'abri de la chute des corps durs qui se détachent des parois ou tombent de l'orifice au moyen d'un chapeau en bois ou en tôle.
Les chocs des vases contre les parois ou à leur renoonire dans un puits non divisé est une circonstance rare , puisqu'ils sont constamment guidés par la main des hommes. Toutefois , Yindicateur fait prévoir au machiniste le mo* ment de la rencontre ; en sorte qu'il lui suffit de ralentir b vitesse de la machine pour empêcher les vases de te heurter mutuellement.
Si la configuration et le revêtement des puits ie permettent, l'emploi des parachutes offre une garantie sérieuse contre les ruptures spontanées des câbles ; ceux-ci peuvent alors être utilisés jusqu'à ce qu'ils soient à peu prés hors de serviee.
L'inattention d'un machiniste peut avoir pour résultat de laisser descendre les vases au-dessous de l'accroehage dans l'eau du puisard et dans l'atmosphère délétère que renferme cette cavité inférieure; de ne les pas arrêter au niveau de la margelle ; de les amener contre les rooletics , où , se détachant avec violence de leurs chaînes de suspension , ils retombent dans le puits. Mais ces aecideots, assez fréquents autrefois , sont beaucoup plus rares aiqour* d'hui , soit par suite du soin que les exploitants apportent dans le choix des machinistes , soit parce qu'il existe maintenant un grand nombre de sujets incapables d'une aussi grossière inattention. D'ailleurs les garanties matérielles indiquées dans le paragraphe 632 contre ce genre d'ac* cident tendent à se généralisert
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EnCn, rimprudencc des ouvriers qui, sur les échelles et les euffais , peut donner lieu à de graves accidents , sera miens prévenue par un chef placé sur le vase d*extrac« tîoQ, qu'il embrasse d'un coup d'œil, qu'elle ne le sera ai ce même chef, parcourant les échelles, doit prendre pour lui-même les précautions de sûreté convenables.
63S. Nombre d'outriers tués ou blessés pendant Vascension et la descente sur le cable ou en circulant sur les échelles.
Actuellement il importe de s'assurer jusqu'à quel point est fondée cette assertion que le transport des ouvriers sur les câbles d'extraction est infiniment plus dangereux que leur circulation sur les échelles ; il importe aussi de rechercher le nombre de tués et de blessés dans les deux systèmes relativement au nombre de mineurs employés. Cette recherche est basée sur cette circonstance que , dans le premier district des mines belges (Mons), la descente des ouvriers dans la mine et leur sortie ont lieu presque exclusivement au moyen des échelles , tandis que^ dans le second district (Charleroi), les mineurs, sauf quelques rares exceptions , ne se servent que de la machine à vapeur dans l'accomplissement de cet acte.
Le tableau suivant est extrait de la statistique des mines belges publiée en 1846 par M. le ministre des travaux publics et des rapports de la Députation permanente au Conseil provincial du Ilainaut; il contient le nombre d'ac* cidents dérivant des deux modes de translation survenus dans les deux districts pendant les treize années comprises entre 1840 et 1853. Le nombre des ouvriers est une moyenne de toute la période.