‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 96 sur 188 · application des norias à l'extraction de la · texte numérisé non relu

application des norias à l'extraction de la

houille.

Il y a trente-cinq ans que des essais ont été tentés , dans une mine des environs de Gharleroi , pour élever lu houille à l'aide de deux chaînes sans fin fonctionnant entre deux engrenages. Les chaînes portaient des crochets régulièrement espacés pour recevoir les tourillons des vases ascendants et descendants. Ce procédé , semblable à celui qu'emploient les métallurgistes pour élever au gueulard les charges des hauts-fourneaux, a dû être abandonné parce (ju'il provoquait les oscillations saccadées des vases ,

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Tusure fort prompte et même la rupture des chaînes sous leur propre poids.

M. Sadio , ingénieur de la mine des Produits (Couchant de Mons), a repris ce système en 1850 avec des modifications tendant à supprimer les inconvénients signalés. Il divise la hauteur du puits en un certain nombre de parties égales ; à chacun de ces points de division il applique une roue d'engrenage dans le but de décharger la chaîne du poids de la partie située au-dessous ; puis il transmet le mouvement & chaque engrenage à l'aide d*une seule et longue bielle commandée par le moteur. Dans ces circonstances, le poids de la chaîne peut être considérablement réduit ; mais il sera difficile d'éviter les oscillations des vases sans multiplier outre mesure le nombre des engrenages. Lsi bielle^ agissant par traction et par pression , exigera , pour dépasser les points morts , l'application d'un volant à chaque étage. L'usure prompte des maillons et des boulons qui les unissent finira par détruire la solidarité des engrenages et de la chaîne, dont le poids, se portant sur quelques-uns des organes seulement, troublera l'agencement de l'attirail. Enfin les chaînes, dont la construction exige du fer de première qualité, seront un objet fort coûteux.

644. /avantages et inconvénients dérivant de Femploi des nouveaux appareils d^extraction.

Dans ces appareils équilibrés, les uns par eux-mêmes, d'autres par des contre-poids ou des balances hydrauliques, la force motrice n'a d'autre effort à vaincre que celui du fardeau, des frottements et des résistances passives. Comme, en outre, ces résistances sont à peu près constantes , il s'ensuit que le travail du moteur est propor-

tionnel à la quantité de houille extraite et à la hauteur de rascension, qui elle-même est sans aucune influence sur le poids du combustible extrait.

La charge maximum qu'il est possible d'élever au moyen des câbles , d'une profondeur de 400 mètres , moyenne actuelle , pourrait s'élever, dans les circonstances les plus avantageuses , à 6 ou 7 mille hectolitres pour une journée de douze heures. Mais celte quotité se réduit à mesure que les travaux s'avancent dans la profondeur , sans que la puissance du moteur puisse porter remède à cet état de choses.

Il n'en est pas de même avec les nouveaux appareils , dont la puissance extractive , indépendante du poids de la corde et de la vitesse à imprimer aux vases , peut satisfaire, pendant un espace de temps illimité, aux exigences sans cesse croissantes de l'exploitation. Supposant, par exemple, l'appareil .de M. Guibal en fonction: sa course est de 6 mètres ; la vitesse , y compris les arrêts, de 0.60 mètre par seconde ; le tirant d'ascension amenant au jour un wagon après un laps de temps de 10 secondes, si le vase contient 4 hectolitres, ce sera un volume de 17,280 hectolitres extraits en douze heures de travail. Cependant la vitesse et la capacité des vases peuvent s'accroitrc ; un ou deux paliers peuvent être interposés entre ceux qui existent et l'extraction peut être considérée comme sans limites pour l'époque actuelle.

Outre ces avantages , les nouvelles machines permettent, comme les cages y le transport direct des houilles des ateliers d'arrachement aux magasins de la surface , considération qui , ainsi qu'on Ta vu , est d'une importance commerciale fort grande.

Probablement aussi ces appareils , soustrayant les exploitants aux chances de rupture des cordes^ à leur usure

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et & leur fréquent remplacement , seront moins coûteux que les machines actuellement en usage. Leurs résistances passives , moindres aussi , permettront d'élever des charges plus fortes avec la même puissance motrice.

Quel que doive être le chiffre de Textraction , les wagons pourront conserver leurs faibles dimensions , vu le grand nombre de ces vases qu'il est possible d'élever au jour dans un temps donné. Cette circonstance est fort avantageuse dans l'exploitation des couches minces , où les galeries à grande section ne peuvent dériver que de l'arrachement des roches encaissantes , opération toujours fort coûteuse*

Enfin, le lecteur a vu combien est désastreuse l'influence des échelles et meurtrier l'emploi des câbles ; il a également apprécié les dépenses considérables de l'application des échelles mobiles à la circulation exclusive des ouvriers dans les puits et les difficultés de les faire parvenir sur les différents niveaux d'une mine fort développée. Les nouveaux appareils, devant être appliqués à chaque siège d'exploitation , conduiront les mineurs à tous les accrochages sans avoir à pratiquer aucun percement spécial. Ils fourniront les moyens de descendre dans les puits et d'en sortir sans danger et sans dépenses accessoires en dehors de celles que réclame l'extraction des produits. Enfin 9 ils contribueront au bien-être des ouvriers , tout en permettant aux exploitants de réaliser de notables économies. Aussi, nul doute que, dans une époque donnée, ces machines , ou d'autres basées sur les mêmes principes, ne soient généralement substituées aux appareils actuelle-» ment en usage.

Les reproches qui leur sont adressés sont : D'apporter des difficultés & la réparation des parois des excavations. Mais les puits destinés à l'épuisement, souvent bien plus encombrés encore par les pompes et leurs accessoires , sont

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cependant tenus en bon état sans qu*il en résulte aucun inconvénient. Ces appareils ne se prêtent pas à Tintroduction dans la mine des chevaux , des bois de grande longueur et des matériaux volumineux. Cependant , si la section des puits est assez grande , il est toujours possible , ainsi que le propose M. Guibal , de réserver un compartiment où ces manœuvres puissent s'effectuer à Taide d*un treuil. Si la section est trop étroite, pourquoi n'aurait-on pas recours à un autre puits? Il est si peu de concessions qui n'en possèdent un certain nombre. Enfin, ces appareils, dit-on , ne sont pas toujours compatibles avec les niveaux à attribuer aux diverses chambres d'accrochage. En effet, lorsque l'appareil est construit , le sol de ces excavations doit correspondre avec l'extrémité de la course des tirants. Mais, d'abord, il n'est pas nécessaire que celle-ci soit aussi considérable que dans la machine d'extraction de M. Mehu. En outre , la position d'une chambre d'accrochage n'est pas si invariablement déterminée par le gisement qu'elle ne puisse être percée quelques mètres au-dessus ou au-dessous du point désigné , puisqu'une petite galerie à travers bancs peut toujours conduire le mineur dans le sein des couches qu'il doit exploiter.

X% SECTIOm,

eRlBLA6B DE LA HOUIUB ; TRANSPORT EXTÉRIEUR ; GHARGEHENT DES BATEAUX.

64S, Triagt de la hauiUe.

Il ç^i rare que les produits d'une mine de houille soient livrés au commerce dans Tétat où ils sortent du puits. I^a plupart du temps , les plus gros blocs sont séparés eC emmagasinés dans un lieu spécial et deux qualités de bouille sont formées ; souvent les divers morceaux sont assortis par ordre de grosseur ; enfin , dans les districts du nord de TAngleterre , le charbon menu est retiré des produits de Texploitation afin de donner une plus grande valeur à la marchandise. Lorsque les mineurs belges ne forment , relar Uvemenl à la grosseur des blocs , que deux qualités de houille t le triage des plus gros quartiers 8*exécute à la main i le reste est composé de menus charbons et de morceaux dont le poids n'excède pas 6 à 8 kilogrammes dans certaines localités et atteint 15 kilogrammes dans d autres. Cette règle varie d'ailleurs suivant les nécessités de la vente.

La qualité généralement friable de la houille des mines de Oiarleroi et Je manque de voies de fer à la surface du sol n'ont permis jusqu'à présent, aux abords des puits, que le triage des plus gros morceaux. La séparation des qailletteries , ou blocs moyens , s'effectue sur les places d'embarquement au moyen de râteaux dont les dents

sont plus ou moins écartées , suivant les exigences de la vente.

Dans les mines du Centre du Hainaut , Temploi de cribles dispense quelquefois l'exploitant d'avoir recours au triage à la main. Ces cribles sont établis entre le puits et la porte principale de sortie, au-dessus d'un, chemin de fer construit pour l'expédition des produits de la mine aux magasins du canal. Les wagons appelés i circuler sur cette voie, se placent au-dessous de la grille et reçoivent directement les charbons qui passent à travers les barreaux. Les gros blocs, retirés à la main et transportés hors du bâtiment, sont l'objet de chargements particuliers.

Une disposition toute spéciale, employée pour les cribles de l'un des puits de la mine du Bois-du-Luc , permet de retirer les gros morceaux dans la chambre d'accrochage elle-même, circonstance concordante avec la nature des vases appliqués nu transport de la houille du fond du puits au canal , et au déversement de leur contenu dans les bateaux. Ces vases (fig. S et 6, pi. LXII) sont déposés dans le pas de cuffat^ ou encaissement pratiqué en avant de l'accrochage. Deux grilles , tournant sur des charnières & la manière des trappes , prennent une position verticale si la manœuvre des caisses l'exige^ ou horizontale lorsqu'il s'agit d'effectuer le criblage des charbons. L'ouvrier accrocheur lève et baisse les grilles au moyen de cordeaux passant sur des poulies, retire les gros blocs restés au-dessus des barreaux; puis il en remplit une caisse spéciale chaque fois qu'il en a accumulé une quantité suffisante.

L'usage du Couchant de Mons de diviser la houille en trois qualités réclame des modiQcaiions dans la manière d'opérer. Le gros , désigné sous le nom de gailkUes , se trie à la main ou à l'aide d'une première grille, tandis que d'autres appareils , dont les barreaux sont plus rap-

proches, ne laissent passer que le menu et retiennent & leur surface supérieun^ fragments moyens ou gailletins.

Les figures 1 ^^0^^de la planche LXI suffisent pour donner une îdi^R la manière dont les cribles sont disposés dans cette là^Re. La première est une projection horizontale du bàtimenJ|^^uit au-devant de Pun des puits de la mine dile le Couchan^^ Fténu; les deux dernières sont des coupes transvei^K et longitudinales de Fappareil. Une simple légen^Kra comprendre le but de ces dispositions.

G , criUflont les barreaux de 2S millimètres d*épaisseur laji^p entre eux des intervalles de 0.05 mètre et reticnnr les gaillettes. ir,JJ, deux autres cribles qui, placésw-dessous du premier, ne livrent passage qu*au potts^flUirigé directement dans le wagon F. Les gaillettes réunies^LCjC, passent par les ouvertures /,/, pour être transmisel^la main dans les voitures de transport extérieur. Le gBktin est projeté à l'escoupe à travers les ouvertures £,

Il est rare que iMpuits d'extraction des districts houillers l^u nord de TAngHrre ne soient pas accompagnés d'un

gtème de crible^vune étendue assez considérable. La le du puits ^f. 10, pi. LXI) est portée à une hauteCMk 5 à Gnflres au-dessus du sol , hauteur nécessitée par ^^I^^P^ réclame le libre passage des wagons et par rinstafîation des cribles dans une position inclinée. A ce niveau» règne sur toute l'étendue du bâtiment, un plancher recouvert de plaques en fonte dans lequel sont ménagées des ouvertures rectangulaires correspondant & la partie supérieure des cribles. Ceux-ci sont composés d'un certain nombre de grilles en fonte de 1.80 mètre de longueur sur environ 0.30 mètre de largeur accolées les unes aux autres et dont les extrémités soutenues par des barres de fer constituent un appareil assez large et d'une Ion-

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