‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 103 sur 193 · Échancrures latérales et entailles parallèles · texte numérisé non relu

Échancrures latérales et entailles parallèles

Le* coupures ff , (? (fig. 1 et 3 , pi. XXVI) s'exécutent aux deux extrémités des ateliers ; leurs orifices ont une largeur d'environ 0.60 mètre, afin que le baveur puisse y introduire ses bras et ses épaules ; mais la section diminue à mesure que Ton s'avance vers le fond de la cavité, où une simple solution de continuité peut suffire.

Quant au bavage, on choisit Tinterealation scbisteuse la plus tendre et la plus feuilletée, qui, dès lors, prend le nom de houage, havrie ou havris. Lorsque (fig. S) le lit de scbiste est au contact du toit, c'est le cas le plus défavorable , à cause de la position gênée dans laquelle se trouve le mineur pendant son travail. Plus souvent (fig. 6) il lui est permis de saper l'argile stratifiée au milieu de l'épaisseur de la couche; cette circonstance en facilite Tarraobemeni , lorsque la puissance excède 1 mètre ou l.SO mètre; elle est aussi avantageuse lorsqu'une couche minée contient un houage fort épais et déliteux qui , s'il n'était préalablement enlevé , tomberait avec la bouille, la rendrait impure et lui ferait perdre toute sa valeur. Si le mineur (fig. 2) trouve un lit de scbiste rapproché du mur, il en profite autant que possible , car c'est le cas le plu*s favorable. Enfin, une couche exempte de bavage le force à dépouiller dans le combustible lui-même, d'où résulte une perte très-sensible, surtout dans l'exploitation des couches minces; cependant, il doit s'y résoudre et choisit , pour plus de facilité , le lit le plus tendre ;

348 CHAPITRE IV. — l". SECTION.

si la consistance de la houille est partout la même, il pratique le havage vers le mur, en ayant soin de faire Tentaille aussi mince que possible, afin de ne pas réduire inutilement du charbon en poussière.

Voici les procédés de havage usités dans les couches plates de la plupart des bassins belges. Supposant un atelier ( fig. 1 , 2 et 5 , pi. XXVI ) où cette opération doit s'effectuer dans un petit lit JB de schistes tendres, interposé entre la couche et son mur , si la houille , compacte et solide , ne se détache que difficilement, le havage peut être pratiqué sans interruption sur toute la largeur du chantier ; mais si la couche , plus déliteuse , fait craindre la chute d'une partie des stratifications supérieures avant Tachèvcment du havage, ce qui expose les ouvriers à de graves blessures , on prescrit à ceux-ci de ménager, entre leur travail et celui de leurs voisins , de petits piliers s , s ou massifs de schistes (purley ou stots) de quelques décimètres de largeur, qui interrompent Tenlaille et soutiennent la couche jusqu'au moment convenable pour l'abattage. Chaque mineur, faisant agir la haveresse ou la rivdaine derrière ces piliers , met en communication toutes les excavations partielles et n'en forme qu'une seule HH\ Si l'adhérence des lits entre eux n'offre pas une garantie suffisante, le mineur montois place dans l'entaille de petits cylindres de bois r^r^r (pilots) destinés à prévenir la chute de la houille. Enfin^ dans quelques localités, on substitue aux massifs de schiste des cales en bois ou en pierre insérées dans le sens de leur longueur.

L'opération est la même si le lit de schistes propre au havage est interposé au milieu de la couche ou vers son toit, quelle que soit d'ailleurs la nature de ce dernier, dont l'influence ne s'exerce qu'au moment de l'abattage.

ARRACHEMENT DE L.4 HOUILLE. 3i9

On ne peut ici passer sous silence le mode d'arracliement tout spécial usité dans les mines de la rive droite de la Meuse. La largeur d*excavdtion ab (fig. 7) attribuée à chaque ouvrier étant déterminée , chacun d^eux pratique une coupure K de 0.60 mètre de largeur ^ quil prolonge à une distance de 1 .20 mètre ; puis , restant dans Téchancrure, il fait un quart de conversion , hâve et entaille on second prisme £' en remontant suivant Tinclinaison de la couche ; il l'abat , en attaque un troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ait arraché tout le massif objet de la tâche journalière. Ces nombreuses coupures absorbent beaucoup de temps, réduisent la houille en petits fragments et donnent des produits souillés de schistes; en outre 9 le mineur , confiné dans une cavité inaccessible au courant d'air , se trouve placé dans de fâcheuses conditions de salubrité.

Le havage des couches inclinées exige l'application contre les étançons de planches t , t destinées à soutenir les pieds du mineur et à empêcher les produits de l'arrachement de rouler au bas du chantier.

La position du haveur, pendant les travaux d'entaille^ ment, varie avec la puissance de la couche. Lorsque cette dernière dépasse un mètre , il n'éprouve aucune gène , puisque le travail l'oblige, dans tous les cas, à se courber; au-dessous de cette hauteur, il peut s'agenouiller ou s'asseoir en croisant les jambes ; mais , dans les couches minces, sa position est fort incommode; il est astreint à travailler couché sur le côté, la tète renversée et placée de travers; aussi le travail que les Allemands exécutent dans de semblables conditions porle^t-il le nom de travail à col tordu ( Krumhoeser arbeit).

387. Soutènement du toit et de$ hancê eupérieurê de la couche pendant le havage.

Souvent les prismes de houille .qui interrompent le havage sont inefficaces pour prévenir la chute des bkK^ provenant des bancs supérieurs de la couohe ou les éçrsh sées d'un mauvais toit. Le haveur reconnaît facilement ces parues dangereuses par le son creux qu'elles rendent sous le choc du talon de la haveresse; il doit s'assurer» avant de commencer les entailles , contre toute éventualité d'éboulement ; pour cela il maintient ( fig. 2 ) , à Taide d'arcs-boutants K [poussarts ou stippes)^ les parties 4é* fectueuses de la houille qui menacent de se détacher; quelquefois même il applique contre la face dégagé^ de l'excavation^ et sur toute sa largeur, un boisage (fig. 5 et 13) composé de piliers et de chapeaux surmontés de bois de reliements destinés à soutenir le toit et à prévenir la chute des blocs de houille isolés. Ces opérations d'étaiement doivent toujours précéder Tentaille ; elles sont utiles prin^ cipalement dans l'excavation des couches droites , ou lorsqu*en plateures on s'avance en montant suivant le plan des stratifications; le haveur ne peut se dispenser de ce sgia sans s'exposer à de graves blessures et quelquefois méma à perdre la vie. On observe que la plupart des accidents qui arrivent dans les ateliers d'arrachement , et le nombre en est considérable, proviennent de la négligence des ouvriers à prendre ces simples précautions.

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